samedi 17 décembre 2011

Une histoire de petrole entre la Cote D'Ivoire et le Ghana

An oil dispute could break out between Ghana and neighboring Ivory Coast if immediate steps are not taken to redefine the boundaries between the two nations.

Ivorian authorities have been meeting with some oil companies in Ghana ordering them to stop their operations.

Ivory Coast is reportedly laying claim to portions of the huge oil wealth in the deep waters of the Western region of Ghana.

In the new development, Ivory Coast is laying claim to much of Tullow Oil’s Jubilee, Tweneboa, Enyenra and Owo discoveries, among others, plus the West Tano-1X find and several prospects.

Joy News checks indicate that even though talks between Ghana and Ivory Coast have not been concluded, Ivory Coast now plans to develop its own gas processing infrastructure, ostensibly duplicating proposals advanced by Ghana.

Officials at that country’s oil company Petroci unveiled a controversial map last week that redraws the maritime border between the two nations, which have been in long-running talks over the disputed area.

Meanwhile, the Jubilee Partners have already raised concerns about the boundary problem.

Texas-based oil explorer, Kosmos Energy has expressed fears about the development.

The oil producer says the future of a portion of its license in the Deepwater Tano Block is uncertain as the issue remains unresolved.

Kosmos fears it may lose some of its license if changes are made to the maritime boundary demarcation between Ghana and Ivory Coast.

Uncertainty remains with regard to the outcome of the boundary demarcation between Ghana and Côte d’Ivoire and we do not know if the maritime boundary will change, therefore affecting Ghana’s rights to explore and develop its discoveries or prospects within such areas.


Reactions cote Ghanaen


Ivory Coast may well have a case, howbeit questionable, and I am sure Alassane Ouatarra knows exactly what he is doing. Want to know why I am saying this?

Ivory Coast would have been taping oil long ago if Jerry John Rawlings didn’t intervene. In effect, it was around 1982 when the Ivorian President Felix Houphouet -Boigny announced on the State TV, shortly after hydrocarbon of-shore explorations that Ivorians were going to “wash their hands” with oil before they ate, obviously referring to a future oil boom. The areas of exploration have much to do with the present Ghana oil fields. However, unbeknownst to the Ivorian president, a certain absolutely stubborn Flt. Jerry John Rawlings of Ghana was all but monitoring the events. 

Now when it was time to tap in the oil, supported by several institutions, France and backed by the United States, JJR sent the Ghana navy to occupy the place in a very daring stand-off when at the time, French troops were stationed in Ivory Coast. I would even say the Ivorian army didn’t really exist. Rawlings really called off the bluff of Houphout-Boigny by stopping the oil dream. When France and the US raised concerns about the issue, Britain stepped in saying Rawlings was right, inviting the US out of the polemic.

A meeting was later convened by the Ivorian Government in the honor of Jerry Rawlings who manipulated the events in his favor. Initially intended to have taken place in the Ivorian Capital, Rawlings arrived that morning and instead waited a little on the tarmac at the airport, then continued to Yamossoukro, the second capital and birthplace of the Ivorian president Boigny asking the president to meet him there. He must most certainly have had his reasons, but no one clearly understood Rawlings’ motive for this abrupt change of mind, however, it is understandable Jerry Rawlings was extremely unpredictable in situations like this. Who was the prime Minister of Ivory Coast that time? A certain Alassane Ouatarra! Houphouet-Boigny’s very pacific stance on the issue didn’t inspire Alassane Ouatarra’s fancy. Neither did it France which didn’t turn her eyes off the oil issue completely. Later on, in 2011, backing Ouatarra in a presidential coup was only a very predictable occurrence in the scheme of things, and one could estimate that the present events were only a matter of time.

When the rebels began getting organized in the North in 2002, with Ouatarra’s involvement, financed partly by France and channeled through Burkina’s Compaore most of us knew the final project or objectives. 

Why did France and other parties involve refused to disarm the rebels before the 2010 presidential elections as dictated by the Markoussis accord in France? They wanted the rebels still armed in case there was going to be armed conflict as outcomes turned out sour in this oil problem with Ghana.

dimanche 13 novembre 2011

Le RDR et ses different coups d'etats.



Publié le lundi 14 novembre 2011 | L'Inter


La confession du commandant Koné Bilhamany ; Ses révélations sur 10 années de clandestinité et de lutte ; Son appel aux nouveaux dirigeants

Le militaire ne parle pas. Mais, lui, a décidé de rompre un tant soit peu le silence. Sa situation sociale lui en impose, parce qu'il se sent victime d'une injustice qu'il appelle à réparer, après avoir donné sa vie pour l'aboutissement d'une cause. Lui, c'est le commandant Koné Bilhamany, l'un des chefs de guerre de la crise post-électorale, aujourd'hui basé à la brigade anti-émeute (BAE) de Yopougon. Des vertes et des pas murs, il en a connu assez depuis les années 2000, et les relate avec force précisions comme si c'était hier. Entretien.

Commandant Koné, pouvez-vous vous présenter aux Ivoiriens qui ne vous connaissent pas?

Je suis le commandant Koné Bilhamany, militaire depuis 1988. J'ai été recruté à Bouaké et j'ai fait ma formation commune de base (FCB) au 1er bataillon d'Akouédo. Après, j'ai été affecté au 2ème bataillon de Daloa.

Comment êtes-vous arrivé dans l'ex-rébellion?

A l'issue d'un mouvement que nous avons mené ensemble, je me suis retrouvé en exil, précisément le 13 janvier 2001.

Déjà avant la rébellion?

Oui, déjà avant la rébellion. Nous avions monté un mouvement que l'on a appelé ''Le complot de la mercedès noire''. Nous avons monté ce complot avec un ancien ministre très proche du régime actuel qui avait pour nom de code ''Tam-tam'', tout comme le Premier ministre actuel que l'on surnommait aussi ''Bogota''. J'ai eu à effectuer des missions très secrètes et risquées qu'ils m'ont souvent confiées. Je suis le seul à savoir comment j'ai pu faire entrer les armes au pays. Je me dis, avec ce qui m'arrive aujourd'hui, que si on m'arrêtait en ce moment là, certains allaient certainement dire qu'ils ne me connaissaient pas. On m'aurait présenté comme un trafiquant d'armes de braquage. Dieu merci, j'ai réussi à m'en sortir et nous avons monté le complot de la mercedès noire. Quand nous avons engagé les offensives, j'étais à Abidjan et je suis même intervenu sur les antennes pour inviter nos frères d'armes, gendarmes comme militaires, à se rallier à nous. J'avais pris la radio au Plateau et j'attendais du renfort de nos grands frères, feu ''IB'', Tuo Fozié, Koné Gaoussou, etc.; ceux-là à qui je rendais constamment visite depuis leur exil à Ouagadougou. J'étais l'intermédiaire entre ces exilés et les recrues pour les préparatifs sur le terrain ici au pays. Il fut un moment où le grand frère ''IB'', qui était en contact avec le ministre et Soro Guillaume, a démissionné. Sachant que je suis un de ses demi-frères, ils ont pris contact avec moi et j'ai accompli la mission comme ils me l'ont demandé. A savoir, aller rencontrer souvent ''IB'' et prendre des choses pour rentrer...

Tout ça, c'était avant l'offensive du 19 septembre 2002?

Effectivement, c'était pendant la transition, sous le Général Robert Guéi. Après cette opération, qui a échoué, je suis allé en exil pour ne revenir qu'après les accords de Linas Marcoussis, en 2003.

Après l'éclatement de la rébellion?

