samedi 28 août 2010

Discours De Gbagbo a Divo 27 Aout 2010

Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;


Monsieur le Président Yanon Yapo ; ( Ndlr : ex- Président du Conseil Constitutionnel) ;

Messieurs les Juges de la Cour Suprême ;

Messieurs les Juges du Conseil Constitutionnel ;

Monsieur le Ministre de l’Intérieur ;

Messieurs les Ministres ;

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Préfectoral ;

Monsieur le Général de Corps d’ Armée, Chef d’ Etat – Major des Armées nationales de Côte d’ Ivoire ;

Monsieur le Général de Corps d’Armée, Commandant Supérieur de la Gendarmerie ;

Messieurs les Officiers Supérieurs, Officiers Subalternes, Sous- Officiers, et hommes de rang ;

Mme BOGA DOUDOU ;

Mesdames et Messieurs ;

Messieurs les Policiers ;

Messieurs les Chefs de village ;

Populations de Divo.

Je voudrais vous dire merci d’être présents à cette cérémonie, pour toutes les raisons qu’ont déjà soulevées et analysées, le Directeur Général de la Police, le Maire et le Ministre de l’Intérieur.

Pour ma part, je voudrais faire quelques commentaires.

D’ abord sur ce lieu (Ndlr : ex -complexe de Divo qui abrite désormais la caserne de la CRS 3). Ce lieu, était un Centre Culturel. C’est ici, que j’ai fait mon premier meeting de campagne électorale pour la présidentielle en 1990. J’étais effectivement accompagné de feu BOGA DOUDOU (Ndlr : ex- Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, décédé aux premières heures de la crise militaro- politique, le 19 septembre 2002). D’ ici, nous sommes allés à Lakota. Ce Centre Culturel a été abandonné.

C’est le drame de la Côte d’ Ivoire et de toute l’Afrique. On cherche de l’argent ; on bâtit et on laisse l’œuvre mourir ! On bâtit et on laisse l’argent périr !

Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale, Monsieur le Préfet, je vous remercie d’avoir ressuscité ce bâtiment important. Un bâtiment où la jeunesse de Divo venait jouer au théâtre, au basket, au handball. Eh bien, si ces jeunes ne viennent plus jouer, ce bâtiment va servir à les secourir.

J’espère qu’assez rapidement, les autres Chefs – lieux de Région qui ont été désignés pour abriter des Compagnies Républicaines de Sécurité(CRS) vont trouver des locaux afin qu’on installe des Unités à Abengourou, Bondoukou, Gagnoa, Daloa, San- Pédro, etc… C’est donc le premier commentaire que je voulais faire concernant ce lieu.

Le deuxième commentaire, concerne BOGA DOUDOU. On l’appelait dans notre petit groupe, ’’ Djimy la Rigueur’’. Parce que quand tu as tord, ‘’ Djmy’’ disait que tu as tord. Et, quand tu as raison, il disait que tu as raison.

Je l’ai rencontré en 1974. Il faisait partie de la même cellule qui comprenait outre, moi- même, Henry- Philippe Dacoury( Ndlr : actuel Gouverneur de la BCEAO), et lui, BOGA DOUDOU .

Un soir, on n’est venu nous annoncer que la Police avait arrêté BOGA DOUDOU, dans sa chambre d’étudiant. Qu’avait-il fait ? Nous n’en savions rien. Mais, toujours est-il que nous nous sommes mobilisés. Nous sommes allés dormir à la Police. Nous avons dit que tant qu’ on ne nous rend pas BOGA, nous ne rentrions pas chez nous. Voir des Enseignants venir réclamer la libération d’un Etudiant était quand même quelque chose d’inhabituel ! Les Policiers de Cocody, nous l’ont donc rendu.

Il était courageux, brave. On disait toujours de lui que le mot ‘’peur’’, il l’avait découvert dans le dictionnaire. Parce qu’il ne savait pas ce que cela voulait dire.

A la fin des élections de 2000- et, c’est une confidence amicale que je voudrais vous faire- je discutais avec mes filles qui avaient 17 et 18 ans, à l’époque. Je leur ai demandé : « A votre avis, quand je vais être élu, qui doit être Ministre de l’Intérieur ? ». Les plus jeunes m’ont répondu en disant : « Papa, vu l’ensemble de ses qualités, nous pensons que la personne idéale pour ce poste, est Tonton BOGA». Ceci, pour vous dire que, même les enfants, à la maison, chez moi, savaient qu’il devait être Ministre de l’Intérieur. Il était fait pour la profession.

Quelques Magistrats sont venus me le réclamer pour être leur Ministre de tutelle. Mais, finalement, la plus grande partie des gens le voulaient comme Ministre de l’Intérieur. Parce qu’il avait des idées très claires concernant l’Administration Territoriale, la Décentralisation, la Sécurité et la Police. Que son nom soit ‘’ donné’’ à la CRS 3 qui est installée chez lui, dans sa région, est un bel hommage à l’homme. Et, cela ne peut que me réjouir. Je ne pouvais pas ne pas être là. Cet homme, dont le nom est désormais porté par cette toute nouvelle Compagnie, était de valeur. Il a fait une thèse recommandée à la publication par les Universités françaises.

Après que BOGA DOUDOU a été nommé Ministre de l’Intérieur, sa première reforme, n’a pas été celle de l’Administration. Sa première reforme a été celle de la Police. Il m’a dit : « Président, si nous voulons que la Police soit efficace, faisons une nouvelle loi, pour elle, et augmentons les traitements salariaux des Fonctionnaires de la Police ».


On a fait cette réforme. Et, le projet de loi que nous avons adopté, qui est arrivé par la suite sur la table des Députés à l’Assemblée Nationale, à été voté à l’unanimité. Parce que Ouassénan Koné (ex- Ministre de la Sécurité) a dit ceci, à cette occasion : « quand j’étais Ministre de la Sécurité, j’ai longtemps voulu faire voter cette loi. Mais, à l’époque, j’ai été désavoué. Je pense que c’est cette loi qu’il faut. Car, cette loi que je voulais faire voter, à l’époque. Maintenant qu’elle arrive, ici, je demande à tout le PDCI (Ndlr : ex- Parti au pouvoir, aujourd’hui, dans l’opposition) de voter ce projet de loi».

La loi a été votée à l’unanimité des Députés de l’Assemblée Nationale. Tel est cet homme. Il était mon Président de Groupe parlementaire, quand j’étais Député. Il avait l’air très dur. Mais, BOGA DOUDOU négociait toujours. C’est lui qui faisait toutes les négociations. Il négociait à l’extérieur avec tout le monde. Et, quand, pour ma candidature en 2002, j’ai eu un appel de Lybie …, c’est avec BOGA que j’y suis allé. Lors de la rencontre, je n’ai pas parlé. C’est lui qui a parlé.


Donc, pour cet homme, je ne pouvais pas, ne pas être ? ici. Je suis heureux que son épouse soit là ; ses enfants ; ses frères, également. Je suis heureux que tout le monde soit présent. Je suis heureux que Lakota soit venu en force. Monsieur le Président du Conseil Général, chers frères, Cadres, je suis heureux que tous les amis de BOGA soient réunis, ici. Je suis très content.

A présent, je vais m’adresser à vous, les Policiers, qui allez prendre fonction au niveau de la CRS 3.


Le Général BREDOU M’bia (Ndlr : Patron de la Police Nationale) a rappelé tout à l’heure que la CRS a été créée en 1944. Et, a été rendue opérationnelle en 1948. Les dates parlent. En 1944, c’était un moment de désordre en France. La guerre était terminée, mais, pas totalement ; un peu comme notre crise. Le Général DE GAULLE et le Gouvernement en exil en Alger, avaient débarqué à Paris. Ils avaient pris possession des lieux. Mais, la capitulation n’avait encore pas été signée par l’Armée. Il y avait des villes entières qui étaient sous le contrôle des Allemands et d’autres, sous le contrôle des résistants armés.

DE GAULLE, voulait assurer la sécurité des Institutions républicaines. Il a créé la CRS pour se battre en ville ; pour se battre contre le désordre ; pour se battre contre les malfrats. Et, depuis 1944, la CRS est là.

Quand il ya des moments difficiles, c’est la CRS qui prend les devants, en France. Je vous fais ce rappel, non pas pour vous faire un cours d’histoire, mais, pour vous montrer l’esprit dans lequel la CRS est née, et les tâches qui l’attendent.

Les tâches qui l’attendent sont des tâches de bataille contre le désordre, la pagaille et la chienlit. Mais aussi, les tâches de Paix avec les citoyens normaux.

Grâce à vous, dans cette ville, et dans cette région, les citoyens ordinaires doivent pouvoir aller à leur travail, tranquillement. Ils doivent pouvoir aller au cinéma, aux bals ; ils doivent pouvoir s’amuser, tranquillement. Les gens doivent pouvoir se promener normalement avec leur argent, sans avoir peur, grâce à votre présence ». Par conséquent, à cause de votre présence, tous ceux qui veulent aller détrousser les honnêtes personnes, doivent réfléchir par deux fois, avant de sortir.


Chers amis Policiers, chers frères, vous, Policiers, que nous installons aujourd’hui, n’êtes pas des Policiers ordinaires. Vous n’êtes pas des Policiers ordinaires, qu’on affecte dans un commissariat pour tenir, la main courante. Non, vous n’êtes pas cela ! Vous êtes la Compagnie Républicaine de Sécurité. C’est – à – dire que votre rôle, c’est de faire en sorte que la République vive ! votre rôle, c’est de faire en sorte que l’ autorité du Préfet de région s’ applique sur toute la région ; que l’ autorité des Préfets de départements s’ applique sur les départements ; que l’ autorité du Sous- Préfet s’ étende sur toute la Sous – préfecture. Votre rôle, c’est de faire en sorte que l’autorité républicaine vive !

Vous avez pour ennemis- je n’ai pas dit pour adversaires- tous ceux qui sont contre la République ! Vous avez pour ennemis, tous ceux qui sont contre la paix en Côte d’ Ivoire. Vous avez pour ennemis, tous ceux qui veulent troubler les élections en Côte d’ Ivoire. Votre tâche est simple. Parce que la ligne de démarcation est nette. Entre la paix et le désordre, vous êtes pour la paix ; et vous vous battez contre ceux qui veulent semer le désordre. Entre la légalité et l’illégalité, vous êtes pour la légalité ; et, vous vous battez contre tous ceux qui sont pour l’illégalité. C’est cela, votre rôle. Il y a une ligne de démarcation. Pour la CRS, il y a le blanc et le noir. La CRS n’est pas au milieu. Vous n’êtes pas des Juges. Ce sont les Juges qui regardent, pour voir s’il y a des circonstances atténuantes ou aggravantes, pour telle ou telle situation. Vous n’êtes pas des Juges, vous êtes des Combattants de la légalité républicaine.

Quand on dit que la République est menacée, c’est vous qui apparaissez pour rétablir l’ordre républicain.


Je suis venu pour vous dire, ce jour, à vous, mais aussi à toute la Côte d’ Ivoire, ceci : ‘’quand la République se construit, elle se construit aussi avec des forces de combat. Il y a des gens qui croient que quand l’homme politique que je suis fait des concessions, discute, il n’a pas de bras’’. J’ai aussi des ‘’bras’’.


