vendredi 5 décembre 2008
Abdoulaye Traoré, ex-chef de guerre de Man se prononce
Vendredi 5 décembre 2008 - Par Le Temps
Exilé depuis quatre ans au Mali, l`ex-chef de guerre de Man, Abdoulaye Traoré Alias AB était rentré. Lorsque, à travers cette interview dans le Temps Spécial, il a révelé l’hypocrisie de Soro et ses hommes dans l’application de l’APO, Sidiki Konaté avait vite fait de dire qu’il était “déréglé”. Il vient de lui donner raison par l’aveu de son mépris pour la paix.
Pouvez-vous vous présenter ? Je me nomme Abdoulaye Traoré dit AB. J`étais chef de guerre à l`Ouest. En plus, j`étais commandant de zone adjoint de Man.
Comment se fait-il que vous vous êtes retrouvé au Mali ?
C`est une politique. Cette politique a été organisée par Guillaume Soro et Sidiki Konaté. D`ailleurs, c`est Sidiki Konaté qui m`a appelé pour me dire qu`ils ont besoin de moi de toute urgence au Mali pour régler un certain nombre de problèmes. En mon absence, ils ont réussi à corrompre mon adjont. En plus, ils ont désarmé mes éléments. Ce sont ces derniers qui m`ont donné l`information.
Selon les informations, vous avez fui la zone, de peur de vous faire tuer. Puisque vous êtes un proche d`Ibrahim Coulibaly…
C`est une fausse information. Guillaume Soro et ses services savent qui est AB. Personne ne pouvait prendre Man. C`est au cours d`une réunion qu`on a décidé que je parte de cette ville. C`est après que je me suis rendu compte que c`était une cabale.
Comment vivez-vous au Mali ?
Je vivais très bien dans ce pays. Je me suis présenté officiellement aux autorités maliennes. Je vivais sans problème. Soro et Konaté mettaient les bâtons dans les roues. Chaque fois, j`étais interpellé par les forces de l`ordre du Mali.
Il paraît que vous broyiez du noir à Bamako…
Ce sont des ragots. Soro et Konaté veulent me salir. Ces deux personnes faisaient circuler des fausses informations sur mon compte.
Quelles sont ces informations ?
Ils faisaient croire aux autorités maliennes que je fais du blanchiment d`argent. Après enquête, on se rend compte que cela est archi faux. Ce sont des histoires montées de toutes pièces pour me ruiner. Il n`y avait pas de preuve. Personne ne pouvait le démontrer.
Pourquoi Soro et Sidiki Konaté vous en veulent tant ?
On fait une réunion ensemble. Au cours de la marche, il était prévu que je vienne faire une opération à Abidjan ; on m`a confectionné une pièce burkinabé. Je leur ai donné mon accord. Donc je devais passer par le Ghana pour mener l`opération. Après, j`ai eu à circuler avec quelqu`un qui m`a dit que c`était risqué. Donc j`ai renoncé. Alors, ils ont mis une équipe à mes trousses pour m`éliminer. J`étais obligé de changer de couchettes pour fuir les tueurs à gages de Soro. Toutes leurs tentatives pour m`éliminer sont restées vaines. Alors, ils m`ont laissé tranquille.
On vous accuse d`être pro IB…
Je ne suis pas pro IB. Nous avons pris les armes pour une justice bien déterminée.
Quelle est cette justice ?
Pendant la préparation de l`attaque, tous les combattants ont été informés qu`on prenait les armes pour que Alassane soit candidat à l’élection candidat à l`élection présidentielle. Si maintenant cette situation a été réglée après les accords de Pretoria, on doit déposer les armes. Je ne suis pas pro IB. Ce n`est pas lui qui a formé la rébellion. IB n`est pas responsable de la rébellion.
Qui est le responsable ?
Soro et IB sont mieux placés pour le dire. Ils savent qui est le père de la rébellion. La personne qui a créé la rébellion se reconnaît. Soro et IB ne peuvent pas payer les armes. Ils n`ont aucun moyen pour financer la rébellion. Le tribunal pénal international va interroger les gens. Nous allons livrer les secrets de la rébellion.
C`est qui alors ?
C`est Alassane Dramane Ouattara. Le coup a été planifié à Ouagadougou... au quartier des villas des hôtes. Alassane Ouattara a demandé à Blaise Compaoré de l`aider à renverser le pouvoir de Gbagbo. Ce dernier a donné son accord. A son tour, il a confié l`affaire à Djibril Bassolé et au capitaine Zida. IB était chargé de conduire les opérations sur le terrain avec des soldats burkinabé. Ainsi que des mercenaires libériens. Soro a été choisi pour jouer le rôle de porte-parole. Nous allons tout déballer devant le tribunal pénal international. Quand on dit que c`est pour Alassane Ouattara qu`on a pris les armes, on n`a plus besoin de chercher le père de la rébellion.
Alassane Ouattara a toujours nié la paternité de la rébellion ?
Nous étions au cœur de la rébellion. Nous n`étions pas n`importe qui. IB et Soro le savent. Ils peuvent, vous le dire. De toutes les façons, la vérité va éclater bientôt.
Quels étaient vos rapports avec les autorités maliennes ?
Nous avons de bons rapports.Les Force nouvelles vous demandent de revenir.
Mais vous refusez…
Je ne veux plus les rejoindre. Tout le monde parle de paix. Ce n`est pas la peine de monter une équipe pour venir freiner le processus de paix. Il faut que cela s`arrête. Gbagbo n`a pas pris les armes contre Houphouët-Boigny. Il a discuté. Le voilà aujourd`hui, au pouvoir. Quand on est premier ministre, il faut déposer les armes. Soro est incapable de désarmer ses soldats.
Pourquoi est-il incapable ?
Il est téléguidé. C`est un cobaye. Ses décisions lui sont dictées.
Par qui ?
Il le sait. Avant de prendre une décision, il appelle le vrai responsable de la rébellion. Je n`ai plus besoin de le citer. Puisque vous le savez maintenant. Soro n`a pas assez de courage pour prendre des décisions.
Comment faire pour que les combattants des Forces nouvelles déposent les armes ?
C`est là que la danse devient intéressante. Les gens ont décidé d`aller à la paix. Laurent Gbagbo a gagné en empruntant la voie du dialogue. Il n`y a plus d`autres raisons à ne pas déposer les armes. Nous demandons à Gbagbo de laisser la question entre nous ; c`est la meilleure solution. S`ils ne veulent pas désarmer, nous allons le faire.
Quels moyens avez-vous ?
Ils savent qui est AB. Nous avons au moins une centaine d`éléments en leur sein. Nous demandons à Soro et ses hommes de déposer les armes. Que Shérif Ousmane cesse de se faire empereur, qu`il laisse les armes. On ne va pas rester dans cette situation. Les pays de la sous- région sont en train de se développer. Avec l`argent des Ivoiriens. Aujourd`hui, j`ai mal au cœur quand je vois qu`on nous a poussés à attaquer notre pays. Chaque Ivoirien doit prendre conscience.
Avez-vous les nouvelles de Zackaria Koné ?I
l faut dire que le problème avec Zackaria Koné ne date pas d`aujourd`hui. Il était au départ garde du corps de Soro. Il l`a laissé pour prendre Vetcho. Chose que Zackaria n`a pas digére. Aujourd`hui, il a compris. Il cherche à rentrer dans la République.
Quelle est aujourd`hui, sa situation à Ouagadougou ?
Il ne peut rien faire que les autres burkinabè ne sachent. Tous ses faits et gestes sont contrôlés. Il est suivi à la loupe. Il n`est pas libre de ses mouvements.
Il paraît que vous êtes l`un des casseurs de la BECAO de Man…Il faut mettre les choses à leur place. Colonel Bamba, Loss, Diabaté en savent quelque chose. Je gérais Man. Mais je dormais à Biankouma. Qu`on arrête de m`accuser. Ils savent comment ça s`est passé. Chacun va s`expliquer un jour devant le TPI. Ceux qui sont à la base de ce casse se connaissent. Ils sont encore en vie.
Pouvez-vous citer des noms ?
Losséni Fofana dit Loss, Yéo, Diabaté et Bamba ont reçu l`ordre de la hiérarchie. C`est Guillaume Soro et ses hommes qui leur ont demandé de le faire. J`ai refusé de participer à ce casse.
Pourquoi ?
On avait une mission bien précise. Nous ne sommes pas venus pour voler de l`argent de la banque. En plus, cela allait jouer sur notre image. Les gens allaient nous traiter de voleurs. Les faits ont fini par me donner raison. Guillaume Soro a reçu beaucoup d`argent de ce casse. Puisque c`est Kass qui est venu chercher la part de Soro. A Bouaké, c`est Wattao qui a conduit les opérations du casse de la BCEAO. A Korhogo, c`est Kouakou Fofié. Ils ne peuvent pas le nier. Ils se sont enrichis sur le dos des combattants. D`ailleurs, c`est pourquoi Soro a éliminé Kass et Yéo. Parce que ces derniers réclamaient leur part. En plus, ils voulaient le dénoncer.
Tous ceux qui se sont opposés à Soro ne sont plus de ce monde ?
C`est dommage que Soro les ait assassinés. Je peux bien me venger parce que Adams était une partie de moi-même. Mais cela ne sert à rien. Allons à la réconciliation. Le TPI va régler le compte de tous ces voleurs. Soro doit être traduit devant le TPI.
Vous faites trop allusion au TPI ?
Quand tu prends les armes, tu paies. Nous avons le cas de Hissène Habré, Jean-Pierre Bemba aujourd`hui, notre vie a été gâchée. Nous avons été trahis. Ils m`ont transformé en une autre personne dans ce monde.
Avez-vous des regrets ?
Beaucoup. Ce qui me fait mal, non seulement, ils nous ont trahis mais aussi ils refusent de déposer les armes. On ne peut aller aux élections avec des hommes en armes. Soro est premier ministre, de quoi ont-ils peur ? Que les soldats de Soro quittent les rues. Qu`ils aillent voir ceux qui les ont embauchés pour les punir. Je suis prêt à dire toute la vérité. Même si je dois mourir. Je suis prêt à passer à la télévision ivoirienne. Afin que les Ivoiriens sachent la vérité.
A-t-on réellement promis 5 millions aux jeunes gens ?
C`est un montage de Soro et de Shérif Ousmane afin de retarder le processus de désarmement. Lorsque le premier cessez-le-feu a été signé à Tiébissou, on nous a convoqués à Ouagadougou. Au cours de la rencontre, on nous a demandé de violer le cessez-le- feu en procédant à des attaques. Aujourd`hui, c`est le même jeu entre Soro et Shérif. C`est fait sciemment. On fait croire que Soro et Shérif ne sont pas dans le même coup. Ils sont bel et bien ensemble. Ils ne veulent pas aller aux élections. Et Soro est le chef d`orchestre de ce jeu. Ce dernier reçoit des ordres du responsable de la rébellion.
Etes-vous prêts à prendre les armes ?
Pas pour la rébellion. Je préfère prendre les armes pour défendre la République. Il faut que les gens déposent les armes. Ce n`est pas, par les armes, qu`on prend le pouvoir. Ce sont des élections qui montrent qui est fort.
Pourquoi avez-vous décidé de quitter la rébellion ?
Je suis fatigué. Je ne suis plus prêt à suivre une rébellion pour détruire mon pays. J`ai décidé de me mettre aux côtés de mon pays. Personne ne m`a obligé. Après des années de réflexions, j`ai pris cette décision. Je demande pardon à la République pour le tort que j`ai pu lui causer.
Quel message pouvez-vous adressé aux Ivoiriens ?
Je leur demande pardon. Que la nation tout entière me pardonne pour les bêtises que j`ai commises. On recevait des ordres qu`il fallait exécuter. Je reconnais mes fautes. Je suis prêt à mourir.
Etes-vous sincère ?
Je jure la main sur le cœur. Je suis sincère. Si je ne l`étais pas, je ne serai pas rentré au pays. Je demande aux Ivoiriens de me faire confiance. La preuve, dès mon retour; les services d`Alassane Ouattara sont entrés en contact avec moi.
Que vous ont-ils demandé ?
Ils se sont plaints du fait que j`ai décidé de tourner le dos à la rébellion. Ils m`ont supplié de revenir sur ma décision. Je leur ai dis non. Pour moi, la page de la rébellion est tournée. Et dire que j`ai gâché ma vie pour que Alassane Ouattara soit candidat. Désormais, je me mets au service de mon pays. J`ai trop fait de bêtises qui n`ont rien apporté au pays. Si ce n`est pas la désolation, la mort, et la tristesse. Il est temps qu`on mette fin à la souffrance des populations.
