mardi 12 octobre 2010

Alassane repond aux questions longtemps posees sur son identite.

 
ALASSANE OUATTARA, QUI SUIS-JE ? 

Ado au Forum en 2001.Je me présente. Je suis Alassane Ouattara, né le 1er janvier 1942 à Dimbokro comme l'atteste mon acte de naissance. La déclaration de naissance établie par le Médecin Capitaine BERGOUNIOU peut être consultée à tout moment et en toute liberté à Dimbokro. Mon père s'appelait Dramane Ouattara et ma mère s'appelle Nabintou Ouattara née Cissé. Mon père Dramane Ouattara est Ivoirien. Il est de Kong en Côte d'Ivoire, descendant de l'Empereur Sékou Ouattara, bien connu des historiens de notre pays. Après avoir été enseignant, il est devenu représentant de la CFAO et commerçant.

De Kotobi, il s'est installé à Dimbokro où je suis né et où se trouve encore notre cour familiale, occupée aujourd'hui par mon frère Sinali. Dramane Ouattara est très connu dans la boucle du cacao à Bongouanou, à Kotobi où est né Gaoussou, mon grand frère, présent dans cette salle. Mon père a eu à exercer à Sindou non loin de la frontière ivoirienne, les fonctions de chef traditionnel de village. Sindou faisait partie de l'ancien empire de Kong qui couvrait alors une partie de la Côte d'Ivoire, du Mali et du Ghana. Je suis de la lignée de l'Empereur Sékou Ouattara, fondateur de l'Empire de Kong au début du 17ème siècle. Le 1er de mes ancêtres qui a foulé notre sol vers les années 1700 s'appelait Tiéba. Il était accompagné de ses enfants Sékou (dont je suis de la sixième génération), Famagan, Dabla et Karakara. C'est son fils Sékou qui a est le fondateur de Kong.

Sékou Ouattara, souverain des Etats de Kong a donné naissance à Djoridjan Ouattara, qui lui-même a donné naissance à Soumaoulé Ouattara, qui à son tour a mis au monde Aboubacar Ouattara, mon grand-père. Et c'est vers 1888 que naquit mon père Dramane Ouattara. Vous savez que je parle d'une époque où les frontières n'existaient pas. Nos traditions et les règles de succession dans ces chefferies ignoraient les frontières héritées de la colonisation. C'est ainsi que conformément aux règles et procédures de succession propres à chaque communauté, mon père un Ivoirien authentique, descendant de Sékou Ouattara s'est retrouvé chef à Sindou. Bien qu'étant chef à Sindou, il n'a jamais cessé d'être Ivoirien. A preuve, à chacun de ses passages entre la Haute-volta et la Côte d'Ivoire, les autorités frontalières constataient ses allées et venues dans son passeport ivoirien. Nos parents Akan savent bien de quoi je parle.

Ainsi, des Ivoiriens règnent sur des villages situés au Ghana et en Côte d'Ivoire des Ghanéens sont chefs. C'est le cas du Roi de Krinjabo dans le Samwi qui a été Capitaine de l'armée ghanéenne. Une anecdote : Quand mon père était à Sindou, il avait sa grande radio Grundig fixée en permanence sur les fréquences des émissions de la radio ivoirienne parce que à tout moment, il voulait des nouvelles de chez nous. Pour lui, c'était le fil qui le rattachait à son pays en dehors des visites qu'il recevait et des voyages qu'il effectuait à Dimbokro et à Kong. Faut-il encore le rappeler? Mon père, Dramane Ouattara, n'a jamais été voltaïque ou burkinabé. J'en veux aussi pour preuve sa carte nationale d'identité établie le 20 mars 1963 à Dimbokro par le commissaire de police de l'époque et non en 1952. La voici ! Le Directoire du Forum en a pris connaissance.
Quant à ma mère, elle est originaire de Gbéléban dans le département d'Odienné.

Elle est née à Dabou où mon grand-père Ibrahim Cissé a passé une bonne partie de sa vie au quartier Dioulabougou, entre la gare routière et la Mosquée. Mes compatriotes Adjoukrou le connaissaient très bien. Il avait des plantations à Akakro où je suis allé bien souvent le voir. Tenez, l'un de mes oncles s'appelait Mamadou Akakro. J'ai eu la chance d'avoir une mère dont les parents étaient amenés à se déplacer beaucoup hors de Côte d'Ivoire à cause de leurs activités. Ils étaient pour cela obligés d'avoir des papiers. A titre d'exemple, ma mère m'a remis le passeport de mon grand-père Ibrahim Cissé, né en 1868 à Gbéléban, passeport que voici. Il est disponible donc et il peut être consulté à tout moment. Ainsi, mon grand-père maternel est bien Ivoirien. Donc, Nabintou Cissé, sa fille, l'est aussi. Elle est encore vivante et Dieu merci, elle se porte bien. Elle est ici dans cette salle. Figurez-vous, que dans la campagne de dénigrement qui avait été orchestrée contre moi, on avait prétendu qu'elle n'était pas ma vraie mère ! Alors, nous nous sommes volontairement soumis à un test ADN, ma mère, mon frère Ibrahim qu'on appelle « photocopie » tellement il me ressemble, mes deux sours de « même mère et de même père », comme on le dit couramment chez nous, Rockya et Sita. Le test ADN est formel. Il confirme sans ambiguïté aucune que Nabintou Ouattara, née Cissé, est bien ma mère et que je suis bien son fils. Le test ADN est à la disposition du Directoire. De même, Ibrahim, Rockya et Sita sont reconnus comme étant ses enfants, et donc bien mon frère et mes sours. Or, ils sont tous reconnus comme étant ivoiriens.

J'ai d'autres frères et sours. Je ne voudrais pas les nommer tous. L'un de mes aînés s'appelle Yssouf. Il réside à Treichville. Il est même dans cette salle. Il est Ivoirien. Sa mère est Adjoukro. Elle vient de Kosrou.

En conclusion, mon père est Ivoirien de naissance, ma mère est Ivoirienne de naissance, Voici l'original de la CNI de ma mère.
Mes grands-parents sont Ivoiriens de naissance, mes frères et sours sont tous Ivoiriens de naissance. Tous ont leur certificat de nationalité ivoirienne, sauf moi. Que suis je alors ? Qu'ai-je donc fait pour être différent ?
Qu'est-ce qui peut justifier cette conspiration contre ma personne ?
Est-ce parce que j'ai abandonné mes fonctions de Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International en 1999 pour répondre à l'appel du RDR ? Est-ce parce que j'ai accepté d'en être son Président, puis son candidat ?
Est-il normal qu'on inflige à une mère de plus de 80 ans une telle humiliation en la soumettant à un interrogatoire de plus de quatre heures au motif qu'elle n'est pas ma mère ? Vous chers compatriotes, qui d'entre vous accepterait que sa mère subisse un tel traitement ? Une telle attitude est indécente et contraire à notre culture et à la dignité humaine.

J'aime ma mère comme je respecte la mère de chacun d'entre vous. Ma mère ne peut pas être la cible des folies de certains hommes politiques. Non contents de chercher à me «voler» ma nationalité, mes adversaires veulent m'arracher l'être qui m'est le plus cher au monde. Hadja ! Je te demande pardon pour tout ce que tu as subi à cause de moi. Je te serais reconnaissant toute ma vie pour ton courage, ton soutien moral et tes prières pour que la vérité apparaisse au grand jour. Est-ce normal, parce que j'ai décidé de me mettre au service de mon pays, qu'on traque mes proches, qu'on poursuive et assassine tant de militants et sympathisants du RDR ? Est-ce normal qu'on ait cherché à kidnapper mon épouse le mardi 3 octobre 2000 et à nous tuer le 26 octobre 2000 en attaquant notre résidence ? Est-ce normal qu'on ait jeté en prison en octobre 1999, Madame le Ministre Henriette Dagri Diabaté, femme de convictions, et de nombreux responsables du RDR parce que tout simplement, ils ont manifesté leur indignation face au traitement qui était infligé à notre parti et à ma personne, à la Radio et à la Télévision Nationales ? Chaque année, je venais passer mes vacances scolaires soit à Dimbokro soit auprès de mes oncles maternels à Gagnoa. C'étaient de grands commerçants. Abdoulaye Cissé et Feu Mamadou Cissé dit Mamadou Akakro m'ont permis de parcourir la Côte d'Ivoire à bord de leurs camions (les T45). Lakota, Divo, Gagnoa, Man, Abengourou, San Pédro étaient quelques unes de leurs destinations. Grâce à eux, j'ai eu l'avantage de découvrir très jeune la Côte d'Ivoire profonde. Avant de quitter le registre familial pour aborder mon cursus scolaire et ma carrière professionnelle, je voudrais ajouter que j'ai été marié une 1ère fois avec une américaine - et non une jamaïcaine -. Je me suis remarié en 1991 avec Dominique Nouvian qui est française.

MON CURSUS SCOLAIRE ET MA CARRIERE

Ado au Forum en 2001.J'ai commencé l'école primaire à Dimbokro et ensuite, j'ai suivi mon père à Sindou. Là-bas, à l'école primaire comme au lycée plus tard à Bobo Dioulasso, on m'appelait « le petit Ivoirien ». Après mes études secondaires sanctionnées par le Baccalauréat en 1962 à Ouagadougou, j'ai bénéficié d'une bourse américaine. La question que se posent souvent les personnes sceptiques est la suivante : s'il n'est pas voltaïque, comment a-t-il pu bénéficier d'une bourse au titre de la Haute Volta ? La réponse est simple : les bourses offertes pour effectuer des études à l'extérieur d'un pays étaient attachées à cette époque au territoire et non à la nationalité du bénéficiaire. Ainsi, ils sont légions les ressortissants des pays voisins qui ont fait leurs études avec des bourses étrangères offertes à la Côte d'Ivoire. On ne choisit pas forcément dans une classe ou dans un établissement scolaire les personnes de la nationalité du pays mais les meilleurs élèves même s'ils ne sont pas des nationaux. A leur lieu de destination, ils sont classés automatiquement dans le contingent du pays de départ.

Beaucoup de ces personnes sont aujourd'hui établies dans leurs pays d'origine. Tel est mon cas. A cause de ce qu'on a raconté à ce sujet, l'Ambassadeur Frédéric Guirma qui représentait la Haute-Volta aux Etats-Unis en 1962, a été amené à faire plusieurs mises au point à travers des interviews dans des journaux dont Jeune Afrique et la radio anglaise BBC, précisant que j'ai bénéficié de cette bourse en tant qu'Ivoirien. De plus, il a écrit à mon conseil Maître Emmanuel Assi pour témoigner de ce que je n'avais pas la nationalité voltaïque. Grâce à cette bourse américaine, j'ai étudié à l'Institut de Technologie de Drexel et à l'Université de Pennsylvanie où j'ai obtenu mon Doctorat d'Etat en Sciences Economiques(PHD in Economics). Comme économiste, j'ai commencé ma carrière professionnelle au FMI. Cela a été une expérience enrichissante puisque j'ai eu l'occasion ainsi de visiter de nombreux pays et de m'enrichir de multiples expériences à travers le monde. J'ai été heureux d'avoir été recruté quelques années après à la BCEAO, dont le siège était alors à Paris car cela me donnait l'occasion de travailler enfin pour mon pays. J'ai gravi les échelons à la Banque Centrale où j'ai assumé les fonctions de Directeur des Etudes et de Conseiller Spécial du Gouverneur Abdoulaye Fadiga. De ce passage à la BCEAO, on peut retenir l'assistance que j'ai modestement apportée au Gouverneur Fadiga pour le transfert de la BCEAO de Paris à Dakar et la mise en place de la politique du personnel, du cadre administratif et de la politique monétaire de la Banque Centrale. C'est à Dakar, dans le cadre d'un accord entre les autorités voltaïques d'alors et le Président Félix Houphouët-Boigny, que j'ai été nommé en 1982 vice-gouverneur de la BCEAO, poste normalement dévolu au Burkina Faso. Le Président Houphouët Boigny avait certainement ses raisons. Mais dès que le Président Sankara eut accédé au pouvoir en Haute Volta, il exigea que je sois remplacé par un Burkinabé. Ce qui a été fait.