Il y a des moments où je dis à ces ‘’ bras’’ : « restez tranquilles, je vais négocier ». Mais, quand le moment arrive pour que ‘’ ces bras’’ se lancent, ils se lancent. Donc, je vous le dis, ce n’est pas pour rien qu’on vous a envoyés, ici. Vous n’êtes ni des hommes politiques, ni des Magistrats. On vous a envoyés, ici, parce que l’ordre est trop souvent troublé à Divo. Le Ministre de l’Intérieur, tout à l’heure - parce qu’il est beaucoup plus jeune que moi- se posait encore des questions ; celles de savoir si ces troubles étaient liés à la guerre.

Non et non ! Ils ne sont pas liés forcement à la guerre. Quand j’étais encore dans l’opposition, il y a eu des bagarres, ici, et un commerçant du nom de Dramera a été tué. Donc, ce n’est pas aujourd’hui que cela est apparu. Pourquoi Divo bouillonne ? Pourquoi Divo est excité ? On n’en sait rien. Et, comme on n’en sait rien encore, nous installons la CRS ; nous mettons la CRS et nous demandons aux éléments de dissuader tous ceux qui sèment le désordre.

Donc, votre rôle, n’est pas un rôle d’analyse. Chers amis, votre rôle n’est pas un rôle d’analyse, de réflexion. Votre rôle est de faire face et de dissuader tous ceux qui sont contre la République, tous ceux qui sèment le désordre.

Toujours et en tout temps, nous vous donnerons les moyens qu’il faut, pour cela. Je suis très à l’aise quand je vous parle. Parce que mon papa a été Militaire, et ensuite, Policier. Je connais par conséquent la vie de l’Armée.

Mon Père était Sergent, en 1938. Il a été libéré et quand la guerre a éclaté en 1939, il a été rappelé comme tous les Sous- Officiers et Officiers.

Mais, après, vers 1997, je lui ai demandé- il faut savoir qu’il a rendu un jour sa démission de la Police dans les années 50- pourquoi, ayant été Sergent dans les années 38, et ayant la possibilité de finir comme capitane ou commandant au niveau des Indigènes et devenir par conséquent comme l’un des premiers Officiers de la Nouvelle Armée, as6TU tourné le dos à l’Armée ? Il m’ a donné cette réponse – et c’est depuis ce jour que j’ ai compris la différence entre les hommes armés et les civils- il m’a dit : « papa- parce qu’il c’est comme cela qu’il appelait- quand tu es dans l’ Armée, tu ne dois pas trop réfléchir ; tu dois obéir aux ordres. J’ai combattu les Allemands, j’ai été blessé de guerre, je suis venu, j’ai combattu les voleurs ; mais, dans ce Corps de métier, on ne nous demande pas de réfléchir. On nous demande de ‘’ taper’’, de nous battre. J’étais fatigué de cela. Moi, je suis un homme qui réfléchit ».

Les Commissaires qui vous commandent, réfléchissent pour vous. Si un Soldat, un Policier, veut se mettre à réfléchir comme son Chef, il n’ ya plus d’Armée ! Si un Policier veut réfléchir à la place de M. Yapo( Ndlr : tout nouveau Commandant de la CRS 3) , il n’y a plus de CRS à Divo. S’il y a des erreurs qui sont commises, nous régleront cela avec le Commissaire Yapo. Il vous donne des ordres et vous exécutez.

Je vous le dit tout net, et je le dis également à tous les bandits, qui sont à Divo : ’’ à tous ceux qui sèment le désordre à Divo, je vous envoie la CRS’’. Je vous ai envoyés, ici, contre eux. Il n’ ya pas d’autres choses à faire. C’est la mission qui est assignée au Commissaire Yapo.

Populations de Divo, ma dernière adresse est à vous. Les Chefs sont là. La Police est votre Police. Il n’y a aucune Police efficace sans collaboration avec la population.

Si vous n’aidez pas votre Police, elle ne sera pas efficace. Il y en a qui cachent des bandits chez eux. Mais ? si tu caches le bandit, tu es aussi un bandit. Donc, si on l’attrape, chez toi, on t’arrête aussi. Et, on ouvre une procédure judicaire contre toi ; de la même manière qu’on ouvre une procédure contre le bandit. Ne vous rendez pas complices des bandits et des actes anti- républicains. Faites confiance en votre Police. Aidez- la par vos renseignements. La Police ne peut pas travailler sans renseignements.

On m’a dit qu’un paysan venant de Fresco pour vendre ses produits a été dépossédé de tout son argent. Les Policiers ne sont pas Dieu. Ce sont des hommes comme nous. Donc, ils agissent en demandant des renseignements. Aidez-les, vous, populations de Divo. Aidez- les par vos renseignements.

Vous, Chefs traditionnels, Notables, dites à vos administrés dans les villages, d’aider la Police. Elle n’est pas votre ennemie tant que vous êtes honnêtes. Mais, le jour où vous êtes malhonnêtes, elle devient votre ennemie. C’est ce que je voulais vous dire.

M. Le maire, Mme et MM. les Elus, je crois que c’est un grand cadeau qu’on vous fait. Mais, ce cadeau est pour vous parce qu’il va vous faciliter la vie. Il est pour nous tous.

Que Dieu bénisse la Police Nationale ;

Que Dieu bénisse tous les Agents de l’ordre qui risquent leur vie tous les jours et toutes les nuits, pour nous ;

Que Dieu bénisse la Côte d’ Ivoire ;

Qu’il bénisse l’Afrique ;

Je vous remercie.





Propos recueillis par Hermann BORGET

Envoyé Spécial à Divo

vendredi 16 juillet 2010

Albert Drogba (père de Didier Droga) révèle :« Comment mon fils a été guéri »

Dix jours après la coupe du monde

Albert Drogba (père de Didier Droga) révèle :« Comment mon fils a été guéri »