Que pensez-vous du processus de paix ?
Si Guillaume Soro joue franc jeu, la Côte d`Ivoire va retrouver la paix.
Pourquoi Soro ne joue-t-il pas franc jeu ?
Les responsables de la rébellion n`ont pas encore dit leur dernier mot. Ils ne veulent pas de la tenue des élections. La décision de la tenue des élections ne dépend pas de Soro. Il faut les dégager par la force. Sinon, le pays va rester dans cette situation. Cela risque d`énerver le peuple. C`est leur tactique.
C`est -à- dire ?
Ils veulent maintenir les populations dans la souffrance. Ce qui risque d`être préjudiciable à Gbagbo. Ils veulent pousser le peuple à se soulever contre lui. Puisqu`ils n`ont pas reussi à l`enlever par les armes. Soro et ses hommes ne vont pas déposer les armes tant que nous ne prenons pas nos responsabilités. Ils se plaisent dans cette situation.
Que pensez-vous du rôle de facilitateur du Président Blaise Compaoré ?
Ce monsieur ne peut pas ramener la paix en Côte d`Ivoire. Lui-même est au coeur de la rébellion. C`est lui qui nous a formés à Ouagadougou.
C`est grave ce que vous dites...
C`est la vérité. Depuis un an l`Accord politique de Ouagadougou est signé. Soro et ses hommes refusent de déposer les armes sans qu`il ne les interpelle. Blaise Compaoré a fait retourner dans son pays les armes lourdes qu`il a mises à notre disposition au début de la guerre. Je ne lui fais pas confiance. C`est vous qui croyez en ce monsieur. Comment peut-on confier la médiation de la crise ivoirienne à l`un des commanditaires de la rébellion ?
Interview réalisée par :Yacouba Gbanéyacou06336510@yahoo.frin Le Temps Spécial - N°5 du 24/09/2008
vendredi 28 novembre 2008
Accords provisoires de partenariat économique — Afrique de l'Ouest: Côte d’Ivoire et Ghana
Accords provisoires de partenariat économique — Afrique de l'Ouest: Côte d’Ivoire et Ghana
1. État des lieux
La Commission européenne a paraphé des APE provisoires avec la Côte d’Ivoire et le Ghana en décembre 2007. Ces accords ont été mis en place afin d’éviter la perturbation des exportations de ces deux pays vers l’UE après l’expiration des dispositions commerciales de l’Accord de Cotonou à la fin de ce mois et de se donner davantage de temps pour négocier un APE régional complet. En conséquence, les principales exportations de la Côte d’Ivoire et du Ghana bénéficient toujours d’un accès préférentiel aux marchés de l’UE. Cela concerne le commerce du cacao, de la banane et d’autres produits agricoles, qui représente environ 940 Mio EUR par an et environ un tiers des exportations annuelles de ces pays vers l’UE.
Ces deux APE provisoires spécifiques à des pays (bien qu’ils soient pratiquement identiques) sont une solution temporaire pendant que durent les négociations visant à les remplacer par un APE complet couvrant l’ensemble de l’Afrique de l'Ouest. L’APE complet remplacera entièrement ces deux accords provisoires. Entre-temps, la signature des deux APE provisoires a été programmée pour la fin de 2008, de sorte qu’ils puissent être notifiés et examinés à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Comme le reste de l’Afrique de l'Ouest comprend essentiellement des pays figurant parmi les moins développés, ceux-ci bénéficient d’un accès en franchise de droits aux marchés de l’UE en vertu du régime «tout sauf les armes» pendant la durée des négociations d’un APE complet. Le Cap-Vert et le Nigeria font exception: le Cap-Vert ne fait plus partie des pays les moins développés depuis le 1er janvier 2008 mais continuera de bénéficier du régime TSA pendant trois années encore et le Nigeria a décidé de ne pas signer d’APE provisoire et bénéficie du système normal de préférences généralisées de l’UE.
2. Principales caractéristiques des APE provisoires
Échanges de marchandises
Les dispositions relatives aux échanges de marchandises couvrent:
- l’accès en franchise de droits et sans contingents aux marchés de l’UE pour toutes les importations provenant de la Côte d’Ivoire et du Ghana à compter du 1er janvier 2008, avec des périodes de transition pour le riz et le sucre;
- une ouverture asymétrique et progressive des marchés de ces pays aux marchandises de l’UE, tenant pleinement compte des différences de niveaux de développement entre eux et l’UE (voir ci-dessous);
- un chapitre sur la défense commerciale, avec des garanties bilatérales permettant à chaque partie de réinstaurer des droits ou contingents si les importations de l’autre partie perturbent ou menacent de perturber son économie;
- un chapitre sur les obstacles techniques au commerce, ainsi que des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS), afin d’aider les exportateurs d’Afrique de l'Ouest à satisfaire aux normes d'importation de l’UE, et
- un chapitre visant à faciliter le commerce par des mesures telles que des procédures douanières plus efficaces et une meilleure coopération entre les administrations.
Biens libéralisés dans les APE provisoires
Toutes les importations de la Côte d’Ivoire et du Ghana accèdent aux marchés de l’UE en franchise de droits et sans contingents depuis le 1er janvier 2008 (à l’exception du riz et du sucre, pour lesquels des régimes de transition ont été mis en place jusque respectivement 2010 et 2015). Cette situation constitue une amélioration par rapport au régime d’échanges antérieur «de Cotonou».
En retour, au cours des 15 prochaines années, la Côte d’Ivoire libéralisera 81 % des importations provenant de l’UE (représentant 89 % des lignes tarifaires) et le Ghana libéralisera 80 % des importations provenant de l’UE (représentant 81 % des lignes tarifaires).
Les importations européennes libéralisées sont principalement les machines industrielles (pompes, groupes électrogènes, turbines, etc.), certains véhicules (bateaux, avions, voitures) et certains produits chimiques. Il s’agit de l’ensemble des moyens utilisés par les industries ivoirienne et ghanéenne qui ne sont pas produits localement. L’élimination des droits d’importation sur ces produits réduira les coûts de ces biens d’équipement pour les entreprises locales.
Échanges UE-Afrique de l'Ouest
Les échanges UE-Afrique de l'Ouest sont bien équilibrés avec des exportations équivalentes dans les deux sens. Les principales exportations de l’UE sont les biens d’équipement et les véhicules, qui représentent 80 % des exportations. Les principales exportations de l’Afrique de l'Ouest sont le pétrole du Nigeria (50 % des exportations de l’Afrique de l'Ouest) et les produits agricoles tropicaux (cacao, bananes, ananas, bois), principalement de la Côte d’Ivoire et du Ghana.
Biens non libéralisés dans les APE provisoires
La Côte d’Ivoire et le Ghana ont exclu de la libéralisation un certain nombre de produits agricoles et de produits transformés non agricoles, principalement afin d’assurer la protection de certains marchés agricoles et industries sensibles, mais également pour maintenir des recettes fiscales.
Les listes d’exclusions de la Côte d’Ivoire et du Ghana ne sont pas identiques car elles reflètent la situation respective de chaque pays. Les deux pays collaborent avec la région d’Afrique de l'Ouest pour mettre en place une offre commune d’accès au marché dans le contexte des négociations de l’APE complet.
Tant le Ghana que la Côte d’Ivoire ont exclu le poulet et d’autres viandes, les tomates, les oignons, le sucre, le tabac, la bière et les vêtements usés. La Côte d’Ivoire a également exclu le ciment, le malt, l’essence et les voitures, tandis que le Ghana a exclu le blé, le poisson surgelé et les plastiques industriels.
Autres éléments
Il existe un mécanisme détaillé de règlement des litiges pour appuyer la mise en œuvre effective des accords et de nouvelles règles d’origine améliorées seront annexées aux APE provisoires dès qu’elles auront été convenues avec l’ensemble de la région dans le cadre des négociations de l’APE complet. Entre-temps, la Côte d’Ivoire et le Ghana bénéficient des règles d’origine améliorées de l’APE général (règlement n° 1528/2007 du Conseil).
Coopération au développement
Les dispositions en matière de coopération au développement font le lien avec les instruments de la coopération au développement de la Communauté européenne et des États membres de l’UE. Elles identifient des domaines prioritaires de coopération au développement afin d’accompagner la mise en œuvre des APE provisoires. Les principaux domaines identifiés sont les suivants:
- Renforcement et mise à niveau de la capacité des secteurs productifs;
- Coopération en matière d’ajustement budgétaire;
- Amélioration de l’environnement des entreprises;
- Mise en œuvre des règles commerciales prévues dans les accords.
3. État d’avancement des négociations pour un APE complet avec l’Afrique de l'Ouest (novembre 2008)
Les négociations en vue de la conclusion d’un APE complet avec l’ensemble de la région de l’Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo) se poursuivent. L’objectif de la CE et de l’Afrique de l'Ouest dans ces négociations est de conclure, au niveau de la région, un accord qui soutienne le développement et favorise l’intégration régionale.
Outre la mise en place d’un accès commun aux marchés de l’Afrique de l'Ouest pour les marchandises, ces négociations couvrent également le commerce des services, l’investissement et d’autres règles en matière commerciale pertinentes pour le développement et l’intégration régionale telles que la concurrence et la transparence dans les marchés publics.
Depuis le début de 2008, cinq sessions de négociations ont été organisées au niveau technique ou au niveau de hauts responsables. Les APE provisoires et l’APE complet avec les Caraïbes ont constitué des points de référence utiles lors de ces négociations. L’UE réexamine les difficultés rencontrées au cours de ces négociations et les aspects que les partenaires d’Afrique de l'Ouest pourraient souhaiter revoir dans le contexte de l’APE complet. La Commission accepte que chaque région veuille progresser à son propre rythme, examiner les enjeux avec l’UE et se faire une idée des engagements qu’elle s’apprête à prendre.
Le texte des dispositions relatives aux échanges de biens a été largement approuvé mais contient encore des points de divergence pour lesquels nous recherchons des compromis, notamment en ce qui concerne les taxes à l’exportation, les prélèvements régionaux ou la clause NPF. Comme dans le cas des APE provisoires, des dispositions couvrent la défense commerciale, les obstacles techniques au commerce, les mesures SPS et la facilitation des échanges.
La région de l’Afrique de l'Ouest met la dernière main à son offre d’accès commun aux marchés pour les marchandises et compte la soumettre au début de 2009. Des projets de textes sur les services et la coopération au développement sont également en préparation. Jusqu’à présent, les discussions se sont focalisées sur l’interprétation de la compatibilité OMC (voir fiche factuelle séparée) et sur le lien avec le financement du développement dans le cadre de l’Accord de Cotonou.
Les négociations sur les règles d’origine se poursuivent également. Ces discussions sont parties des règles d’origine utilisées dans l’Accord de Cotonou et de celles contenues dans le règlement n° 1528/2007 du Conseil. Nous sommes à la recherche de simplifications qui pourraient aider l’Afrique de l'Ouest à se développer, par exemple la «transformation simple» pour les produits textiles (déjà contenue dans le règlement 1528/2007). La partie ouest-africaine a élaboré ses propres idées, qui sont actuellement sur la table des négociations.
Les négociations couvrent désormais certaines règles en matière commerciale telles que la concurrence ou la protection des consommateurs, mais les progrès sont lents. Alors qu’en principe, l’Afrique de l'Ouest convient de l’importance, pour l’intégration régionale et l’APE, d’autres aspects en rapport avec le commerce, elle reste jusqu’à présent opposée à l’introduction de chapitres sur les aspects sociaux, sur l’environnement ou sur les marchés publics.
Afin de maintenir l'élan des négociations, le délai pour l’achèvement des négociations de l’APE complet est désormais fixé à la mi-2009.
Pour les dernières informations, veuillez consulter:
http://ec.europa.eu/trade/issues/bilateral/regions/acp/regneg_en.htm
Pour les dates des sessions de négociation de l’APE, veuillez consulter:
http://ec.europa.eu/trade/issues/bilateral/regions/acp/epa_calendar_en.htm
samedi 22 novembre 2008
La Rebellion Ivoirienne Revelee.
EXCLUSIF - Confessions inédites - Un jeune (ex)rebelle repenti se confie à la Rédaction de Connectionivoirienne
| 22/11/08 | • | le Journal de Connectionivoirienne |

Par
La Rédaction du Journal de Connectionivoirienne.net
Dans le milieu de la rébellion ivoirienne, il est plutôt connu sous le nom de «Petit IB». Titulaire d'un BTS en Finance-Comptabilité, il se fera enrôler dans «l'armée de libération» de Soro Guillaume - aujourd'hui Premier ministre de Côte d'Ivoire - dès les premières heures de la rébellion, en Septembre 2002. Six ans après, c'est un jeune homme amer et désabusé qui a rompu les amarres avec la soldatesque de Soro qui a voulu se confier à Connectionivoirienne. Suivez son itinéraire dans la rébellion et ses révélations.