Dans l'exercice de mes fonctions à la BCEAO, un passeport diplomatique m'a été délivré par la Haute-Volta.
Tout le monde sait que le passeport diplomatique n'est pas un acte d'identité. Il peut être délivré par un Etat souverain à des étrangers dans l'exercice d'une fonction. Ainsi, en Côte d'Ivoire, de très nombreux étrangers, Français, Angolais, Sud Africains, Maliens, . en bénéficient légalement. Par ailleurs, d'autres Ivoiriens, et non des moindres, ont utilisé comme documents de voyage des passeports diplomatiques Burkinabés ou Togolais. Tout le monde le sait, et pour ceux là, personne, apparemment, ne se pose de questions.

On me reproche d'avoir utilisé le passeport diplomatique voltaïque pour établir les actes notariés d'achat de biens immobiliers et une fiche d'ouverture de compte bancaire. Demandez à n'importe quel juriste, il vous expliquera que ces actes sont de nature purement commerciale et n'ont donc pas pour effet d'établir une nationalité. C'est cela la vérité. C'est le lieu de préciser que tout en étant détenteur d'un passeport diplomatique de la Haute-Volta, jamais, je n'ai été fonctionnaire dans l'administration publique burkinabé. Jamais, je n'ai travaillé dans le secteur privé au Burkina Faso. On peut le vérifier. Pour compléter cette présentation, j'ai occupé les fonctions de Directeur Afrique du Fonds Monétaire International de 1984 à 1988. Mon retour dans cette institution s'est fait après consultation non pas des autorités burkinabées mais du Président Félix Houphouët-Boigny qui m'a encouragé à accepter cette proposition parce que, pour lui, c'était une fierté qu'un Ivoirien soit promu à ce niveau dans une institution financière aussi prestigieuse. Il a même comparé cette perspective à sa propre expérience politique dans le gouvernement français. Au décès du Gouverneur Abdoulaye Fadiga, à qui je dois beaucoup dans ma carrière, le Président Félix Houphouët-Boigny m'a fait le grand honneur de me rappeler pour assumer, cette fois, les fonctions de Gouverneur de la BCEAO, poste réservé à la Côte d'Ivoire. Or, j'ai entendu le Président Laurent Gbagbo affirmer qu'il était choqué par le fait que j'ai été vice-gouverneur au titre de la Haute-Volta. Il a même dit qu'on ne peut pas être Gouverneur de la Banque d'Allemagne et candidat à l'élection présidentielle en France. C'est un amalgame regrettable. Loin de moi toute idée de polémique. Mais, il sait mieux que quiconque, que la BCEAO est une Institution sous régionale qui appartient à huit états d'Afrique de l'Ouest à savoir le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Je n'ai pas été Gouverneur de la Banque Centrale du Burkina Faso qui n'existe d'ailleurs pas. Aussi, le débat devrait être clos dans la mesure où même le Burkina Faso ne me reconnaît pas comme un de ses ressortissants. Qui mieux que le Burkina Faso a autorité à dire qui est ou non son ressortissant ? Le Président Blaise Compaoré l'a précisé dans une correspondance que j'ai versée dans mon dossier de candidature aux présidentielles d'octobre 2000. Voici la lettre. De plus, avant de me nommer en 1994 au poste de Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International, le Directeur Général d'alors, Monsieur Michel CAMDESSUS, a pris soin de consulter, cette fois encore, le Chef de l'Etat ivoirien et non pas le Chef de l'Etat burkinabé. Quand la décision a été rendue publique, le Président Henri Konan Bédié m'a adressé un télégramme de félicitations. Et pourtant, je suis rejeté hors des frontières de mon pays et refusé par les autres. Je suis apatride. Pouvez-vous imaginer ce que l'on ressent dans ce cas ? En 1990, face à la crise économique sans précédent que notre pays a connue, le Père de la Nation m'a appelé pour venir l'aider à gérer la situation. Ainsi, j'ai présidé le Comité Interministériel de redressement et de relance économique. Puis, le Président Félix Houphouët-Boigny m'a confié les charges de Premier Ministre et de Chef de Gouvernement, fonctions que j'ai assumées jusqu'en décembre 1993, à sa mort.

LES FAUX SUR LES PIECES D'IDENTITE, PARLONS-EN...

J'ai été accusé de faux sur mes cartes nationales d'identité de 1982 et de 1990.
Pièces d'identité Forum en 2001.Les autorités politiques d'alors qui ont porté ces graves accusations ont ouvert une information judiciaire. Dans ce cadre, elles ont soumis ma mère, cette femme de 80 ans à un interrogatoire de plus de quatre heures. Par la suite, un mandat d'arrêt a été lancé contre moi. J'en ai beaucoup souffert, je l'avoue ; parce que j'ai bâti toute ma réputation sur mon intégrité et mon honnêteté. J'avais la responsabilité de notre monnaie et j'ai occupé de hautes fonctions comme celle de Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International. A l'occasion de mon départ du FMI en juillet 1999, le Conseil d'Administration m'a même décerné, fait rare, une motion spéciale de félicitations pour ma très grande intégrité et pour le travail accompli dans cette prestigieuse institution. Et c'est moi que le pouvoir accuse de faux dans mon pays !

En 1982, alors qu'on avait aucun intérêt à douter de ma nationalité, ma carte nationale d'identité m'a été établie normalement au commissariat de Marcory au vu des documents exigés et présentés. Comme je l'avais égarée, à l'occasion des élections générales de 1990, j'en ai fait établir tout naturellement une autre.

Où est donc le problème ?
S'agissant de mon acte de mariage datant de 1966 à Philadelphie aux Etats-Unis, tout le monde sait qu'il a été falsifié l'année dernière pour le compte du gouvernement d'alors. A cet égard, il est bon de rappeler que le Département d'Etat américain s'est indigné de cette falsification d'un document établi par la justice américaine. Et une plainte a été déposée l'année dernière pour faux et usage de faux devant le Doyen des Juges d'instruction du Tribunal de Première Instance d'Abidjan contre les auteurs et leurs commanditaires. Certains compatriotes rêvent aujourd'hui encore de découvrir des faux papiers ou cherchent, au besoin, à en fabriquer. Faut-il le rappeler, le jeune Vléi Dimitri, fut envoyé au Burkina Faso en 1999, avec la mission de faire établir à mon nom un faux certificat de nationalité burkinabé ; cela, par une tentative de corruption des juges, ce qui lui valut une condamnation à une peine d'emprisonnement. Enfin, pour ce qui est de la décoration que j'ai reçue alors que j'étais à la BCEAO, c'est bien en tant qu'Ivoirien et non à titre de Voltaïque que j'ai été décoré comme l'indique et l'atteste le registre de décoration qui peut être consulté à tout moment et par tous. Il s'agit du Livre d'Or des ordres nationaux de la République de Côte d'Ivoire - 1978 à 1986. A la page 181, le 15ème nom est celui de Alassane Dramane Ouattara. Chers Amis, soyons sérieux et réfléchissons un moment.

Depuis plus de 8 ans, on a cherché par tous les moyens à constituer des dossiers dits « en béton » pour m'accabler et faire éclater une soit disant vérité. On a dépensé une fortune, de l'argent public et on a rien trouvé parce qu'il n'y a rien à trouver. Je ne me suis jamais prévalu d'une autre nationalité que la mienne. Je suis Ivoirien à titre exclusif. C'est donc à juste titre que je considère être en droit de réclamer la reconnaissance de ma citoyenneté pleine et entière puisqu'il est juridiquement établi que je suis Ivoirien et que je suis éligible.

LA CONSTITUTION

Pièces d'identité Forum en 2001.Je remercie le Président Laurent Gbagbo d'avoir éclairé l'opinion nationale et internationale en avouant, publiquement, que l'article 35 de la Constitution, a été conçu dans le seul but de m'éliminer de la course à l'élection présidentielle. Ainsi donc, notre Constitution, la Loi fondamentale, n'est pas impersonnelle.

Pourtant, on nous répète à l'envi qu'une Constitution ne peut être révisée pour un homme. Il nous est loisible de rétorquer ceci : autant une constitution ne peut être faite pour un individu, autant elle ne peut être faite contre un individu en qui des millions d'Ivoiriens se reconnaissent. Quelle crédibilité peut-on accorder alors à une Loi fondamentale dirigée contre un citoyen et donc contre tous ceux qui le soutiennent ? Aujourd'hui, la preuve est faite que notre pays s'est doté d'une Loi fondamentale facteur de division. Notre pays peut-il inspirer le respect auquel il a droit en se dotant d'une constitution qui porte la marque d'une telle exclusion ?

Que disent nos juristes, nos hommes de loi, nos constitutionnalistes, quand on sait que notre loi fondamentale viole les droits élémentaires de l'homme et renferme une discrimination aussi intolérable que sous le régime de l'Apartheid en Afrique du Sud où les noirs étaient considérés comme des citoyens de seconde catégorie. Qui pourrait alors, après l'aveu du Chef de l'Etat, ne pas soutenir nos revendications visant à réviser la Constitution ?

C'est le lieu de prendre à témoin la communauté internationale de la manipulation à laquelle l'adoption de la Constitution ivoirienne a fait l'objet de la part d'une certaine classe politique qui rechigne à la compétition. La Chambre Constitutionnelle de la Cour Suprême a donc utilisé des arguments fallacieux pour me barrer la route de la course à l'élection présidentielle d'abord, aux élections législatives ensuite. Parmi les principales raisons avancées par cette institution : l'acte d'individualité de ma mère ne serait pas signé. Voici l'acte d'individualité qui figure dans mon dossier de candidature. Il est bel et bien signé. C'est le juge Kouakou Brou Bertin qui a signé cet acte. On peut l'interroger. Il est vivant. C'est donc à juste titre que nous réclamons aussi la reprise des élections générales.

MA NATIONALITE ET MON ELIGIBILITE : UN PROBLEME POLITIQUE

Les faits sont là : mon problème ne relève pas de la justice. Il s'agit bel et bien d'un problème politique. Et, au delà de ma modeste personne, ce sont des millions d'Ivoiriens qui sont exclus d'une citoyenneté authentique. Je ne suis qu'un symbole.
Avant moi, il y a eu mon frère Djéni Kobina, un homme de convictions et de courage à qui nous devons beaucoup. Du jour au lendemain, il apprend qu'il n'est plus Ivoirien, mais Ghanéen. Subitement. Son crime : avoir créé le RDR et s'être porté candidat aux élections législatives de 1995 à Adjamé.

Djéni en a souffert jusqu'à sa mort. Avec lui, toute sa famille notamment Jacqueline son épouse, Patricia, Joëlle, Franck et Isabelle ses enfants. Elle continue d'être meurtrie. Nous aussi. Parce que Djéni nous est cher. Je me souviens du jour où la candidature de Djéni Kobina avait été rejetée. De la conversation téléphonique que j'ai eue avec Joëlle, une des filles : « Tonton, m'a-t-elle dit, toute malheureuse, si Papa n'est pas Ivoirien, que sommes-nous alors ? ». J'en ai été très ému. Lors de ses obsèques à Treichville, j'ai dit : « Plus jamais ça ! ».