« Voici l’homme qui m’a aidé » « Mes inquiétudes pour Didier »
samedi 17 juillet 2010 par TRA BI Charles Lambert
M. Drogba, dites-nous ce que vous aviez ressenti après la fracture au bras de votre fils Didier, à quelques jours de la Coupe du monde qui vient de s’achever en Afrique du Sud ? Albert Drogba : C’était vraiment dur moi. C’était pénible pour moi de voir, en direct de la télévision, le coup que le joueur japonais a porté à Didier. J’ai vu l’image en direct de la télévision, je l’ai vécu en direct. Et j’ai vu que Didier était beaucoup touché. Mais j’avoue que, dans ma tête, je ne concevais pas que mon fils puisse rater cette coupe du Monde qui vient de finir. Et donc je me suis mis à réfléchir et à chercher comment sauver le bras fracturé de Didier avant le début de cette compétition mondiale. Je tenais à ce que mon fils ait la guérison le plus rapidement possible. Et ça va beaucoup mieux chez Didier aujourd’hui... A.D : Ah Oui ! Vous l’avez vu jouer la Coupe du monde. Il a donné le meilleur de lui-même. Certaines personnes ne croyaient pas voir Didier jouer cette coupe du monde tellement la fracture était grave. Mais Dieu a fait le reste et il a pu jouer. Disons merci à Dieu pour la guérison de Didier.
Quelles ont été vos démarches pour en arriver là ? A.D : Mes démarches ont été celles d’un père qui voulait que son fils se rétablisse de son mal. D’abord, je suis allé rencontrer là où il était, pour voir dans quel état d’esprit il était après cette grave blessure et de voir aussi si physiquement il pouvait être guéri et participer à la Coupe du monde. Je suis donc allé à Genève en suisse. Et là-bas, j’ai rencontré le médecin de Didier, Dr Gallot, qui venais de Marseille (France). Nous nous sommes vus à l’aéroport de Génève. Dr Gallot m’a donné les détails du bras fracturé de Didier et m’a expliqué comment il a pu opérer ce bras. Et moi, étant un Ivoirien, un Africain, je reste attaché à certaines pratiques. Chez nous, je sais que les fractures, même les plus graves, peuvent se soigner aussi à l’indigénat, c’est-à-dire dans la médecine traditionnelle. Quand j’ai vu la situation de mon fils après l’opération de son bras, j’ai demandé à quelqu’un de venir nous aider. C’est ce que j’ai fait.
Qu’est-ce que le médecin de Didier vous a dit au sujet du bras fracturé du joueur ? A.D : Le médecin de Didier m’a rassuré que la guérison du bras fracturé était possible, mais que cela ne pouvait pas se faire au bout de 15 (quinze jours), c’est-à-dire pas avant le premier match de la Côte d’Ivoire, le match que les Eléphants devaient livrer contre le Portugal. Dr Gallot m’a montré l’image du bras fracturé de Didier. Il y a eu une cassure au niveau du bras de Didier qui a pris le méchant coup de pied du japonais. L’os était cassé en deux et il y avait un écart visible. Il a fallu, pour souder l’os du bras fracturé, y insérer des vis. Mais sur la photo sortie après les soins, on ne voyait pratiquement plus la cassure et les vis, on ne voyait finalement qu’un trait. Mais le médecin a insisté pour dire que le bras de Didier ne pouvait pas être totalement guéri et que sa participation à la Coupe du monde n’était pas vraiment certaine.
Vous vous êtes donc tourné vers un guérisseur traditionnel... A.D : Comme je vous l’ai dit tantôt, je reste attaché à des pratiques africaines. Le coup que Didier a reçu, il aurait pu perdre une côte la dedans si son bras n’avait pas pris ce coup. Pour sauver le bras de mon fils, j’ai donc fait appel à quelqu’un qui vit dans le village de Lebame, dans la commune de Guibéroua au centre-ouest de la Côte d’Ivoire d’où je suis originaire moi-même. Ce guérisseur se nomme Siaka Doumbia. Il est né dans ce village Bété de Lebame, situé à environ 5 Km de Guibéroua. Je connaissais ce monsieur depuis bien longtemps déjà parce qu’il a guéri de nombreuses fractures bien avant celle de Didier. Zoguouhi, c’est le nom Bété de Siaka Doumbia qui a un don de guérison des fractures, quelle que soit leur gravité. Si vous avez une fracture, il suffit qu’il vous touche et voilà, vous avez la guérison. Je vous donne un exemple parmi tant d’autres fractures que ce monsieur a soignées et guéries. Dans mon village à Niaprahio, qui est bien sûr celui de Didier, un frère du nom de Makanaky a été totalement guéri après avoir été victime de plusieurs fractures aux jambes suite à un accident de la circulation. Aujourd’hui où je vous parle, si vous voyez Makanaky, vous n’allez pas vous rendre compte que ce monsieur a eu les pieds fracturé à un moment donné. C’est pourquoi j’ai sollicité Siaka Doumbia pour aider à la guérison de Didier. Et je suis parti avec ce monsieur là où se trouvait Didier pour qu’il puisse travailler sur le bras cassé de mon fils pendant quelques jours.
Quelle a été la réaction de Didier lorsque vous avez débarqué avec ce guérisseur qui venait tout droit du village ? A.D : Mais il n’avait pas le choix. Lui il voulait être guéri de sa fracture pour pouvoir prendre part à la Coupe du Monde. C’est tout. Ce ne sont pas des gris-gris et des canaris qu’on lui avait apportés. Le monsieur a un don de guérison des fractures. Quand il vous touche et vous masse la partie fracturée pendant quelques jours, vous retrouvez la guérison. C’est un don que Dieu lui a donné pour guérir les fractures.
L’intervention du guérisseur Siaka Doumbia s’était-elle faite avant ou après l’opération du bras fracturé de Didier ? A.D : Le bras fracturé de Didier avait déjà été opéré avant que Siaka Doumbia n’intervienne pour faire son travail. Il a touché le membre fracturé de Didier une première fois, le premier jour de notre arrivée. Le lendemain matin, quand il devait retoucher encore le bras de Didier, il lui a demandé ce qu’il avait senti pendant la nuit. Didier a répondu que la partie de son bras blessé l’a démangé toute la nuit. Et Siaka de dire ‘’Ok, donc ça va’’. Je vous fais savoir que lors de l’opération du bras fracturé de Didier, on a laissé un élément étranger dans ce bras, c’est un plâtre qui va faire des mois dans son corps. C’est pourquoi, quand bien même on lui dit qu’il est guéri, il peut toujours pensé à ce corps étranger qui est dans corps. Mais quand le guérisseur a su que Didier avait eu des démangeaisons au niveau de son bras fracturé, il lui a dit ‘’tu es guéri, tu pourras jouer tous les matches si tu veux’’. Et puis voilà, Didier est parti en Afrique du Sud et Siaka et moi l’avions suivi là-bas. Le guérisseur a encore touché deux à trois fois le bras fracturé et nous sommes rentrés au pays, convaincus que Didier prendrait part à la Coupe du monde.
Est-ce parce que vous doutiez de l’efficacité de la médecine moderne en matière de fracture que vous êtes allé chercher un guérisseur au village ? A.D : Non pas du tout ! Ce n’est pas parce que j’ai douté de l’efficacité de la médecine moderne en matière de fracture que je suis allé chercher le guérisseur de Lebame. Seulement, j’avais l’intime conviction que le bras fracturé de Didier allait prendre du temps pour guérir. D’ailleurs, Dr Gallot, le médecin de Didier, m’avais dit que l’opération du bras fracturé avait réussi, mais que mon fils était improbable pour le premier match des éléphants contre le Portugal, voire même pour le mondial. Il me l’avait confié à l’aéroport de Genève. Chose que je ne voulais vraiment pas entendre pour Didier, qui avait à cœur de jouer cette coupe du monde. En tout cas, son médecin m’a dit qu’il ne me garantissait rien. J’ai dit ok ! Moi je vais rentrer en brousse pour accélérer la guérison de mon fils. Et je suis allé à Lebame où Dieu a donné une force naturelle à des gens pour guérir les fractures en un temps record. Dans mon village à Niaprahio, personne ne peut faire ça. Mais à Bassi et à Lebame (deux villages de la commune de Guibéroua, Ndlr ), il y a des gens à qui Dieu a donné le pouvoir naturel de guérir les fractures. Mais c’est le guérisseur de Lebame que je suis allé chercher pour aider à soigner mon fils.
C’est donc, pour vous, ce guérisseur qui a sauvé le bras de Didier ? A.D : C’est, d’abord et avant tout, Dieu qui a sauvé Didier. Voyez le coup de pied que lui a envoyé le joueur japonais. Le choc aurait brisé une côte de Didier s’il n’avait pas pour protéger sa cage thoraxique avec un de ses bras qui a finalement pris le mauvais coup. Donc, c’est Dieu qui a sauvé mon fils et qui lui a permis de participer à cette Coupe du monde. Aujourd’hui, si des Ivoiriens déclarent que ce sont eux qui l’ont guéri, je leur dit merci.
Mais il y a un mystique du nom de Sompohi Doué qui affirme aussi avoir guéri Didier de loin... A.D : Mais je lui dis merci d’avoir guéri mon fils. Il dit l’avoir guéri à distance, mais je dis gloire à Dieu. De toutes les façons, ils sont nombreux les Ivoiriens, j’allais dire les Africains et les fans du football dans le monde qui ont prié pour la guérison du bras fracturé de Didier. Tous les Ivoiriens ont prié pour Didier. Et je les remercie pour tout ce qu’ils font pour mon fils. Vous imaginez faire un enfant qui est adulé par tout un peuple. Je ne peux dire ici que c’est Pierre ou Paul qui a guéri Didier. Pour moi, ce sont les Ivoiriens, avec l’aide de Dieu, qui ont guéri Didier.
Alors quand vous avez vu Didier sur le terrain lors du premier match contre le Portugal, aviez-vous une petite crainte de le voir rechuter ? A.D : Non pas du tout ! Le travail était déjà fait et bien fait. D’ailleurs quand je lui ai posé la question de savoir s’il pouvait jouer le premier match contre le Portugal, il m’a dit ‘’oui.’’ Donc je n’avais aucune crainte puisque je l’avais également confié à Dieu. Qu’est-ce que ça vous fait d’être le père de Didier
Drogba, footballeur adulé en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde ? A.D : J’en suis fier et les Ivoiriens le sont avec moi. C’est aussi une joie immense pour moi de le voir jouer et de marquer des buts décisifs.
Saviez-vous que Didier, l’aîné de vos six enfants, serait un jour ce grand footballeur à la renommée mondiale ? A.D : J’avoue que non ! Moi, j’ai privilégié l’école pour Didier. Pas que je m’étais opposé à ce qu’il joue au football. Mais je voulais d’abord qu’il aille loin dans les études. Mais je ne suis pas déçu puisque Didier s’en sort bien ? Le football, c’est bien, mais l’école c’est la première des choses. En tout cas, mon souhait c’était que mon enfant aille à l’école. Qu’il soit médecin ou je ne sais quoi d’autre. Mais je ne suis pas surpris que Didier ait fini par être un footballeur. Moi-même je l’ai pratiqué, même si ce n’est pas à un haut niveau. Mon petit frère Goba Michel, qui a élevé Didier, a été footballeur professionnel. Donc que Didier devienne aujourd’hui footballeur n’a rien d’étonnant. D’ailleurs, j’aime bien le football.
Est-ce que ça se passe toujours bien entre Didier et vous ? A.D : Oui, ça va. Didier est une grande vedette du football. Il a ses occupations en Europe, j’ai les miennes ici en Côte d’Ivoire. On se voit quand on peut et voilà. Didier est beaucoup sollicité. Mais quand j’ai un petit temps avec lui, il m’écoute et on s’entend toujours. En tant que père de Didier, comment entrevoyez-vous sa vie une fois sa carrière de footballeur arrêtée ? A.D : Vous savez, ce qui a de plus difficile pour le père de Didier que je suis. J’avoue que j’ai quelquefois des inquiétudes quand j’entrevoie l’avenir de mon fils. Je me demande des fois si Didier fait bon usage de ce qu’il gagne comme argent. Lui qui a connu le sommet et la gloire, qu’est-ce que demain lui réserve quand il ne sera plus sur un terrain de football ? Vous savez, on a vu des stars du football, je ne citerai pas de noms ici, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts aujourd’hui. C’est pourquoi je m’inquiète quelquefois pour mon fils. Et j’en ai parlé avec lui. Mais Didier m’a toujours rassuré en disant ’’papa, tiens -toi tranquille, tu ne regretteras pas’’.
Est-ce à dire que Didier vous tient au courant de toutes ses affaires ? A.D : Pas forcément. Didier est un grand garçon, ses affaires sont ses affaires. Moi j’ai ma famille à gérer. Didier a des gens qui gèrent ses affaires et je crois que tout se passe bien. Je pense qu’il est bien entouré par des techniciens du football et du monde des affaires. Je prie pour lui et Dieu fera le reste. Je voudrais profiter de l’occasion que vous me donnez pour dire merci, grand merci à tous ceux qui, de près ou de loin, Ivoiriens, Africains, Européens, Américains et autres, ont aidé à la guérison de Didier pour qu’il prenne part à la dernière Coupe du monde qui vient de s’achever en Afrique du Sud.
Savez-vous dans quel club il évoluera la saison prochaine ? A.D : Je le trouve bien à Chelsea. Il peut bien évoluer ailleurs, mais je le trouve bien à Chelsea. Réalisée par TRA BI Charles Lambert

Le tribalisme de Gbagbo.... Lisez et appreciez vous memes.

11/07/2010
- Messieurs les Ministres ;
- Monsieur le Directeur de Cabinet Adjoint de la Présidence de la République ;
- Monsieur le Préfet du Département de Gagnoa, Préfet de la Région du Fromager ;
- Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Préfectoral ;
- Honorables Chefs traditionnels ;
- Distingués Chefs religieux ;
- Chers parents de l’Ouest montagneux ;
- Mesdames et Messieurs.
-
Tout à l’heure, quand je suis arrivé, ici, sur la place publique, j’ai été impressionné par le nombre de porteurs de boubous’’ Yacouba’’ ; j’ai été même beaucoup plus impressionné que lorsque je m’étais rendu à Man. Et, lorsque je suis arrivé à la loge officielle, j’ai dit au Doyen Jacquet Florent : « les masques sont vraiment sortis. Les masques sont venus. Cela veut dire que c’est important ».

Chers frères, chères sœurs, je vous salue pour la route que vous avez faite. Je vous salue pour la longue route que vous avez faite.

Vers 13H- 14H, quand je ne vous voyais pas, j’ai pris mon véhicule pour aller tourner un peu dans les villages. Tout à l’heure, Siki Blon Blaise (Ndlr : Président du Conseil Général de Man), en parlant, à décrit les péripéties, les crocs- jambes. En Afrique, c’est ce qu’on appelle la politique. En Afrique, quand tu dis la vérité, on pense que ce n’est pas de la politique. Mais, quand tu fais des crocs- en jambes, tu roules les gens, quand tu prends l’argent des gens et que tu ne donnes pas les cars, c’est ce qu’on appelle la politique. C’est pourquoi, nous sommes en retard.

Donc, ‘’Yako’’ (Ndlr : compassion) pour toutes les souffrances que vous avez endurées, depuis hier soir. Bon courage.

Mais, en même temps, je voudrais dire à mon ami et frère, Pierre Kipré, qui a porté, comme l’a affirmé Blon Blaise, la parole, qui, lui- même l’a reçue de Jacquet Florent, qui, lui aussi, l’a reçue des masques et des Chefs qui sont là, que, quand tu mènes une action, et qu’il n’y a pas d’embûches, c’est que tu ne la fais pas ! Toute action, positive, soulève toujours la colère du démon, du diable. Donc, quand tu veux faire du bien, et qu’on te donne des coups, tu ne peux pas t’étonner. C’est parce que tu fais du bien, que ceux qui pensent mal, te donnent des coups. Il faut, au contraire, continuer, persister.

Tous les frères Dan, Wê, Mahou, qui êtes venus de la Région Ouest, je vous salue. Je suis très fier que vous ayez honoré notre tout petit village. Notre village est petit, mais, nous sommes comme cela ; et, nous sommes ici.

Tout à l’heure, les gens de Kpakpékou (Ndlr : village voisin de Mama) ont entonné un chant, avant que je ne prenne la Parole. Dans ce chant, ils ont dit : « Gbagbo dit qu’il ne faut plus qu’on ait peur. On n’a plus peur ».

Ce que je dis, de façon inlassable, à tout le monde, à tous les Ivoiriens, c’est qu’en Côte d’Ivoire, ici, nous sommes chez nous. Chez nous, ici, nous ne devons pas avoir peur de quelqu’un. Parce que, ce qu’on m’a appris, ici, dans le canton Gbadi, c’est qu’un homme, on peut l’humilier. Mais, on ne peut pas l’humilier chez lui.