Exactement, nous avons eu beaucoup de difficultés à notre niveau là-bas, lorsque nous étions en exil. C'est la raison pour laquelle je n'avais pas voulu suivre le mouvement à son début. Après, j'ai été joint par le ministre Tuo Fozié, mais j'avais indiqué que j'allais les rejoindre au moment opportun. C'est ainsi que je suis rentré après les accords de Marcoussis, mais je suis arrêté le mardi 23 décembre 2003 à 18h45 par la Direction de surveillance du territoire (DST) au marché de l'Habitat d'Adjamé. Alors que j'étais en compagnie de beaucoup de frères, au nombre de 6 personnes parmi lesquelles Coulibaly Issa, garde du ministre de la Justice d'alors, Henriette Diabaté, et petit frère du comédien tué Camara ''H''.

Qu'est-ce qui vous a poussé à monter le complot de la mercedès noire?

Sous la transition militaire, on a senti que le Général Guéi était en train de dévier de sa trajectoire. On arrivera à l'élimination de certaines candidatures telles que celles du président Bédié et du Dr Alassane. Ce qui a occasionné le charnier à l'issue des élections de 2000 par des éléments du camp commando d'Abobo et d'Agban. C'est ce charnier qui va provoquer la démission de ''IB'' de son poste d'attaché de défense au Canada où il avait été affecté.

Que reprochiez-vous, à cette époque, à Gbagbo qui venait d'arriver au pouvoir?

C'était lui le conseiller du Général Guéi, qui était le chef de l'Etat. Les deux ont convenu d'un deal pour aller aux élections. Il a même promis au Gal Guéi qu'il serait son Premier ministre quand il serait élu. Donc, il n'était pas question qu'il accepte les candidatures des autres qui ne leur étaient pas favorables. C'est ce qui n'a pas marché et ils se sont trahis entre eux. Etant donné que dans les casernes, le général ne considérait pas les autres militaires et que c'est Boka Yapi qui était devenu son lieutenant de guerre, ils ont baissé les bras et ne l'ont pas soutenu lorsque le président Gbagbo s'est proclamé élu.

Que s'est-il passé par la suite, après votre arrestation?

Nous avons été envoyés à la DST. Ma femme que j'ai pu joindre le jour de mon arrestation, est allée rencontrer le ministre de la Défense d'alors, René Amani. Ce dernier a appelé à la DST pour demander qu'on nous défère à la maison d'arrêt militaire d'Abidjan (MAMA). J'ai été déféré avec le caporal, en son temps, Coulibaly Issa. Les 6 autres personnes, avec qui nous étions, sont restées à la DST. Sans que nous ayons reçu de visite, après 3 mois, le commissaire du gouvernement, Ange Kessi est venu me libérer. Au moment où le complot de la mercedès noire se passait, mon chef de corps qui était au service, était parti à la retraite. Mais, comme il était peut-être avec le pouvoir en place, il a été reconduit aux Renseignements de la défense. Lorsqu'on m'avait arrêté, il était le directeur des renseignements des armées. Il a dit qu'il n'était pas question qu'on me libère. Mais, le colonel Ange Kessi a rétorqué qu'il n'avait pas de preuve contre moi et a menacé de se décharger de l'affaire et de me déférer à la maison d'arrêt correctionnelle d'Abidjan (MACA). C'est ainsi que j'ai été déféré à la MACA le 11 février 2004, comme un prisonnier civil. J'y suis resté durant plus d'un an. Vous savez, j'étais au cabinet de Mme Sangaré, qui était la Conseillère de Mme Gbagbo. Avec les renseignements, elle a su que c'était moi. Donc, il fallait me garder en prison le plus longtemps possible. Ce qui a été fait.

En quelle année êtes-vous sorti de la prison?

Je suis sorti de la prison en 2008, mais à la maison, je continuais de recevoir toujours la visite de policiers au nom de mon chef de corps qui m'a livré à la prison. C'est l'un des hauts gradés, commandant d'une unité de la place. Un jour, j'ai décidé de fuir pour me rendre chez un de mes beaux-parents, quand on m'a encore arrêté à la gare, alors que j'étais en tenue avec mon sac en main. Ceux qui m'ont arrêté ont même dit au commandant de brigade de la ville de me tuer là où je me suis rendu, parce que je serais un élément très dangereux pour la République. Mais, c'était trop tard, beaucoup de personnes étaient déjà au courant, même mes chefs hiérarchiques, qui me rendaient visite en son temps. Voyez combien j'ai eu un parcours très tumultueux fait de beaucoup de risques, au nom de ce combat qui a abouti aujourd'hui. Imaginez-vous qu'en son temps, il existait plus de 280 barrages à franchir entre le Burkina et la Côte d'Ivoire! Allez prendre du matériel de guerre dans un pays comme cela pour revenir, il fallait avoir de la baraka pour le faire. Je n'ai pas hésité à le faire pour la cause.

Donc, vous n'avez pas pris part à l'attaque du 19 septembre 2002?

Non, beaucoup ne me croyaient pas encore en vie. Même ceux avec qui j'étais déjà en exil. Tous croyaient que j'avais été tué. Récemment, quand j'ai retrouvé certains après les combats, même le commandant Ben Laden n'a pas cru que c'était moi quand il a vu les engins avec lesquels j'étais au front et qu'on lui a dit que c'était les hommes du commandant de la brigade Ninja, Koné Bilhamany. Il a été très surpris de me revoir en vie. Sinon, il faut le dire clairement, je n'ai pas été un élément des Forces nouvelles. Au contraire, peut-être des éléments des Forces nouvelles doutaient de

moi, a vec tout ce qui s'était passé entre nous depuis notre exil. D'autres ont même tiré sur Hervé Touré (alias Vétcho). Tous ces faits ont fait que je n'ai pas voulu revenir si tôt. Parce que la confiance n'était pas encore de mise.

Que faisiez-vous alors quand vous étiez sorti de prison, pendant que les autres continuaient le mouvement?

J'étais à Abidjan, à la maison. Je ne faisais rien. C'est ma femme qui nous nourrissait avec son commerce de ciment dans la sous-région. J'ai rejoint le mouvement depuis le mois de décembre 2010, après le second tour de l'élection présidentielle. J'ai pu réintégrer la troupe grâce à mon petit, Traoré Daouda (il nous l'indique), qui m'a suivi jusque même dans mon exil. Quand le mouvement a commencé, lui, étant rentré, m'a appelé et est allé à ma rencontre là où j'étais. Je n'avais même pas le transport pour revenir. C'est à crédit que je suis venu avant qu'il ne paye. On s'est croisés précisément à Agboville d'où j'ai rejoint le mouvement à Abobo PK 18.

Avec feu le commandant Ibrahim Coulibaly?

Non, j'étais avec le commandant Konaté, l'un des responsables du commando invisible d'Abobo, les chefs de guerre tel Dédougou, Inza Karamoko, etc. En tout cas, Abobo était partagé. C'est à cette période que j'ai revêtu la tenue. Je me suis rendu pour ma première fois au Golf hôtel où j'ai rendu visite au ministre Tuo Fozié. J'y ai rencontré le commandant Ouattara Youssouf ; ils étaient tous étonnés de me revoir vivant.

Comment avez-vous été accueilli, comme un des leurs?

Franchement, ils m'ont bien accueilli. Je dis merci au ministre Tuo Fozié et à Ouattara Youssouf. On se voit quand c'est possible et ils m'ont dit de venir les voir tant que j'ai un problème.

Vous dirigiez la brigade Ninja pendant les combats. Où était basée cette brigade?

La brigade Ninja n'avait pas une base fixe. Elle existe depuis 2003 et est composée de jeunes qui se sentaient un peu frustrés, parce que pourchassés, menacés en permanence d'arrestation et de mort. A la vérité, nous avions créé cette brigade depuis l'exil. Vous aviez du remarquer que sur le tee-shirt des éléments de cette brigade, il y a le signe G5, qui est le groupe des 5 fondateurs de cette brigade que sont les commandants Hervé Touré, Konaté Daouda (qui est retourné aujourd'hui en exil), feu Koné Donetenin tombé aux combats en 2002 à Agban, Coulibaly Yorogbogbo dit ''Tchuc'' , tué pendant l'attaque de M'bahiakro et Koné Bilhamany, votre serviteur. A mon retour d'exil, lorsque j'ai voulu monter une troupe pour soutenir mes devanciers sur le terrain, c'est cette même brigade Ninja que j'ai reprise. Nous étions basés à ''Bois Sec'' à Abobo PK 18.
Revenons un peu sur le commando invisible. Vous qui avez combattu à Abobo, qui en est le vrai père?