Apparemment, ce cri de cour n'a pas été entendu. L'exclusion continue dans notre pays. Tout en rendant hommage à Djéni Kobina pour son engagement et pour ce qu'il a fait pour notre pays, je demande sa réhabilitation comme l'a déjà fait ici devant vous la Secrétaire Générale du RDR. Je revendique ma solidarité avec tous les exclus de la société ivoirienne, tous ceux qui sont rejetés à cause de leur patronyme, de leur faciès ou de la couleur de leur peau. Le combat que je mène est un combat pour la dignité des Ivoiriens, de tous les Ivoiriens qu'ils soient du Nord, du Centre, du Sud, de l'Est ou de l'Ouest, qu'ils soient des métis ou qu'ils aient acquis la nationalité ivoirienne par naturalisation. Les obstacles ne manquent pas. Mais fort du soutien de tous, nous parviendrons à éradiquer les injustices dont souffre une frange importante de la population ivoirienne. Car, seuls les combats qu'on ne mène pas sont perdus d'avance. De la même façon, notre lutte contre l'arbitraire et l'exclusion doit être poursuivie aussi pour honorer la mémoire de tous les Ivoiriens qui ont payé de leur vie leur refus d'une citoyenneté à deux vitesses. Par respect pour la mémoire des trop nombreuses victimes innocentes, à commencer par Djéni Kobina, rien, je dis bien rien, ne justifie les nombreuses tueries, les viols et les massacres dont la Côte d'Ivoire a été le théâtre. Nous ne devons pas baisser les bras.

Si notre marche vers plus de bien-être et de progrès social a été interrompue, c'est parce que lorsqu'il faut présenter un projet politique, on vous parle de filiation. On vous demande qui est votre père, qui est votre mère. Est-ce cela un programme politique susceptible d'apporter des réponses aux préoccupations des Ivoiriens ? Assurément, non ! Le charnier de Yopougon est une honte pour le pays d'Houphouët-Boigny. Je me demande encore comment une telle manifestation de haine a pu se produire dans notre pays. Les auteurs d'une telle abomination doivent être absolument recherchés, poursuivis et condamnés à la mesure de leur crime.

C'est à cette seule condition que le peuple Ivoirien accordera son pardon aux criminels et à leurs commanditaires. Une vraie réconciliation est à ce prix. C'est le lieu de rendre hommage à tous nos militants, Ivoiriennes et Ivoiriens qui me soutiennent malgré les exactions, les intimidations qu'ils subissent. Je pense plus particulièrement à tous ceux qui ont perdu la vie parce qu'ils croyaient en moi, parce qu'ils voyaient en moi un avocat de leur cause. Je m'incline devant la mémoire de ces martyrs et de ces combattants de la Liberté.

Je partage la douleur de leur famille et je leur demande pardon à tous, sans distinction d'origine, de race ou de religion.
Chers compatriotes,
Si mon nom est agité comme un épouvantail, si je suis attaqué plus que de raison, c'est parce que mes adversaires politiques ne veulent pas que je me mette à la disposition de notre pays, de vous mes frères et sours qui souffrez, qui ne savez pas de quoi demain sera fait, l'expérience que j'ai acquise dans l'exercice de mes anciennes fonctions. Je constate avec amusement qu'à chaque fois, à leur avènement au pouvoir, les dirigeants successifs découvrent subitement que je ne suis plus Ivoirien. Ainsi, j'ai été Ivoirien et éligible jusqu'en 1993, et par la suite le Président Bédié, qui me connaît bien pourtant, a engagé des poursuites contre moi.

A l'époque, le Président Gbagbo, dont le parti était dans le Front Républicain avec le RDR, disait ne pas comprendre que le pouvoir en place conteste ma nationalité, mieux il affirmait qu'il fallait absolument que je sois candidat. Ensuite, au début de la Transition, le certificat de nationalité établi par le juge Zoro a été reconnu par la justice. Quelques mois après, en octobre-novembre 2000, la Chambre Constitutionnelle n'a pas reconnu les certificats de nationalité dûment signés par des juges assermentés. Il y a quelques jours encore, un nouveau rebondissement : j'apprends avec surprise que le certificat de nationalité du mois de juillet 2000 qui avait été rejeté en octobre 2000 est à nouveau valable. Alors, question : s'il est valable, on peut donc en établir un autre à tout moment ?

Je suis donc surpris que le juge ait refusé de m'en délivrer un nouveau. La raison avancée, c'est que l'environnement socio-politique ne le permet pas ! Est-ce du droit ? Est-ce de la politique ? A vous d'en juger !

BILAN : PRESIDENT DU COMITE INTERMINISTERIEL ET PREMIER MINISTRE

Comme je l'ai souligné à maintes reprises, je souhaite me soumettre à l'épreuve de vérité que constitue le Forum pour la Réconciliation Nationale. C'est pourquoi il m'apparaît important de revenir sur mon bilan en tant que Premier Ministre et Chef de Gouvernement du Président Félix Houphouët Boigny. Mais avant cela, je voudrais vous expliquer les circonstances dans lesquelles j'ai été nommé Président du Comité Interministériel de redressement et de relance économique. Contrairement à ce qui a été soutenu, aucune contrainte ne s'est exercée sur le Président Félix Houphouët Boigny pour qu'il m'appelle à ses côtés. C'est faire injure à la mémoire de cet homme d'Etat exceptionnel que d'affirmer que ce sont les bailleurs de fonds qui lui ont forcé la main. Pour étayer mes propos, je vous invite à lire l'ouvrage que Monsieur Jean-Christophe Mitterrand vient de publier. Dans cet ouvrage intitulé « Mémoire Meurtrie » (pages 96 & 97), Jean-Christophe Mitterrand fait un témoignage édifiant. Je le cite :

« C'était en 1990. La Côte d'Ivoire était au plus mal économiquement. Houphouët-Boigny voulait un Premier Ministre qui mette de l'ordre dans les finances et mène une politique économique rigoureuse. C'est à dire impopulaire. Il avait pensé au Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), Alassane Ouattara. Après moult hésitations, Ouattara avait décliné son offre. Il se sentait davantage l'âme d'un banquier que celle d'un politicien. Déconvenue d'Houphouët. De passage au Sénégal, je reçus un coup de téléphone d'Houphouët d'Abidjan : «Ce soir, tu as un dîner à l'Ambassade de France à Dakar auquel doit assister Ouattara.» Il connaissait mon emploi du temps mieux que moi ! Son idée était que je fasse «aimablement pression » sur le Gouverneur de la BCEAO. Nous étions une douzaine d'invités autour de la table de l'Ambassadeur. Je n'avais jamais rencontré Alassane Ouattara. Je découvrais un homme grand, mince, chaleureux, élégant, peu disert mais intervenant toujours à propos. A la fin du dîner, je m'isolais un moment avec lui, davantage pour le sonder vis-à-vis de la proposition d'Houphouët que pour faire « pression sur lui » . Je lui rapportais le coup de téléphone du « vieux », comme tout le monde appelait Houphouët en Côte d'Ivoire. Il me fit part de ses craintes. Il lui fallait avoir les mains libres pour assainir une économie au bord de la faillite et appliquer des décisions impopulaires. Réduire une fonction publique pléthorique, faire rentrer l'impôt, empêcher trop de coulage notamment sur les taxes d'importation, et contrôler le commerce parallèle non déclaré. Le chantier s'annonçait immense. Finalement, il accepta le pos te de Premier Ministre après une conversation avec le Chef de l'Etat et lui assura qu'il aurait les mains libres, hormis les décisions concernant les nominations des ministres des Affaires Etrangères et de la Défense. Alassane Ouattara put nommer un Gouvernement essentiellement composé de « techniciens », et ses accords avec Houphouët furent parfaitement respectés. (Fin de citation). C'est cela la vérité ! C'est donc en toute connaissance de cause que le Président Houphouët-Boigny m'a demandé d'assumer successivement les responsabilités de Gouverneur de la BCEAO, de Président du Comité Interministériel de redressement et de relance économique et de Premier Ministre. Il savait parfaitement qui j'étais. Si certains compatriotes ne me connaissaient pas, le Président Félix Houphouët-Boigny, lui, avait suivi ma carrière. Il est donc ridicule d'induire le peuple en erreur en insinuant qu'il s'est fourvoyé en m'appelant à ses côtés.

Sans céder à la polémique, je voudrais rétablir ici quelques vérités concernant le bilan de mon action en tant que Premier Ministre. Souvenez-vous, l'année 1990 a été une des années les plus difficiles et pour le Président Houphouët-Boigny et pour la Côte d'Ivoire. En effet, le pays était au bord du gouffre. L'Etat était quasiment en faillite. Il avait d'énormes problèmes pour assurer les salaires des fonctionnaires. Pour sortir de cette situation, on a rien trouvé d'autre à proposer au Président Houphouët-Boigny que la réduction des salaires des fonctionnaires de 10%. A l'annonce de cette mesure, les Ivoiriens descendent dans la rue. Pour la première fois, le Président Houphouët faisait face à un mécontentement généralisé. Plus grave, il avait été abandonné par les siens qui étaient convaincus que c'en était fini pour le « vieux » .

Un jour, il m'a fait venir de Dakar. Je l'ai trouvé seul, tout seul et triste.

Je garde encore cette image. Il m'a proposé de rentrer au pays pour l'aider. J'ai accepté quelque temps après, parce qu'un fils ne peut pas voir son père dans cet état et rester inactif. Ainsi, j'ai cumulé les fonctions de Gouverneur avec celles de Président du Comité Interministériel. Pour éviter une aggravation de la situation sociale, j'ai donc pris la décision de ne pas appliquer cette mesure dont les fonctionnaires ne voulaient pas. Cette décision a été fort appréciée par tous les Ivoiriens.

Le calme est revenu progressivement.

Mais il fallait faire plus au plan politique. J'ai donc proposé au Président Houphouët d'appliquer l'article 7 de la Constitution puisque le consensus n'existait plus. C'est ainsi que les partis politiques ont été autorisés. Une telle revendication me paraissait légitime et, dans le souci de favoriser un climat de paix et de promouvoir la démocratie, j'avais encouragé le Président Houphouët à s'engager dans cette voie. En vue de poursuivre l'action que nous avons entamée, le Président Houphouët-Boigny m'a nommé Premier Ministre et Ministre de l'Economie et des Finances. J'étais bel et bien ivoirien à cette période.

Le Président Houphouët l'avait confirmé et nul ne l'avait contredit. Dans la hiérarchie du PDCI-RDA, j'étais le n°2. A ce titre, quand le Président Houphouët était absent, j'avais la responsabilité de gérer le Parti, assisté de mon frère Laurent Dona Fologo. Le chantier économique et social était vaste. Nous avons pu, malgré les difficultés, réduire la gabegie, assainir l'économie, restructurer la dette, faire rentrer l'impôt et préparer la dévaluation afin de renouer avec la communauté internationale. Malgré la conjoncture, nous avons crée les universités d'Abobo et de Bouaké et nous avons réhabilité les cités universitaires et de nombreux établissements scolaires. Mieux, les Ivoiriens se sont mis au travail.