Identité et itinéraire dans la rébellion
Je suis Doulaye Ibrahim alias « Petit IB». J'ai un BTS en Finance-Comptabilité, obtenu bien avant la guerre de 2002. J'ai été enrôlé dès les premières heures par la rébellion, où j'ai servi dans la compagnie de Wattao comme le chef de section de la police spéciale. Par la suite, lorsqu'il y a eu des divergences entre les différentes factions rebelles, j'ai eu à servir sous les ordres du commandant Palé. Après son affectation à la frontière, je suis allé à Katiola où j'ai servi avec le commandant Vetcho (Touré Hervé, ndlr). Après, il y a eu des divergences durant lesquelles un de mes camarades, Pinto le Rougeot, un ancien de la gare UTB à Abidjan, a été brûlé vif attaché avec un pagne. D'autres ont été amené précisément à Korhogo puis tués et enterrés au sanctuaire Balla Keita. Comme Vetcho était accusé de faire revenir ceux qui sortaient tels que Angaman des sapeurs-pompiers, il était mal vu. Alors, pour ne pas lui créer des problèmes, j'ai décidé de me retirer parce que Wattao voulait nous faire tuer. C'est le commandant Palé Adama qui m'a appelé à Korhogo pour me dire : «mon petit, si tu es malin il faut quitter dans ça (la rébellion)». Wattao me soupçonnait de travailler pour Major (IB). Ça fait deux ans que j'ai quitté la rébellion. Je suis à Abidjan, je suis pratiquement isolé. Même les ONG, je ne leur fais pas confiance.
J'ai rejoins les FN (Forces nouvelles) dès les premières heures, lors de l'attaque de CTK de Korhogo avec Messamba (Koné, ex-ministre de la rébellion aujourd'hui très discret. Il a été nommé par Soro Guillaume comme «directeur des eaux et forêts et des forces paramilitaires» des zones CNO, ndlr). On nous a envoyé après à Bouaké lors du «lundi noir» (30 septembre 2002, ndlr) comme renforts. Par la suite, lorsque Wattao a échoué dans sa mission à Abidjan (NDLR dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002) et qu'il a replié sur Bouaké, au 3e bataillon, j'ai été affecté auprès de lui pour faire la gendarmerie. On était au nombre de 15. Ensuite il y a eu des divergences entre Wattao et le lieutenant Tounkara, raison pour laquelle il a pris des éléments pour pouvoir créer sa base. Parmi les 15, nous sommes deux qui sommes en vie, tous les autres ont été tués. Wattao avait envoyé pour chef de mission Oumar avec son commissaire Meto à Korhogo pour me tuer...»
Amer et déçu, comme des milliers d'autres combattants
Assurément, la rébellion n'aura pas fait que des heureux. A l'image des chefs de guerre et des animateurs de l'aile politique qui trônent sur des fortunes faramineuses, investissent et se pavanent dans des hôtels de luxe à Abidjan et dans diverses capitales africaines. La grande masse des soldats recrutés pour enrayer «la xénophobie et l'ivoirité» a été laissé au bord de la route, abandonné à un hypothétique programme de réinsertion post-crise qui peine à se mettre en œuvre. «Petit IB» fait partie de ces milliers de soldats anonymes dont l'espoir a été déçu. Il se dit aujourd'hui frustré et amer de la direction prise par ceux qui dirigent la rébellion, qu'il accuse au passage d'avoir dévoyé la lutte. Tous ces frustrés constituent une véritable bombe à retardement qu'il faut songer à désamorcer avant qu'il ne soit trop tard. Morceaux choisis :
«Je vous ai contacté vu l'injustice qui règne au sein de la rébellion. Parce que je dis qu'un combat reste toujours un combat... Les Soro et autres cachent la vérité au peuple. Vu les arrangements actuels, les APO (Accords politiques de Ouagadougou, ndlr) et autres, tout ça ils trompent le peuple pour bouffer. Est-ce que vous pensez que ce que les pays nantis ont décidé et qui n'a pas pu aboutir (faisant référence à l'accord de Marcoussis) va aboutir avec le Burkina Faso ? Non, c'est faux !»
Le deal Gbagbo-Soro-Compaoré pour piller l'économie ivoirienne
Selon «Petit IB», les Accords politiques de Ouagadougou (APO) sont un leurre. Car, martèle-t-il, il s'agit d'un deal entre les deux ex-belligérants et le facilitateur pour spolier la Côte d'Ivoire de ses richesses agricoles, minières et forestières. Voici sa lecture :
«Blaise Compaoré veut avoir le temps de mieux piller les richesses de la Côte d'Ivoire. Le cacao, l'or, le bois, le teck, le diamant, etc., toute la contrebande passe par le Burkina. Il n'y a pas de vérité dans tout ce que nos dirigeants font. Honnêtement, aujourd'hui quand je regarde tout cela ça me fait mal.
Aujourd'hui, on nous dit qu'on va aller aux élections, mais j'aurais personnellement voulu que la vérité soit dite aux populations au lieu d'un arrangement politique entre Gbagbo et Soro. La solution de la crise c'est par la guerre, mais c'est difficile de le dire parce le peuple souffre. Sinon, Soro et Gbagbo ont pris le pays en otage avec leurs armées. Il faut que les Ivoiriens eux-mêmes prennent leurs responsabilités pour mener un coup d'Etat pour enlever ce pouvoir, sans quoi ces gens ne veulent pas d'élections. On n'a pas confiance en eux ; même les histoires d'enrôlement, on ne leur fait pas confiance. Après un an, ils vont encore reporter les élections, et puis on va faire comment ? Chacun des deux camps est armé, alors qui va accepter de perdre les élections ? Ça semble compliqué, mais ça va se régler...»
Et «Petit IB» d'ajouter : «Je connais le petit frère de Soro à Paris, Simon, qui gère les biens de son grand-frère. Donc tout ça on est au courant. Une lutte basée sur le matériel ne peut pas aboutir. Ils trompent tous le peuple. La vérité prend du temps mais elle arrive toujours, Dieu ne laisse jamais ses enfants tombés. Soro n'a pas le contrôle de la zone (occupée par la rébellion, ndlr)».
Qui dirigeait la rébellion au départ ?
«Petit IB» relance le débat sur la «paternité» du mouvement rebelle. Sa préférence va à Ibrahim Coulibaly dit IB, qu'il appelle affectueusement «Major» (c'est le nom de code du sergent-chef Ibrahim Coulibaly, ndlr).
«C'est le «Major» (le sergent-chef Coulibaly Ibrahim dit «IB», ndlr) qui était le chef de toutes les opérations. Au départ, toutes les instructions venaient du «Major» qui était au Burkina. Un jour même, au début de la rébellion, on nous a envoyé à la frontière, à Laleraba pour aller accueillir le Major, mais il s'est avéré que sa sécurité n'était pas assurée ; donc il est retourné. Sinon tout le monde dont Chérif Ousmane était à Korhogo pour accueillir le Major. C'est seulement Cobra qui est parti à la frontière l'accueillir et ensuite l'escorter.
Soro était chargé de s'occuper des journalistes, et IB les commandes sur le plan militaire. C'est ainsi que Soro, Wattao (Issiaka Ouattara), Morou (Ouattara) et (Fofié Kouakou Martin) ont manigancé des choses sur le terrain pour trahir le Major. Comme quoi il n'était pas sur le terrain et qu'il traitait avec le pouvoir à Abidjan pour attaquer la zone. Quand ils ont dit ça, cela a poussé certains éléments à ne pas comprendre. C'est ainsi que les histoires de nettoyage ont commencé, où ils ont d'abord éliminé Dosso Adama (dit Adam's) à Korhogo. Ce sont des collègues très proches de moi, des éléments de Wattao, qui l'ont éliminé. Ensuite ils ont tué Koffi à Ferké, et fait par la suite arrêter Moussa Barbu, qu'ils ont envoyé à Bouaké pour l'emprisonner à la compagnie de Wattao. Ils ont profité des troubles de Bouaké où Kass a été tué (brûlé vif, ndlr) pour achever Moussa Barbu.»
Marcoussis : qui a attribué les postes ministériels ?
Et «Petit IB» de poursuivre, s'agissant des tractations qui ont suivi les accords de Linas-Marcoussis en vue de la formation du gouvernement de réconciliation nationale :
«C'est IB qui a dressé la liste des ministres. Soro lui a même dit de prendre un poste, mais il lui a répondu que son combat pour la Côte d'Ivoire ne passe pas par un poste de ministre. IB était toujours au Burkina, il devait rentrer après la loi d'amnistie. Les supérieurs avaient commencé à nous sensibiliser sur son retour pour prendre les choses en main. C'est ainsi que nous avons appris au niveau du Burkina qu'il ne devait pas rentrer directement, mais qu'il devait passer par Paris. On a appris que les tuteurs Burkinabés, dont Blaise Compaoré, avaient décidé de cela, alors que c'était un coup du Burkina pour le faire arrêter et laisser Soro en roue libre. Parce que IB venait pour mettre fin aux pillages vers le Burkina.
Une fois même, lorsque les sirènes avaient retenti dans le secteur de Wattao à la BIAO, IB a téléphoné à Kolo pour aller sécuriser le secteur. Le Major ne voulait pas qu'on pille parce qu'il savait que le tribunal pénal international nous suivait.»
«Motus bouche cousue» sur les casses de la BCEAO...
Même s'il dit savoir qui a donné les ordres pour dévaliser les agences de la BCEAO de Bouaké et Korhogo, et ceux qui ont mené l'opération, Ibrahim Coulibaly ne veut pas citer de noms pour l'instant... pour des raisons de sécurité personnelle et familiale ! Mais il se dit prêt à témoigner devant les tribunaux :
«Je sais trop de choses sur les casses de la BCEAO. Je sais d'où viennent les ordres et ceux qui ont dirigé les opérations... Je peux parler devant les juridictions. Tôt ou tard, je vais parler. Des supérieurs ont été éliminés dans la banque même parce qu'ils s'opposaient aux attaques de la BCEAO...»
La rébellion et le RDR
«Petit IB» n'est pas non plus très prolixe sur les connexions Alassane Dramane Ouattara-rébellion. Pourtant, vous découvrirez dans ces lignes que le mentor du RDR était très introduit dans le mouvement dirigé par Soro Guillaume...
«J'ai mon oncle même au RDR. Quand il y a eu ces histoires (les épurations au sein de la rébellion), le Dr. Ouattara (Alassane Dramane dit ADO, ndlr) a essayé de régler les choses. Mais c'était difficile parce que des combattants étaient tombés. Donc sa médiation n'a pas été acceptée. Par la suite, Ouattara s'est retiré...», révèle Ibrahim Coulibaly.
Mort de Doh Félix : mystère et embrouillamini...
«Qui a tué le sergent Doh Félix ?» Dans ses explications, Ibrahim Coulibaly attribue la mort du chef du MPIGO (Ndlr : Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest, un des trois mouvement de la rébellion aujourd'hui aux oubliettes) à la fois au secrétaire général du MPCI et aux mercenaires libériens qui combattaient au près de l'armée de Soro dans l'ouest ivoirien...
«Doh Felix était un fanatique de IB. Il a été tué par les mercenaires libériens, pas dans les combats. Doh Felix a été arrêté un jeudi sur ordre de Soro à Bouaké, puis conduit au 3e bataillon, et achevé à la sortie de Bouaké. Ensuite son corps a été transporté puis jeté à la frontière libérienne... Comme ils avaient peur que le Major rentre, il fallait éliminer tous ceux qui pouvaient l'aider à revenir s'installer. Quant à Mobio, il n'est pas mort au combat mais empoisonné ; une mort brusque après être rentré de la mosquée. Kolo lui, a été tué après Kass...»
Portrait de Wattao : intrigues et enrichissement illicite...
Pour avoir côtoyé l'homme, «Petit IB» dresse un portrait très peu reluisant du «commandant» Wattao. Selon «Petit IB», celui qui fait office de «chef d'état-major adjoint des Forces nouvelles» est mû par des desseins qui sont loin de servir la cause de la lutte. Ce préjugé est récurrent dans la rébellion : on accuse Wattao (à tort ou à raison) d'être à la base de toutes les dissensions au sein de la rébellion, et de torpiller les autres chefs de guerre au près de Soro Guillaume...