Il n'y a pas pas un vrai père du commando invisible. C'est une histoire d'organisation et de solidarité. Il y avait plusieurs groupes. Celui des commandants Konaté, Inza Karamoko et Dédougou. On menait les actions en groupe. Après les combats, on se partageait le matériel sur lequel nous avons pu mettre la main sur le terrain, et chacun s'en allait dans sa base. Parce qu'on n'avait pas de matériel, il fallait attaquer et arracher du matériel à l'adversaire en face.

''IB'', qui s'est proclamé général, a réclamé la paternité du commando invisible?

IB est venu nous trouver sur le terrain. Lorsqu'il rentrait, il existait déjà le commando invisible. Les éléments du CeCOS tués devant la MACA (maison d'arrêt et de correction d'Abidjan), ça s'est passé avant que ''IB'' n’arrive. C'est d’ailleurs pourquoi dès qu'il est arrivé, il a entrepris de conquérir les autres combattants pour les ramener à lui. Il a tenté de les amener à se rallier à lui, puisque que ce sont des combattants qu'ils connaissait, pour avoir été ensemble depuis le coup d'Etat de 1999.

Avez-vous rencontré ''IB'' avant sa mort?

Pas avant sa mort. Vous savez, IB c'est mon cousin. C'est mon grand frère, puisque sa mère et la mienne sont de la même famille et du même village. Mais, il n'y avait pas de lien ni de contact entre nous, vu ce qui s'est passé entre nous depuis l'exil. C'est le jour de sa mort que je me suis rendu à la morgue d'Anyama pour aller constater les faits.

Alors, aujourd'hui, que devient le commandant Koné?

Le commandant Koné est là, toujours à la BAE avec le commandant Coulibaly Ousmane (alias Ben Laden).

Occupez-vous un poste à la BAE?

En tout cas, ce n'est pas ce que je voulais. Depuis 2001, où mes déboires ont commencé, je suis suspendu de ma solde. J'ai pris mon dernier salaire le 31 décembre 2000. Jusqu'à ce jour, je survis grâce à ma femme et à mon petit frère. On ne m'a pas encore réintégré dans mes fonctions et je continue de vivoter. Le contexte ayant changé, j'attends encore qu'on me rétablisse dans mes droits, après tous ces sacrifices que nous avons faits ensemble.

En avez-vous saisi les nouvelles autorités?

Pas pour le moment, puisque dans l'armée il faut procéder toujours par ordre hiérarchique. J'ai fait plusieurs tours à l'Etat-major, qui sont restés sans suite. Le colonel Soumahoro, que j'ai rencontré, m'a dit qu'il a adressé une lettre au colonel de la direction des ressources humaines (DRH) des armées. Mais, jusque-là, toutes ces procédures restent sans suite. Néanmoins, auprès du commandant Coulibaly Ousmane, qui est le chef de corps du groupement tactique (GT) 8 de la BAE dont je fais partie, je suis adjoint à son commandant des camps. Je lui ai soumis mon problème, et il a adressé un message à l'Etat-major. D'après ce qu'on m'a dit, ce message serait entre les mains du colonel Chérif Moussa.

Qu'en est-il du Premier ministre, ministre de la Défense avec qui vous sembliez avoir eu quand même des rapports très étroits par le passé?

A plusieurs reprises, j'ai tenté de rencontrer le Premier ministre Soro, sans succès. J'ai confié mon problème à mon avocat pour qu'il rencontre le ministre Amon Tanoh afin qu'il puisse m'aider à joindre le Premier ministre et lui expliquer mon cas.

N'est-ce pas parce que vous n'avez pas fait partie formellement des Forces nouvelles que votre cas bloque?

Non, ce n'est pas parce que je n'étais pas au commencement de la guerre. Tout le monde sait que j'ai combattu à ma manière, que ce soit tôt ou tardivement. Tous les préparatifs jusqu'à ce qu'on arrive à l'apothéose après les élections, j'étais au cœur du système. Ce n'est pas le Premier ministre Soro ni l'autre ancien ministre qui diront le contraire.

Qu'attendez-vous qu'on fasse pour vous?

Qu'on me mette là où je mérite d'être. Il faut qu'on me réintègre formellement dans mes fonctions de militaire et que je me retrouve au même niveau que mes camarades de promotion qui sont aujourd'hui des officiers, des commandants. Tous ceux qui ont fait l'exil avec moi, Chérif Ousmane, Koné Zackaria, etc, sont devenus tous commandants. Quand je partais en exil, j'étais caporal-chef, l'informaticien du chef de corps. J'ai fait ma formation à l'Ecole des forces armées (EFA). Il y en avait qui étaient moins gradés que moi. Après 21 ans de service et tout ce que j'ai enduré, je pense que je mérite qu'il y ait une mise à niveau me concernant.

Il est difficile de croire que vous ayez fait tout ce parcours et que l'on ne prête pas d'oreille à vos doléances. Qu'est-ce qui ne va pas?

C'est un peu cela qui est ma préoccupation. Je ne sais pas ce qui ne va pas, puisqu'aujourd'hui on agit en ''chacun pour soi Dieu pour tous''. Aucun chef n'est prêt à aider son ami. Ils se disent que '' ce que celui-là a fait pour le mouvement, si moi je prends mon temps pour l'aider, peut-être qu'il va finir par me dépasser''. Donc, chacun lutte pour sa tête, et se bat d'abord pour lui-même. Chacun plaide pour sa chapelle plutôt que de parler de quelqu'un d'autre.

Peut-on parler de problème de cohésion au sein des ex-forces nouvelles?

Non, il n'y a aucun problème de cohésion. Jusque-là, tout va bien. On collabore sans problème ; nos actions sont coordonnées. Mais seulement, il y a un problème d'intérêt et d'égo.

Qu'entendez-vous faire si ça ne marche pas?

Je ne sais pas ce que je vais faire. Sinon, je suis militaire de métier depuis 21 ans. Je ne sais pas ce que je vais faire encore, et j'espère que ça va marcher. Sinon, peut-être que je vais démissionner pour me retrouver ailleurs dans un autre pays pour ne pas paraître un suspect et subir encore des souffrances comme celles que j'ai déjà endurées.

Actuellement, comment vous en sortez-vous, vos hommes et vous?

Il y a des amis et des chefs tels que les ministres Messemba Koné et Tuo Fozié, qui m'aident à tenir mes éléments.

Commandant Bilhamany, votre nom serait cité aussi dans le ''complot du Badjan'', du 11 au 12 novembre 2003 sur la RTI...

C'est à partir de cette opération même qu'il y eu la création de la brigade Ninja. Et c'est à l'issue de cette opération que j'ai été arrêté, le 23 décembre 2003, quand on disait que j'avais une base à UNICAFE à Anyama. Or, tout cela était faux.

Que recherchiez-vous à travers toutes ces attaques?

Nous avons pris des risques pour notre peuple, pour notre liberté. Il fallait reconquérir, nous-mêmes, nos propres libertés d'abord, parce qu'on ne pouvait plus vivre en paix comme les autres. On était traqué partout. Moi, j'ai passé plus de 3 ans sans dormir chez moi. J'étais obligé de dormir chez un cousin à Adjamé et la journée, je fais mes courses, je prends contact avec mes collaborateurs. Je ne pouvais pas rentrer chez moi à la maison, tellement j'étais recherché. Ma tête a même été mise à prix pour 5 millions. Si on me tuait, à ce moment-là, personne n'allait savoir que je me battais pour une cause noble. Puisque c'est moi qui étais l'homme orchestre de tous les préparatifs. Tout ça est passé, et Dieu merci je suis encore en vie.