Il est vrai que j'ai été amené, à mon corps défendant, à prendre aussi des mesures impopulaires sur lesquelles je voudrais m'expliquer. Parmi celles ci : le raccrochage des nouveaux enseignants et la lutte contre la fraude. D'abord le raccrochage des enseignants. Ce n'est pas de gaîté de cour que nous l'avons fait. Nous comprenons que les enseignants n'aient pas accepté qu'une telle mesure leur ait été appliquée. Mais nous étions face à un choix extrêmement difficile : maintenir les choses en l'état ou raccrocher les nouveaux enseignants afin de pouvoir embaucher d'avantage de jeunes sortis de l'université. Dans mon esprit, il ne s'agissait que d'une mesure provisoire. Car j'envisageais d'y renoncer après la dévaluation, et de revenir au décrochage. Après cette dévaluation, que mon équipe a soigneusement préparée, le pays a engrangé des milliards.

Le problème des enseignants aurait dû être réglé dès1995. Je me réjouis que le gouvernement actuel ait mis fin à cette inégalité de traitement.

J'exprime donc mes sincères regrets à mes frères et sours enseignants qui ont subi, pendant neuf ans, les effets de ce raccrochage. Concernant la lutte contre la fraude, jamais il n'y a eu contre la communauté libanaise un acharnement quelconque. Il est vrai que parfois des excès ont été commis contre mes frères libanais qui, du reste, apportent beaucoup à notre économie.

C'était une incompréhension. Je sais qu'aujourd'hui, ils sont nombreux à préférer notre méthode faite de transparence et de rigueur au harcèlement qu'ils vivent actuellement. La succession du Président Félix Houphouët-Boigny

On a fait croire mordicus au Président Henri Konan Bédié que je ne voulais pas lui céder le pouvoir conformément à la Constitution. Or jamais, je n'ai eu l'intention d'utiliser des moyens détournés pour confisquer le pouvoir. Pour moi, la Constitution devait s'appliquer intégralement. Profondément légaliste, je ne pouvais pas m'opposer à l'accession du Président Henri Konan Bédié au pouvoir.

Ce qui s'est passé est à mettre sur le compte des incompréhensions entre mon aîné et moi. A ce sujet, il n'y a pas la moindre équivoque. Quand j'ai appris qu'il était impossible de sauver le Président Félix Houphouët-Boigny, mon souci avait été d'être fidèle à ses recommandations. Et j'ai la conviction d'avoir été digne de la confiance qu'il a placée en ma personne. Je n'aime pas m'étendre sur les circonstances de la mort du Président Félix Houphouët-Boigny. Elles ont été extrêmement douloureuses pour moi.

LE COUP D'ETAT DE 1999

A maintes reprises, des adversaires politiques m'ont fait passer pour un putschiste.

Je n'ai rien à voir avec le coup d'état de décembre 1999 ; j'ai estimé en revanche que dans l'intérêt de la Côte d'Ivoire, tout comme la plupart des autres leaders politiques, qu'il fallait soutenir le Comité National de Salut Public. Je constate que ceux qui nous accusent d'être putschistes sont ceux-là mêmes qui sont restés au gouvernement du Président Guéi alors que les ministres, appartenant au RDR, avaient été remerciés. La Transition était bien engagée quand tout a été mis en ouvre pour m'opposer au Général Guéi qui a été un chef d'Etat major remarquable quand j'étais Premier Ministre. Ensemble, nous avons servi avec loyauté le Président Félix Houphouët-Boigny ; nous avons maintenu le pays en paix pendant les absences du Père de la Nation. Au delà de la politique, il est donc mon frère et il le demeurera.

LES PROPOS SUR LA RELIGION

La liste de mensonges qui ont été servis au peuple ivoirien soit pour diaboliser le RDR soit pour me présenter comme un épouvantail est longue. Il faut citer parmi eux mes rapports à la Religion. Comme d'habitude, pour mieux m'accabler, mes propos ont été délibérément travestis.

En effet, en réponse à une question qui m'avait été posée lors d'une réunion politique à Paris le 9 octobre 1999, j'ai répondu exactement ceci : « On brandit ma candidature comme un péril musulman. C'est honteux. Un musulman est-il inapte à diriger un Etat ? Abdou Diouf au Sénégal n'est-il pas musulman ? Le Maroc a eu le Roi Hassan II et maintenant le jeune Roi Mohamed VI. Il faut laisser les Ivoiriens choisir qui ils veulent. » Voilà tout ce que j'ai dit.

Si je suis profondément croyant, je reste attaché à la laïcité de l'Etat. Aucune religion ne doit servir de tremplin pour l'exercice du pouvoir d'Etat, et personnellement je respecte toutes les croyances. Il faut donc éviter d'opposer les religions, c'est dangereux. Car, l'histoire l'a prouvé.

LES CAUSES DE LA CRISE

Les témoignages qui ont été faits devant le Directoire du Forum m'ont conforté dans l'idée que vous êtes conscients que notre pays traverse une grave crise, une crise politique, une crise économique, une crise sociale mais aussi une crise de légitimité. Aussi, la réconciliation devient-elle une priorité pour éviter que la Côte d'Ivoire, qui a connu une longue période de paix et de stabilité grâce à la clairvoyance du Président Félix Houphouët-Boigny, ne sombre dans le chaos. Pour atteindre cet objectif, nous ne devons rien cacher des difficultés auxquelles le pays est confronté. Bien au contraire. Tout au contraire, la gravité de la situation nous oblige à faire preuve de lucidité et d'un sens élevé des responsabilités en identifiant les causes d'une telle rupture et d'une telle crise de confiance. A cet égard, un constat s'impose : nous, hommes politiques, nous avons pêché par égoïsme et par inconscience.

Alors que notre devoir consiste à anticiper, à montrer au peuple la voie à suivre et à tracer des perspectives, nous nous sommes employés à exacerber les tensions et à creuser davantage le fossé qui sépare les citoyens dans notre pays. En désignant une frange des Ivoiriens comme des boucs émissaires ou des pestiférés, nous avons joué les apprentis sorciers.

Les résultats du travail de sape qui a été entrepris sont catastrophiques : - la société ivoirienne connaît une fracture réelle, - la cohésion nationale est mise à mal.

Les douloureux évènements dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences résultent de l'intolérance qui a été entretenue dans notre pays. Pour n'avoir pas été à la hauteur de ce que le peuple ivoirien attendait de nous, nous sommes comptables de la déchirure sociale et du marasme dans lequel est plongée la Côte d'Ivoire depuis quelques années. En ce qui me concerne, je reconnais ma part de responsabilité dans ce qui est arrivé et je demande pardon au peuple ivoirien qui continue de souffrir de tant de calculs politiciens. Pardon aux familles des victimes de cette politique aveugle qui a fauché tant de nos concitoyens dans la fleur de l'âge. C'est en faisant notre examen de conscience sans complaisance aucune, que nous trouverons les moyens de conjurer le mauvais sort.

LA SITUATION ECONOMIQUE ET SOCIALE

La situation économique est grave. OUI, je l'ai dit. Selon certains, elle est même catastrophique. Elle devrait nous interpeller tous. Pourquoi ? Les Ivoiriens sont fatigués et inquiets. Les paysans voient leurs revenus baisser à cause de la chute des prix des produits de base, notamment le café et le cacao. Le vieillissement du verger café/cacao leur pose des problèmes ; les rendements ayant diminué, les produits sont de qualité médiocre. A cet égard, il devient urgent de restaurer le secteur agricole et offrir aux planteurs plus de revenus en les intégrant mieux à l'économie mondiale. La vie est chère. Chaque Ivoirien le vit quotidiennement. Le prix des denrées alimentaires a augmenté : le kilogramme de riz est passé de 160 francs l'année dernière à 275 francs et le kilogramme de viande de 1100 francs à 1300 francs. Une de mes tantes qui est à Treichville me disait, il y a quelques jours au téléphone, qu'il faut au moins aujourd'hui 5000 francs par jour pour nourrir une famille de dix personnes contre 3000 francs il y a encore quelques mois. Conséquence de ce renchérissement du coût de la vie : de nombreux Ivoiriens ne mangent pas à leur faim ou sont obligés de manger une seule fois par jour. Même la banane, la bonne banane « Agninrin » est devenue si chère que déguster un plat d'aloko devient un luxe pour les familles modestes!

L'électricité, l'eau et le téléphone ont connu une augmentation de 20% cette année. Le prix du carburant a augmenté deux fois dans l'année. A titre d'exemple, le gasoil est passé de 270 francs à 335 francs puis à 410 francs le litre.

Comme on le constate, la Côte d'Ivoire connaît depuis deux ans une forte récession caractérisée par une baisse de la richesse nationale. Tous les indicateurs sont au rouge. Parce que les économistes vous le diront : il s'agit essentiellement d'un problème de confiance. La communauté internationale n'a pas encore repris totalement sa coopération avec notre pays et les investisseurs manifestent une grande méfiance à notre endroit. Malgré les assurances qui nous sont données par le gouvernement, le pays ne va pas mieux. Nombreux sont nos compatriotes qui vivent dans l'angoisse de perdre leur travail. Les recettes budgétaires, nous le savons, sont surévaluées et il est certain que le pays ne sera pas en mesure d'honorer l'ensemble de ses engagements si l'économie n'est pas remise sur pied. Arrêtons donc de rêver en pensant que tout ira bien dans quelques mois sans effort et sans programme économique crédible.

Il n'y a cependant pas de fatalité dans ce domaine. Nous pouvons relever le défi de la pauvreté et du sous-développement auquel nous sommes confrontés actuellement si nous savons nous y prendre. Les solutions existent et nous pouvons ensemble les trouver. Chers compatriotes, souvenez-vous des premiers mois de 1990 quand notre pays était dans une situation similaire. La détermination d'une équipe soudée autour du Père de la Nation, soutenue par la très grande majorité de nos compatriotes, a permis de sortir de la crise qui nous frappait. Il est donc possible de répéter cette expérience, à condition que nous soyons unis et déterminés, que chacun de nous apporte sa pierre à la reconstruction de notre maison Côte d'Ivoire. C'est un travail essentiel qui requiert la contribution de chacun de nous et je puis vous assurer que je suis prêt à le faire dans l'intérêt national.

LES PROPOSITIONS DE SORTIE DE CRISE

Mais la crise économique et sociale n'est que la conséquence d'une crise de légitimité. Pour sortir de cette situation, nous devons sérieusement nous atteler à l'élaboration d'une nouvelle Constitution qui réaffirmera clairement l'égalité de droits et de devoirs de tous les citoyens. La crédibilité des institutions étant mise en doute, et parce qu'elles ne sont pas représentatives du peuple Ivoirien dans sa globalité, de nouvelles élections générales doivent être organisées. De plus, il importe de mettre fin à l'impunité. A cet égard, la lumière doit être faite sur le charnier de Yopougon.

L'exigence du maintien de l'ordre ne doit pas justifier des exactions sur les citoyens telles qu'on les a connues ces derniers temps. Il est important que cette mission se fasse dans le strict respect de la loi et des droits humains. C'est le lieu d'indiquer que nos forces de l'ordre doivent demeurer républicaines et consciencieuses de leur devoir.

En tout état de cause, le respect des Droits de l'Homme doit devenir une préoccupation dans notre pays. Il faut donc veiller à ce que l'Etat de droit soit renforcé. D'une manière générale, une réflexion sur notre institution judiciaire doit être menée avec courage et objectivité. Le rôle de la justice est fondamental dans la cohésion d'une société. C'est pourquoi, elle doit être forte et indépendante pour répondre à l'attente des citoyens et en retour mériter respect et fierté. C'est à ce prix que la paix et la stabilité reviendront.

Pour ce faire, prenons tous ensemble l'engagement de tourner le dos aux comportements générateurs de conflits et d'injustice. Il est temps que nous nous consacrions à l'essentiel en dépassant nos querelles politiciennes. Notre pays peut s'en sortir à condition que disparaissent les injustices qui mettent à mal la cohésion nationale.