«Wattao, je connais bien l'homme, c'est un peu mon père adoptif dans la rébellion. Je crois qu'il est venu pour des pillages après avoir échoué dans ses missions à Abidjan. Après les histoires avec Tounkara, il nous a appelé pour former sa compagnie : Anaconda.
La prise manquée d'Abidjan et le kyste de Bouaké
Wattao, Djakis (NDLR Koné Zackaria), Abdouramane, DAZ, le commandant Palé Mamadou étaient à Abidjan. Palé y a même pris une balle dans le pied, et il a été arrêté. Ce n'est qu'après la loi d'amnistie qu'il nous a rejoint à Bouaké... Au début des opérations, Bouaké était géré par Chérif Ousmane et Tuo Fozié, restés le 18 septembre à Bouaké.
Les choses ont échoué parce le soutien dans les FANCI ne s'est pas manifesté. Comme les infiltrés avaient peut-être la trouille, ils ne répondaient pas sur leurs portables. C'est ainsi qu'il a été décidé de replier car on ne savait pas si ceux qui ne répondaient pas avaient donné des informations aux FANCI. Ceux sur qui on comptait sur le terrain ayant trahi la cause, on a quand même décidé d'attaquer pour semer la zizanie pour pouvoir sortir d'Abidjan. La prise de Bouaké était prévue dans les stratégies, ce n'était pas un hasard.»
Fofié ou «l'ange exterminateur» et les conteneurs de Korhogo
Celui qu'on surnomme le «démon» de Korhogo ou «l'ange exterminateur» fait l'unanimité sur sa cruauté... Voici ce que «Petit IB» dit de Fofié Kouakou Martin, le seul chef de guerre de la rébellion sous le coup d'une sanction onusienne (c'est tout de même curieux et bizarre !) :
«C'est un tueur ! Il a tué beaucoup de personnes. Il y a des éléments arrêtés à Bouaké puis emmenés à Korhogo, et après on apprend qu'ils sont morts... enfermés dans des conteneurs. Tout ça c'est le travail de Fofié. Des éléments tels que le commandant de secteur de Ferké, Koffi Kouadio et un adjudant-chef du nom de Zola, qui était un commando formateur dans l'armée avant la guerre, tous ceux-là c'est Fofié qui les a tués.»
Chérif Ousmane, militaire jusqu'au bout des ongles
Il représente, avec Koné Zackaria (aujourd'hui sous sanction disciplinaire au Burkina Faso), l'aile dure de la rébellion. Pour le chef de la «Compagnie Guépard», l'objectif initial de la rébellion demeure intacte : chasser Gbagbo du pouvoir. Il n'a pas encore renoncé, comme le souligne «Petit IB»:
«Chérif (Ousmane) est l'homme qui veut que les choses avancent. Mais comme quand tous ceux qui sont restés courageux vis-à-vis de notre envie de chasser Gbagbo parlent, on dit tu es pro-Major (IB) ; c'est pourquoi Chérif se calme. Chérif veut la guerre mais tous les chefs corrompus et devenus milliardaires ne veulent plus la guerre. Ils continuent tranquillement à voler. Moi en 5 ans de rébellion, j'ai vu Chérif une seule fois en civil, lors d'une fête de la St. Sylvestre (31 décembre, ndlr), où Soum-Bill était à Bouaké. Sinon, Chérif est toujours en treillis. Chérif est un vrai soldat. Il continue toujours à dire aux éléments que la guerre n'est pas encore finie et que la mission n'est pas terminée. Il n'est pas comme tous ceux qui vivent dans le luxe et qui ont peur de mourir, les Wattao, Morou et tous ces plaisantins. Entre Chérif et Soro, c'est la sorcellerie ; parce que ce milieu-là c'est la sorcellerie.
Comme les Ouattara étaient à son mariage, ils disent que Chérif roule pour Ouattara, mais ce n'est pas vrai. Chérif est sur ses gardes, c'est un vrai militaire, j'ai reçu des formations chez lui, des formations de 45 jours très solides. Le «lundi noir», Chérif a pardonné à tout le monde et demandé de prendre les armes parce que les loyalistes avaient progressé jusqu'au centre-ville, en face de la cathédrale. Tuo Fozié voulait replier sur Katiola, mais Chérif a dit «NON, si on perd Bouaké ce n'est pas bon car même les Français vont aider les loyalistes à nous anéantir». C'est ainsi que Kolo (Ndlr : qui a été tué plus tard par les Soro) a détruit le premier char loyaliste, par la suite c'est à Air France que Konaté a détruit le deuxième char. Les deux chars étaient rentrés par l'ENSOA, après ça les loyalistes ont pris peur. Ils se sont alors repliés et puis ils ont quitté Bouaké par la suite.»
Konaté Sidiki, l'opportuniste et le traître
Selon «Petit IB», l'actuel ministre du Tourisme et de l'Artisanat est un parvenu dans la rébellion. En effet, au début du conflit armé, Konaté Sidiki a organisé une marche de protestation en Allemagne... pour soutenir les institutions de la République ! Quelques semaines plus tard, les patriotes sont tombés des nues lorsqu'ils l'ont aperçu à Lomé dans la délégation de Soro Guillaume lors des premières négociations conduites par (feu) le président Gnassingbé Eyadema. Cet opportunisme lui vaut aujourd'hui tous les honneurs de la République... et de la rébellion !
«Il (Konaté Sidiki) nous a rejoint en Novembre 2002 ; il était en Allemagne. Au début, il protestait contre nous, contre la rébellion. Siriki a été présenté par Doumbia Major à IB. Doumbia Major a fait comprendre au Major IB que Siriki effectivement, il avait protesté mais qu'aujourd'hui, il revient à la raison. C'est ainsi qu'on l'a fait venir et par la suite il s'est associé avec Soro pour trahir tout le monde.»
«Petit IB» s'est également prononcé sur plusieurs autres sujets, passés comme d'actualité. Voici son récit de certains événements majeurs qui se sont produits en Côte d'Ivoire, et sa position en ce qui concerne la sortie de crise.
Les Français
«Ils nous ont empêché d'avancer, ce qui a donné le temps aux FANCI de se réarmer. Sinon les FANCI savaient qu'ils ne pouvaient pas tenir, mais c'est avec l'aide de la France qu'ils ont eu le temps de se surarmer, de se rééquiper ... Sinon nous étions prêts pour avancer n'eut été les Français...»
Novembre 2004
«Quand l'opération est arrivée, nos supérieurs comme d'habitude ont eu à nous sensibiliser dans les casernes. On nous a dit que c'est le Major (IB) qui était en collaboration avec le parti qui est au pouvoir à Abidjan pour pouvoir attaquer nos positions. C'est ainsi qu'ils ont déployé un certain nombre d'éléments sur les différentes frontières pour barrer la route aux pro-IB qui étaient au Mali et qui devaient passer par Pogo. C'est en ce moment que Blaise (Compaoré) aussi a fait stationner des unités Burkinabés sur le pont de Laleraba (une rivière séparant la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso...) pour empecher les FANCI de le bombarder. Ce pont devait être détruit par les FANCI pour empêcher tout repli aux rebelles. A Bouaké, Chérif (Ousmane) voulait progresser, contre-attaquer. Mais il y a eu des divergences, et ceux qui disaient de rester sur nos positions ont eu la majorité. On a donc renforcé les postions. Chérif, lui, disait que Gbagbo ne respectait pas le cessez-le-feu, donc il fallait progresser.»
Sa version sur le «bombardement» du cantonnement français de Bouaké
«Au début, les Français n'avaient pas réagi, mais c'est parce que c'est tombé sur eux-mêmes qu'ils sont intervenus. Le camp des Français, au quartier Kennedy non loin de l'ENSOA a été vraiment bombardé. C'est à Kennedy que Chérif habite, on est allé sur le terrain ; j'ai vu de mes propres yeux que les Français avaient été bombardés. Je pense que c'est en voulant bombarder l'ENSOA que l'erreur a été faite. Mais les FANCI ne savaient pas que l'ENSOA n'était plus utilisé ; il n'y avait personne là-bas.»
Les élections
«Mon objectif, c'est qu'il y ait un changement de pouvoir en Cote d'Ivoire, parce tout le monde souffre. Le changement de pouvoir concerne Gbagbo et le gouvernement Soro qui forment les deux un bloc contre le peuple. Ils sont entrain de bouffer, de détourner l'argent du peuple... ; ils sont corrompus. Normalement, Soro est un opposant qu'on a mis à coté de Gbagbo pour le contrôler, mais chaque fois qu'il y a des abus ou des questions de détournements on ne le voit pas. Il est devenu un collabo. Lui et Gbagbo sont les mêmes. Ma conviction est que Major était venu pour le bon nettoyage de la scène (politique) et il nous faut le soutenir ; c'est ma ferme conviction. Tôt ou tard, la vérité éclatera. Soro et son staff ont menti sur Major, mais on comprend ça maintenant. Ils ont les urnes dans leurs mains, ils ne vont jamais accepter de perdre les élections. Je parle de Gbagbo.»
L'armée ivoirienne et la sortie de crise
«L'armée est politisée. Normalement, l'armée doit soutenir le peuple pour le changement, mais ce n'est pas le cas. Mais comme Dieu ne laisse jamais tomber ses enfants, je crois en la réussite de la Côte d'Ivoire. Je ne suis pas un fanatique de IB, mais je me dis personnellement que tout se trouve dans la main de IB... Tout ce que Major disait au départ, c'est ce qu'on commence à voir aujourd'hui.»
Les officiers dernièrement arrêtés à Abidjan
«Je connais très bien Sekongo Doulaye, Fofona lui je ne le connais pas. Sekongo n'a jamais aimé les problèmes. Dernièrement, il me disait qu'il se sent bien dans son coin. Il ne veut pas d'ennuis. Sekongo n'a jamais participé à la rébellion. Tout ça c'est un montage. Sekongo chassait les bœufs, je connais qui l'a pris pour diminuer son âge pour ensuite le mettre á l'école. Quand il est revenu de France il est allé à la marine. Je sais tout ça. C'est décevant de le voir arrêté parce que il n'a jamais voulu faire la politique. Ça veut dire qu'il y a des problèmes dans l'armée, des problèmes très profonds de division et de politisation.»
L'attaque de l'avion de Soro
«Soro sait qui a fait ça, mais il continue d'accuser IB. Il a la trouille parce qu'il a trompé IB. C'est le pouvoir à Abidjan qui a voulu tuer Soro en faisant tirer sur son avion. Soro même le sait. Tous les chefs le savent. Moi ça m'a trouvé à Bouaké et je sais que tout le monde le sait là-bas. Leur soit disant médiateur Blaise (Compaoré) était très fâché contre Gbagbo, et il lui a dit de ne plus refaire ça, sinon il allait demandé aux enfants de se retirer.»
Sa proposition de sortie de crise : «Il faut associer tout le monde au processus de paix»
En guise de conclusion, Ibrahim Coulibaly appelle à une réconciliation totale et sans exclusive entre tous les fils et filles de la Côte d'Ivoire. Même s'il ne croit pas trop à la solution pacifique pour sortir de la crise, «Petit IB» invite les acteurs nationaux et internationaux du processus de paix à entamer le dialogue avec tous ceux, militaires ou civils, qui sont en exil. Selon lui, c'est la condition sine qua non d'une sortie de crise sans effusion de sang :
«Sans tous ceux qui sont dehors (en exil, ndlr) dont «IB», DAZ, Konaté de l'ENSOA, Doué (Mathias, ex-Chef d'Etat-major de l'Armée ivoirienne, ndlr), on ne peut pas avoir la paix si tous ceux-là ne sont pas associés au processus (de sortie de crise). On peut aussi ajouter Koné Zakaria. Si on fait les choses dans l'intérêt du peuple et non pour l'argent, alors il faut associer tous ceux-là à la recherche de la paix.»
A bon entendeur...
Par
La Rédaction du Journal de Connectionivoirienne.net avec Louty Guégouhin (L.G.)
Titre: De la refondation a l'idolatrie, leurs levres crient Jesus le jour mais la nuit, ils adorent Satan
Le diable regne supreme en Cote D'ivoire avec sa cohorte de demons, et ses actions sont evidentes par les braquages quotidiens, les morts chaque jour, les viols, les plaisirs mondains, les sacrifices d'enfants, le mensogne d'etat, et le malheur qui nous accompagne... Lorsque nous esperons la reussite ou la victoire, ce que nous obtenons c'est l'echec, (Mondiale, Coupe D'Afrique, Olympique). Vous vous demandez pourquoi? Regardez a vos monuments, ce sont les signes patents de l'adoration de lucifer, ce sont les temples a Satan, et le sang qui coule toujours en Eburnie etanche la soif combiens inalterable de ces demons qui resident dans nos monuments.