On parle de nouveaux recrutements au GT 8 de la BAE. Qu'en est-il?

Nous, pour le moment, on regarde faire. Il y a des gens qui nous ont rejoints. Nos collaborateurs, qui nous ont aidés à combattre, qui n'ont jamais été en exil et qui ne connaissent pas nos souffrances. Aujourd'hui, ils sont tous dans l'organisation. Raison pour laquelle il y a problème dans le profilage. Nous avons d'énormes problèmes, parce qu'on laisse les combattants et chacun envoie son cousin ou sa cousine. Actuellement, on peut avoir 2 sections de jeunes filles, à raison de 30 personnes par section. Elles ne savent même pas comment on en est arrivé là. Chacun fait venir sa famille parce qu'aujourd'hui, on ne combat pas. Ce qui fait que les vrais combattants intéressent peu par rapport à ces arrivants-là, puisqu'on dit même qu'il y a trop de combattants. Si tous ceux-là avaient combattu effectivement, les combats n'auraient pas duré. Maintenant, on oublie ceux qui ont combattu. On a du mal même à les profiler.

Peut-on dire qu'il y a une sorte de frustration en votre sein?

On ne peut que le dire. Il y a beaucoup de frustrations. On ne met pas les gens à leur place. Ceux qui nous ont soutenus depuis 2000, on dit qu'on va les démobiliser, etc. Pendant ce temps, on prend d'autres personnes. Et si on recrutait tout le monde et qu'on faisait 3 à 5 ans sans recrutement.

N'y a-t-il pas à craindre que ces frustrations créent d'autres problèmes?

C'est justement pourquoi je propose qu'on garde tout le monde, au lieu de démobiliser et de prendre d'autres personnes pendant ce temps.

Entretien réalisé par F.D.BONY 

lundi 7 novembre 2011

La Cooperation Ivoiro-Francaise. Imaginez ou se trouve la Cote D'Ivoire.



Pourtant nous croyons avoir recu notre independance.


Tout cela au nom de quoi? Etait ce cela la solution d'ADO? Vraiment degoutant!

jeudi 20 octobre 2011

reaction a L'incapacite des presidents africains a anticiper sur le futur


eudi 20 octobre 2011 à 09:42 ET  Silue
Sarkozy, Obama, et Cameron se prennent pour les rois du monde,et pourtant ils ne subiront pas le meme sort que les presidents Africains. Pourquoi? Tous simplement parcequ'il ya persone pour les faire subir ce sort.
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jeudi 20 octobre 2011 à 09:36 ET  Le Maire
je ne trouve jamais de justification a tuer un etre humain. Je n'en trouve pas pour Kadhafi comme je n'en ai pas trouve pour Sadam. L'homme ne peut etre totalement mauvais. Et je sais combien hier le meme Kadhafi etait frequentable par l'administration americaine et Goerge Bush, ils l'ont meme pris en exemple lorsqu'il a decide de detruire ses usines d'arme nucleaires. Il etait adule. Nous africains etions fiers, On change de regime au etats unis, on le trouve demoniaque, et nous crions "il est dictateur", Ils viennent le tuer, et vous voulez que je crie comme un enfant qu'on manipule a souhait? pffffff... mon cerveau ca me sert a quelque chose.
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jeudi 20 octobre 2011 à 09:13 ET  Imbecile
Ce qui tue les africains est qu'ils n'ont aucune culture politique et que cette absence de culture est double d'une incroyable incoherence !
Regardez Le maire :
Il pleure aujourd'hui la disparition de Kaddafi,tu quand meme par une bonne partie de son peuple (aide par l'OTAN ,c'est vrai,mais est ce que Kaddaffi n'etait pas deteste dans toute la Lybie ?),alors qu'il y a encore 6 mois tout le monde se souvenait la manire dont il a destabilise une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, soutenu encore dernierement les rebellions touareg,se souvenait de la maniere dont il expulsait regulierement ses travailleurs noirs.
Et Les Gbagboistent le pleurent en oubliant qu'il a ete un des premiers a dire haut et fort que Gbagbo devait partir apres son putch electoral ,et qu'il etait un des soutiens du Beau Blaise !!!

Ce type a regne pendant 42 ans d'un pouvoir absolu,etait sur le point de mettre son fils sur le trone,pendant que le reste de sa famille se la coulait douce dans les palaces occidentaux,avec force filles et Whisky .
Et c'est lui que vous regrettez ?

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jeudi 20 octobre 2011 à 08:53 ET  Le Maire
Voici que Kadahffi a ete tue comme l'a dit Hilary CLinton. Il etait evident que nul ne l'aurait laisse vivre pour dire sa part de deal qu'il a signe avant qu'il devienne le demon qu'on veut nous convaincre qu'il etait. Les africains criront "oleeeee, le dictateur est parti", mais s'ils savaient aussi que un petit dictateur est parti parce que d'autre plus grands voulaient qu'il parte. Et l'Afrique retourne a la case depart. On est passe de la traite negriere, a la colonsiation, au neocolonisalisme, et retour a une colonsiation tres insolente, qui ne cache meme plus son jeu. La constance dans tout cela, ce'st que les africains eux acclament ou se resignent. Je partageais le reve des etats unis d'Afrique. Est ce que ce reve meurt avec Kadhafi?
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jeudi 20 octobre 2011 à 07:55 ET  Le Maire
Wawayou c'est que lespopulations africaines habitues a la chefferie tradtionnelle, et al la royaute ne se sont pas encore libere mentalement pour incorpore la notion de democratie, c'est a dire que desormais le pouvoir leur appartient, les africians peuvent decide de mettre fin en cours de mandat au reigne d'un despote si leur bien etre est en danger. Puisque le peuple a le dernier mot, il n'es tpas force de subir la politique homicide d'un tel ou tel president. Mais les africains aiment se referer a Dieu pour les liberer alors que ce sont eux qui ont donner le pouvoir a l'individu. Si tu as donne le pouvoir, tu peux le reprendre. Mais en Afrique il y a comme un totem, un blocage mental chez l'Africain qui lui fait crorie que le pouvoir ne lui appartient pas mais qu'il doit etre dominer par quelqu'un. Les plus ruses se cachent derriere le legalisme et disent "la constitution dit que j'ai 5 ans de mandat donc attendez", mais il oublie assez que la democratie dit aussi que le pouvoir appartient au peuple qui le donne, et le reprend a nimporte quel moment si la vie de la nation est en jeu. Le peuple de CI s'est assis comme un troupeau de mouton priant Dieu et les plus voyou sont venus les egorges comme des viande de tabaski, le peuple n'a pas eu le reflexe de s'unir pour crier merde contre tous ceux qui les tuent. Le peuple a fui. AUx etats unis, on aurait vu les gens ramasser matchette, coupeau, fusil, pour se defendre contre l'oppression. En Afrique c'est chacun ramasse ses pagnes et ses nattes et fuit. Nul n'a le reflexe de defendre ce qu'il lui appartient. c'est pourquoi en Afrique il suffit de 10 personnes avec un fusil pour chasser 300 personnes. Alors que 300 personnes armes de machettes et de gourdon peuvent mettre en deroute 10 personnes armes de kalash. En Afrique c'est la peur et l'esprit de moutons qui regne. Et ainsi le peuple ne sera jamais respecte.
 SIGNALER UN ABUS   Msg n° 5495332

jeudi 20 octobre 2011 à 07:50 ET  Miss Dorcas
Merci Le Maire, tu me fais reflechir ce matin! en meme temps c'est trop marrants


LOL 'Bedie, il se prenait pour le sphinx, le descendant direct d'akhenaton, le phraraon D'egypte'

RELOL 'Koudou l'enfarineur est arrive. Les suivistes et les suiveurs ont commence a lui dire qu'il etait le Christ lui meme, le genie politique, le prix nobel de la paix, le fils heritier de l'Eternel des armee le rois des rois du monde, celui que tous les grands chefs et preisdents viendraient consulter sur les bords de la lagune ebrie.'

hahahaha 'il est celui qui a toute la terre sur son blackberry et qui peut tout et attire tous les fonds et caves d'or'


Je suis par terre "ce qui a tue nacloclo tuera naclacla".