Pour que notre pays redevienne ce qu'il a toujours été, un pays de paix et de stabilité, tous les sacrifices doivent être possibles. C'est pourquoi, je voudrais vous dire sincèrement que je n'ai pas de ressentiment.

A mes frères, Bédié, Guéi, Gbagbo, je lance un appel pour que nous nous ressaisissions, pour que nous nous asseyions pour discuter, selon une formule bien connue. En ce qui concerne le Président Guéi, il n'y a pas lieu de se demander s'il doit bénéficier ou non du statut d'ancien Chef d'Etat. Il est évident qu'il y a droit tout naturellement, pour avoir assumé les charges de l'Etat au plus haut niveau. Pour ma part, j'ai pardonné à mes frères Bédié, Guéi et Gbagbo. Et je les invite à en faire autant. Si nécessaire, avec la caution de tous ceux qui se réclament du Président Houphouët-Boigny. Car je souffre de voir mon pays marcher à reculons et s'enfoncer dans la misère.

CONCLUSION GENERALE: MA VISION

En conclusion, j'aime mon pays. Je l'aime profondément. J'ai une ambition pour mon pays : - faire de la Côte d'Ivoire une véritable société démocratique, respectueuse des droits humains et de la liberté des individus, - une société démocratique apte à inventer et à initier les changements ce qui implique la reconnaissance et le respect de l'autre, la participation de tous à la vie nationale, - une société de bien-être et de progrès.

Car, l'action politique n'a de sens que si elle a pour finalité le bonheur du peuple. Mon projet, c'est d'associer toutes les Ivoiriennes et tous les Ivoiriens au renouveau de la Côte d'Ivoire, à la définition des principes qui la guideront dans l'avenir et à ses grands choix. Car on ne peut faire taire une grande partie de la Nation. On ne peut davantage l'exclure des processus de décision.

La démocratie exige cette intervention permanente et cette participation du peuple entier. Elle exige ce recours au dialogue et au consensus. Nous ferons redémarrer l'économie avec la restauration de l'Etat de droit. Et nous disposons d'atouts formidables : - des ressources humaines avec une population jeune,

- des femmes dynamiques dont le rôle doit être de plus en plus reconnu, - des cadres de grande valeur, - des ressources naturelles avec notre potentiel agricole. Notre pays ne peut pas se permettre d'être à contre-courant de l'évolution du monde. Il doit renoncer à tout repli frileux, à toute idéologie fondée sur l'incitation à la haine et le refus de l'autre. Nous devons réapprendre à vivre ensemble. La réconciliation, la vraie réconciliation : - c'est la confiance retrouvée en nos capacités à gérer, à nous développer et à entreprendre ensemble.

- c'est la confiance retrouvée des opérateurs économiques et des investisseurs. - c'est la confiance retrouvée de la communauté financière internationale dont nous avons tant besoin du soutien.

Le retour des investisseurs et des bailleurs de fonds, c'est le retour de la croissance, de la création d'emplois et de l'amélioration du bien-être social. Soyons convaincus, ensemble, que la fin des exclusions conditionne la vraie réconciliation, qui elle-même conditionne le retour de la confiance. Tout en ne perdant pas sa personnalité et son génie, la Côte d'Ivoire doit continuer de s'ouvrir au reste du monde.
C'est à cette condition qu'elle retrouvera sa place en Afrique et dans le concert des Nations.

Je suis prêt à apporter ma contribution pour que mon pays, la Côte d'Ivoire, redevienne un pays de paix et de stabilité. Je vous remercie.

samedi 28 août 2010

Discours De Gbagbo a Divo 27 Aout 2010

Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;


Monsieur le Président Yanon Yapo ; ( Ndlr : ex- Président du Conseil Constitutionnel) ;

Messieurs les Juges de la Cour Suprême ;

Messieurs les Juges du Conseil Constitutionnel ;

Monsieur le Ministre de l’Intérieur ;

Messieurs les Ministres ;

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Préfectoral ;

Monsieur le Général de Corps d’ Armée, Chef d’ Etat – Major des Armées nationales de Côte d’ Ivoire ;

Monsieur le Général de Corps d’Armée, Commandant Supérieur de la Gendarmerie ;

Messieurs les Officiers Supérieurs, Officiers Subalternes, Sous- Officiers, et hommes de rang ;

Mme BOGA DOUDOU ;

Mesdames et Messieurs ;

Messieurs les Policiers ;

Messieurs les Chefs de village ;

Populations de Divo.

Je voudrais vous dire merci d’être présents à cette cérémonie, pour toutes les raisons qu’ont déjà soulevées et analysées, le Directeur Général de la Police, le Maire et le Ministre de l’Intérieur.

Pour ma part, je voudrais faire quelques commentaires.

D’ abord sur ce lieu (Ndlr : ex -complexe de Divo qui abrite désormais la caserne de la CRS 3). Ce lieu, était un Centre Culturel. C’est ici, que j’ai fait mon premier meeting de campagne électorale pour la présidentielle en 1990. J’étais effectivement accompagné de feu BOGA DOUDOU (Ndlr : ex- Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, décédé aux premières heures de la crise militaro- politique, le 19 septembre 2002). D’ ici, nous sommes allés à Lakota. Ce Centre Culturel a été abandonné.

C’est le drame de la Côte d’ Ivoire et de toute l’Afrique. On cherche de l’argent ; on bâtit et on laisse l’œuvre mourir ! On bâtit et on laisse l’argent périr !

Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale, Monsieur le Préfet, je vous remercie d’avoir ressuscité ce bâtiment important. Un bâtiment où la jeunesse de Divo venait jouer au théâtre, au basket, au handball. Eh bien, si ces jeunes ne viennent plus jouer, ce bâtiment va servir à les secourir.

J’espère qu’assez rapidement, les autres Chefs – lieux de Région qui ont été désignés pour abriter des Compagnies Républicaines de Sécurité(CRS) vont trouver des locaux afin qu’on installe des Unités à Abengourou, Bondoukou, Gagnoa, Daloa, San- Pédro, etc… C’est donc le premier commentaire que je voulais faire concernant ce lieu.

Le deuxième commentaire, concerne BOGA DOUDOU. On l’appelait dans notre petit groupe, ’’ Djimy la Rigueur’’. Parce que quand tu as tord, ‘’ Djmy’’ disait que tu as tord. Et, quand tu as raison, il disait que tu as raison.

Je l’ai rencontré en 1974. Il faisait partie de la même cellule qui comprenait outre, moi- même, Henry- Philippe Dacoury( Ndlr : actuel Gouverneur de la BCEAO), et lui, BOGA DOUDOU .

Un soir, on n’est venu nous annoncer que la Police avait arrêté BOGA DOUDOU, dans sa chambre d’étudiant. Qu’avait-il fait ? Nous n’en savions rien. Mais, toujours est-il que nous nous sommes mobilisés. Nous sommes allés dormir à la Police. Nous avons dit que tant qu’ on ne nous rend pas BOGA, nous ne rentrions pas chez nous. Voir des Enseignants venir réclamer la libération d’un Etudiant était quand même quelque chose d’inhabituel ! Les Policiers de Cocody, nous l’ont donc rendu.

Il était courageux, brave. On disait toujours de lui que le mot ‘’peur’’, il l’avait découvert dans le dictionnaire. Parce qu’il ne savait pas ce que cela voulait dire.

A la fin des élections de 2000- et, c’est une confidence amicale que je voudrais vous faire- je discutais avec mes filles qui avaient 17 et 18 ans, à l’époque. Je leur ai demandé : « A votre avis, quand je vais être élu, qui doit être Ministre de l’Intérieur ? ». Les plus jeunes m’ont répondu en disant : « Papa, vu l’ensemble de ses qualités, nous pensons que la personne idéale pour ce poste, est Tonton BOGA». Ceci, pour vous dire que, même les enfants, à la maison, chez moi, savaient qu’il devait être Ministre de l’Intérieur. Il était fait pour la profession.

Quelques Magistrats sont venus me le réclamer pour être leur Ministre de tutelle. Mais, finalement, la plus grande partie des gens le voulaient comme Ministre de l’Intérieur. Parce qu’il avait des idées très claires concernant l’Administration Territoriale, la Décentralisation, la Sécurité et la Police. Que son nom soit ‘’ donné’’ à la CRS 3 qui est installée chez lui, dans sa région, est un bel hommage à l’homme. Et, cela ne peut que me réjouir. Je ne pouvais pas ne pas être là. Cet homme, dont le nom est désormais porté par cette toute nouvelle Compagnie, était de valeur. Il a fait une thèse recommandée à la publication par les Universités françaises.

Après que BOGA DOUDOU a été nommé Ministre de l’Intérieur, sa première reforme, n’a pas été celle de l’Administration. Sa première reforme a été celle de la Police. Il m’a dit : « Président, si nous voulons que la Police soit efficace, faisons une nouvelle loi, pour elle, et augmentons les traitements salariaux des Fonctionnaires de la Police ».


On a fait cette réforme. Et, le projet de loi que nous avons adopté, qui est arrivé par la suite sur la table des Députés à l’Assemblée Nationale, à été voté à l’unanimité. Parce que Ouassénan Koné (ex- Ministre de la Sécurité) a dit ceci, à cette occasion : « quand j’étais Ministre de la Sécurité, j’ai longtemps voulu faire voter cette loi. Mais, à l’époque, j’ai été désavoué. Je pense que c’est cette loi qu’il faut. Car, cette loi que je voulais faire voter, à l’époque. Maintenant qu’elle arrive, ici, je demande à tout le PDCI (Ndlr : ex- Parti au pouvoir, aujourd’hui, dans l’opposition) de voter ce projet de loi».

La loi a été votée à l’unanimité des Députés de l’Assemblée Nationale. Tel est cet homme. Il était mon Président de Groupe parlementaire, quand j’étais Député. Il avait l’air très dur. Mais, BOGA DOUDOU négociait toujours. C’est lui qui faisait toutes les négociations. Il négociait à l’extérieur avec tout le monde. Et, quand, pour ma candidature en 2002, j’ai eu un appel de Lybie …, c’est avec BOGA que j’y suis allé. Lors de la rencontre, je n’ai pas parlé. C’est lui qui a parlé.


Donc, pour cet homme, je ne pouvais pas, ne pas être ? ici. Je suis heureux que son épouse soit là ; ses enfants ; ses frères, également. Je suis heureux que tout le monde soit présent. Je suis heureux que Lakota soit venu en force. Monsieur le Président du Conseil Général, chers frères, Cadres, je suis heureux que tous les amis de BOGA soient réunis, ici. Je suis très content.

A présent, je vais m’adresser à vous, les Policiers, qui allez prendre fonction au niveau de la CRS 3.


Le Général BREDOU M’bia (Ndlr : Patron de la Police Nationale) a rappelé tout à l’heure que la CRS a été créée en 1944. Et, a été rendue opérationnelle en 1948. Les dates parlent. En 1944, c’était un moment de désordre en France. La guerre était terminée, mais, pas totalement ; un peu comme notre crise. Le Général DE GAULLE et le Gouvernement en exil en Alger, avaient débarqué à Paris. Ils avaient pris possession des lieux. Mais, la capitulation n’avait encore pas été signée par l’Armée. Il y avait des villes entières qui étaient sous le contrôle des Allemands et d’autres, sous le contrôle des résistants armés.

DE GAULLE, voulait assurer la sécurité des Institutions républicaines. Il a créé la CRS pour se battre en ville ; pour se battre contre le désordre ; pour se battre contre les malfrats. Et, depuis 1944, la CRS est là.