Quand tu arrives dans un coin de la brousse et que tu trouves que les herbes et les arbres sont déracinés ; les herbes ont jauni, les palmiers sont à terre, tu demandes ce qui s’est passé ici. On te dira que c’est un Garçon qui s’est battu, ici. Et, ce Garçon, on l’a certainement tué ! Mais, avant de mourir, il s’est battu. Parce qu’il est chez lui.

C’est pourquoi, moi, je n’ai peur de rien. Et, je n’ai peur de personne. Parce que, tout ce qu’on peut faire, c’est de me tuer. Mais, avant de partir, je vais me débattre.

Donc, j’enseigne ce qu’on m’a enseigné. Je n’ai peur de personne, et, je n’ai peur de rien. Parce que je suis chez moi. Je suis chez moi en Côte d’Ivoire. Et, tous les Ivoiriens sont chez eux. Nous sommes frères. C’est parce que les Ivoiriens l’ont voulu, et ils le veulent, que je suis Président de la République.

Donc, l’acte que j’ai posé, en envoyant de façon expresse, une délégation vers vous dans la Région de l’ouest montagneux, n’a pas été fait au hasard. J’y ai envoyé mes parents. Je les ai envoyés vers les Dan en leur disant que ceux-là sont mes frères, et que je voudrais les découvrir. Je leur ai dit : « allez dire à mes frères Dan, que j’ai l’intention d’être candidat à l’élection présidentielle ».

Vous savez, il y avait parmi les gens que je vous ai envoyés, Laurent Ottro, qui conduisait la délégation. Laurent Ottro est de Babré (Ndlr : quartier de Gagnoa). Je ne l’ai pas choisi au hasard. C’est la famille que je vous ai envoyée.

En 1912, quand les blancs sont arrivés, ici, ils sont entrés par là. C’est par ici qu’ils sont passés. Ils ont fait un campement juste derrière, là où il y a ma résidence. On l’appelait ‘’Camaba’’. Quand mon père est revenu de guerre en 1942, c’est dans ce ‘’Camaba’’ qu’il a habité. C’est là que son cousin, Kouassi, père du Chef du village actuel, Kouassi Ouraga Bertin, l’a emmené et il a habité.

Mais, quand ils (les blancs) sont arrivés en 1912, ma grand-mère était enceinte, de mon Grand- père, Gbagbo. Et, Gbagbo lui a dit (à ma grand-mère) : ‘’les temps sont mauvais. Vas chez tes parents à Kpakpékou, et quand les temps seront meilleurs, tu vas revenir’’.

Elle partait et, arrivée à Karahi, le village- carrefour, elle a accouché là. C’est là que mon père Koudou Paul est né. C’est pourquoi, le Chef du village de Karahi était aussi de la délégation. Le nom Koudou est un nom de Karahi. C’est là que le nouveau né (mon père) a été baptisé.

Après, ma grand-mère a continué à Kpakpékou, et ensuite, dans ce qui est devenu Gagnoa, précisément à Garahio (quartier de Gagnoa). Elle était là-bas, avec son petit Koudou- elle avait déjà un fils aîné- quand elle a appris que son mari Gbagbo est mort. Donc, elle n’est plus revenue, ici.

Par la suite, elle s’est remariée à Babré à un Monsieur qui s’appelait Zêpê. C’est ce Zêpê qui a mis mon père à l’école. C’est pourquoi, sur certains de ses papiers, il y a Koudou Zêpê Paul. C’est la famille de Laurent Ottro. C’est pourquoi, je l’appelle mon grand-frère.
Je lui ai dit : « grand-frère, tu vas conduire la délégation, pour aller voir nos frères Dan ». C’est pourquoi, je l’ai choisi.

Le Chef du village de Mama était aussi dans la délégation. Je vous ai déjà dit pourquoi il était dans la délégation. Ce n’est pas seulement parce qu’il est le Chef du village de Mama ! C’est parce que son père est le cousin de mon père. Son père était le plus grand planteur, et du village, et de la Région. Quand nous étions plus jeunes, au lycée- lui, était un peu plus âgé que moi, on était à Gagnoa, c’est là- bas que j’ai connu son père- c’est lui qui me prêtait ses vestes lors des fêtes ou des cérémonies. Il est devenu notre Chef du village.

Le Chef du village de Gnaliépa était dans la délégation. Ce n’est pas un hasard, non plus. Il s’appelle Dallys Moloko dit ‘’Gbein Gbein’’. Il était Arbitre international de football.

Ma mère et mon père ont divorcé quand j’avais 5 ans. Ma mère s’est remariée à Gbadi- didikou, qu’on appelle aujourd’hui Gnaliépa. Mais, Gnaliépa, c’est le nom d’un quartier. Sinon, le nom du village, c’est Gbagbi- didikou, qui comprend 5 villages, dont Kébissa, d’où est issu Dallys Moloko, et où ma mère s’est remariée. Elle s’est mariée là-bas en 1955. C’est à Gbadi- didikou que j’ai eu tous mes diplômes. Ma mère était là-bas et j’y allais en vacances. C’est là-bas (Gbadi- didikou) que j’ai eu le CEPE, le BEPC, la 1ère partie du BAC, la 2è partie du BAC, la Licence, la Maîtrise et le Doctorat. C’est là-bas que j’ai grandi.

Je ne suis revenu ici (à Mama) qu’en 1990, quand j’ai été élu Député. Donc, vous comprenez pourquoi Dallys Moloko faisait partie de la délégation.

Sokouri Bohui, lui, est un de mes jeunes frères. Il est du canton Nékédi. Ma mère est de Nékédi.

Donc, Doyen Jacquet Florent, tous les gens que j’ai choisis pour aller vous porter le message, étaient des personnes qui étaient liées à moi, par des liens familiaux. Je ne pouvais pas envoyer une délégation chez vous sans que les membres ne soient des gens qui soient liés à moi par des liens familiaux.
Si vous avez suivi la Télévision, en son temps, ailleurs, j’ai envoyé d’autres personnes. Mais, chez vous, à cause de l’histoire qui me lie désormais à vous, et dont nous avons débattu des années, j’ai me suis dit qu’il fallait que j’y envoie mes parents. Donc, chaque branche de ma famille a été cooptée et a été représentée dans cette délégation.

Kadet Bertin (Ndlr : Conseiller Spécial du Président de la République) est le fils de Kadet Albert. Le père de Goli Obou qui a fait la libation tout à l’heure, était Chef du village. Et, c’est Kadet Albert qui était son Adjoint et son Porte- parole. Aujourd’hui, c’est le neveu du père de Goli Obou, Ouraga Bertin, qui est Chef du village. Et, c’est Kadet Gnagno Désiré, le grand-frère de Kadet Bertin, qui est son Adjoint et le Porte- parole du village. J’ai dit à Kadet Bertin : « Comme toi, tu es mon petit, accompagne les et porte ma parole ». C’est pour cela qu’il est parti.

Donc, quand on envoie quelqu’un chez des gens, qui connaissent la tradition, on ne le fait pas une délégation au hasard. J’ai voulu, aujourd’hui, prendre le temps de vous expliquer cela.

Cette délégation qui comprenait des membres de toutes mes familles, a été bien reçue par vous. Et, la réponse que vous êtes venus me donner, me procure entière satisfaction. Et, j’en suis heureux.

On va se battre. Dans les semaines qui viennent, on connaîtra la date de l’élection présidentielle ; la dernière date. Et, on va aller faire campagne.

Pierre Kipré, neveu des Dan, il faut dire à Blon Blaise, pour qu’il dise au Doyen Jacquet Florent, qui, à son tour, rapportera aux masques, et à tous les Chefs de cantons, de villages et de tribus, que cette campagne électorale, je la leur confie. Je vous confie cette campagne.

De toutes les façons, je serai, moi-même, là-bas, avec vous, à vos côtés. Je serai avec vous, mais, je vous confie la bataille. Parce que, ce qui va se passer à ces élections-là, ce sera la bataille pour la Côte d’Ivoire ; la bataille pour la renaissance de la Côte d’Ivoire. Ce sera la bataille pour les Ivoiriens.

Nous aurons en face de nous, des porte- étendards, d’autres. Nous, nous sommes les porte- étendards de nous- mêmes. Nous, nous sommes les porte- étendards de la Côte d’Ivoire. Nous sommes de ceux qui veulent que la Côte d’Ivoire reste permanemment debout. C’est cette bataille que nous devons livrer, et gagner. La Côte d’Ivoire est notre pays. Nous ne devons pas avoir peur de la défendre et de la protéger.

Chers parents Dan, Wê, je vous confie cette bataille. C’est votre bataille ; c’est notre bataille.


Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
Je vous remercie. 

lundi 31 mai 2010

Les saints des derniers jours, ou les mormons.. Quel bel exemple de determination

Voici une ville construite par les chretiens,  le Salt lake city dans le Utah. Voici l'expression de la determination de ceux qui n'attendent rien de personnes, mais qui ont compte sur eux memes et sur leur foi en Dieu. QUe c'etst beau.








vendredi 7 mai 2010

La SIR: la source de son probleme

http://news.abidjan.net/article/?n=363433


Ainsi revele, les problemes de la SIR ont commence avec le conseiller de Gbagbo, Aubert Zohore...


C’est dans ce cadre qu’il faut situer la récente crise du carburant qui tire ses origines dans la difficile situation de la Société Ivoirienne de Raffinage(SIR). En effet, ce qu’on a caché aux ivoiriens, c’est que la panne sèche de la SIR, provient des mauvais conseils de Gbagbo tel que Zohoré Aubert, conseiller chargé des questions économiques du Président Laurent Gbagbo. Qui ne s’est pas embarrassé de fioritures, pour injecter les deux cent trente cinq milliards de francs (235.000.000.000 FCFA) constituant les TVA devant être reversés à la SIR, dans des curieuses spéculations boursières aux Etats Unis d’Amérique. Ainsi, cet important pécule a été investit dans des business qui sont en fait des pipos au détriment de la SIR, cet important outil de développement qui fait la fierté du pays d’Houphouët Boigny. Jugez-en vous-même :
*120 milliards de ristournes de Tva destinés à la SIR non reversés par le Trésor public
*70 milliards de blocage des prix à la pompe économisés par le Trésor public
*5 milliards d’écart entre les comptes tenus par la SIR et ceux du Trésor public qui n’ont jamais été retrouvés.

*36 Milliards de recette encaissés par le Trésor non reversés à la SIR.
Tous ces fonds dont la SIR avait crucialement besoin pour garantir la continuité de son activité eu égard à un contexte international des plus moroses pour les raffineries, ont été placés dans des fonds de pension aux Etats-Unis.

Les deux principaux fonds spéculatifs américains où cet important pécule a été placé par les soins du conseiller Aubert Zohoré sont :
* Fidelity Investisments SAS
* Berkshire Hathaway.
Le premier est leader mondial indépendant de gestion d’actifs pour le compte de tiers. C’est une compagnie privée qui possède également beaucoup d’entreprises telle qu’une SICAV de droit Luxembourgeois, de gestion de portefeuille et de gestion d’assurance vie haut de gamme.
Quant au second, il est d’ailleurs le plus important. Il s’agit d’un fonds de pension américain né da la fusion de sociétés de textiles Hathaway Manufacturing Company et de Berkshire Spining Associates en 1950. Ce holding a été racheté en 1962 par Warren Buffet qui la transformera en une société d’investissement basée à Omaha dans le Nebraska aux Etats-Unis. La société est aujourd’hui codirigée par Warren Buffet et Charlie Munger et Bill Gates à son directoire. Ses actions ordinaires sont cotées à la bourse de New York sous les symboles BRK.A et BRK.B.
Une sale situation qui a failli entrainé le pays une fois dans le chaos avec la dernière grève des transporteurs. Laquelle situation a eu des conséquences incalculables sur la vie des populations et l’économie ivoirienne.