Merci!

 SIGNALER UN ABUS   Msg n° 5495320

jeudi 20 octobre 2011 à 07:46 ET   zouzou
Je remonte Le Maire. Pour te titiller sur "Il se convainc" lol!!! Tres bien Monsieur Le Maire !!!
 SIGNALER UN ABUS   Msg n° 5495312

jeudi 20 octobre 2011 à 07:43 ET  Wawayou Le Resist...
Exactement Le Maire. Tu lis dans mes pensEEs mon grand. Comme quoi le pouvoir monte a la tEte c'est comme une drogue. Et persnne n'y echappe. Aucune thique politique aucun controle aucune limite du pouvoir du President c'est le flou artistique a tel enseigne que aujourd'huio on a un "super President" ADO.

Avec cela on a atteind le fond!

Les Occidentaux ont connu cela et le malheur que le pouvoir entraine; et donc ils ont reflechi dessus pour canalyser les pulsions incontrobles du pouvoir tout en le respectant pour le BIEN commun.

Chez nous le pouvoir a ce quelque d'inquietant parce que personnel acause de la faiblesse des institutions.

Il est tant que en Afrique notamment en Cte d'Ivoire nous entreprenons ce travail necessaire sur le controle du pouvoir.

Quelle ethique du pouvoir? s institutions pour quel pouvoir???!!!!

 SIGNALER UN ABUS   Msg n° 5495304
 

L'incapacite des presidents africains a anticiper sur le futur


Lorsqu'un president Africain est elu, il se convainq qu'il sera toujours president jusqu'a sa mort et se comporte comme Dieu le pere. Avant hier c'etait Bedie, il se prenait pour le sphinx, le descendant direct d'akhenaton, le phraraon D'egypte, il a ete enleve et les ivoiriens ont chante. Papa Romeo, alias Guei est arrive, Il a commence a balayer la maison tout juste le temps qu'on lui dise qu'il est le sauveur, et il s'est pris pour Jesus de Nazareth. Il ne voulait plus balayer, il s'est assis, et il a ete enleve, apres il cherchait a nous attendrir par des fuite de responsabilite "on m'a roule dans la farine". Your assss! Et Koudou l'enfarineur est arrive. Les suivistes et les suiveurs ont commence a lui dire qu'il etait le Christ lui meme, le genie politique, le prix nobel de la paix, le fils heritier de l'Eternel des armee le rois des rois du monde, celui que tous les grands chefs et preisdents viendraient consulter sur les bords de la lagune ebrie. Ses jambes ont commence a gonfler, il a fini par croire en ses propres reves. A la fin tous les chefs et presidents se sont ligues contr elui pour l'enlever. ADO de la solution est arrive. Il dit qu'il est la solution a tous les problemes de la CI et meme de l'Afrique, et que sous lui le miracle ivoirien se realisera de nouveau. Ses suiveurs et suivistes disent que De la Solution ne peut echouer, car il est la reponse, il est celui qui a toute la terre sur son blackberry et qui peut tout et attire tous les fonds et caves d'or. Celui qui peut semer l'injustice, et recueillir la paix et la croissance, celui qui n'a pas besoin d'etre accepte par la moitie de des ivoiriens mais qui peut reussir a pacifier le pays et generer une croissance. Ses courtisants et adorateurs clament a haute voix que devant ADO De la SOlution c'est maiis, du bon kaba qui ne fait pas de poids.
Mais moi le maire, je dis et redis selon les mots de mon tres cher ami Thierry "ce qui a tue nacloclo tuera naclacla".

mercredi 19 octobre 2011

M. Alain Dogou, ministre de la Défense de Laurent Gbagbo donne sa version

Publié le mercredi 19 octobre 2011   |  Notre Voie


« Que la partie civile de la crise commence… ». Tel a été l’unique vœu formulé par le président Laurent Gbagbo, le jour même où il a été bombardé, renversé par l’armée française et remis aux miliciens de M. Alassane Ouattara, les ex-Forces nouvelles (rébellion armée). Depuis ces mots prononcés le 11 avril 2011, la macabre barbarie des armes le cèdent progressivement aux débats sur les grands crimes contre l’humanité dans le pays. Dans le document qui suit, M. Alain Dogou, ministre de la Défense deLaurent Gbagbo à l’époque des évènements qui ont marqué l’accession armée au pouvoir de M. Alassane Ouattara, apporte un éclairage capital sur « les tueries des femmes d’Abobo ». C’était l’alibi de toutes les interventionsarmées meurtrières les plus spectaculaires de la France et de l’ONU contre la Côte d’Ivoire. Un document que le CNRD (pro-Gbagbo) doit transmettre à la Cour pénale internationale (CPI) pour la suite de ses enquêtes.

Selon son porte-parole, le président Laurent GBAGBO en détention préventive à Korhogo a instruit ses avocats à l’effet d’engager les procédures idoines pour que la vérité éclate dans l’affaire des femmes du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) qui auraient été tuées le 3 mars 2011, alors qu’elles manifestaient les mains nues dans la commune d’Abobo. La chambre d’enquêtes préliminaire n°3 de la Cour Pénale Internationale a demandé au procureur, l’ouverture d’une enquête sur les événements postélectoraux survenus en Côte d’Ivoire. En attendant l’aboutissement de ces procédures judiciaires, je voudrais en ma qualité de Ministre de la Défense d’alors, présenter d’abord mes condoléances aux familles de toutes les victimes de cette crise, ensuite apporter mon témoignage sur l’affaire des femmes d’Abobo, et enfin partager des interrogations sur cette affaire douloureuse vécue à l’époque par le gouvernement du professeur Aké N’Gbo.

1- Les faits

Lee jeudi 3 mars 2011, autour de 14 heures, au sortir du Conseil hebdomadaire de Ministres, le premier coup de fil que je reçois lorsque je reprends mon Global Système Mobile (GSM), est celui d’un journaliste de Radio France Internationale (RFI) qui voulait avoir mon opinion sur l’assassinat de sept (7) femmes tuées à l’arme lourde à Abobo. Je lui réponds que c’est lui qui m’informait et lui ai demandé de me situer le lieu exact des faits qu’il me rapportait ainsi. Il me rétorqua qu’il ignorait lui-même le lieu exact mais, on lui a dit que c’était à Abobo à un carrefour. Je lui ai demandé lequel des carrefours de la grande commune d’Abobo ? Il m’a répondu qu’il ne connaissait pas bien la commune d’Abobo et qu’il n’était pas sur les lieux des faits qui lui ont été rapportés par une source qui n’en savait pas plus non plus. J’ai encore demandé s’il avait échangé au préalable avec ses confrères qui ont certainement plus d’informations que lui, ce qui me permettrait de diligenter rapidement, relativement au contexte, une enquête des Services d’intelligences dans l’attente des rapports des Services opérationnels. Il me répondit qu’eux non plus, n’en savaient pas plus que lui. Je lui ai alors conseillé de se rapprocher des Services du ministère de l’intérieur qui sont compétents à un premier niveau pour l’encadrement des manifestations publiques.