Quand il ya des moments difficiles, c’est la CRS qui prend les devants, en France. Je vous fais ce rappel, non pas pour vous faire un cours d’histoire, mais, pour vous montrer l’esprit dans lequel la CRS est née, et les tâches qui l’attendent.

Les tâches qui l’attendent sont des tâches de bataille contre le désordre, la pagaille et la chienlit. Mais aussi, les tâches de Paix avec les citoyens normaux.

Grâce à vous, dans cette ville, et dans cette région, les citoyens ordinaires doivent pouvoir aller à leur travail, tranquillement. Ils doivent pouvoir aller au cinéma, aux bals ; ils doivent pouvoir s’amuser, tranquillement. Les gens doivent pouvoir se promener normalement avec leur argent, sans avoir peur, grâce à votre présence ». Par conséquent, à cause de votre présence, tous ceux qui veulent aller détrousser les honnêtes personnes, doivent réfléchir par deux fois, avant de sortir.


Chers amis Policiers, chers frères, vous, Policiers, que nous installons aujourd’hui, n’êtes pas des Policiers ordinaires. Vous n’êtes pas des Policiers ordinaires, qu’on affecte dans un commissariat pour tenir, la main courante. Non, vous n’êtes pas cela ! Vous êtes la Compagnie Républicaine de Sécurité. C’est – à – dire que votre rôle, c’est de faire en sorte que la République vive ! votre rôle, c’est de faire en sorte que l’ autorité du Préfet de région s’ applique sur toute la région ; que l’ autorité des Préfets de départements s’ applique sur les départements ; que l’ autorité du Sous- Préfet s’ étende sur toute la Sous – préfecture. Votre rôle, c’est de faire en sorte que l’autorité républicaine vive !

Vous avez pour ennemis- je n’ai pas dit pour adversaires- tous ceux qui sont contre la République ! Vous avez pour ennemis, tous ceux qui sont contre la paix en Côte d’ Ivoire. Vous avez pour ennemis, tous ceux qui veulent troubler les élections en Côte d’ Ivoire. Votre tâche est simple. Parce que la ligne de démarcation est nette. Entre la paix et le désordre, vous êtes pour la paix ; et vous vous battez contre ceux qui veulent semer le désordre. Entre la légalité et l’illégalité, vous êtes pour la légalité ; et, vous vous battez contre tous ceux qui sont pour l’illégalité. C’est cela, votre rôle. Il y a une ligne de démarcation. Pour la CRS, il y a le blanc et le noir. La CRS n’est pas au milieu. Vous n’êtes pas des Juges. Ce sont les Juges qui regardent, pour voir s’il y a des circonstances atténuantes ou aggravantes, pour telle ou telle situation. Vous n’êtes pas des Juges, vous êtes des Combattants de la légalité républicaine.

Quand on dit que la République est menacée, c’est vous qui apparaissez pour rétablir l’ordre républicain.


Je suis venu pour vous dire, ce jour, à vous, mais aussi à toute la Côte d’ Ivoire, ceci : ‘’quand la République se construit, elle se construit aussi avec des forces de combat. Il y a des gens qui croient que quand l’homme politique que je suis fait des concessions, discute, il n’a pas de bras’’. J’ai aussi des ‘’bras’’.


Il y a des moments où je dis à ces ‘’ bras’’ : « restez tranquilles, je vais négocier ». Mais, quand le moment arrive pour que ‘’ ces bras’’ se lancent, ils se lancent. Donc, je vous le dis, ce n’est pas pour rien qu’on vous a envoyés, ici. Vous n’êtes ni des hommes politiques, ni des Magistrats. On vous a envoyés, ici, parce que l’ordre est trop souvent troublé à Divo. Le Ministre de l’Intérieur, tout à l’heure - parce qu’il est beaucoup plus jeune que moi- se posait encore des questions ; celles de savoir si ces troubles étaient liés à la guerre.

Non et non ! Ils ne sont pas liés forcement à la guerre. Quand j’étais encore dans l’opposition, il y a eu des bagarres, ici, et un commerçant du nom de Dramera a été tué. Donc, ce n’est pas aujourd’hui que cela est apparu. Pourquoi Divo bouillonne ? Pourquoi Divo est excité ? On n’en sait rien. Et, comme on n’en sait rien encore, nous installons la CRS ; nous mettons la CRS et nous demandons aux éléments de dissuader tous ceux qui sèment le désordre.

Donc, votre rôle, n’est pas un rôle d’analyse. Chers amis, votre rôle n’est pas un rôle d’analyse, de réflexion. Votre rôle est de faire face et de dissuader tous ceux qui sont contre la République, tous ceux qui sèment le désordre.

Toujours et en tout temps, nous vous donnerons les moyens qu’il faut, pour cela. Je suis très à l’aise quand je vous parle. Parce que mon papa a été Militaire, et ensuite, Policier. Je connais par conséquent la vie de l’Armée.

Mon Père était Sergent, en 1938. Il a été libéré et quand la guerre a éclaté en 1939, il a été rappelé comme tous les Sous- Officiers et Officiers.

Mais, après, vers 1997, je lui ai demandé- il faut savoir qu’il a rendu un jour sa démission de la Police dans les années 50- pourquoi, ayant été Sergent dans les années 38, et ayant la possibilité de finir comme capitane ou commandant au niveau des Indigènes et devenir par conséquent comme l’un des premiers Officiers de la Nouvelle Armée, as6TU tourné le dos à l’Armée ? Il m’ a donné cette réponse – et c’est depuis ce jour que j’ ai compris la différence entre les hommes armés et les civils- il m’a dit : « papa- parce qu’il c’est comme cela qu’il appelait- quand tu es dans l’ Armée, tu ne dois pas trop réfléchir ; tu dois obéir aux ordres. J’ai combattu les Allemands, j’ai été blessé de guerre, je suis venu, j’ai combattu les voleurs ; mais, dans ce Corps de métier, on ne nous demande pas de réfléchir. On nous demande de ‘’ taper’’, de nous battre. J’étais fatigué de cela. Moi, je suis un homme qui réfléchit ».

Les Commissaires qui vous commandent, réfléchissent pour vous. Si un Soldat, un Policier, veut se mettre à réfléchir comme son Chef, il n’ ya plus d’Armée ! Si un Policier veut réfléchir à la place de M. Yapo( Ndlr : tout nouveau Commandant de la CRS 3) , il n’y a plus de CRS à Divo. S’il y a des erreurs qui sont commises, nous régleront cela avec le Commissaire Yapo. Il vous donne des ordres et vous exécutez.

Je vous le dit tout net, et je le dis également à tous les bandits, qui sont à Divo : ’’ à tous ceux qui sèment le désordre à Divo, je vous envoie la CRS’’. Je vous ai envoyés, ici, contre eux. Il n’ ya pas d’autres choses à faire. C’est la mission qui est assignée au Commissaire Yapo.

Populations de Divo, ma dernière adresse est à vous. Les Chefs sont là. La Police est votre Police. Il n’y a aucune Police efficace sans collaboration avec la population.

Si vous n’aidez pas votre Police, elle ne sera pas efficace. Il y en a qui cachent des bandits chez eux. Mais ? si tu caches le bandit, tu es aussi un bandit. Donc, si on l’attrape, chez toi, on t’arrête aussi. Et, on ouvre une procédure judicaire contre toi ; de la même manière qu’on ouvre une procédure contre le bandit. Ne vous rendez pas complices des bandits et des actes anti- républicains. Faites confiance en votre Police. Aidez- la par vos renseignements. La Police ne peut pas travailler sans renseignements.

On m’a dit qu’un paysan venant de Fresco pour vendre ses produits a été dépossédé de tout son argent. Les Policiers ne sont pas Dieu. Ce sont des hommes comme nous. Donc, ils agissent en demandant des renseignements. Aidez-les, vous, populations de Divo. Aidez- les par vos renseignements.

Vous, Chefs traditionnels, Notables, dites à vos administrés dans les villages, d’aider la Police. Elle n’est pas votre ennemie tant que vous êtes honnêtes. Mais, le jour où vous êtes malhonnêtes, elle devient votre ennemie. C’est ce que je voulais vous dire.

M. Le maire, Mme et MM. les Elus, je crois que c’est un grand cadeau qu’on vous fait. Mais, ce cadeau est pour vous parce qu’il va vous faciliter la vie. Il est pour nous tous.

Que Dieu bénisse la Police Nationale ;

Que Dieu bénisse tous les Agents de l’ordre qui risquent leur vie tous les jours et toutes les nuits, pour nous ;

Que Dieu bénisse la Côte d’ Ivoire ;

Qu’il bénisse l’Afrique ;

Je vous remercie.





Propos recueillis par Hermann BORGET

Envoyé Spécial à Divo

vendredi 16 juillet 2010

Albert Drogba (père de Didier Droga) révèle :« Comment mon fils a été guéri »

Dix jours après la coupe du monde

Albert Drogba (père de Didier Droga) révèle :« Comment mon fils a été guéri »

