mardi 17 janvier 2012


COTE D'IVOIRE: Opération déguerpissement : Où sont passés les machines d’Ouloto ?

Par François Mérouze | 17/01/2012 | 00:36:18
Ici ce lundi au plateau à Abidjan les gravats restent eux aussi à terre et ce depuis plusieurs mois sans être ramassés (ph Amy)

ACTUALITÉ INFO NEWS COTE D'IVOIRE:: ARTICLE DE LA RÉDACTION DE KOACI EN COTE D'IVOIRE ::

© koaci.com - Entamées à grands coups de tapage médiatique et de zèle au lendemain de la chute de l’ancien régime, les campagnes de déguerpissement entreprises par madame la ministre de la salubrité urbaine en vue de débarrasser les rues d’Abidjan des constructions anarchiques, se sont, semble t-il soldées par un échec cuisant compte tenu du retour en force des déguerpis.

Et pour temps, rien ni personne n’avait pu faire entendre raison à madame la ministre dès sa prise de fonction. Pas même les pleurs des pauvres commerçants qui au lendemain de cette grave crise postélectorale avaient besoin de beaucoup de réconfort et surtout d’argent pour relancer leurs activités. Rien n’y fit. Les agents commis à la tâche, les fameux FRCI, qui avaient à cette période le soutien des autorités, y avaient mis en tout cas beaucoup de passion. Les excès également n’avaient pas manqué.

Mais qui en ce temps là qui pouvait tenir tête aux hommes en treillis, fiers d’être commis à une tâche si noble : rendre la ville d’Abidjan plus moderne, plus « civilisée », plus noble, la pagaille ayant officiellement (parait-il) pris fin le 11 avril ? Comme les rescapés de l’assaut final d’Abidjan ont bien pu le noter, rien n’avait échappé à leur fougue : maquis, boutiques, restaurants, magasins, domiciles, marché, tout avait été rasé ou presque.

Aucune mesure d’indemnisation ou même de relocalisation n’a été, par la suite, prise pour ceux d’entre ces nouveaux sinistrés qui l’avaient été à tort. Pire, le sentiment que cette opération ne concernait qu’une certaine partie de la population d’Abidjan et surtout certaines zones dans les communes avait animé beaucoup de personne, surtout à Yopougon. En effet, dans la même commune, alors que les bulldozers étaient très actifs pour démolir les échoppes, couper les pans de certaines résidences construites, avançait-on, de façon anarchiques, d’autres secteurs et non des moindres reconnus comme de véritables bidonvilles en pleine ville jouissaient d’une pleine quiétude, surtout de l’assurance que les machines de maman bulldozer n’approcheraient jamais et leurs commerces et leurs constructions tout aussi anarchiques sinon plus anarchiques que les autres.

Les habitants de la plus grande commune de la Côte d’ivoire pourront facilement identifier les quartiers les plus touchés par l’opération dont nous parlons et même dires sans se tromper de quel bord politique les gens de ces quartiers étaient. Les rues ont été dégagées dans certains endroits et non dans certains autres, les maisons anarchiques ont été détruites dans certaines zones et non dans certaines autres.

Malheureusement, l’opération de déguerpissement s’est arrêtée nette. Pour quelles raisons ? Personne ne sait. L’objectif visé à t-il été atteint, Abidjan est-il plus moderne à présent, n’existe-t-il plus de construction, d’installation anarchiques à Adjamé, Marcory, Port-Bouet, Koumassi, Yopougon etc. ? Loin de là. Bien pire encore, les commerçants et les personnes déguerpis, le temps de la peur des représailles passé reprennent de plus bel leur position. Ceux qui ont encore quelques ressources construisent d’ailleurs de nouvelles baraques, de nouveaux magasins. Bref, la réinstallation et le retour aux vieilles habitudes semblent plus que jamais d’actualité.

S’agira t-il encore de déployer une force spéciale pour courir après ces gens oùoptera t-on pour la sensibilisation et des méthodes plus humaines pour les aider à s’installer ailleurs ?

François Mérouze, KOACI.COM ABIDJAN, copyright © koaci.com

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