A peine ai-je raccroché avec le journaliste de RFI que mon collègue, ministre de l’Intérieur m’appelle pour me dire qu’il venait de raccrocher avec un journaliste de l’Agence France Presse (AFP) qui l’a interrogé sur une prétendue répression par les FDS d’une marche de femmes RHDP à Abobo qui aurait occasionné six (6) morts. Je lui rapporte le contenu de mon entretien téléphonique avec le journaliste de RFI et mon collègue me dit que ce sont à peu près, les mêmes questions qu’il a posées au journaliste de l’AFP qui n’avait pas plus d’informations que celui de RFI. Dix (10) minutes plus tard, c’est le Ministre Porte-parole du Gouvernement Aké N’GBO, qui m’appelle au téléphone parce qu’assailli dit-il, par des journalistes de la presse étrangère qui réclamaient une déclaration du Gouvernement sur la répression sanglante par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) d’une marche de femmes à Abobo. J’entre alors en contact avec le Commandant Supérieur de la Gendarmerie puis le Chef d’Etat Major pour en savoir un peu plus sur cette prétendue affaire. Ils me répondirent l’un après l’autre qu’ils n’en savent rien. Je leur demande néanmoins d’interroger leurs différents collaborateurs sur le terrain pour être situés sur ces allégations contre les FDS et de me faire parvenir un rapport circonstancié.

Dans le même temps, les chaînes de télévisions françaises : I-Télé et France 24 diffusaient en boucle, des images d’une prétendue marche de femmes à Abidjan réprimée violemment par les FDS ayant occasionné (six) 6 morts. A l’évidence, les images qui sont diffusées pour illustrer les commentaires étaient des images d’archives d’une manifestation qui s’était déroulée quelques mois plutôt dans une autre commune d’Abidjan. Mais, pour « tromper » les téléspectateurs, la mention « images d’archives » ne figurait ni en haut ni au bas de l’écran comme l’exige la déontologie en la matière. Les commentaires tendaient à montrer au contraire, que c’était des images de la marche qui avait commencé dans une ambiance de gaieté, le jeudi 3 mars 2011 et qui par la suite, aurait été dispersée à l’arme lourde par des FDS. Après les investigations de la Police et de la Gendarmerie, l’Etat Major des FDS a produit et rendu public le 4 mars 2011 un communiqué dans lequel il ne se reconnaissait pas dans une prétendue tuerie de femmes à Abobo à l’arme lourde consécutivement à une marche. Plus tard, au cours de la journée du vendredi 4 mars 2011, des images étaient diffusées sur des sites Internet où l’on voyait en gros plan, des hommes, des enfants et des femmes dans un fond de grand bruit puis soudain, une femme à terre avec du sang ou de l’éosine sur la tête, la camera fait un gros plan sur elle, et l’on voit qu’elle tente de se relever et quelqu’un lui souffle de se recoucher et on revoit la jeune dame en train de se recoucher effectivement. Le cameraman certainement amateur va plus loin, fait un « balayage » rapide et présente en gros plan une femme dont la tête a explosé. Puis, dans un « zoom arrière », la camera montre le passage d’un blindé, d’un véhicule de Police et d’une ambulance.

2- Notre analyse

A l’analyse des seules images publiées sur Internet, il est difficile d’affirmer que les faits se déroulent sur le même théâtre ou qu’il s’agit d’un montage digne d’un film de James Bond. Ce sont les seules images véritables de cette supposée marche. Le même jeudi 3 mars 2011 au même moment où se tenait le Conseil des ministres, l’ONUCI organisait à son siège de l’hôtel Sebroko, une conférence de presse sur les justifications de sa réception de deux (2) hélicoptères de combat Mi-24 dans une crise civile de contestation de résultats d’une élection. Ce faisant, les journalistes étaient certainement tous occupés par le Conseil des ministres et la conférence de presse de l’ONUCI. Il n’y avait donc aucun journaliste de la presse nationale, ni de l’Onuci, encore moins de la presse étrangère pour couvrir la troisième plus importante activité de la journée du 3 mars 2011, à savoir la marche des femmes du RHDP qui se déroulait à Abobo, à la même heure et qui aurait été violemment réprimée à l’arme lourde par des FDS de Côte d’Ivoire ! Il est tout de même curieux de constater que les seules images disponibles de cette affaire sont celles d’un caméraman amateur ! Elles sont à dessein non seulement utilisées pour émouvoir la communauté nationale et surtout internationale mais également présenter le Président Laurent Gbagbo comme un tueur de manifestantes pacifiques, un tyran qu’il fallait déloger par tous les moyens de son palais, rebaptisé « bunker » par la presse internationale en comparaison de celui du boucher Adolph Hitler en 1939-1945.

Ce n’est que le sept (7) mars, soit quatre jours après, que le quotidien proche du Rassemblement des Républicains(RDR), «Le Patriote», qui avait volontairement cessé de paraitre depuis une semaine est revenu pour tenter de justifier les « tueries massives » des femmes à Abobo par des FDS. A la Une de ce journal, il était écrit, en surtitre, «Nous sommes de retour», accompagné de trois commentaires en forme de titres : « Ils ont osé tirer sur des femmes » ; « ces gens sans cœurs, sans raisons » ; « le capitaine Allah livre les noms des commanditaires». Trois photographies isolées illustraient ces commentaires : la première présente en gros plan des femmes avec des pancartes, la seconde montre une seule femme à terre et, la troisième est une photo d’un char dans une rue. Ces trois photos, on peut en trouver de la même nature dans les photothèques de tous les journaux ivoiriens qu’ils aient couverts ou pas, une manifestation publique de cette envergure le 3 mars 2011.

Aucun incident avec les Fds…

Interrogée sur les mouvements de véhicules de Gendarmerie et de Police effectués dans la commune d’Abobole jour des prétendus faits, la hiérarchie militaire a répondu que le jeudi 3 mars 2011, il y a eu sans incident, le ravitaillement des troupes de maintien d’ordre stationnées au camp de Gendarmerie d’Abobo. L’affaire du massacre à l’arme lourde de femmes manifestantes a été surmédiatisée sans que personne ne situe ni les lieux ni l’heure de survenue, en dehors des images de la camera amateur. Les illustrations du journal «Le Patriote» relevaient plus d’une imagination malsaine savamment préméditée. Malgré cela, L’ONUCI a repris à son compte les dépêches d’Agences de presse française et le Conseil de Sécurité a été saisi d’un rapport sur une prétendue utilisation d’armes lourdes sur des femmes par les FDS. C’était l’indignation et la consternation internationale malgré les démentis formels faits par le Gouvernement Aké N’Gbo, par son porte-parole le 4 mars 2011 et la conférence de presse des ministres de l’Intérieur et de la Défense le 5 mars 2011, le PrésidentLaurent Gbagbo est accusé par la presse étrangère et la Communauté internationale d’avoir assassiné des femmes opposantes à son régime. Quelle menace particulière pouvait représenter une manifestation publique de surcroit pacifique de femmes du RHDP à Abobo le 3 mars 2011 contre le régime du Président Laurent Gbagbopour qu’il décide de la réprimer à l’arme lourde ? Que voulait donc prouver le président Laurent Gbagbo à la Communauté internationale en ordonnant le «massacre » des femmes aux mains nues?

Que de curiosités sur le char « tueurs » !

De la version des faits selon le reportage du journal « Le Patriote » du 7 mars 2011, surgissent des interrogations non encore élucidées. Le char présenté à la Une de ce journal hautement partisan est-il celui qui a effectivement tiré ou est-ce une photo d’archives ? Combien de fois le char a-t-il tiré ? Comment la cible a-t-elle réagi ? Logiquement, si un blindé tire sur une foule aux mains nues, il survient une débandade généralisée occasionnant des morts, des blessés et autres dégâts collatéraux. Dans l’affaire d’Abobo, l’on ne parle que de femmes mortes et point de blessées comme si l’objectif poursuivi était exclusivement un décompte macabre.