« Voici l’homme qui m’a aidé » « Mes inquiétudes pour Didier »
samedi 17 juillet 2010 par TRA BI Charles Lambert
M. Drogba, dites-nous ce que vous aviez ressenti après la fracture au bras de votre fils Didier, à quelques jours de la Coupe du monde qui vient de s’achever en Afrique du Sud ? Albert Drogba : C’était vraiment dur moi. C’était pénible pour moi de voir, en direct de la télévision, le coup que le joueur japonais a porté à Didier. J’ai vu l’image en direct de la télévision, je l’ai vécu en direct. Et j’ai vu que Didier était beaucoup touché. Mais j’avoue que, dans ma tête, je ne concevais pas que mon fils puisse rater cette coupe du Monde qui vient de finir. Et donc je me suis mis à réfléchir et à chercher comment sauver le bras fracturé de Didier avant le début de cette compétition mondiale. Je tenais à ce que mon fils ait la guérison le plus rapidement possible. Et ça va beaucoup mieux chez Didier aujourd’hui... A.D : Ah Oui ! Vous l’avez vu jouer la Coupe du monde. Il a donné le meilleur de lui-même. Certaines personnes ne croyaient pas voir Didier jouer cette coupe du monde tellement la fracture était grave. Mais Dieu a fait le reste et il a pu jouer. Disons merci à Dieu pour la guérison de Didier.
Quelles ont été vos démarches pour en arriver là ? A.D : Mes démarches ont été celles d’un père qui voulait que son fils se rétablisse de son mal. D’abord, je suis allé rencontrer là où il était, pour voir dans quel état d’esprit il était après cette grave blessure et de voir aussi si physiquement il pouvait être guéri et participer à la Coupe du monde. Je suis donc allé à Genève en suisse. Et là-bas, j’ai rencontré le médecin de Didier, Dr Gallot, qui venais de Marseille (France). Nous nous sommes vus à l’aéroport de Génève. Dr Gallot m’a donné les détails du bras fracturé de Didier et m’a expliqué comment il a pu opérer ce bras. Et moi, étant un Ivoirien, un Africain, je reste attaché à certaines pratiques. Chez nous, je sais que les fractures, même les plus graves, peuvent se soigner aussi à l’indigénat, c’est-à-dire dans la médecine traditionnelle. Quand j’ai vu la situation de mon fils après l’opération de son bras, j’ai demandé à quelqu’un de venir nous aider. C’est ce que j’ai fait.
Qu’est-ce que le médecin de Didier vous a dit au sujet du bras fracturé du joueur ? A.D : Le médecin de Didier m’a rassuré que la guérison du bras fracturé était possible, mais que cela ne pouvait pas se faire au bout de 15 (quinze jours), c’est-à-dire pas avant le premier match de la Côte d’Ivoire, le match que les Eléphants devaient livrer contre le Portugal. Dr Gallot m’a montré l’image du bras fracturé de Didier. Il y a eu une cassure au niveau du bras de Didier qui a pris le méchant coup de pied du japonais. L’os était cassé en deux et il y avait un écart visible. Il a fallu, pour souder l’os du bras fracturé, y insérer des vis. Mais sur la photo sortie après les soins, on ne voyait pratiquement plus la cassure et les vis, on ne voyait finalement qu’un trait. Mais le médecin a insisté pour dire que le bras de Didier ne pouvait pas être totalement guéri et que sa participation à la Coupe du monde n’était pas vraiment certaine.
Vous vous êtes donc tourné vers un guérisseur traditionnel... A.D : Comme je vous l’ai dit tantôt, je reste attaché à des pratiques africaines. Le coup que Didier a reçu, il aurait pu perdre une côte la dedans si son bras n’avait pas pris ce coup. Pour sauver le bras de mon fils, j’ai donc fait appel à quelqu’un qui vit dans le village de Lebame, dans la commune de Guibéroua au centre-ouest de la Côte d’Ivoire d’où je suis originaire moi-même. Ce guérisseur se nomme Siaka Doumbia. Il est né dans ce village Bété de Lebame, situé à environ 5 Km de Guibéroua. Je connaissais ce monsieur depuis bien longtemps déjà parce qu’il a guéri de nombreuses fractures bien avant celle de Didier. Zoguouhi, c’est le nom Bété de Siaka Doumbia qui a un don de guérison des fractures, quelle que soit leur gravité. Si vous avez une fracture, il suffit qu’il vous touche et voilà, vous avez la guérison. Je vous donne un exemple parmi tant d’autres fractures que ce monsieur a soignées et guéries. Dans mon village à Niaprahio, qui est bien sûr celui de Didier, un frère du nom de Makanaky a été totalement guéri après avoir été victime de plusieurs fractures aux jambes suite à un accident de la circulation. Aujourd’hui où je vous parle, si vous voyez Makanaky, vous n’allez pas vous rendre compte que ce monsieur a eu les pieds fracturé à un moment donné. C’est pourquoi j’ai sollicité Siaka Doumbia pour aider à la guérison de Didier. Et je suis parti avec ce monsieur là où se trouvait Didier pour qu’il puisse travailler sur le bras cassé de mon fils pendant quelques jours.
Quelle a été la réaction de Didier lorsque vous avez débarqué avec ce guérisseur qui venait tout droit du village ? A.D : Mais il n’avait pas le choix. Lui il voulait être guéri de sa fracture pour pouvoir prendre part à la Coupe du Monde. C’est tout. Ce ne sont pas des gris-gris et des canaris qu’on lui avait apportés. Le monsieur a un don de guérison des fractures. Quand il vous touche et vous masse la partie fracturée pendant quelques jours, vous retrouvez la guérison. C’est un don que Dieu lui a donné pour guérir les fractures.
L’intervention du guérisseur Siaka Doumbia s’était-elle faite avant ou après l’opération du bras fracturé de Didier ? A.D : Le bras fracturé de Didier avait déjà été opéré avant que Siaka Doumbia n’intervienne pour faire son travail. Il a touché le membre fracturé de Didier une première fois, le premier jour de notre arrivée. Le lendemain matin, quand il devait retoucher encore le bras de Didier, il lui a demandé ce qu’il avait senti pendant la nuit. Didier a répondu que la partie de son bras blessé l’a démangé toute la nuit. Et Siaka de dire ‘’Ok, donc ça va’’. Je vous fais savoir que lors de l’opération du bras fracturé de Didier, on a laissé un élément étranger dans ce bras, c’est un plâtre qui va faire des mois dans son corps. C’est pourquoi, quand bien même on lui dit qu’il est guéri, il peut toujours pensé à ce corps étranger qui est dans corps. Mais quand le guérisseur a su que Didier avait eu des démangeaisons au niveau de son bras fracturé, il lui a dit ‘’tu es guéri, tu pourras jouer tous les matches si tu veux’’. Et puis voilà, Didier est parti en Afrique du Sud et Siaka et moi l’avions suivi là-bas. Le guérisseur a encore touché deux à trois fois le bras fracturé et nous sommes rentrés au pays, convaincus que Didier prendrait part à la Coupe du monde.
Est-ce parce que vous doutiez de l’efficacité de la médecine moderne en matière de fracture que vous êtes allé chercher un guérisseur au village ? A.D : Non pas du tout ! Ce n’est pas parce que j’ai douté de l’efficacité de la médecine moderne en matière de fracture que je suis allé chercher le guérisseur de Lebame. Seulement, j’avais l’intime conviction que le bras fracturé de Didier allait prendre du temps pour guérir. D’ailleurs, Dr Gallot, le médecin de Didier, m’avais dit que l’opération du bras fracturé avait réussi, mais que mon fils était improbable pour le premier match des éléphants contre le Portugal, voire même pour le mondial. Il me l’avait confié à l’aéroport de Genève. Chose que je ne voulais vraiment pas entendre pour Didier, qui avait à cœur de jouer cette coupe du monde. En tout cas, son médecin m’a dit qu’il ne me garantissait rien. J’ai dit ok ! Moi je vais rentrer en brousse pour accélérer la guérison de mon fils. Et je suis allé à Lebame où Dieu a donné une force naturelle à des gens pour guérir les fractures en un temps record. Dans mon village à Niaprahio, personne ne peut faire ça. Mais à Bassi et à Lebame (deux villages de la commune de Guibéroua, Ndlr ), il y a des gens à qui Dieu a donné le pouvoir naturel de guérir les fractures. Mais c’est le guérisseur de Lebame que je suis allé chercher pour aider à soigner mon fils.
C’est donc, pour vous, ce guérisseur qui a sauvé le bras de Didier ? A.D : C’est, d’abord et avant tout, Dieu qui a sauvé Didier. Voyez le coup de pied que lui a envoyé le joueur japonais. Le choc aurait brisé une côte de Didier s’il n’avait pas pour protéger sa cage thoraxique avec un de ses bras qui a finalement pris le mauvais coup. Donc, c’est Dieu qui a sauvé mon fils et qui lui a permis de participer à cette Coupe du monde. Aujourd’hui, si des Ivoiriens déclarent que ce sont eux qui l’ont guéri, je leur dit merci.
Mais il y a un mystique du nom de Sompohi Doué qui affirme aussi avoir guéri Didier de loin... A.D : Mais je lui dis merci d’avoir guéri mon fils. Il dit l’avoir guéri à distance, mais je dis gloire à Dieu. De toutes les façons, ils sont nombreux les Ivoiriens, j’allais dire les Africains et les fans du football dans le monde qui ont prié pour la guérison du bras fracturé de Didier. Tous les Ivoiriens ont prié pour Didier. Et je les remercie pour tout ce qu’ils font pour mon fils. Vous imaginez faire un enfant qui est adulé par tout un peuple. Je ne peux dire ici que c’est Pierre ou Paul qui a guéri Didier. Pour moi, ce sont les Ivoiriens, avec l’aide de Dieu, qui ont guéri Didier.
Alors quand vous avez vu Didier sur le terrain lors du premier match contre le Portugal, aviez-vous une petite crainte de le voir rechuter ? A.D : Non pas du tout ! Le travail était déjà fait et bien fait. D’ailleurs quand je lui ai posé la question de savoir s’il pouvait jouer le premier match contre le Portugal, il m’a dit ‘’oui.’’ Donc je n’avais aucune crainte puisque je l’avais également confié à Dieu. Qu’est-ce que ça vous fait d’être le père de Didier
Drogba, footballeur adulé en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde ? A.D : J’en suis fier et les Ivoiriens le sont avec moi. C’est aussi une joie immense pour moi de le voir jouer et de marquer des buts décisifs.
Saviez-vous que Didier, l’aîné de vos six enfants, serait un jour ce grand footballeur à la renommée mondiale ? A.D : J’avoue que non ! Moi, j’ai privilégié l’école pour Didier. Pas que je m’étais opposé à ce qu’il joue au football. Mais je voulais d’abord qu’il aille loin dans les études. Mais je ne suis pas déçu puisque Didier s’en sort bien ? Le football, c’est bien, mais l’école c’est la première des choses. En tout cas, mon souhait c’était que mon enfant aille à l’école. Qu’il soit médecin ou je ne sais quoi d’autre. Mais je ne suis pas surpris que Didier ait fini par être un footballeur. Moi-même je l’ai pratiqué, même si ce n’est pas à un haut niveau. Mon petit frère Goba Michel, qui a élevé Didier, a été footballeur professionnel. Donc que Didier devienne aujourd’hui footballeur n’a rien d’étonnant. D’ailleurs, j’aime bien le football.
Est-ce que ça se passe toujours bien entre Didier et vous ? A.D : Oui, ça va. Didier est une grande vedette du football. Il a ses occupations en Europe, j’ai les miennes ici en Côte d’Ivoire. On se voit quand on peut et voilà. Didier est beaucoup sollicité. Mais quand j’ai un petit temps avec lui, il m’écoute et on s’entend toujours. En tant que père de Didier, comment entrevoyez-vous sa vie une fois sa carrière de footballeur arrêtée ? A.D : Vous savez, ce qui a de plus difficile pour le père de Didier que je suis. J’avoue que j’ai quelquefois des inquiétudes quand j’entrevoie l’avenir de mon fils. Je me demande des fois si Didier fait bon usage de ce qu’il gagne comme argent. Lui qui a connu le sommet et la gloire, qu’est-ce que demain lui réserve quand il ne sera plus sur un terrain de football ? Vous savez, on a vu des stars du football, je ne citerai pas de noms ici, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts aujourd’hui. C’est pourquoi je m’inquiète quelquefois pour mon fils. Et j’en ai parlé avec lui. Mais Didier m’a toujours rassuré en disant ’’papa, tiens -toi tranquille, tu ne regretteras pas’’.
Est-ce à dire que Didier vous tient au courant de toutes ses affaires ? A.D : Pas forcément. Didier est un grand garçon, ses affaires sont ses affaires. Moi j’ai ma famille à gérer. Didier a des gens qui gèrent ses affaires et je crois que tout se passe bien. Je pense qu’il est bien entouré par des techniciens du football et du monde des affaires. Je prie pour lui et Dieu fera le reste. Je voudrais profiter de l’occasion que vous me donnez pour dire merci, grand merci à tous ceux qui, de près ou de loin, Ivoiriens, Africains, Européens, Américains et autres, ont aidé à la guérison de Didier pour qu’il prenne part à la dernière Coupe du monde qui vient de s’achever en Afrique du Sud.
Savez-vous dans quel club il évoluera la saison prochaine ? A.D : Je le trouve bien à Chelsea. Il peut bien évoluer ailleurs, mais je le trouve bien à Chelsea. Réalisée par TRA BI Charles Lambert

Le tribalisme de Gbagbo.... Lisez et appreciez vous memes.

11/07/2010
- Messieurs les Ministres ;
- Monsieur le Directeur de Cabinet Adjoint de la Présidence de la République ;
- Monsieur le Préfet du Département de Gagnoa, Préfet de la Région du Fromager ;
- Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Préfectoral ;
- Honorables Chefs traditionnels ;
- Distingués Chefs religieux ;
- Chers parents de l’Ouest montagneux ;
- Mesdames et Messieurs.
-
Tout à l’heure, quand je suis arrivé, ici, sur la place publique, j’ai été impressionné par le nombre de porteurs de boubous’’ Yacouba’’ ; j’ai été même beaucoup plus impressionné que lorsque je m’étais rendu à Man. Et, lorsque je suis arrivé à la loge officielle, j’ai dit au Doyen Jacquet Florent : « les masques sont vraiment sortis. Les masques sont venus. Cela veut dire que c’est important ».