Regard extérieur sur la Refondation


Paulin G. Djité, M.Sc., Ph.D. (Georgetown U., USA)
Mesdames et Messieurs, Mes chers compatriotes,
Je suis honoré d'être parmi vous en ce jour d'appréciation objective de vos actions politiques, un jour d'introspection et de questionnement. Le thème qui nous réunit aujourd’hui porte sur le « Regard extérieur sur la Refondation ».
1. Remarques introductives :
Jusqu'à ce jour, notre regard extérieur sur la refondation a été limité à des interventions auprès de différentes institutions étrangères et à des échanges épistolaires avec des leaders d'opinion ou des acteurs politiques sur le terrain. Pour vous qui êtes engagés dans le feu quotidien de l'action, il s'agit d'un regard souvent méprisé, perçu au pire comme un irritant, ou au mieux comme une perte de temps ; un regard d'autant plus lointain et distant qu'il venait des États-Unis ou des Antipodes. Certains d'entre vous le percevront encore ainsi aujourd'hui. Et personne ne saurait leur en tenir rigueur. A l'étranger, nous avons le grand désavantage de ne pas vivre sur place et ne pouvons que revendiquer de souffrir dans le cœur et dans l'esprit ce que vous souffrez dans la chair.
Tous ceux qui ne partagent pas notre avis se sont souvent réfugiés derrière le prétexte de la distance. Mais la distance a l’avantage de ne pas vous exposer au quotidien de la souffrance et de vous enfoncer au fond de la caverne des chaînes des réalités nues (Platon, Livre VII de la République), dont émanent souvent le parti pris, la passion, l’émoi, la rancune et la méchanceté. La distance permet de se dissocier, ne serait-ce qu’un instant, de la cruelle réalité, de juger et de jauger la perspicacité de ses actes et de ses paroles. Dès lors, la distance ne disqualifie pas l'Ivoirien de la diaspora et ne l'interdit pas de se prononcer sur la situation de son pays ; elle ne rend pas les uns moins Ivoiriens que les autres. En outre, distance n'est pas synonyme d'éloignement. L'Ivoirien engagé de la diaspora refuse "l'éloignement" et choisit non pas nécessairement le parti pris, mais le parti de "l'homme qui interroge" (Fanon, 1952). Notre regard extérieur sur la Refondation est aussi celui que nous avons formé au fur et à mesure, au fil des discussions et des échanges avec des amis de la Côte d'Ivoire. Il ne se targue pas d'être la seule et unique vérité dans l'analyse de la situation complexe qu'est celle de notre pays. Cependant, honni soit qui mal y pense, parce que la Côte d'Ivoire de demain ne sera pas faite de bâillonnement. Retenez donc que ce regard extérieur est celui de vos frères et sœurs et de vos amis qui ne cherchent pas à préserver leur neutralité au cœur de la crise que connaît notre pays. La vraie mesure de l'homme ne réside pas dans les moments de certitude, d'assurance et de convenance, mais dans les moments difficiles de controverse (Martin Luther King, Jr.). En effet, quand viendra le temps de dresser l'état des lieux, vous ne vous souviendrez peut-être pas des invectives de vos ennemis, mais vous vous souviendrez [sans doute] du silence de vos amis (Martin Luther King, Jr.). C'est en cela que, venant de l'extérieur, il nous incombe un devoir de lucidité et d'objectivité. Il ne s'agit pas de s'approprier le débat sur la crise nationale et de penser qu'à force de crier plus haut et plus fort que les autres, on finira par le monopoliser ; monopoliser le débat ne veut pas dire le maîtriser. La raison du plus fort n'est pas toujours la meilleure...
Vous posez, dans le cadre du thème de cette réflexion, un certain nombre de questions fondamentales ; à savoir :
2. Question No 1 : Le FPI a-t-il payé le prix de la liberté ?
Une relecture du programme de gouvernement du FPI, diffusé sous le nom de « Refondation »[1], révèle la répartition suivante dans l'utilisation du mot « liberté » dans les différents chapitres[2] :
1. Refondation politique
9 occurrences sur 3 713 mots
2. Refondation sociale
0 occurrence sur 5 323 mots
3. Refondation économique
0 occurrence sur 7 532 mots
4. Refondation du système de défense et de sécurité
0 occurrence sur 1 311 mots
5. Refondation culturelle
1 occurrence sur 1 156 mots
Total :
10 occurrences sur 17 724 mots