Dieu aie pitie de nous tous!
Observez bien le signe de l'oeil tout voyant, c'est un signe maconique comme la remarque le frere Alex. C'est le signe du dieu soleil. Son origine remonte d'Egypte. Et les refondus ont donc confie la Cote D'ivoire au dieux de leurs sectes. Ces refondus n'ont pas mis ce signe la sur les monuments pour faire joli, ce signe a une signification precise. La refondation prise ainsi en flagrant delit de promotion de l'idotrie en Cote D'ivoire et le peuple en paye le prix.
dimanche 2 novembre 2008
Comment avoir la paix en Cote d'Ivoire.
Quelles sont les fois ou les ivoiriens se sont retrouves et ont oublie pour quelque temps leur division? Ce fut recemment pendant le mondial et la coupe d'Afrique des nations. Et pourquoi? Parce que vous et moi, eux et nous, avions en nous cette fierte d'etre ivoiriens. Ce sentiment d'appartenir a la meme nation, a la meme equipe. C'est ce qui nous manque en Cote D'ivoire, en ce moment. Pour avoir la paix, nous devons recreer ce sentiment d'appartenir a la meme nation, au meme groupe. Depuis Bedie, jusqu'a maintenant les politiciens ont cherche a diviser les ivoiriens pour essayer de legitimer leur pouvoir ou pour la conserver. Celui qui pourra recreer en nous ce sentiment d'appartenir a une nation sera celui qui pourra faire revenir la paix. En ce moment, certains se disent, "si les uns et les autres deposent les armes, il y aura la paix", "si on a des elections credibles on aura la paix", pfffff!. Mais deposer les armes n'est qu'une action temporaire, Nul part dans ce monde on a vu les politiciens accepter gentiellement leur defaite aux elections. On peut deposer les armes et on peut les reprendre. Ce qui est important, c'est plutot le comment faire disparaitre l'envie de reprendre les armes, et non le fait de deposer les armes.
Savez vous pourquoi Obama a reussi l'exploit que nous lui attribuons? C'est qu'il a reussi a creer un ideal, il a pris cet ideal et l'a confie a chacun des americains. Si vous epousez cet ideal, vous voterez pour lui. Si vous acceptez le reve qu'il a, vous etes oblige de vous associer a lui. C'est ca le merite d'Obama. Lorsqu'Obama a presente sa candidature, j'ai tout de suite dit qu'il gagnerait ces elections. J'ai parie avec mon ami MAskul, d'ailleurs il me doit deux repas (un pour la victoire sur Hillary et l'autre pour sa victoire sur McCain), aussi apres le mardi, j'irai "badou" chez lui sans soucis et avec joie. Anyway, j'etais sur qu'Obama gagnerait ces elections a cause de la force de l'ideal qu'il presentait et de l'eloquence avec laquelle il presentait son reve et son ideal au public. En Cote d'Ivoire nous avons besoin de quelqu'un qui nous fasse encore rever et qui sache comment user des mots pour nous plonger dans le reve d'un futur bien meilleur. Les ivoiriens sont desesperes. Ils regardent autour d'eux et pas d'espoir et maintenant ils regrettent le passe, ce qui rassure Bedie. Les ivoiriens ont perdu espoir. A qui la faute? la faute ne vient pas des ivoiriens mais des leaders politiques. Et c'est pourquoi je les critique et les accuse tous a quelque degree. Celui qui a en ces mains la responsabilite de faire revivre les ivoiriens en ce moment, c'est Gbagbo, parce qu'il porte le titre de president. A lui donc incombe de trouver la solution a la crise.
Aussi longtemps que certains chercheront a classer les ivoiriens autour des attributs tels que "patriotes", rebelles, vrai ivoiriens, sudistes, nordistes, etc... nous serons toujours ici a nous insulter et a creuser notre propre tombe. Certains se disent qu'ils pourront tuer les mauvais grains parmis nous, ils vont justuq'a meme accuser les autres de ne pas aimer leur pays. C'est la continuation du discours de l'ivoirite, ce cancer qui a detruit le pays.
Certains cherchent a savoir qui est l'ennemi, c'est comme si on devait chercher a separer des cellules cancereuses des cellules saines d'un organe. Si le foie est atteint par un cancer, et que ce cancer est localise dans une region, vous pouvez couper la partie atteinte et guerir du cancer, mais lorsque le cancer s'est metastase, lorsque le cancer a envahi tout le foie, vous ne pouvez plus sauver ce foie, et pire, le reste du corps est en danger. C'est ainsi que nous vivons la crise ivoirienne. La rebellion ou l'esprit de rebellion a envahit tout le pays. lorsque ce ne sont pas les rebelles qui se rebellent au nord, ce sont les fancis qui se rebellent au sud, ou ce sont les enseignants qui se rebellent contre le systeme, ou ce sont les policiers qui se rebellent contre leur chefs, ou les vendeuses qui se rebellent contre le prix des denrees, ou les eleves qui se rebellent contre l'ecole. Pour un oui ou pour un nom, on se rebelle contre quelque chose. Cet esprit de rebellion ne pourra disparaitre que lorsque tout le corps comprendra qu'il ne peut se rebeller contre lui meme au risque de perir.
Et comme je n'ai cesse de le dire, la solution a cette crise repose entre nos mains et nous avons le pouvoir de la resoudre. Recreons le sentiment d'unite autour de quelque chose. Tuons les injustices sociales, et cessons de nous diviser.
Nous n'arriverons jamais a eliminer l'autre, l'autre qui n'est pas de notre groupe ethnique, de notre parti politique de notre religion, celui que nous n'aimons pas. La solution n'est pas de rejeter l'autre sinon l'autre nous rejetera aussi. Nous pouvons toujours essayer de tuer l'autre, mais plus nous tentons et plus nous nous enfoncons tous. Et comme les politiciens americains le disent si bien "lorsque tu es dans un trou, arrete de creuser".
Plus tu creuses et plus tu t'enfonces.
Nous partageons ensembles quelque chose de plus grand, de plus noble que ce qui nous divise. Cette paix viendra parce que nous aurons decide ensembles de ne plus mourir et de ne plus tuer. Et les politiciens doivent arreter de rever de violence ou d'attaque d'ennemis tapis dans l'ombre. Le president elu doit faire son travail plutot que d'accuser toute la terre de lui en vouloir. Cet esprit de victime n'aide pas, et la chasse aux sorcieres doit prendre fin. Vous qui etes aux pouvoir n'etes pas assez forts pour le demeurer tout le temps. Et comme la Bible le dit si bien, lorsque tu es debout pense au jour ou tu ne le seras plus. Si tu es president, pense au jour ou tu cesseras de l'etre, et tu seras traite de la meme maniere que tu traites les autres aujourd'hui. On te jugera de la meme maniere que tu juges les autres aujourd'hui, aussi sois sage, car avec le temps tu seras celui qui subiras la force du pouvoir.
mercredi 29 octobre 2008
Attaques du 19 septembre 2002, événements de novembre 2004, libération de Bouaké
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Il est révolté. Le général Mathias Doué n’avait jamais autant parlé dans la presse nationale et internationale. Lorsque, le mercredi dernier j’ai approché un des hommes de main de l’ancien chef d’Etat major des FANCI pour qu’il crée le contact entre l’officier supérieur et moi, il faut avouer, à dire vrai, que je n’y croyais pas trop. En dépit de l’assurance que celui-ci m’avait pourtant donnée en soutenant que dans le principe, il n’y avait pas de problème. Mais qu’il allait d’abord en parler à son ‘’boss’’. Dès cet instant, des questions ont commencé à défiler dans ma tête. Puis, dans l’après-midi du jeudi 20 octobre, mon contact m’appelle. ‘’Yves Abiet, tu as de la chance, j’ai parlé de ton intention au général de l’interviewer, il a dit qu’il n’y a pas de problème. Viens maintenant, vous faites l’interview à 14 h, au téléphone, à mon domicile’’. Un coup d’œil sur ma montre indique 13H 45. Or l’homme de main du général réside à Angré et la Rédaction elle, se trouve à Marcory Rue du Canal. S’engage alors une course contre la montre. Avec instruction claire au chauffeur du véhicule de la Rédaction d’être à Angré au plus tard à 14H. Ce qu’il réussit car, il n’ y avait aucun embouteillage sur la route.
Quelques minutes de ‘’salamalecks’’ avec mon contact. ‘’On dit quoi, tu es à l’heure. Le général va te parler’’ me dit-il. Et de composer un numéro européen. Je l’entends dire à quelqu’un de le rappeler. Ce que la personne fait immédiatement. ‘’Mon général, je te passe le journaliste du Patriote dont je t’ai parlé’’ dit-il. Avant de mettre le haut-parleur de son téléphone portable. Au bout du fil, c’est bel et bien le général Mathias Doué. Le verbe posé, il a assené ses quatre vérités à Laurent Gbagbo, son épouse Simone. Dans cet entretien à bâtons rompus, l’ancien patron des armées dévoile des secrets d’Etat. Comme s’il mourait d’envie de témoigner, le général Doué a parlé. Il a dit des choses que la Rédaction a jugé utile de retirer pour des raisons qui sont évidentes. Parce que justement, notre rôle est certes de vendre, mais aussi de contribuer à la consolidation du processus de sortie de crise. J’ai eu près d’une heure d’interview avec l’ancien membre du tout aussi ancien ‘’Conseil national de salut public’’ (CNSP), l’émanation de la junte militaire au pouvoir de 1999 à 2000. Mathias Doué comme vous ne l’avez jamais entendu parler.
A quelques jours du mois de septembre 2002, toutes les unités étaient en état d’alerte maximum. L’Etat-major était informé d’un certain nombre de mouvements. En tant que chef d’Etat-major, je me suis dit qu’il fallait vérifier la véracité des faits. Je suis allé voir le ministre de la Défense. Il ne m’a pas reçu. Il était enfermé dans son bureau avec certains officiers. Ils ont discuté pendant plus de 11 heures. Sa secrétaire m’a dit :’’mon général, le ministre ne veut pas qu’on le dérange’’. Quand je suis sorti de là, je suis retourné à l’Etat-major, j’ai réuni le staff et on a fait nos analyses. Le 2 septembre 2002, j’ai envoyé un message à toutes les unités de Côte d’Ivoire pour les mettre en alerte et donner des instructions conséquentes. Nous avions demandé de retirer les unités d’élites d’Abidjan et ouvrir un couloir entre Abidjan et le nord du pays. Cela a créé des incidences diplomatiques. Vous pouvez mener vos investigations au niveau de la présidence de la République. Ils vous confirmeront cela. Quand ces personnalités sont allées voir le Président de la République pour lui demander pourquoi le général Doué met les troupes en alerte, le Président de la République leur a répondu qu’il n’était pas le Chef d’Etat major et leur a demandé d’aller voir le Chef d’Etat major que j’étais. (…) Et c’est ainsi que la rébellion est venue à Abidjan où elle a mordu la poussière. (…) Le ministre de la Défense à l’époque, était passé à la télévision pour raconter ces faits là. Mon domicile a été attaqué. Et quand mon domicile a été attaqué, j’ai réuni des gens pour la riposte et ce sont dans ces affrontements que l’un de mes officiers a eu une balle dans le bras. Ça, vous ne l’avez jamais su. C’est aujourd’hui que vous l’apprenez. Et après, les heures qui ont suivi, j’ai fait venir les éléments d’Akouedo qui, sous mes yeux ont matraqué la rébellion à l’Ecole la Gendarmerie. Mais avant que j’aille à Akouedo, juste à la hauteur de l’INA, j’ai eu un contact avec les rebelles. On a échangé. J’ai réussi à localiser les éléments. Et c’est le commandant de Toulepleu, brave garçon, qui a mené les opérations avec Guiai Bi Poin. Ce sont des hommes que j’ai formés et mis à la disposition de la nation. Mais est-ce pour autant qu’il faut faire un tapage ? Moi, avec l’armée que j’avais, j’ai tenu tête à des hommes qui se sont préparés durant au moins 3 ans. Ils ont fait un premier essai en 2000 et un autre en 2001.