La question fondamentale que l’on est en droit de se poser est celle de savoir à qui profite le crime ? Cela parce que dès le dimanche 06 mars 2011, des femmes RHDP d’Abobo ont rendu une visite de compassion aux familles des défuntes et à celle d’un garçon de quinze (15) ans présenté par la presse proche du RDR comme la septième victime. Au moment où le monde entier s’apprêtait à commémorer la Journée internationale de la Femme célébrée tous les 8 mars de chaque année, qui avait intérêt à susciter l’émoi par l’assassinat de femmes quelques jours plus tôt ? Des femmes mortes le 3 mars 2011, il y en a certainement eues, ce jour là, àAbobo. Mais sûrement pas dans les conditions décrites par la presse tendancieuse nationale et étrangère. Sept (7) mois après, nombreux sont ceux qui comme moi demeurent encore dans l’expectative relativement aux conditions dans lesquelles elles furent tuées, surtout que jusqu’au mois de juillet 2011, certaines familles des victimes réclamaient au directoire du RHDP, les corps de leurs parentes pour les enterrer selon leurs rites culturels et religieux. D’autres familles de victimes ont fait leur deuil parce que le directoire du RHDP leur a répondu que leur parente a été enterrée le même jour et à leur insu !!! Comment comprendre qu’une dépouille mortelle soit enterrée par la famille politique sans l’autorisation de la famille biologique étant entendu qu’elle n’appartient pas à la première mais à la seconde ? Et comment expliquer que des femmes supposées tuées par des FDS soient enterrées dans la précipitation, sans le moindre respect d’une procédure médico-légale ? Y avait-il des informations ou des données secrètes qu’il fallait absolument protéger ? En dehors du message de compassion apporté le dimanche 6 mars par une délégation des femmes du RHDP, quelles étaient les informations sur les dépouilles mortelles données aux familles de femmes « martyres » ? Pourquoi le RHDP a tenu à organiser un rassemblement spécifique pour rendre des hommages particuliers à ces femmes sans attendre la cérémonie officielle dédiée à leurs victimes de la commune d’Abobo ? Y a t-il au RHDP une gradation des martyrs de la crise post-électorale ? Ou alors, est ce parce que les morgues d’Anyama et d’Abobon’avaient pas les commodités pour recevoir des dépouilles issues d’attaques à l’arme lourde que les femmes « martyres » du 3 mars ont été enterrées précipitamment? La cérémonie de décoration à titre posthume, de ces femmes d’Abobo reconnues martyres par la Grande Chancellerie le 2 août 2011, n’élucide en rien le mystère de cette macabre histoire. Une telle cérémonie ne clôt pas non plus le débat sur les circonstances de leur mort provoquée. Le constat est que les dépouilles mortelles des autres victimes d’Abobo ont été officiellement remises aux familles respectives au cours d’une cérémonie officielle le 13 octobre 2011, alors que les femmes martyres ont été enterrées dans la précipitation à l’insu de leurs familles. Pourquoi ces traitements différentiels des victimes d’un même conflit ?

Ces abonnés aux grossiers montages et au commando invisible

Pour mémoire, il faut rappeler que plusieurs montages grossiers ont été réalisés dans la crise ivoirienne si bien que l’on ne serait pas surpris que l’affaire des tueries des femmes d’Abobo et le charnier de Yopougon aient le même réalisateur et le même producteur parce que la mise en scène obéit à la même logique et l’objectif poursuivi est le même, diaboliser le président Laurent Gbagbo.

Dans le charnier de Yopougon, les médecins légistes avaient trouvé de l’eau dans les poumons des personnes décédées par suite de noyade au Plateau et présentées comme ayant été froidement exécutées à N’Dotré. Puis, l’on a vu au mois de janvier 2011 sur les écrans de télévisions françaises une personne, présentée comme un manifestant du RDR supposée morte à la suite d’une répression sanglante des FDS devant le siège de l’Onuci au Plateau, se relever tranquillement après avoir fini de jouer sa partition, ignorant qu’une autre camera continuait de tourner. Enfin, on avait aussi annoncé dès décembre 2010, l’existence d’un nouveau charnier à N’Dotré. L’ONUCI après des investigations infructueuses a été obligée d’infirmer l’existence. Dans l’affaire des tueries des femmes d’Abobo, la scène montrait une dame couverte d’un liquide de couleur rouge similaire au sang. Elle tentait de se relever quand l’ordre lui a été intimé dans une langue nationale de se recoucher car la prise de vue n’était pas encore finie…
Il est aussi intéressant d’indiquer qu’à partir de janvier 2011, un commando dit invisible, aux méthodes médiévales sévissait dans la commune d’Abobo : six policiers tenant un poste d’observation au carrefour de la mairie ont explosé après une attaque à l’arme lourde dans la nuit du 12 au 13 janvier ; le secrétaire de la fédération FPI de Madinani (nord du pays) venu s’abriter chez son oncle a été égorgé comme un mouton le 17 janvier sous le prétexte d’être un partisan du Président Laurent Gbagbo ; un capitaine de Gendarmerie et deux de ses éléments en mission de reconnaissance ont été portés disparus au carrefour de N’Dotré le 18 janvier ; une expédition punitive nocturne a été organisée du 6 au 7 mars 2011 contre le village d’Anonkoua-Kouté réputé favorable au président Laurent Gbagbo. Tous les commissariats de Police et brigades de Gendarmerie d’Abobo ont été les cibles du commando invisible durant le mois de février 2011, ce qui a contraint l’Etat Major des FDS sous embargo depuis sept ans, à concentrer tous les Services de sécurité au camp de la Gendarmerie de ladite commune, pour continuer d’assurer la sécurité des populations résiduelles dans le contexte nouveau de guérilla urbaine imposé par le commando invisible. Toutes les missions de ravitaillement des Forces de Sécurité rassemblées au camp de la Gendarmerie ont été attaquées par des snipers faisant presque régulièrement des dégâts du côté des FDS. A cette occasion, ont été tués un officier et des sous-officiers de police. Deux gendarmes ont été blessés et un char incendié à la grenade. Dans la nuit du 5 au 6 mars 2011, le centre émetteur de la télévision ivoirienne a été détruit et trois agents de sécurité qui étaient en service à l’intérieur des locaux ont été brûlés vifs après avoir été ligotés comme des cabris.

C’est dans cet environnement de troubles sérieux et graves à l’ordre public qu’on a pu observer pendant la période allant de janvier à mars 2011, des marches qualifiées de pacifiques du RHDP. Les images de ces manifestations de rue montraient parmi les marcheurs des individus munis d’armes légères et parfois lourdes ainsi que des chasseurs traditionnels « dozo » portant des fusils dont ils ne se séparent jamais. La supposée marche des femmes annoncée ou organisée le 3 mars dans cette commune aurait-elle échappé à ce dispositif ? Dans cette affaire de tueries de femmes d’Abobo, aucune enquête spécifique n’a été réclamée ni exigée par les nouvelles autorités en place car pour le RHDP, le président Laurent Gbagbo est le seul responsable et les FDS les seuls coupables. A quoi servirait donc une enquête ? De toutes les façons, les supposés faits se seraient passés dans une commune favorable à Monsieur Ouattara.