Ce total peut être arrondi à 12 occurrences, si l’on tient compte des deux occurrences du mot « libération » dans le chapitre sur la « refondation économique ». Alors, de quelle "liberté" s'agit-il ? Serions-nous entrain de présumer que l'ascendance de la Refondation au pouvoir d'État équivaut à l'avènement de la « liberté » au sens strict du terme ? La « liberté » était-elle un des principaux objectifs de la Refondation ? Le serait-elle devenue de façon accidentelle ?
Il est utile de se poser ces questions, parce qu'il y a ceux qui se souviennent encore des « discours guerriers », on dirait même des « discours de suffisance », sinon des « discours naïfs et sans humilité » de la part de certains Refondateurs, avant et au sommet de la crise sociopolitique, mettant l’intégrité territoriale de ce pays en péril, au point de susciter la menace à peine voilée du ministre de la sécurité d’un pays voisin[3]. Il y a également ceux qui se souviennent du reflexe systématique de justification, sans remise en cause, sans humilité et avec mauvaise foi, une fois la crise sociopolitique survenue. Etait-il nécessaire de donner de la voix, au mépris de la sécurité et de la « liberté » des Ivoiriens ? Qui veut préserver sa liberté ne la met pas inutilement en péril.
Il semble cependant que la « liberté » à laquelle il est fait allusion dans la question posée ci-dessus (« Le FPI a-t-il payé le prix de la liberté ? ») ne correspond pas à l’acception de la liberté qui ressort du programme de refondation du FPI. Dans ce programme, le FPI parle de la liberté au sens des droits de l’homme et du renforcement de l’État de droit. Même si, selon les circonstances, les deux acceptions peuvent se chevaucher, - il est clair qu'un pays maître de son destin est mieux à même d’assurer les droits fondamentaux de ses citoyens - il ne faut pas les confondre. Peut-on donc dire aujourd'hui que le FPI a contribué au renforcement de l’État de droit et des droits de l’homme en Côte d'Ivoire ?
Le regard de ceux qui vous connaissent peu, et surtout de ceux qui disent vous connaître, vous soupçonne d'entraver la liberté de tous les Ivoiriens en essayant d'hypothéquer le pouvoir.
Votre argumentaire est sans doute que vous voulez des élections propres ; ce qui se comprend au vu de certaines velléités manifestes de fausser le jeu démocratique. Mais y a-t-il jamais des élections propres en Afrique ou ailleurs ?
Cela dit, telle n'est pas la question à laquelle nous sommes invités à répondre. La question que vous posez se rapporte plutôt au « prix » de la liberté, c’est-à-dire, de la libération politique et économique et la conquête de la vraie indépendance. La réponse, dans ce cas, est simple :
(a) au niveau national, le FPI paie le prix de sa relative inexpérience à l’exercice du pouvoir d’État, pour n’avoir participé à aucun gouvernement avant son accession au pouvoir. En outre, le FPI paie le prix des turpitudes politiques de ses prédécesseurs, pour n’avoir pas pris la pleine mesure des effets néfastes de la soi-disant « Ivoirité », et pour avoir failli de se démarquer du faux nationalisme né de cette idéologie qui a profondément affectée la cohésion nationale.
(b) au niveau international, le FPI et la Côte d’Ivoire ont payé, paient et continueront de payer le prix de la volonté des Refondateurs de rompre les liens de dépendance économique et politique de ce pays, par rapport à l'ancienne métropole. En voulant imprimer un nouveau cours au destin de la Côte d’Ivoire, les Refondateurs se sont attirés le courroux de l'ancien colonisateur. Ailleurs, ils restent incompris, faute de communication.
3. Question No 2 : Quelles ont été les insuffisances, les lacunes, les défaillances du FPI ?
Les seules insuffisances, lacunes ou défaillances qu'admettra le Refondateur pur sang et ses sympathisants se résument au dédouanement suivant : Le FPI avait un projet de société ; mais le coup d'État manqué de 2002, qui s'est mué en rébellion, encouragée par l'opposition et l'ancien colonisateur, qui ont cru y voir un excellent moyen de nuire ou de se débarrasser du nouveau régime, ont bloqué les projets de libération politique et économiques de la Côte d’Ivoire nouvelle.
A l’appui de cet argumentaire le Refondateur montrera d’un doigt accusateur les agissements négatifs et négationnistes d'une opposition composée de ceux qui ont perdu le pouvoir après 40 ans de prébendes et de ceux qui y aspirent depuis quelques années. Il montrera également du doigt l'ancien colonisateur, échaudé par un réel risque de marginalisation dans les projets de diversification des partenaires économiques pour les grands projets de développement et qui, depuis le déclenchement de la rébellion, ne ménage aucun effort de nuisance maximale. Et, pour illustrer cette volonté de nuisance, il citera, pêle-mêle :
(1) l’imposition d'un règlement de la crise ivoirienne à Linas-Marcoussis,
(2) la manipulation du Conseil de sécurité de l’ONU en vue de paralyser les initiatives du gouvernement ivoirien,
(3) les manœuvres de division artificielle du territoire ivoirien sur des bases ethniques et/ou religieuses,
(4) le battage médiatique au niveau international envers et contre les autorités ivoiriennes,
(5) la nouvelle tentative de coup d’état de novembre 2004,
(6) l’assassinat de citoyens ivoiriens sur l’esplanade de l’Hôtel Ivoire,
(7) la destruction de la flotte aérienne militaire de la Côte d’Ivoire à Yamoussoukro et Abidjan, et bien d'autres manœuvres en main souterraine, attentatoires à la souveraineté de la Côte d'Ivoire, qui ont vu le déclenchement de nouvelles manifestions en janvier et février 2010.
Mais nous n’avons là qu’une version de la réalité. Quels sont les faits, et quel est le constat du regard extérieur ? Parce que des insuffisances, des lacunes et des défaillances, il en existe bien. Il suffit, pour s'en convaincre, de se pencher sur cette autre question qui participe du cadre de votre réflexion : 4. Question No3 : Le FPI a-t-il causé des souffrances au peuple de Côte d'Ivoire, ou a-t-il semé l'espoir ?
Mesdames et Messieurs Mes chers compatriotes,
On ne peut, d’une main, cacher la face ardente du soleil. Le regard extérieur croit fermement que les souffrances du peuple de Côte d'Ivoire sont dues à l’existence de conflits ethniques et religieux. Qu'en est-il dans la réalité ? Que fait le FPI pour dissiper les soupçons et expliquer la réalité sur le terrain ? Le FPI affectionnerait-il en secret ces schémas ? Le constat du regard extérieur est que, plus vous vous précipitez dans les institutions de la foi, moins vous êtes conciliateurs et tolérants. Comment un peuple devenu si pieux peut être si violent ? Existe-t-il un Dieu pour les Refondateurs différent de celui de leurs adversaires politiques ?
Les faits de ce blasphème sont implacables et indéniables :
(1) il existe, de fait, une division nord/sud,
(2) le peuple de Côte d'Ivoire, et non les dirigeants du FPI, s'appauvrit,
(3) le peuple de Côte d'Ivoire, et non les dirigeants de l'opposition ou de la rébellion, souffre,
(4) le peuple de Côte d'Ivoire, et non l'ancien colonisateur, continue sa descente aux enfers.
N’ayant confié son destin ni à l'opposition, ni à la rébellion, ni à l'ancien colonisateur, quand viendra le moment de rendre des comptes, le peuple de Côte d'Ivoire se tournera vers la Refondation et, en toute légitimité, l'interrogera sur
(1) son manque de vigilance ; par exemple :
(a) Comment n'avoir pas prévu l'antagonisme et la frustration de l'ancien colonisateur ?
(b) Comment n'avoir pas prévu la tentative de coup d'état ?
(2) son manque de préparation et d'efficacité ; par exemple :
(a) la conduite désastreuse de la guerre.
Le peuple de Côte d'Ivoire sera justifié d'interroger la Refondation sur
(3) l'imitation de l'autoritarisme et des travers des régimes qui l'ont précédé,
(4) l'enrichissement illicite et l'arrogance de ses cadres, et
(5) la paralysie presque constante aux plans politique et économique.
Tel est le constat que font aujourd'hui ceux qui vous observent de l'extérieur, qui voudraient tant vous comprendre, mais que vous décevez chaque jour un peu plus par votre instinct de thanatos.
En effet, quand, ailleurs, on met la fortune et l'expérience acquises à la sueur de son front au service du peuple, ici, même sous la Refondation, la quasi-totalité des politiciens s'enrichissent au prix et au détriment de la sueur et du sang du peuple. Chacun pense que son tour est venu de se servir ; et le clientélisme s'alimente et se renouvelle de plus belle, et le poisson continue de pourrir par le ventre. Sinon, pourquoi le peuple de Côte d'Ivoire a-t-il plus faim aujourd'hui qu'hier ? Pourquoi existe-t-il cette fracture nationale latente qui ne semble toujours pas être une priorité pour certains ? Pourquoi les fils et les filles de ce pays continuent de se regarder en chiens de faïence ? Pensez-vous, comme vos prédécesseurs, qu'il ne s'agit là que de « frustrations artificielles »[4] ? Ou bien serait-ce là les nouveaux « Chemins de votre vie » ? Aussi, quand vous vous demandez si c'est le FPI qui a causé des souffrances au peuple de Côte d'Ivoire, le regard extérieur vous répond que vous ne posez pas la bonne question. Le seul constat qui compte, c'est que le peuple de Côte d'Ivoire souffre, et que vous avez accédé au pouvoir en promettant de le sortir de la souffrance. Les insuffisances et les défaillances sont donc les vôtres en premier chef, et il ne sert à rien de vouloir déplacer la question sur le terrain glissant de l'intellectualisme. Toutes les excuses sont bonnes pour expliquer l'échec. Mais suffira-t-il de justifier l'échec ? Et si la crise sociopolitique était une aubaine permettant aux Refondateurs de cacher leurs faiblesses réelles et leur inexpérience à l'exercice du pouvoir ? Par contre, les questions de fond sont celles de savoir si le FPI est sincère, s'il a la volonté de refonder, non seulement dans le discours, mais dans les actes, et s'il a la capacité de fédérer.
Mesdames et Messieurs, Mes chers compatriotes,
La société est à l'image de ses dirigeants et ne vaut que le traitement que ceux-ci lui accordent. Toute société dans laquelle les dirigeants négligent les domaines affectant directement les citoyens les plus vulnérables, tels que l'éducation, la santé, et l'emploi, finit par faire les frais de sa négligence et de son inaction. Il en est ainsi pour l'éducation, un secteur dans lequel les conditions de travail des enseignants, des élèves et des étudiants se sont détériorées depuis des années et continuent de l’être sous un pouvoir dirigé par des enseignants. Il s'agit là d'une défaillance flagrante et grave ; car il est ahurissant d’apprendre que les étudiants de l'université de Cocody viennent à peine de boucler l’année universitaire 2008, et que c’est seulement maintenant qu’ils vont entamer l’année universitaire 2009-2010. Les enseignants seraient occupés à faire de la politique... et ils invitent les élèves et les étudiants à venir battre le pavé pour eux. Les élèves et les étudiants sont endoctrinés, instrumentalisés et armés pour servir de bétail de manifestations de rues et pour terroriser le reste de la population en détruisant et en brûlant les symboles de l'État. Parce que, bien sûr, l'État ce n'est pas moi. L'État, c'est l'adversaire politique ; et détruire les symboles de l'État, c'est détruire l'adversaire politique. Et tout le monde s'y met à cœur joie, par jeunesse interposée. Une jeunesse qui se rêve une destinée politique et qui n'hésite pas à vouloir se l'approprier par la violence gratuite. Mais à quel futur se destine un pays dont les dirigeants politiques seraient issus d'une telle culture d'obscurantisme et d'à peu près ? Voilà la question à laquelle le regard extérieur souhaiterait que vous puissiez répondre.
En effet, ce qui intrigue ceux qui connaissent un peu notre pays, c'est votre pratique ancienne de recruter et d'ériger des « jeunes patriotes » en 4e pouvoir de la République. L'histoire nous enseigne que les « chemises noires », les « SA » et les « gardes rouges », tous des « jeunes patriotes », n'ont jamais conduit à la liberté. Au contraire... Les chemises rouges et jaunes qui se succèdent dans les rues de Bangkok, ceux-ci pour Thaksin Shinawatra et ceux-là pour le premier ministre Abhisit Vejjajiva, les uns clamant être plus démocrates que les autres, sont loin d'avancer la cause de la démocratie en Thaïlande.
Le regard extérieur est donc d'avis que les souffrances du peuple de Côte d'Ivoire sont dues à une mauvaise appréciation de la démocratie. Plutôt qu'une démocratie, Platon vous dirait que la vôtre est, à quelques exceptions près, le modèle précurseur de la cour du roi Peteau, une cour dans laquelle tout le monde, des dirigeants politiques aux journalistes et aux loubards, se laisse aller à l'épithète et à l'invective, au vitriol facile et à la vengeance. Vous passez presque tout votre temps à vous insulter gratuitement, à faire des calculs mesquins, alors que l'essentiel, le peuple de Côte d'Ivoire, reste en souffrance.
Le peuple de Côte d'Ivoire fait donc les frais de la négligence de son capital humain. Si le FPI a semé l'espoir, il ne peut se disculper de n'avoir pas su faire en sorte que tous les Ivoiriens puissent en jouir. Vos prédécesseurs et vos adversaires politiques auront beau jeu de dire qu’ils ne sont pas aux affaires, ils ne peuvent s’en disculper eux non plus.
Il est temps d'apaiser les cœurs, de désarmer tous les gros bras et « ...d'être rebelle à toute vanité [...] et ...de se ceindre les reins comme [de] vaillants hommes » (Césaire, 1956). La vraie victoire est celle qui force le respect de l'adversaire et non celle qui entretient la peur de la rétribution sauvage. Avoir peur de quelqu'un, ce n'est pas l'aimer, ce n'est pas le respecter. Le FPI souhaite-t-il que les Ivoiriens continuent de vivre dans la peur ?
Le regard extérieur suggère que la Refondation fasse preuve de hauteur d'esprit, de patience, de tolérance, de vision, de sagesse et de MAGNANIMITÉ. Car ce que vous voulez, comme dirait encore Césaire (1956), « c'est pour la faim universelle, pour la soif universelle ». Car l'adversité politique n'exclut pas la civilité. Respecter l'adversaire politique, c'est se respecter soi-même ; l'enfermer dans la plus étroite appartenance et le mettre le dos au mur, c'est prendre un risque démesuré sur sa propre sécurité. Etre libre, comme l'explique Nelson Mandela, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est respecter et renforcer la liberté de l'Autre, fut-il l'adversaire politique. Personne, même l'ennemi politique le plus farouche, ne mérite d'être méprisé et ne peut vous conduire à la rancune et à la haine, sources de paralysie et de confusion, destructrices des valeurs humaines et des droits de l'Homme.
La Refondation, au contraire de ses adversaires politiques, et sans attendre que ceux-ci en fassent de même, doit s'attacher à montrer les nouveaux chemins de notre destin commun. Elle doit s'efforcer de prendre du recul et se hisser au dessus de la caverne de l'ignorance pour instiller un sens réel de maturité et de sagesse, une capacité de fédération dont cette Nation a aujourd'hui le plus besoin. Ceci nous amène à la dernière question de votre cadre de réflexion.
5. Question No 4 : Que doit faire le FPI pour que, dans 50 ans, l'assurance d'une Côte d'Ivoire libre soit réelle ?
Refonder et fédérer, à long terme, exige une appréciation de nos forces et de nos faiblesses. La Côte d'Ivoire a des atouts considérables, notamment au plan économique, qui en font un acteur incontournable dans la sous-région. Elle dispose également de cadres, tant à l’intérieur que dans la diaspora. Elle devra mobiliser ces ressources économiques et humaines au service de son développement. Et sa capacité à réconcilier les Ivoiriens avec eux-mêmes sera fondamentale à la réussite de cette tâche.
Toutefois, la réalisation de cet objectif exige un travail soutenu de communication aux niveaux national et international. La vision nationale de la Refondation en ce qui concerne la restructuration de l’État et de la Nation néglige le rôle fondamental de nos langues nationales, et tout particulièrement de linguae francae,telles que le dioula ou le baoulé, en tant que vecteurs de messages subliminaux. L'élite politique s'attache à ne s'exprimer qu'en français (nous en sommes aujourd'hui coupables !), comme si tous nos concitoyens comprenaient vraiment ce dont nous parlons dans cette langue. Fédérer, ce sera aussi accorder à chacun et à tous le droit à une communication ouverte et sans faux fuyants, une communication qui va droit au cœur et se dissocie du journalisme de désinformation et des épithètes d'une presse partisane et franchement médiocre.
Au niveau international, il serait utile de se demander quel regard la Refondation porte sur l'extérieur. Quelle place réserve-t-elle aux Ivoiriens de la diaspora et à la communauté internationale ? Qu'en attend-elle ? La Refondation gagnerait à formuler une politique claire de communication de ses idéaux à ces acteurs extérieurs, aux fins non seulement de soigner son image, mais d'énoncer sa vision, non seulement de sa place dans la conduite des affaires de l'État de Côte d'Ivoire, mais aussi de la place de la Côte d'Ivoire dans le concert des nations. Ce, en partie, parce que nombreux sont ceux qui ignorent tout de la Côte d'Ivoire et du FPI, particulièrement en Asie, en Océanie et en Amérique Latine. Le peu qu'ils en savent s'apparente à l'image générale que l'on se fait des pays du Tiers-Monde dans les médias, des pays déchirés par les guerres civiles et les coups d'État, et dévastés par la famine. Informé que j'étais invité à faire cette communication, Gough Whitlam, ancien premier ministre australien (1972-1975), m'a dit en substance : « Ta communication sera donc très brève, n'est-ce pas ? À part le fait qu'ils méprisent leur peuple, nous ne savons presque rien d'eux... ». La Refondation est-elle vraiment différente des autres partis politiques ? Aurait-elle un idéal et un projet de société ? Pourquoi ne le communiquerait-elle pas plus largement au reste du monde ?
La Refondation gagnerait également à repenser la politique étrangère de la Côte d’Ivoire. Il est urgent, en effet, de redéfinir les relations, économiques et autres, entre la Côte d’Ivoire et les pays africains, ainsi que le rôle de ce pays au sein des institutions régionales, africaines et internationales, en façonnant son approche sur des pays qui offrent des modèles de préservation de l’indépendance nationale. La diplomatie n'est pas que l'arme des forts, elle est aussi et surtout celle des faibles, parce qu'elle leur permet d'être écoutés et d'agir avec efficacité. Ceux qui hurlent et aboient finissent par lasser leur audience ; et quand on n’a plus d’audience, on a beau s’armer jusqu’aux dents, on est aussi faible que la brise du matin.
Sur les plans économique et monétaire, par le biais d'une diplomatie de proximité au niveau régional, la Refondation devra entretenir et encourager la réflexion sur la remise en question de l’arrimage de la monnaie de la zone franc à l’euro, ce système dont le taux de change est biaisé de façon manifeste et qui ne fait que prolonger la dépendance économique et l’appauvrissement des zones franc[5]. Compte tenu de son poids dans cette zone, la Côte d'Ivoire est sans doute le premier pays auquel incombe cette responsabilité. La monnaie étant un bien public de régulation de l’économie, il est important de la maîtriser pour atteindre ses objectifs de développement.
6. En guise de conclusion
Une fois la crise actuelle réglée, rien ne sera plus comme avant en Côte d'Ivoire, quelque soit le parti au pouvoir. Voilà un acquis à mettre au compte de la Refondation. Cela dit, les défis auxquels la Côte d'Ivoire est confrontée restent nombreux et multiformes, et le pays est à la croisée des chemins. Il est important que la Refondation commence à s’atteler à ces défis dans un certain ordre de priorité, qu'elle le fasse non seulement avec détermination, mais avec méthode. À trop vouloir étaler et disperser son énergie, on finit par s’essouffler… Plutôt que de se taper la poitrine en harangueur revanchard des foules et prêcher à sa propre chapelle, il faut bâtir sa force de frappe pour parler avec autorité. La Refondation devra apprendre à imposer silence et mutisme à ses accès de vanité. C'est dans le silence calculateur, plutôt que dans les apostrophes et les épithètes de l'invective, que l'on trouve les solutions qui gagnent. Etre trop confiant est la recette de l'échec.
Mesdames et Messieurs, Mes chers compatriotes,
Vous m'avez demandé de vous offrir un regard extérieur sur la Refondation, un regard neutre. Est-il vraiment possible de porter un regard neutre sur son propre pays ? Comme vous pouvez le constater, j'ai tout simplement choisi, non pas le parti pris, mais le parti de « l'homme qui interroge » (Fanon, 1952).
Je vous remercie.
Paulin G. Djité, M.Sc., Ph.D. (Georgetown U., USA),