Comment nous avons
dérouté la rébellion
J’ai dû faire appel à des amis pour m’envoyer des munitions. Ils m’ont fait livrer les munitions dans des cargos français. Imaginez qu’on n’ait pas eu ce soutien des Français. Que se serait-il passé ? Et c’est comme cela que j’ai eu mes premières munitions. Ce sont les soldats français qui m’ont donné les premiers véhicules que j’ai déployés sur le terrain. La deuxième série de véhicules est venue après. Nous sommes à Abidjan, nous demandons des véhicules et les concessionnaires se permettent de nous dire qu’il n’y a pas de véhicules à mettre à la disposition de l’armée ivoirienne. Plus tard, j’apprends que des convois humanitaires se dirigent vers le Nord du pays. J’ai demandé qu’on bloque tous ces véhicules et qu’on les fasse revenir sur Abidjan. C’est ainsi que nous avons eu nos tout premiers véhicules avec lesquels nous avons démarré. Il n’y avait rien dans nos compagnies blindées. Malgré cela, j’ai demandé que l’on repousse les assaillants jusqu’à la sortie de l’autoroute et ensuite à la sortie de Tiebissou. Parce que ce que mon intuition me disait, c’est que les rebelles allaient revenir sur Abidjan. Imaginez-vous que la rébellion prenne Yamoussoukro, Toumodi jusqu’à N’Zianouan et aille vers Bouaflé, Issia, Gagnoa, Daloa. Imaginez-vous un pays où les rebelles occupent la terre natale du Président de la République et qu’ils occupent San Pedro et plusieurs aérodromes. Que serait devenue la Côte d’Ivoire ? C’est ce que nous n’avons pas voulu. Avec le minimum, nous avons été obligés de faire le maximum. Il faut plutôt rendre hommage aux soldats qui, malgré leurs maigres moyens, ont préservé une grande partie du territoire. Il faut exploiter le patriotisme dans le bons sens. Et non profiter de ce patriotisme là pour opposer les enfants de la Côte d’Ivoire entre eux. Ce sont les enfants d’une même patrie.
Les événements
de novembre 2004
Il faut laisser d’autres personnes gouverner pour sauvegarder la patrie. Il y a des gens qui disent que le général a peur. Mais, avoir peur de qui ? Ceux qui le disent, je dis qu’ils sont des idiots. D’après eux, la France avait préparé un coup d’Etat et qu’on devait me conduire à la télévision pour prononcer un discours et prendre le pouvoir. Ceux qui le disent ont-ils la preuve de ce qu’ils avancent. Y avait-il vraiment velléité de coup d’Etat en 2004 ? Je dis non ! Nous n’avons appris cela nulle part. Nous ne concevons pas qu’en tant que Chef d’Etat major, il était de notre devoir de poignarder le Chef de l’Etat dans le dos. Cela ne fait pas partie de notre culture. Il faut que les Ivoiriens comprennent cela. Ce n’est pas parce qu’on a peur, qu’on recule devant certaines situations. Ce jour là, j’ai eu mal pour mon armée. Le 19 septembre 2002 on a affronté les rebelles. A la tête de l’Eta- major notre rôle est bien simple. Nous avons la responsabilité des opérations. Nous avons la responsabilité d’aider l’autorité à conduire son mandat. Nous ne sommes pas là pour faire des coups d’Etat. Ce jour-là, j’ai fait au moins dix aller-retour à la résidence du Chef de l’Etat. Et c’est lorsque quelqu’un dans la foule m’a reconnu, il a dit ceci : ‘’Mais c’est pas le général Doué dont on dit qu’il est dans un char pour aller prendre le pouvoir qui est là ?’’. J’ai pitié pour mon pays et pitié pour tous ceux qui, comme Mamadou Koulibaly ont favorisé cette rumeur. Dans mon éducation, on ne m’a pas appris la traîtrise. C’est pour quoi, je dis que ce sont des nains politiques qui sont autour du chef de l’Etat.
Ce que j’ai demandé
pour libérer le pays
J’ai demandé au chef de l’Etat de me donner les moyens conséquents pour reconquérir tout le pays. Si j’ai ces moyens, je vous redonne le pays réunifié en trois mois. Voilà ce que j’ai dit au chef de l’Etat. Parce que ce que je devais faire, c’est un combat d’envergure. Ce n’était pas un petit combat. C’était de libérer 60% du territoire. Mais ces moyens ne sont jamais venus. Alors qu’est ce qu’ils racontent? (…) Ce n’est pas le plus important de rouler dans les grosses cylindrées dans les rues d’Abidjan. Ce qu’on leur demande, c’est de faire de la haute stratégie pour éviter certaines situations au pays.
La libération de Bouaké
Il y a eu deux étapes. Nous sommes entrés dans Bouaké et cela a coïncidé avec l’arrivée des Français dans la ville. Vous vous rappelez qu’un ministre de la République a dit à la télévision que nos troupes avaient repris Bouaké. Cette libération de Bouaké n’était pas une initiative de l’Etat-major. Parce que nous ne pouvions pas envoyé nos éléments à l’abattoir dans une zone contrôlée par les rebelles. Donc je suis allé à Yamoussoukro pour savoir qui était à l’origine de cette opération suicidaire. Ils ont envoyé 300 soldats à l’abattoir. Parce que c’est comme si on demandait à ces 300 hommes de libérer tout le Plateau, Treichville. Et l’ENSOA où ils sont allés, est en contact avec une forêt. J’ai discuté avec le colonel Mangou à cette époque et je lui ai demandé qui a autorisé cette opération-là ? Mais après j’ai compris d’où ça venait. On ne se lève pas comme ça du jour au lendemain pour dire qu’on a appris de la stratégie pour livrer ses hommes. (…) Et il annonce que nos avons pris Bouaké. Il a fait sortir la population à la suite de cette information qui est dangereuse pour elle. Mais les rebelles ont réagi. Heureusement que celui qui dirigeait l’opération a replié. Ils se sont retrouvés nez à nez avec des gens qui étaient plus forts qu’eux, qui étaient surarmés. Ils ont laissé un engin blindé sur le terrain. Les gens se sont dispersés pour se retrouver quelques heures plus tard à M’Bahiakro. (…) Des soldats ont demandé de l’aide et du renfort. On leur a fait parvenir des sachets d’eau et des préservatifs. Vous vous en rendez compte ? Pour faire cela, il faut être cynique et ne rien connaître de l’armée. Parce que nous, nous connaissons la différence entre des sachets d’eau, des préservatifs et des munitions. Mais les auteurs de telles choses auront des comptes à rendre un jour à la nation ivoirienne. Pareil pour Man où nous avons laissé un capitaine sur le terrain, le capitaine Doh. Et les Français ont eu dix blessés dans leur rang dans les affrontements avec la rébellion. Et il se trouve des gens pour dire que les Français ne nous ont pas aidés ?
La déclaration de fin de guerre du 4 juillet 2003
Un ministre FPI s’est demandé si les militaires s’en étaient référés aux politiques avant de signer la déclaration de fin de guerre. Vous voyez, c’est cet esprit qui habite nos frères qui sont autour du président de la République qui va perdre le président Gbagbo. Et ce n’est pas loin. Que s’est-il passé pour qu’on signe cette déclaration ? La communauté internationale a obtenu de Laurent Gbagbo qu’il n’utilise plus ses avions de guerre. Mais quand les rebelles de la région de Man, ont eu cette information, ils ont fait venir quarante huit heures après des milliers de rebelles libériens dans leurs zones près à les engager dans une offensive sur San Pedro. Ce qui leur permettrait d’avoir un port et un aérodrome. J’avais des informateurs au Liberia et à San Pedro qui m’ont fait parvenir cette information. Et c’est ainsi que j’ai eu un coup de fil de Mangou. Il m’appelle papa. Il m’a demandé de dire au président de la République de lui permettre d’utiliser les avions de guerre. Je lui ai dis fiston : ‘’le président a donné sa parole à la communauté internationale’’ mais je vais essayer. J’ai appelé le président Gbagbo. Il m’a répondu : ‘’Mathias, pardon, j’ai donné la parole à la communauté internationale, donc gère ton affaire-là autrement’’. Il m’a dit qu’il n’a rien d’autre. Je lui ai rappelé que je lui avais envoyé des artilleries sol sol. Il sont plus efficaces que les avions de guerre qu’on appelait les ‘’cacamou’’. Je lui ai indiqué les endroits où il devait les déployer parce que j’ai la carte de la Côte d’Ivoire dans la tête. Et c’est à l’issue de cette action que nous avons pu sauver le port de San Pedro. Après cela, il y a une conférence à Kara (Ndlr le village natal de feu le président Togolais Eyadema) entre le président Gbagbo, Charles Taylor, les représentants du MPCI et le président Eyadema lui-même. C’était le 26 avril 2003.
Toutes ces autorités ont demandé qu’une conférence se tienne à Abidjan qui puisse réunir, sous l’égide de la CEDEAO, les Forces loyalistes de l’époque, le MPCI, la Licorne et la MICECI (Ndlr Mission de la Cedeao en Côte d’Ivoire), avec comme objectif de débarrasser la Côte d’Ivoire des rebelles libériens. Et Charles Taylor a donné son accord. Donc lorsque nous nous sommes retrouvés le 29 avril, et à la fin de la réunion, nous avons abouti à la conclusion que nous sommes obligés de faire une déclaration conjointe de fin de cessation des hostilités. Pour sortir de cette situation de belligérance pour nous consacrer à l’ennemi commun. Ce que nous avons fait et quelques semaines plus tard nous avons mené l’opération au cours de laquelle nous avons nettoyé l’ouest des rebelles libériens. Après cela, Tuo Fozié des Forces nouvelles est venu me voir et il m’a dit, ‘’Vieux père, après ce qui s’est passé à l’ouest-là, il faut qu’on arrête toutes ces choses-là, ce sont des histoires’’.
Toutes les dispositions avaient été prises pour que les chefs traditionnels qui étaient dans cette salle ce jour-là, enclenchent le processus traditionnel de la réconciliation. Vous savez ce que le chef de l’Etat a dit ce jour-là? Il a dit qu’il déclarera la fin de la guerre quand il le voudra. Cela nous a désorientés. On a encaissé. C’est parce qu’il a autour de lui, des gens qui ne comprennent rien. Pourtant de notre côté, nous avons constaté que les Forces nouvelles étaient prêtes à amorcer ce processus de réconciliation, et étaient même prêtes à libérer les maisons occupées pour favoriser le retour des populations.
L’acte de Mme Gbagbo qui a humilié les soldats
C’est ainsi que nous sommes allés le 13 novembre 2003 à l’Ecole de gendarmerie, à la levée de corps officielle des soldats qui avaient étés tués. Mais ce qui a choqué tous ceux qui étaient là en général et les épouses des gendarmes tombés au front en particulier, c’était l’absence de Simone Ehivet Gbagbo aux côtés des veuves et des orphelins. J’ai même fait la remarque au président Laurent Gbagbo. Je lui ai dit que la seule personne qui pouvait être là, aux côtés des veuves et des orphelins, c’est votre épouse. Parce que c’est pour elle et pour vous que ces gendarmes et militaires sont morts. Et c’est pour vous que leurs enfants sont devenus aujourd’hui des orphelins. Il n’y a pas plus grande offense que de se comporter ainsi envers des soldats qui ont payé le prix du sang pour eux. Et cette offense-là, les soldats ne l’ont jamais oubliée. Et s’ils en ont l’occasion, ils vont la lui faire payer de sorte qu’elle ne s’en sortira jamais. Parce que, c’est un acte de mépris qu’aucun soldat ne peut oublier ni pardonner. Ils auront des comptes à rendre plus tard, qu’ils s’en souviennent. (…) Donc quand on a fait cela et qu’il se présente à vous, une occasion de réconciliation, cous sautez là-dessus. Il faut corriger les différents ratés. (…) Mais en réalité Gbagbo a refusé toutes les propositions de sortie de crise proposées depuis de longues dates. Il reste toujours dans sa logique de guerre. Il ne veut pas aller aux élections.
Gbagbo ne veut pas aller aux élections que faisons-nous?