Chers frères, chères sœurs, je vous salue pour la route que vous avez faite. Je vous salue pour la longue route que vous avez faite.

Vers 13H- 14H, quand je ne vous voyais pas, j’ai pris mon véhicule pour aller tourner un peu dans les villages. Tout à l’heure, Siki Blon Blaise (Ndlr : Président du Conseil Général de Man), en parlant, à décrit les péripéties, les crocs- jambes. En Afrique, c’est ce qu’on appelle la politique. En Afrique, quand tu dis la vérité, on pense que ce n’est pas de la politique. Mais, quand tu fais des crocs- en jambes, tu roules les gens, quand tu prends l’argent des gens et que tu ne donnes pas les cars, c’est ce qu’on appelle la politique. C’est pourquoi, nous sommes en retard.

Donc, ‘’Yako’’ (Ndlr : compassion) pour toutes les souffrances que vous avez endurées, depuis hier soir. Bon courage.

Mais, en même temps, je voudrais dire à mon ami et frère, Pierre Kipré, qui a porté, comme l’a affirmé Blon Blaise, la parole, qui, lui- même l’a reçue de Jacquet Florent, qui, lui aussi, l’a reçue des masques et des Chefs qui sont là, que, quand tu mènes une action, et qu’il n’y a pas d’embûches, c’est que tu ne la fais pas ! Toute action, positive, soulève toujours la colère du démon, du diable. Donc, quand tu veux faire du bien, et qu’on te donne des coups, tu ne peux pas t’étonner. C’est parce que tu fais du bien, que ceux qui pensent mal, te donnent des coups. Il faut, au contraire, continuer, persister.

Tous les frères Dan, Wê, Mahou, qui êtes venus de la Région Ouest, je vous salue. Je suis très fier que vous ayez honoré notre tout petit village. Notre village est petit, mais, nous sommes comme cela ; et, nous sommes ici.

Tout à l’heure, les gens de Kpakpékou (Ndlr : village voisin de Mama) ont entonné un chant, avant que je ne prenne la Parole. Dans ce chant, ils ont dit : « Gbagbo dit qu’il ne faut plus qu’on ait peur. On n’a plus peur ».

Ce que je dis, de façon inlassable, à tout le monde, à tous les Ivoiriens, c’est qu’en Côte d’Ivoire, ici, nous sommes chez nous. Chez nous, ici, nous ne devons pas avoir peur de quelqu’un. Parce que, ce qu’on m’a appris, ici, dans le canton Gbadi, c’est qu’un homme, on peut l’humilier. Mais, on ne peut pas l’humilier chez lui.

Quand tu arrives dans un coin de la brousse et que tu trouves que les herbes et les arbres sont déracinés ; les herbes ont jauni, les palmiers sont à terre, tu demandes ce qui s’est passé ici. On te dira que c’est un Garçon qui s’est battu, ici. Et, ce Garçon, on l’a certainement tué ! Mais, avant de mourir, il s’est battu. Parce qu’il est chez lui.

C’est pourquoi, moi, je n’ai peur de rien. Et, je n’ai peur de personne. Parce que, tout ce qu’on peut faire, c’est de me tuer. Mais, avant de partir, je vais me débattre.

Donc, j’enseigne ce qu’on m’a enseigné. Je n’ai peur de personne, et, je n’ai peur de rien. Parce que je suis chez moi. Je suis chez moi en Côte d’Ivoire. Et, tous les Ivoiriens sont chez eux. Nous sommes frères. C’est parce que les Ivoiriens l’ont voulu, et ils le veulent, que je suis Président de la République.

Donc, l’acte que j’ai posé, en envoyant de façon expresse, une délégation vers vous dans la Région de l’ouest montagneux, n’a pas été fait au hasard. J’y ai envoyé mes parents. Je les ai envoyés vers les Dan en leur disant que ceux-là sont mes frères, et que je voudrais les découvrir. Je leur ai dit : « allez dire à mes frères Dan, que j’ai l’intention d’être candidat à l’élection présidentielle ».

Vous savez, il y avait parmi les gens que je vous ai envoyés, Laurent Ottro, qui conduisait la délégation. Laurent Ottro est de Babré (Ndlr : quartier de Gagnoa). Je ne l’ai pas choisi au hasard. C’est la famille que je vous ai envoyée.

En 1912, quand les blancs sont arrivés, ici, ils sont entrés par là. C’est par ici qu’ils sont passés. Ils ont fait un campement juste derrière, là où il y a ma résidence. On l’appelait ‘’Camaba’’. Quand mon père est revenu de guerre en 1942, c’est dans ce ‘’Camaba’’ qu’il a habité. C’est là que son cousin, Kouassi, père du Chef du village actuel, Kouassi Ouraga Bertin, l’a emmené et il a habité.

Mais, quand ils (les blancs) sont arrivés en 1912, ma grand-mère était enceinte, de mon Grand- père, Gbagbo. Et, Gbagbo lui a dit (à ma grand-mère) : ‘’les temps sont mauvais. Vas chez tes parents à Kpakpékou, et quand les temps seront meilleurs, tu vas revenir’’.

Elle partait et, arrivée à Karahi, le village- carrefour, elle a accouché là. C’est là que mon père Koudou Paul est né. C’est pourquoi, le Chef du village de Karahi était aussi de la délégation. Le nom Koudou est un nom de Karahi. C’est là que le nouveau né (mon père) a été baptisé.

Après, ma grand-mère a continué à Kpakpékou, et ensuite, dans ce qui est devenu Gagnoa, précisément à Garahio (quartier de Gagnoa). Elle était là-bas, avec son petit Koudou- elle avait déjà un fils aîné- quand elle a appris que son mari Gbagbo est mort. Donc, elle n’est plus revenue, ici.

Par la suite, elle s’est remariée à Babré à un Monsieur qui s’appelait Zêpê. C’est ce Zêpê qui a mis mon père à l’école. C’est pourquoi, sur certains de ses papiers, il y a Koudou Zêpê Paul. C’est la famille de Laurent Ottro. C’est pourquoi, je l’appelle mon grand-frère.
Je lui ai dit : « grand-frère, tu vas conduire la délégation, pour aller voir nos frères Dan ». C’est pourquoi, je l’ai choisi.

Le Chef du village de Mama était aussi dans la délégation. Je vous ai déjà dit pourquoi il était dans la délégation. Ce n’est pas seulement parce qu’il est le Chef du village de Mama ! C’est parce que son père est le cousin de mon père. Son père était le plus grand planteur, et du village, et de la Région. Quand nous étions plus jeunes, au lycée- lui, était un peu plus âgé que moi, on était à Gagnoa, c’est là- bas que j’ai connu son père- c’est lui qui me prêtait ses vestes lors des fêtes ou des cérémonies. Il est devenu notre Chef du village.

Le Chef du village de Gnaliépa était dans la délégation. Ce n’est pas un hasard, non plus. Il s’appelle Dallys Moloko dit ‘’Gbein Gbein’’. Il était Arbitre international de football.

Ma mère et mon père ont divorcé quand j’avais 5 ans. Ma mère s’est remariée à Gbadi- didikou, qu’on appelle aujourd’hui Gnaliépa. Mais, Gnaliépa, c’est le nom d’un quartier. Sinon, le nom du village, c’est Gbagbi- didikou, qui comprend 5 villages, dont Kébissa, d’où est issu Dallys Moloko, et où ma mère s’est remariée. Elle s’est mariée là-bas en 1955. C’est à Gbadi- didikou que j’ai eu tous mes diplômes. Ma mère était là-bas et j’y allais en vacances. C’est là-bas (Gbadi- didikou) que j’ai eu le CEPE, le BEPC, la 1ère partie du BAC, la 2è partie du BAC, la Licence, la Maîtrise et le Doctorat. C’est là-bas que j’ai grandi.

Je ne suis revenu ici (à Mama) qu’en 1990, quand j’ai été élu Député. Donc, vous comprenez pourquoi Dallys Moloko faisait partie de la délégation.

Sokouri Bohui, lui, est un de mes jeunes frères. Il est du canton Nékédi. Ma mère est de Nékédi.

Donc, Doyen Jacquet Florent, tous les gens que j’ai choisis pour aller vous porter le message, étaient des personnes qui étaient liées à moi, par des liens familiaux. Je ne pouvais pas envoyer une délégation chez vous sans que les membres ne soient des gens qui soient liés à moi par des liens familiaux.
Si vous avez suivi la Télévision, en son temps, ailleurs, j’ai envoyé d’autres personnes. Mais, chez vous, à cause de l’histoire qui me lie désormais à vous, et dont nous avons débattu des années, j’ai me suis dit qu’il fallait que j’y envoie mes parents. Donc, chaque branche de ma famille a été cooptée et a été représentée dans cette délégation.

Kadet Bertin (Ndlr : Conseiller Spécial du Président de la République) est le fils de Kadet Albert. Le père de Goli Obou qui a fait la libation tout à l’heure, était Chef du village. Et, c’est Kadet Albert qui était son Adjoint et son Porte- parole. Aujourd’hui, c’est le neveu du père de Goli Obou, Ouraga Bertin, qui est Chef du village. Et, c’est Kadet Gnagno Désiré, le grand-frère de Kadet Bertin, qui est son Adjoint et le Porte- parole du village. J’ai dit à Kadet Bertin : « Comme toi, tu es mon petit, accompagne les et porte ma parole ». C’est pour cela qu’il est parti.

Donc, quand on envoie quelqu’un chez des gens, qui connaissent la tradition, on ne le fait pas une délégation au hasard. J’ai voulu, aujourd’hui, prendre le temps de vous expliquer cela.

Cette délégation qui comprenait des membres de toutes mes familles, a été bien reçue par vous. Et, la réponse que vous êtes venus me donner, me procure entière satisfaction. Et, j’en suis heureux.

On va se battre. Dans les semaines qui viennent, on connaîtra la date de l’élection présidentielle ; la dernière date. Et, on va aller faire campagne.

Pierre Kipré, neveu des Dan, il faut dire à Blon Blaise, pour qu’il dise au Doyen Jacquet Florent, qui, à son tour, rapportera aux masques, et à tous les Chefs de cantons, de villages et de tribus, que cette campagne électorale, je la leur confie. Je vous confie cette campagne.

De toutes les façons, je serai, moi-même, là-bas, avec vous, à vos côtés. Je serai avec vous, mais, je vous confie la bataille. Parce que, ce qui va se passer à ces élections-là, ce sera la bataille pour la Côte d’Ivoire ; la bataille pour la renaissance de la Côte d’Ivoire. Ce sera la bataille pour les Ivoiriens.

Nous aurons en face de nous, des porte- étendards, d’autres. Nous, nous sommes les porte- étendards de nous- mêmes. Nous, nous sommes les porte- étendards de la Côte d’Ivoire. Nous sommes de ceux qui veulent que la Côte d’Ivoire reste permanemment debout. C’est cette bataille que nous devons livrer, et gagner. La Côte d’Ivoire est notre pays. Nous ne devons pas avoir peur de la défendre et de la protéger.

Chers parents Dan, Wê, je vous confie cette bataille. C’est votre bataille ; c’est notre bataille.


Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
Je vous remercie. 

lundi 31 mai 2010

Les saints des derniers jours, ou les mormons.. Quel bel exemple de determination

Voici une ville construite par les chretiens,  le Salt lake city dans le Utah. Voici l'expression de la determination de ceux qui n'attendent rien de personnes, mais qui ont compte sur eux memes et sur leur foi en Dieu. QUe c'etst beau.