Pour notre part, nous sommes convaincus qu’une enquête transparente et sérieuse révélera bien de surprises. Sinon, comment expliquer la coïncidence remarquable entre la célébration nationale de la Journée internationale de la femme annoncée depuis deux (2) semaines par la Télévision Nationale dans la commune de Yopougon supposée acquise au président Laurent Gbagbo et le « massacre » de femmes du RHDP à Abobo prétendu fief de Monsieur Ouattara. A qui profite le crime ? Une enquête minutieuse doit être menée pour déterminer les circonstances de la survenue de la tuerie de ces femmes, car ce n’est pas le Président Laurent Gbagbo qui a ordonné leurs assassinats. Ce n’est pas non plus le Premier ministre Aké N’Gbo. Ce n’est ni le ministre de la Défense ni celui de l’Intérieur.
Rappelons que le chef d’Etat Major, le Commandant supérieur de la Gendarmerie et le Directeur général de la Police interrogés ont affirmé ne rien savoir de cette douloureuse affaire. Mais une idée germait déjà dans l’opinion internationale, celle de faire interdire l’usage d’armes lourdes dans le District d’Abidjan dans le but d’affaiblir considérablement le système de défense des Forces Armées

Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) dans la perceptive de la bataille d’Abidjan. Parce que ceux qu’on appelle à tort les soldats du président Laurent Gbagbo sont, en réalité, les Forces de Défense et de Sécurité nationales en charge conformément aux dispositions pertinentes constitutionnelles (article 24) d’assurer la protection des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. Ce qui n’était plus le cas depuis le déclenchement de la crise en 2002 ayant consacré la partition de fait du pays. Le président Laurent Gbagbone pouvait donc s’en servir contre les populations civiles contrairement aux allégations diffusées. Tout ceci n’était-il pas le prétexte pour justifier l’intervention de la Communauté internationale à travers le Conseil de Sécurité de l’ONU? Les enquêtes nous situeront certainement mais le constat est que la mise en scène du commanditaire de l’assassinat des femmes s’est déroulée de manière linéaire. A partir de cette affaire, le Conseil de Sécurité de l’ONU a décidé d’interdire l’usage d’armes lourdes dans le seul district d’Abidjan, puis, prenant un autre faux prétexte de la violation de cette résolution le 17 mars par les FDS, il a donné mandat à l’ONUCI et à la force française LICORNE de détruire les sites stratégiques des FANCI et des Institutions de la République de Côte d’Ivoire. La suite est connue.

3- Notre conclusion

Les procédures spécifiques engagées devant les juridictions compétentes par les avocats du Président Laurent Gbagbo et l’enquête de la Cour pénale internationale permettront certainement de découvrir la vérité sur les conditions de survenue de la mort de ces femmes. Leurs morts ont affecté les Ivoiriens de tous les bords politiques tout simplement parce qu’on ne tire pas sur des femmes aux mains nues. C’est pourquoi, il faut, en toute objectivité et indépendance laisser la justice mener impartialement les investigations nécessaires à l’éclatement de la vérité en s’assurant que ces femmes ont été effectivement tuées et dans quelles conditions et circonstances l’ont-elles été, pour que soient situées les responsabilités afin de traduire devant les juridictions compétentes les coupables conformément aux lois en vigueur.

Contrairement à une idée répandue, les personnes qu’on qualifie de proches du Président Laurent Gbagbo ne sont pas contre la justice. Ce qu’elles réfutent c’est la justice des vainqueurs qui a cours depuis le 28 novembre 2010 avec d’un côté, les bons (les sauveurs dixit le procureur Simplice Koffi Kouadio) qui auraient mené le bon combat et de l’autre, les mauvais qui auraient agi en toute illégalité, comme si l’arrêt du Conseil constitutionnel ivoirien qui proclame le président Laurent Gbagbo vainqueur du deuxième tour de l’élection présidentielle ne devrait produire aucun effet juridique. Les proches du Président Laurent Gbagbo veulent savoir si oui ou non six femmes ont été tuées à Abobo et qui les a tuées. Mais au-delà, élucider toutes les tueries d’Abobo comme celles des six policiers au rond point de la mairie de la même commune et les villageois d’Anonkoua-Kouté. Mais avant, ils voudraient aussi savoir comment sont morts les anciens ministres de l’Intérieur Boga Doudou Emile et Tagro Désiré; les officiers des FANCI, Dali Oblé, Dagrou Loula et tous les 80 gendarmes de Bouaké ; les artistes Camara Yeréfè dit « H » et Marcellin Yacé; les chefs rebelles qu’étaient Oumar Diarrassouba dit « Zaga-Zaga », Bamba Kassoum dit « Kass », Coulibaly Adama dit « Adams » ainsi que tous les morts devant l’Hôtel Ivoire (novembre 2004) et du Moyen Cavally (2011), etc.

On ne peut pas les occulter en cherchant simplement à faire inculper le président Laurent Gbagbo et le traduire devant la Cour pénale internationale. Les Ivoiriens veulent savoir la vérité sur tous les crimes commis depuis septembre 2002 et après cela, ils iront certainement à la réconciliation. Laurent Gbagbo voulait simplement le recomptage des voies pour mettre définitivement fin à la crise politique née des proclamations divergentes du résultat de l’élection présidentielle faite par la Commission électorale indépendante et le Conseil Constitutionnel. Ceux qui ont refusé sa proposition et préféré le règlement du conflit politique par une solution militaire lui imputent la responsabilité exclusive des dégâts. Les différentes enquêtes nous situerons sur les responsabilités des uns et des autres et permettront surtout d’identifier les véritables coupables.

Sécurité des soins et gestion des risques

Dr. Boguifo dénonce les cliniques privées de la mort

L’association des cliniques privées de Côte d’Ivoire (ACPCI) présidé par Dr. Joseph Boguifo a dénoncé lundi à l’AIBEF à Treichville, les établissements sanitaires privés qui mettent en danger les patients. C’était lors de la cérémonie d’ouverture du symposium scientifique à l’occasion de la 2ème journée nationale sur la sécurité des patients et la gestion des risques en milieu de soins. Selon lui, ces 10 dernières années, des cliniques illégales se sont ouvertes en violation totale de la réglementation en vigueur. « Ce qui est fait au détriment du patient », a-t-il soutenu. Ses propos ont été confirmés à sa suite par le Pr. Antoine Amonkou Akpo, directeur de cabinet du ministre de la santé et de la lutte contre le sida. 1/3 des 1212 établissements de soins recensés en 2007 «fonctionne en toute illégalité posant par principe des problèmes quant au respect des normes sur la qualité et la sécurité des soins délivrés à la population », a ajouté le Pr. Amonkou.
Pour Dr. Boguifo, l’objectif de cette journée est de réduire le taux de mortalité et de morbidité dans « nos hôpitaux. » « Le souci, poursuit-il, c’est de préserver le patient de tout effet néfaste lorsqu’il reçoit des soins dans un établissement sanitaire. » Lieu de soulagement des patients, l’hôpital peut donc être un lieu dangereux pour eux si les pratiques médicales ne sont pas faites selon les normes de soins. Ce qui pose la question de la qualité des soins. « La recherche de la qualité est une condition de la satisfaction des patients de plus en plus exigeants », a souligné Dr. Boguifo qui estime que la non qualité coûte chère à la clinique, aux patients et à l’Etat. « Les normes de qualité doivent être opposables aux professionnels de la santé », soutient de son côté le directeur de cabinet représentant le ministre de la santé.

« En outre, en plus des conditions portant sur la conformité de l’organisation architecturale et du plateau technique de ces établissements privés, les exigences minimales à respecter devraient porter sur la mise en place de dispositifs concernant : la lutte contre les infections nosocomiales, le traitement des déchets médicaux, la sécurité des injections et des matériels réutilisés, la sécurité des produits sanguins, le bon usage des médicaments, la prévention des erreurs en chirurgie et en anesthésie, la prévention des défaillances dans l’utilisation de dispositifs médicaux », a précisé Pr. Amonkou. Mme Essoin, présidente de l’association ivoirienne pour l’amélioration de la sécurité des patients (regroupe 12 associations de malades), pense pour sa part qu’il faut inciter à une plus grande responsabilité les professionnels de la santé afin de réduire au minimum les risques dans les établissements sanitaires.
Le symposium a duré deux jours durant lesquels les participants ont entendu plusieurs communications sur la nécessité de réduire les risques en milieu de soins. Le but final est de faire de la Côte d’Ivoire qui a déjà un plan national en la matière, un pays sûr en matière de pratique médicale.

Coulibaly Zié Oumar