Voilà où nous en sommes de 2004 à 2008. Il y a eu les déchets toxiques, la cherté de la vie, les scandales à n’en point finir. Gbagbo ne veut pas aller aux élections, que faisons-nous? Que font les Ivoiriens? Que fait cette population que les déchets toxiques tuent ? Que fait cette population qui s’aligne devant les maquis pour manger les restes ? Ce n’est pas la CEDEAO qui va régler cela. Ce n’est pas la communauté internationale qui va régler nos problèmes. Ce que je voudrais ajouter pour terminer, c’est qu’il faut que le président de la République comprenne ceci. Dans l’évolution de la vie d’un homme que Dieu a suscité pour accomplir une mission, il y des étapes. Et à chaque étape, correspond un changement de statut dans l’action, et le comportement. Cela veut dire quoi ? Gbagbo Laurent a connu trois étapes que sont : la phase d’opposant, celle de marche vers le pouvoir et enfin la phase de la conquête du pouvoir. Maintenant qu’il est à la tête du pays, il a changé de statut. Ce n’est plus l’opposant Gbagbo Laurent, mais c’est désormais Son Excellence M. Le président de la République Laurent Gbagbo. Et par rapport à ce changement, il y a un changement d’action et de comportement qui doit avoir lieu chez lui. Il ne peut plus se comporter en opposant. Il faut qu’il se débarrasse de ses habitudes d’opposant. C’est le parti au pouvoir qui envoie sa jeunesse casser les bus par ses patriotes. Ce n’est pas bien. C’est le parti au pouvoir qui envoie sa jeunesse perturber le fonctionnement de l’Etat. Et puis il y a le langage. Il n’a pas un langage de chef d’Etat. Et je dis aux Ivoiriens ceci : Gbagbo Laurent n’ira pas aux élections. Les Ivoiriens doivent le savoir pour ne pas se tromper. Tant qu’il sera au pouvoir, il n’ira pas aux élections. On parle des déchets toxiques. Croyez-vous qu’un chef d’Etat ne peut pas être informé du déversement de ces déchets? Il est au courant. Et pendant qu’un procès bidon se déroule, les gens continuent d’en déverser dans le pays, comme à M’Bahiakro. Et il ne dit rien. Ce n’est pas normal. Il faut que les Ivoiriens se réveillent. Parce que Gbagbo Laurent, si vous ne le secouez pas, il va vous enterrer vivants.
Interview réalisée au téléphone par Yves-M. ABIET
mardi 28 octobre 2008
Assassinat du Gal Gueï Robert " j’ai le noms des officiers qui ont mené l’opération
Le général mathias Doué explose.
L'INTER, QUOTIDIEN IVOIRIEN D'INFORMATIONS NATIONALES ET INTERNATIONALES
Général, on a annoncé votre retour au pays pour le 20 octobre et finalement vous n’êtes plus rentré. Qu’est-ce qui s’est passé ?D’abord, je vous remercie pour l’occasion que vous m’offrez de donner certaines informations à nos compatriotes. A propos de mon retour, c’était effectivement prévu pour le 20 octobre, mais cela ne pouvait se faire qu’à la condition que les autorités ivoiriennes répondent aux différentes correspondances que leur ont adressées les responsables du CRI (Congrès pour la renaissance ivoirienne, parti dirigé par Jean Enoc Bah, ndlr), dans lesquelles ceux-ci réclamaient des garanties de sécurité. Ces questions n’ayant pas été résolues, les responsables du CRI m’ont donc recommandé d’attendre qu’une suite favorable leur soit donnée, avant que je me décide à rentrer au pays. Voilà ce qui s’est passé.
Lors de l’audience qu’il a accordée récemment aux ressortissants de Douékoué, le président de la République a déclaré qu’il ne vous reprochait rien et que vous aviez été limogé par mesures administratives. Comment réagissez-vous à ces propos du chef de l’Etat ? (Rire). Vous savez, je connais le président Laurent Gbagbo depuis 1967, c’est un aîné. J’ai commencé à le pratiquer de manière effective et constante depuis 2000, année à laquelle il m’a fait l’honneur de me nommer à la tête de son armée. Je ne vous apprends rien, vous savez quand vous êtes habitué à un chef et que vous le connaissez, il faut aller au delà de ce qu’il dit pour décrypter ce qu’il ne dit pas. Les événements se sont passés en novembre 2004, à l’issue de ce que j’ai cru comprendre comme un accident opérationnel. J’ai été limogé le 13 novembre 2004. Le soir du 13 novembre, ma résidence a été entourée par des chars appartenant à la garde républicaine. Il a fallu l’intervention d’un membre de l’entourage du président de la République auprès du ministre de la Défense pour que je m’informe de cette situation que je trouve au demeurant anormale, lequel a donné des instructions pour que l’unité passe de la position A à la position B, dans un périmètre de 100m. Alors s’il s’agit de mesures administratives, je l’admets, mais ce que je ne comprends pas, c’est la mesure despotique qui a suivi après et qui consiste à faire entourer la résidence du CEMA par des blindés. Bien avant que je sois limogé, au moment où les incidents ont éclaté, une unité de gardiennage relevant du palais, est venue se positionner au nez de ma résidence. Il a fallu un membre de la garde rapprochée du président de la République pour attirer mon attention sur le coup qui se préparait contre moi. Il m’a dit : mon général, il y a un dispositif qui a été mis en place pour qu’on vous assassine, si vous ne prenez pas vos responsabilités pour faire partir ce dispositif de là, dans les 72h qui arrivent, vous n’êtes plus là. C’est une personne à qui j’ai rendu d’énormes services par le passé et qui est dans l’entourage du président ; et cette personne n’est pas de mon ethnie. J’ai mené des enquêtes et j’ai pris contact avec le patron de cette unité de gardiennage qui est venue s’installer à deux pas de ma résidence. Il s’agit de l’un de mes condisciples de l’école primaire, un capitaine de gendarmerie à la retraite, et je lui ai fait remarquer que ce n’était pas sérieux de sa part ; il a démonté son dispositif et il est parti. Le soir même de mon limogeage, une autre personne est venue me dire de partir de ma résidence cette nuit-là avec mon épouse parce qu’il se prépare un projet d’assassinat contre ma personne et ma famille un peu comme ce qui se serait passé avec la famille du général Guéi Robert. Je n’y ai pas cru, parce que je ne comprenais pas le bien-fondé d’une telle action dans la mesure où je ne me reprochais rien du tout concernant l’incident de Bouaké. Nous n’avons donc pas bougé. Le lendemain, c’est-à-dire jeudi, aux environs de 20h, je reçois la visite du directeur de cabinet du ministre de la Défense, accompagné du directeur de l’hôpital militaire d’Abidjan, qui sont venus me remettre l’équivalent de mon billet d’avion et celui de mon épouse et de nos frais de déplacement, de la part du président de la République, qui me mettait en congé et m’autorisait à me rendre aux Etats-Unis auprès du reste de ma famille. J’appelle le ministre de la Défense pour lui rendre compte de la situation et le remercier. Je n’ai pas réussi à joindre le président de la République. Le surlendemain, c’est-à-dire le 15 novembre 2004, aux environs de 23h, quelqu’un m’appelle de la résidence du président pour me dire de dégager immédiatement de ma résidence avec ma garde et ma famille, parce qu’aux environs de 1h du matin, c’est-à-dire dans la nuit du 15 au 16 novembre, un commando débarquera chez moi pour me liquider moi et ma famille comme ça été le cas de la garde et de la famille du général Guéi Robert. Je demande à la personne, que je connais bien : de qui tenez-vous cette information ? La personne me répond qu’elle vient de participer à une sorte de conseil de guerre qui a été présidé par le président de la République en personne et m’a donné les noms des officiers chargés de mener cette opération, qui ne sont autres que ceux qui ont mené l’opération contre le général Guéi Robert et son épouse. Juste une heure après, aux environs de minuit, je reçois la visite d’un autre qui est venu me rapporter la même information et qui précise les détails d’exécution. Nous prenons contact avec un ami, qui un peu plus tard, vient nous exfiltrer pour nous mettre en sûreté dans la partie sud d’Abidjan. Et quand nous sortions, nous constatons qu’il y a effectivement un cordon de blindés qui était en train de se mettre en place autour de ma résidence. C’est comme cela que nous avons quitté la maison. Nous sommes restés quelque temps là on nous avait mis en sécurité et quelque temps après ma femme est rentrée aux Etats-Unis rejoindre nos enfants. Nous sommes toujours en 2004. Moi, je reviens à la maison où je m’installe avec ma sécurité rapprochée. Une heure après, je reçois un appel du président de la République. Il me fait savoir que c’était pour savoir si j’étais là et comment je me portais. Puis il raccroche. ( Il se met à rire). Quelques minutes après, la ligne est coupée. Renseignement pris, c’était juste le temps nécessaire pour me mettre sur écoute. Deux heures après, la communication est rétablie. Et dans les mêmes circonstances de temps, je reçois un élément qui appelle de Yopougon au moment où on vient de couper la lumière dans mon quartier. Et il me demande si on a coupé la lumière dans mon quartier. Je lui réponds que la lumière vient d’être coupée, il y a à peine cinq minutes. Il me dit : mon général, partez de la maison, parce qu’au moment où je vous parle, je suis avec un commando qui ignore les relations que j’entretiens avec vous, et qui a été commis de venir vous liquider à la maison chez vous, aux environs de minuit. C’est dans ces circonstances que je suis parti de la maison.
Et qu’est-ce qui s’est passé par la suite ? En janvier, le président de la République perd son père. Malgré tout ce qui s’était passé entre nous, je me suis dit que pour avoir été son chef d’Etat-major et vu les relations personnelles qui nous ont liés, je me devais d’aller lui présenter les condoléances. On m’indique la procédure à suivre. Et le jour-j, je me rends au domicile où sont reçues les condoléances, deux heures avant l’heure que j’ai donnée. Et en sortant de la maison, un élément m’appelle pour me rendre compte des mouvements autour de ma résidence. Je savais que quelque chose se préparait. Il y a avait un mouvement impressionnant de forces de sécurité, qui venait de partout et qui a commencé à encercler le quartier. Ensuite, par cercles concentriques, ils sont arrivés jusqu’auprès de ma maison. Et au moment où nous étions sur le point de partir, le garde du corps de la personne à qui nous partions présenter les condoléances, qui était dans mon dos, manipule son portable et la passe à la personne qui est censée nous recevoir et j’entends au bout du fil la voix du président de la République. Qui dit (il imite la voix du président Laurent Gbagbo, ndlr) : Allô, frère, ça va ; je t’envoie quelqu’un qui va t’indiquer la procédure traditionnelle à suivre. Il sera là dans 10 ou 15 minutes. Je dis bon, on attend. 10, 20, 30 minutes passent. J’ai finalement appelé la personne pour lui dire que j’avais une contrainte et que je devais partir. C’est comme cela qu’on est parti de la maison, sous les yeux du dispositif. On apprendra plus tard qu’ils étaient plus de 300, prêts à mettre le grappin sur l’oiseau. C’est comme cela qu’on s’est envolé.
Quel rapport faites-vous entre tous ces faits et les dernières déclarations du président Laurent Gbagbo ?Donc vous voyez que quand le président de la République dit qu’il n’a rien contre moi et que je peux revenir, je dis que c’est mal indiqué. Parce qu’il a déclaré publiquement que moi j’aurais trahi. S’il a mené des enquêtes au terme desquelles il n’a rien retenu contre moi, je trouve qu’il aurait été mieux indiqué qu’il utilise la même procédure et qu’il dise, après vérification de toutes les informations qu’il a reçues sur moi, que rien n’était retenu contre moi. Et qu’il m’autorise à rentrer et prend la responsabilité d’assurer ma sécurité. C’est comme cela qu’il aurait dû procéder, selon moi. Comme Houphouët Boigny l’a fait en 1991 quand on m’avait encore accusé de vouloir fomenter un coup d’Etat et qu’on m’avait enfermé pendant 101 jours. Le président Houphouët a mené son enquête pendant plus de trois mois. Il a convoqué une réunion de toute la hiérarchie militaire et en présence de celui qui m’a accusé de ce que je n’avais pas fait, il a déclaré qu’il n’avait rien contre moi. C’est ce que j’appelle le prince ; lui, c’était un prince, il est le symbole de la justice. Il avait de la considération pour la personne humaine. L’un des points qui divisent le président de la République et moi, c’est de ne pas protéger ses hommes quand ils sont victimes de mensonge. On a l’impression qu’il se délecte de toutes les injustices que nous fait subir son entourage immédiat. Comment pouvez-vous imaginer que ses éléments, ces petits voyous, aillent tabasser des magistrats sur leur lieu de travail et qu’il ne dise rien ? Trouvez-vous normal que les soldats qui sont placés sous notre commandement viennent à la télévision nous insulter ? On n’a jamais vu cela ! C’est lui qui nous fait cela aujourd’hui, lui, Laurent Gbagbo ? C’est ainsi que les généraux Touvoly, Bombet et moi avions décidé de lui présenter notre démission, qu’il a rejetée. On lui a dit : on vous respecte pour la fonction que vous exercez, mais on n’a pas peur de vous ! On vous respecte pour la fonction que vous exercez, mais nous sommes des généraux, de quoi aurions-nous peur ? On lui a dit, ce n’est pas comme cela qu’on dirige un pays. Vous venez d’être président de la République , mais nous nous sommes là depuis 1968. Vous êtes venu nous trouver ; nous sommes les fondations de la République. Nous ne faisons pas ce que les autres font, on n’a pas cette culture ; on n’a pas cette éducation. Vous faites des choses qu’on ne fait pas. Dans aucune armée du monde, je n’ai jamais vu ce que vous êtes en train de faire.