dimanche 7 février 2010

Mambé sort enfin la “bombe” : Voici le courrier confidentiel du président de la CEI au facilitateur Blaise Compaoré

 lundi 8 février 2010 - Par Le Nouveau Réveil Taille des caractères
    
A son Excellence Monsieur le Président Blaise COMPAORE Président du Faso, Facilitateur de la cise Ivoirienne S/C du représentant spécial du Facilitateur à Abidjan.

Excellence,
1- Dans la nuit du Vendredi O8 janvier 2010, M. Coulibaly Gervais porte parole de son Excellence, M. Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d’Ivoire, dans une déclaration télévisée, m’a mis en cause, en ma qualité de Président de la Commission Electorale Indépendante sur ce qui est devenu “l’affaire des 429 000, pétitionnaires” et je cite
«L’exposé de Monsieur BEUGRE MAMBE, Président de la CEI à fait en présence du Représentant Spécial du Facilitateur et du Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU a révélé qu’il a autorisé de manière unilatérale et discrétionnaire un croisement complémentaire hors de la SAGEM et l’INS qui a mis en évidence quatre cent vingt neuf mille (429 000) personnes à intégrer d’office à la liste électorale définitive qu’elles se soient présentées ou non aux réclamations.
Pour ce faire, il a commis une soixantaine d’informaticiens à l’installation d’un logiciel parallèle dénommé Liste Electorale Provisoire 2009 (LEP 2009). Ce logiciel pourtant rejeté par la Commission Centrale de la CEI le 14 Décembre 2009, devrait intégrer les quatre cent vingt neuf mille (429 000) personnes issues de la liste litigieuse et résultant du croisement clandestin ».
2- Au regard de cette déclaration, et après mûre réflexion, il me parait plus qu’indispensable, de porter à votre connaissance et à votre sagacité, les éléments d’éclairage pour vous permettre de forger votre propre opinion
3- Plusieurs idées structurent cette déclaration, à savoir entre autres :
a) Autorisation unilatérale discrétionnaire d’un croisement
b) Croisement complémentaire hors la SAGEM et l’INS
c) Mise en évidence de 429 000 personnes à intégrer d’office à la liste électorale définitive.
d) Intégration d’office des personnes qu’elles se soient présentées ou non aux réclamations:
e) logiciel rejeté par la Commission Centrale de la CEI l 14 Décembre 2009.
4- De l’autorisation unilatérale discrétionnaire d’un croisement
4-1- En réalité ; au terme de la publication des résultats du croisement qui faisait apparaitre un solde de 1,9 millions de personnes dont le statut était indéterminé, la CEI a estimé qu’il y avait encore des potentialités de gisement d’Ivoiriens dans ce solde et instruit de saisir les Sous-commissions LISTES ELECTORALES et OPERATIONS ELECTORALES à l’effet d’établir avec les techniciens de la CEI les critères par lesquels des croisements pouvaient être suggérés aux structures en vue du croisement additionnel par SAGEM-Sécurité et l’INS.
4-2- En toute conscience, voici la chronologie des faits concernant ces travaux de recherche par croisement :
a) Le Mardi 27 Octobre, lors de sa réunion à 11h45, le Bureau de la CEI s’est préoccupé de retrouver le maximum d’Ivoiriens sur la “liste litigieuse”.
Il a été demandé que les deux sous-commissions “LISTES ELECTORALES” et “OPERATIONS ELECTORALES” soient saisies pour élaborer avec nos techniciens les critères de croisement en s’appuyant sur ceux utilisés par SAGEM Sécurité et l’INS.
b) le Mercredi 28 Octobre à 14h15, les deux sous-commissions ont rendu compte des résultats de leurs travaux à la Commission Centrale.
Les critères de croisement ont été adoptés. Ces critères étaient au nombre de 21 (vingt et un}. (Voir document n°1). .
c) Lors d’une réunion le Jeudi 29 Octobre, présidé par Monsieur le Premier Ministre à son Cabinet en présence de toutes les structures, avait été mise en évidence la nécessité de procéder à des recherches complémentaires d’Ivoiriens pour éviter l’amplification de nombreuses plaintes enregistrées après examen des données où figuraient la liste de 1,9 millions de cas litigieux.
Pour aider à déterminer des critères de recherche pouvant donner des résultats plausibles, lors de cette même réunion, la CEI a indiqué qu’elle venait d’adopter en Commission Centrale le Mercredi 28 Octobre des critères de recherche.
43- Ces critères ont été transmis au Cabinet de M. le Premier Ministre à toutes fins utiles le 29 Octobre 2009. (Voir document n°2). Le Cabinet du Premier Ministre les a soumis à la critique de SAGEM et l’INS.
44-Le 1er Novembre 2009 s’est tenue à Yamoussoukro, sous la présidence du Chef de l’Etat, une réunion sur l’opportunité de faire réaliser des croisements complémentaires par SAGEM et l’NS. Ces croisements complémentaires sont apparus indispensables pour permettre de retrouver le maximum d’Ivoiriens. Sur la base des 21 critères proposés par la CEI, l’INS et SAGEM ont suggéré et obtenu que soient retenus seulement les critères énumérés dans le communiqué conjoint PRIMATURE - CEI. (Voir document n° 3).
45- C’est l’utilisation des critères retenus, après la réunion de Yamoussoukro, sur la base de ceux Proposés par la CEI que les croisements ont permis à SAGEM Sécurité et l’INS de passer de 1,9 millions à 1,033 millions de cas litigieux.
C’en est suivie la publication de listes en deux parties :
*Une liste dite “blanche”, de 5,3 millions de personnes identifiées comme Ivoiriennes;
*Une liste grise de 1,033 millions de personnes à statut indéterminé. Ces listes ont été affichées au plus tard le 26 Novembre 2009 sur toute l’étendue du territoire nationales et à l’étranger.
46- L’éclatement de cette affaire a conduit la Commission Centrale de la CEI à faire une déclaration dans laquelle on peut tirer les éléments suivants :
« Après le dernier croisement complémentaire réalisé par les opérateurs Techniques que sont l’INS et la SAGEM avec raccord des acteurs politiques et qui a donné une liste litigieuse comportant 1,033 millions pétitionnaires, les informaticiens de la CEI ont fait une prospection interne sur cette liste pour explorer la possibilité d’y trouver encore des Ivoiriens à récupérer.
A la réunion de la Commission Centrale du 14 Décembre 2009, les Techniciens ont présenté aux commissaires Centraux, les résultats de ce travail interne. Des CD ont été remis aux Commissaires Centraux pour se faire une opinion sur la qualité du travail. La Commission Centrale, après avoir débattu de la question, a estimé que le contentieux étant déjà engagé après l’affichage de la liste électorale provisoire, les états de ces recherches internes ne pouvaient être pris en compte qu’à deux conditions, à savoir:
- Que les acteurs politiques donnent leur accord pour leur prise en compte ;
- Que les opérateurs Techniques l’INS et SAGEM ainsi que l’ONI et la CNSI y soient associés... »
(Document no 4 déclaration de la Commission Centrale)
De ce qui précède, il ressort que le président de la CEI n’a pas donné d’autorisation unilatérale et discrétionnaire d’un croisement. Ce fut un exercice de recherche connu de tous en vue d’avoir une projection sur les possibilités de trouver des Ivoiriens sur les 1,033 million de liste litigieuse.
5- Du croisement Complémentaire hors la SAGEM et l’INS
51- Le travail de prospection réalisé pour se faire une idée des Ivoiriens potentiels qui ressortiraient des résultats n’est pas un croisement pour accorder le statut d’Ivoiriens. Il faut préciser que c’est ce travail par séquences de prospections qui a permis à la CEI d’assumer sa mission de supervision et faire progresser les résultats de croisements en passant successivement de 2,1 millions à 1,9 millions puis à 1,033 millions de cas litigieux.
Il s’agissait simplement de disposer d’une vue générale, car selon les textes (décrets, mode opératoire, cahier des charges, etc..), ces deux structures travaillent sous l’autorité et la responsabilité de la CEI. Sur le plan technique, il était impératif que la CEI ait une capacité de jugement sur les produits du couple SAGEM-Sécurité -INS.
52- Au demeurant, lors du CPC tenu à Ouagadougou le 03 Décembre 2009, le Président de la CEI a porté à la connaissance des honorables membres du CPC, l’existence de cette vision perspective de recherches internes qui pourrait permettre d’entrevoir qu’il serait potentiellement possible de trouver entre 400 000 et 550 000 Ivoiriens au terme du contentieux en cours. Suite à cette communication, le Président de la CEI a été encouragé à tout mettre en œuvre pour retrouver le maximum d’Ivoiriens en vue d’une élection inclusive.
53- Cette même information a été rappelée à la haute attention de son Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire lors de l’audience qu’il a bien voulu accorder à une délégation de 4 membres du Bureau de la CEI le 25 Décembre 2009. lors de cette rencontre, il a été bien indiqué au chef de l’Etat que toute utilisation reste tributaire d’un travail d’équipe avec les autres structures. Il a marqué sa préférence pour les contentieux directs sur le terrain. Même s’il avait marqué son accord, nous aurions consulté les autres membres du CPC et engagé un travail d’affinement avec les autres structures. Il n’ était donc pas envisagé d’utiliser les résultats comme produits officiels de croisement.
LA CEI est restée constante dans sa détermination:
-Se doter de moyens techniques pour assurer sa mission de supervision,
-Associer les autres structures,
-Avoir l’accord des membres du CPC
6- Mise en évidence de 429 000 Pétitionnaires à intégrer d’office à la liste électorale définitive.
61- lors de la première présentation faite par les deux sous commissions OPERATIONS ELECTORALES et LISTES ELECTORALES, les Techniciens de la CEI ont mis en évidence un gisement de 540 000 Ivoiriens potentiels que les recherches pourraient permettre de retrouver si elles avaient lieu.
La Commission Centrale a Jugé certains critères discutables et a suggéré de les affiner en rappelant les deux réserves mentionnés au point 46.
C’est le travail de recherche plus raffinées qui aurait conduit à 429 000 pétitionnaires potentiels.
62- Objet de la mission
Selon l’entendement de SAGEM Sécurité, la transcription des résultats issus du traitement des contentieux par les CEI locales était du ressort des autorités Ivoiriennes.
A cet effet, SAGEM a communiqué à la CEI l’application à utiliser dans les ordinateurs pour la configuration de ces résultats par lettre en Décembre 2009. (Voir document n°5).
C’est le logiciel transfert de cet applicatif que les Informaticiens de la CEI ont été chargés d’installer dans les CEI locales pour l’usage des Commissaires locaux qui devraient être formés, à cet effet, par les informaticiens. Leur départ en mission a été décidé le 31 Décembre 2009 par la Commission Centrale.
C’est bien ce qui apparait comme objet dans l’ordre de mission signé le
04 Janvier 2009 par le Secrétaire Général: « installation de l’application du traitement du contentieux et assistance aux Commissaires» (Voir document n°6) ;
63- feuille de route élaborée par l’équipe Technique
En appui à leur ordre de mission, les experts de la cellule Technique auraient élaboré une feuille de route, dont le contenu fait apparaitre
(document n° 7) au point n° 4:
- «Après la formation, imprimer le document “LISTE DES PETITIONNAIRES RETROUVES PAR LA CEI SUR LE RESIDUEL DE SAGEM que les commissaires utiliseront pour la validation. »
Ce point n° 4 ainsi que les points 1, et les points 6 ne font pas partie de l’Agenda de la Commission Centrale et du Président.
64- Les instructions qui ont été données par le Président de la CEI avant la mission qui a été lancée le 04/01/10
Pour éviter tout dérapage et par anticipation, le Président de la Commission Electorale Indépendante, au terme de la réunion de la Commission Centrale le 31 Décembre 2009 a donné une INSTRUCTION FERME aux techniciens leur demandant de NE JAMAIS FAIRE USAGE des résultats DES TESTS DE RECHERCHES EFFECTUES EN GUISE DE PROJECTION, les 4 experts de la cellule Informatique le rappellent, en toute honnêteté, dans la réponse à leur demande d’explications a eux adressée par le secrétaire général. (Voir document n° 8 page 2/2).
Ayant interdit le 31 Décembre 2009, l’usage des résultats de projections, le président de la CEI n’a donc jamais donné instructions aux techniciens l’installation encore moins l’usage des dits résultats dans la gestion du contentieux dans les CEI locales.
7- L’Intégration d’office des 429 DOO pétitionnaires qu’ils se soient présentés ou non aux réclamations.
71- Cette affirmation est aux antipodes des procédures en vigueur dans le mode opératoire qui décrit les étapes du processus et surtout des mécanismes de contentieux élaborés par la CEI qui ne permet, en aucun cas, l’intégration d’office des 429 000 pétitionnaires.
72- En effet, même dans la mise en œuvre de leur “feuille de route”, les experts ont structuré l’utilisation de ce fichier des 429 000 pétitionnaires en insistant sur le respect des procédures en vigueur dans les CEI locales. Dans le compte-rendu de la réunion préparatoire organisée le 29 Décembre 2009, mis à ma disposition au terme de la demande d’explication, ils mentionnent:
“ Validation individu par individu à partir des listes de cas litigieux en, possession des CEI locales. La procédure de validation est identique à celle déjà en application dans les CEI locales”.
73- Il n’est donc mis en évidence que malgré l’erreur faite d’introduire ce fichier dans les CD comme OUTIL D’AIDE A LA DECISION” (document n° 4: déclaration de la Commission Centrale), ils avaient conscience que le fichier ne permettait pas de passer outre les procédures en vigueur dans les CEI Locales et qu’il y avait exigence à s’y conformer.

