samedi 7 avril 2012

Affaire Kieffer.... Ils ont tue "gorge profonde".


Mort de « Gorge profonde » – La police ghanéenne formelle : « C’est un incendie criminel »


L’incendie qui a causé la mort de Koné Adama, «Gorge profonde», est loin d’être un accident. La police ghanéenne vient de donner raison au Nouveau Courrier, en confirmant qu’il s’agit d’un acte criminel. 
Un peu plus d’une semaine après le décès d’Adama Koné dit «Gorge profonde» des suites de ses graves brûlures dans l’incendie de sa tente, on en sait davantage sur l’incendie qui a causé sa mort. «Ils ont tué Gorge profonde», avait barré à sa Une du vendredi 30 mars dernier Le Nouveau Courrier, après le décès d’Adama Koné dit «Gorge profonde». On ne croyait pas si bien dire, à l’analyses des indices et circonstances de l’incendie de la tente de la victime qui avait trouvé refuge au camp de refugiés d’Eagle Star à Elubo. Informée du drame, la police ghanéenne a aussitôt diligenté une enquête. Les premières investigations des agents de police sous les ordres du Commandant de Police, John Ferguson Dzineku, en charge du district de Jomoro, dont dépend la localité d’Elubo, sont forts éloquentes. Tout porte à croire qu’il s’agit bel et bien d’un incendie criminel. «Quelqu’un a expressément mis le feu à la tente de la victime. Les indices en notre possession permettent d’affirmer que c’est loin d’être un banal incendie déclenché tout seul», a laissé entendre le commandant de Police. Selon ce dernier, «le feu a été a été délibérément mis à la tente. Il n'y a aucun indice qui puisse montrer que l’incendie a débuté quelque part avant de s’étendre. C'est seulement la tente en question qui a été incendiée». Poursuivant ses explications, il affirme qu’il s’agirait d’un liquide inflammable qui a servi à déclencher le feu. «Si on observe la façon dont l’incendie s’est déclenchée, on peut se rendre compte que de l'essence ou un quelconque liquide inflammable a été déversé sur la tente avant de mettre le feu», a déclaré le chef de la police locale. Pour l’heure, même si la police n’a procédé à aucune arrestation, l’enquête est quasi bouclée. Et d’autres pistes, et non des moindres, pourraient être explorées par la police ghanéenne, en rapport avec les antécédents de la victime avant qu’elle ne se retrouve en exil dans le camp de réfugiés d’Elubo. par  le 07/04/12 à 11:42
 
Effroi dans les camps de réfugiés

Les premières observations des enquêteurs ghanéens ont donné froid dans le dos des refugiés ivoiriens dans ce camp d’Elubo. Et une sorte de peur-panique s’est emparée d’eux, au point de ne plus se sentir en sécurité. Le coordonnateur du programme pour le Conseil du statut des réfugiés, Tettey Pardi, a tenu à rassurer les refugiés Ivoiriens de ce qu'ils ont renforcé les mesures préventives pour assurer la sécurité dans le camp. En réalité ce camp d’Elubo qui ne devrait être à l’origine qu’un camp de transit n’offre véritablement aucune garantie de sécurité aux réfugiés ivoiriens qui s’y trouvent. Plusieurs fois, des «espions » du régime Ouattara avaient été démasqués par les refugiés et remis à la police. En début de cette semaine encore, la police ghanéenne a mis la main sur deux éléments se réclamant des Frci, en séance d’espionnage. Et ce, grâce au concours des refugiés ivoiriens. Ces deux individus sont toujours détenus dans les locaux du commissariat de police. Selon des informations en notre possession, il a été découvert sur ces individus des papiers burkinabé et malien. 
Cette situation vient davantage conforter la thèse de l’incendie criminel dont a été victime «Gorge profonde », dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 avril 2012. Seulement, l’on est en droit de se poser la question. A qui profite le crime ? Les révélations de Gorge profonde, on s’en souvient encore, pointaient du doigt, avec force détails des très proches de Ouattara dans l’assassinat du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer dérangeaient beaucoup le régime. Au-delà de cette affaire, «Gorge profonde» qui a participé aux premières heures de la rébellion de septembre 2002 avant de s’en éloigner en 2004 après un repenti, pouvait être considéré comme une «boîte à secret» fort gênant pour ceux qui ont profité de la rébellion et de ses dérives. 
 
Par Frank Toti