A vous écouter, doit-on en déduire qu’il ne faut pas croire le chef de l’Etat quand il dit qu’il ne vous empêche pas de rentrer au pays parce qu’il n’a rien contre vous ?Je vous dis qu’il ne faut pas croire ! Je suis catégorique ! L’attitude du président de la République s’apparente à celle d’un chat qui a mangé toutes les souris et qui n’arrivait pas à manger une dernière. Et cette souris, qui s’est rendu compte de la stratégie du chat, se cache. C’est alors que le chat décide de changer de stratégie et se met à aboyer. Ainsi, la souris se dit que le chat n’est plus là, rassurée qu’elle est par les aboiements de chien. Elle se dit que le chien ne mangeant pas de souris, elle peut sortir. Et l’instant d’après, une masse sombre jaillit de l’obscurité et s’abat sur elle. Et le chat de dire : espèce d’imbécile, j’ai trente ans de carrière, il faut bien que ça me serve à quelque chose. ( Il se met à rire) . Quand on connaît son homme, on sait comment se comporter avec lui. Sinon comment expliquez-vous qu’il ait tenté de me faire arrêter alors que je partais lui présenter mes condoléances à sa famille.Mais, général, quand on s’engage en politique, il faut s’attendre au pire Je ne sais pas ce que vous entendez par pire. Est-ce que vous voulez parler d’assassinat politique, est-ce bien cela ? Ce sont des choses qui arrivent, mais il ne faudrait pas que ce soit un mode de gouvernement dans notre pays. Le CRI est un parti social démocrate et si nous avions en face, des gens qui pouvaient comprendre l’avantage qu’ils peuvent en tirer. Le CRI prône la bonne gouvernance dans un pays béni comme la Côte d’Ivoire ; créer un cadre à l’intérieur duquel toutes les dispositions constitutionnelles sur lesquelles le président a prêté serment le 26 octobre 2000, soient respectées. Il avait dit : je jure solennellement et sur l’honneur, devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, de défendre la Constitution, de respecter les droits élémentaires du citoyen...Ce n’est donc pas normal que la violence et le crime soient érigés en mode opératoire dans notre pays.
Il nous est revenu que votre compte a été bloqué et vos véhicules de fonction confisqués. Qu’en est-il réellement ? Avant de vous répondre, je voudrais poursuivre ce que je disais tout à l’heure. Nous au CRI, ne voulons pas que les antagonismes idéologiques ou les querelles pour la conquête du pouvoir soient toujours réglés par les armes et dans la violence. C’est pourquoi nous n’admettons pas que le général Guéi ait été assassiné. On pouvait l’arrêter et le traduire devant les juridictions. Pourquoi on empêche les gens de parler en les liquidant. A propos de mes comptes, j’ai vérifié : tous mes comptes sont bloqués et ma solde n’a pas été virée depuis janvier 2005. Mes véhicules de fonction sont saisis. Voilà comment on nous traite, nous militaires de la République, voilà comment on nous traite ! Comme des bons à rien, ce n’est pas normal ! Nous aspirons à passer une retraite paisible et à mettre à profit la petite expérience que nous avons accumulée en quarante ans de service. Aujourd’hui, on me traite comme un opposant politique. Ce sont eux qui m’ont poussé à la politique et je la ferai de manière légale, régulière.
Est-ce que vous avez eu un contact, ne serait-ce que téléphonique, avec le président Laurent Gbagbo ou ses émissaires par rapport à votre retour au pays ? Je n’ai eu aucun contact avec le chef de l’Etat ni avec aucun de ses émissaires. Mais les responsables du CRI, eux, ont engagé des démarches auprès du cabinet du Premier ministre, auprès du représentant du facilitateur à Abidjan. J’ai foi en l’aboutissement de leurs efforts afin de faciliter mon retour. Cela est d’autant plus nécessaire que c’est étant à la retraite qu’un officier peut donner le meilleur de lui-même, étant désormais dégagé des contraintes liées à sa fonction.
On s’explique difficilement que vous soyez encore à l’extérieur quand on sait qu’une loi d’amnistie avait été prise dans le cadre de l’accord de Ouaga et qui favorise le retour d’exil de tous les militaires à l’extérieur. Je crois savoir qu’une amnistie ne concerne que des personnes qui ont commis des infractions. Or, tout récemment, on vient de dire que je n’ai pas commis d’infractions. Même si cela a été dit dans un cadre que je qualifierai d’informel. Mais entre la période de la signature de l’accord de Ouaga et le moment où l’on a dit que je n’ai pas commis d’infraction, on a dit sur les antennes des radios étrangères, que j’ai trahi. Pour moi, il y a une contradiction qui mérite éclaircissement. Je n’aime pas les situations ambiguës. Je rends grâce à Dieu d’avoir créé le CRI et avoir mis en place un staff.
Vous revendiquez donc la création du CRI ? C’est la société civile qui a créé le CRI et qui a porté son choix sur moi. Et j’estime que cette solution saine, permet de compétir. Je n’ai rien contre personne ; je n’ai rien à me reprocher.
Général, vous êtes souvent cité dans des projets de coups d’Etat. Comment réagissez-vous à ces accusations ?( Rire). Je vous répondrai simplement que si vous prenez l’histoire de la Côte d’Ivoire, vous vous rendrez compte que ce ne sont pas les généraux qui font les coups d’Etat. Remarquez bien. La première tentative date des années 70-77. La deuxième tentative date de 81. La troisième, celle qui était vraiment sérieuse, c’est celle de 1990 ; la première mutinerie de l’armée ivoirienne, du temps où je commandais Akouédo, c’était une véritable tentative de coup d’Etat, qui a échoué. En 92, il y a eu l’assaut final, ce n’était pas un carnaval de Bouaké ; c’était une tentative de coup d’Etat. Ensuite, il y a eu une tentative en 95, qu’on a appelé le boycott actif. Il y a eu enfin le coup d’Etat de 99, qui n’a pas été fait pas le contre-amiral Timité ; c’est venu d’ailleurs. Dans les écoles que nous avons fréquentées, on ne nous inculque pas cette culture de coup d’Etat. C’est incompatible avec notre éthique d’officier ; c’est le cadet de nos soucis. Bien au contraire, nous sommes dans cette armée pour stabiliser les institutions, pour assurer leur pérennité.
Vous êtes donc fondamentalement opposé au principe de coup d’Etat ? Avant de vous répondre, je vais donner d’autres précisions parce que je vois ce à quoi on fait allusion quand on parle de tentative de coup d’Etat. J’ai appris beaucoup de choses. On a raconté que les Français auraient essayé de renverser le régime pour me remettre le pouvoir et qu’au dernier moment, j’ai pris la poudre d’escampette. Est-ce que ceux qui disent cela sont sérieux ?. En tant que chef d’Etat-major, je ne conçois pas qu’on poignarde le prince dans le dos. Par principe d’éthique. A cette époque, pour qu’il y ait coup d’Etat, il faut qu’il y ait collusion entre les unités de commandement. On n’en a même pas parlé et on ne pouvait pas oser en parler. Ce serait se faire hara-kiri. C’est pour cela que j’ai toujours eu la conscience tranquille. Pour qu’il y ait coup d’Etat, la décision se prend au niveau de cinq personnalités qui constituent ce qu’on appelle la main d’exécution, ce sont celle-là qui donnent des instructions à ceux qui sont sur le terrain. Vous vous imaginez la France, sous mandat onusien, en train de renverser le chef d’Etat ivoirien, vous imaginez les répercutions sur le plan international. Et puis, même si la France avait tenté quelque chose, elle aurait échoué parce que la hiérarchie militaire autour de moi l’aurait fait échouer. Par ailleurs, laissez-moi vous dire que nous n’avons pas la culture des coups d’Etat ; ça ne fait pas partie de notre éducation, de notre éthique. On a aussi dit que j’étais dans un char au moment des événements de l’hôtel Ivoire. Je ne sais pas si quelqu’un peut passer 15 minutes enfermé dans un char sous nos tropiques ; ce n’est pas un hôtel cinq étoiles. Quand le président Mamadou Koulibaly m’a appelé ce jour-là, j’étais au bureau et je suis parti. Quand on est arrivé à la hauteur de l’hôtel Ivoire, je lui ai proposé de prendre un bain de foule. Et pendant qu’on prenait le bain de foule, j’ai entendu des gens dire : ce n’est pas le général Doué qu’on dit être dans le char qui est devant nous ?. C’est pour vous dire que tout cela, c’était un montage.
Général, dans l’une de vos interventions, vous disiez que le problème de la Côte d’Ivoire, c’était le président Gbagbo et que vous veniez le chasser du pouvoir. A vous entendre aujourd’hui, peut-on dire que vous avez révisé votre position ? Je n’ai pas du tout révisé ma position. Vous savez quand vous tirez un obus et qu’il est parti, vous ne pouvez plus le rattrapez. C’est le principe d’action. Si on va aux élections, je le battrai ! Cela vous paraît bizarre, mais vous verrez qu’il y a des mystères dans les élections. Je vous le dis, si on va aux élections, je vais le battre ! Pourquoi je dis qu’il est le problème de la Côte d’Ivoire. Le président Laurent Gbagbo est un homme foncièrement bon, mais malheureusement il y a un mode opératoire dans sa gouvernance que nous ne comprenons pas. Mais d’où lui vient d’accepter certaines cruautés qui s’exerce sur les populations. Comment peut-il admettre que des gens aillent battre des magistrats au tribunal ? Comment peut-il admettre qu’on bastonne des officiers, des généraux ?
Que savez-vous de l’assassinat du général Robert Guéi ? Quand, après le coup d’Etat de 99, on a pris le pouvoir, on s’est mis d’accord au niveau du CNSP (comité national de salut public, la junte au pouvoir sous la transition militaire, ndlr) pour qu’il ne soit pas candidat. Pour l’en dissuader, je lui ai rappelé un verset biblique, l’évangile selon saint-Jean, chapitre premier du prologue. Et quand on a vu que le général a commencé à faire acte de candidature à l’insu des membres du CNSP, on a tenu une réunion à Yamoussoukro pour lui dire quelle stratégie adopter. On lui a dit s’il venait à être candidat et qu’il perd les élections, qu’il consente à se retirer pour l’honneur du CNSP. Il ne nous a pas écouté. Et est arrivé ce qui est arrivé. Quand dans la nuit du 24 au 25 octobre 2000, ils ont commencé à tirer à Akouédo et que le lendemain, les gens ont commencé à déferler sur le Plateau, j’ai craint pour la vie du général et pour le palais présidentiel. Je ne voulais pas que le sang coule sur l’esplanade de la présidence. J’ai donc fait venir un hélicoptère et je lui ai dit : je t’avais prévenu et tu ne voulais pas m’écouter. Mais je serai avec toi pour te sauver la vie. Et c’est comme cela qu’il est parti avec l’hélicoptère. En 2002, quand les événements ont éclaté, je ne savais pas que le général était à Abidjan. C’est plus tard qu’on a appris qu’il a été pris par des éléments proches de la garde présidentielle et conduit dans la résidence d’une autre autorité vers Cocody, avant d’être retrouvé mort. Quand j’arrivais à la résidence du général Guéi, j’ai trouvé le corps de sa femme, Rose Doudou dans un caniveau. Je n’ai appris la mort du général Robert Guéi que lorsque j’étais à Yopougon. J’étais étonné qu’il soit à Abidjan. Je n’y suis donc pour rien dans l’assassinat de Guéi et le massacre de sa famille. Je rentrerai un jour au pays pour répondre à ceux qui s’amusent à dire que j’ai tué le général Guéi.
Maintenez-vous votre candidature à la prochaine élection présidentielle ?Je maintiens ma candidature.
Et si on vous demandait d’y renoncer si vous vouliez rentrer au pays ?Ce serait une violation flagrante et inimaginable des droits humains. C’est comme si on me demandait de renoncer à ma femme pour venir dans mon pays.
Le président Laurent gbagbo a coutume de dire que la politique est un métier. Qu’est-ce que le militaire de carrière que vous êtes, vient y faire ? C’est le président de la République qui a fini par me donner le goût de la politique. Il a contraint la politique à aller vers moi. La politique ne nous est pas interdite si on peut apporter un plus. On peut vendre du riz comme on peut faire la politique.