74- En guise de rappel, les procédures en vigueur dans les CEI Locales sont articulées comme ci-après :
a) le pétitionnaire sur la liste “grise” litigieuse a l’obligation de se présenter devant les Commissaires locaux de la CEI.
b) le pétitionnaire remplit une feuille de réclamation mise à sa disposition par la CEI
c) Il joint à sa réclamation tous les documents exigés pour l’examen de sa réclamation.
d) Les Commissaires de la CEI représentants des partis politiques membres de la CEI siègent en commission locale, examinent le dossier, décident du sort réservé à la réclamation, signent le PV de décision et publient les résultats.
e) Si la réclamation a été validée positivement, elle donne alors lieu à inscription sur la liste à présenter dans le centre de coordination. Il y a donc une impossibilité technique et procédurale directement des pétitionnaires. Tous les partis politiques étant représentés dans les CEI locales, seule la procédure adoptée de commun accord peut prospérer.
75- Pour des raisons de transparence et au regard des exigences de collégialité et de confiance, au cours des réunions de coordination regroupant toutes les structures ONI -INS -CNSI - SAGEM en présence du Ministère de l’Economie et des Finances, du CCI, de l’ONU, du Représentant du Facilitateur, du PNUD, de l’Union Européenne, à la ŒI, il a été décidé de regrouper toutes les structures, dans les centres de coordination situés dans les chefs lieux de département, au nombre de 70 (y compris Abidjan) en vue du traitement des listes de validation issues des CEI Locales pour constituer la liste définitive. Une lettre circulaire a été rédigée à cet effet depuis le 11 Décembre 2009. (cf document n°9.
NB: Il faut noter que selon les spécifications des listes Electorales, l’Etape 3 du point 22 stipule que les listes définitives sont constituées dans les centres de coordination. (cf document n° 10).
Il n’est pas possible d’intégrer d’office des personnes présélectionnées sans que celles-ci soient soumises au processus de réclamation. Le Président de la CEI ne pouvait donc pas le réaliser.
8- Au moment de la déclaration du porte-parole Gervais Coulibaly dans la nuit du 08/01/10 les listes électorales définitives étaient-elles constituées ?
81- Pour bien comprendre le mécanisme de constitution de la liste électorale définitive, il faut identifier qu’il y a au moins 5 étapes. (Document n° 11 intitulé mécanisme de constitution de la liste électorale définitive).
Au moment de la déclaration ci-dessus mentionnée, nous étions à l’étape n°2 du document n°11. Le traitement des résultats dans centres de coordination n’avait pas encore démarré.
Ce traitement a commencé le 18 Janvier 2010.
Il ne pouvait donc pas exister au 08 janvier 2010 une liste définitive dans laquelle aurait été intégré le gisement de 429 000 pétitionnaires.
Toutes ceux qui avaient éventuellement leurs noms dans ce gisement avaient obligation, selon le mode opératoire en usage dans les CEI Locales, de passer par le contentieux en respectant toutes les étapes décrites dans le point 74.
C’est donc faire une mauvaise querelle à la CEI face à l’impossibilité matérielle et technique d’introduire ces 429 000 pétitionnaires (fichier au format PDF).
9- Les motivations des regrets présentés.
Ces regrets ont été présentés spécifiquement au nom et pour le compte de la Commission Centrale de la CEI en égard à la sensibilité de l’opération d’identification de la population et du recensement électoral.
En effet, l’orchestration du battage médiatique avait stigmatisé tellement d’énergies et des réactions contradictoires, parce que chacun ayant sa compréhension de l’événement et son interprétation, qu’il fallait éviter les tensions inutiles.
Les regrets concernent le dysfonctionnement qui n’a pas permis de détecter avant le départ en mission des techniciens, l’existence dans leur CD, du fichier des 429 000 pétitionnaires.
Nous visions surtout à ramener le calme et la sérénité pour travailler dans une atmosphère apaisée.

10-Conclusion
En mon âme et conscience
Les tests réalisés procèdent de décisions collectives avec les réserves mentionnées et visaient à la qualité des travaux.
2- En ma qualité de Président, aucune instruction n’a été donnée à qui que ce soit pour positionner le fichier des 429 000 pétitionnaires. Au contraire, nous avons expressément donné des instructions pour que le CD des 429 000 pétitionnaires ne sorte pas de la CEI et ce, depuis le 31 Décembre 2009.
3- Aucune intention, perspective de fraudes au profit de qui que ce soit dans un contexte de sortie de crise aussi difficile n’a habité la Commission Centrale, le Bureau et le Président. Je ne puis comprendre qu’on parle de fraude dans ces conditions.
4- Les mécanismes de validation en vigueur ne permettent pas à des pétitionnaires de s’inscrire directement sans passer par le contentieux.
5- A la date de déclaration de M. Gervais COULIBALY porte-parole du Président Laurent GBAGBO, aucun Ivoirien n’était encore inscrit sur la liste définitive, les centres de coordination étant inopérants.
Autant qu’il puisse exister sur cette terre des hommes de droiture qui ont conscience de l’importance de 10 tâches à eux confiée, mon action dans toute l’opération d’Identification de la population et de recensement électorale visait à la transparence et à la qualité des résultats pour des élections apaisées et acceptées par tous.
Je vous prie de croire Excellence, à l’expression de ma haute et respectueuse considération.
Abidjan, le 02 Février 2010
Robert Beugré MAMBE
Président de la Commission
Electorale Indépendante
Côte d'Ivoire

Copie :
- Son Excellence, M. Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d’Ivoire
- Son Excellence, M. SORO Kigbafori Guillaume, Première Ministre.
- Son Excellence, Monsieur BAN KI-MOON, Secrétaire Général des Nations Unies S/C du Représentant spécial du Secrétaire Général des Notions Unies à Abidjan
-Son Excellence, M. Henri KONAN Bédié Président du PDCI-RDA
- Son Excellence, Allassane Dramane OUATTARA,
Président du RDR