mercredi 24 décembre 2008

Coup d’Etat de décembre 1999 - Un ex-garde de corps de Guéi fait des révélations

mercredi 24 décembre 2008 - Par Le Patriote

Ce qui a provoqué le coup d’Etat

Avant la date fatidique du 24 décembre 1999, nous étions en Centrafrique pour une mission Onusienne de maintien de la paix d’une durée de six mois. Une fois arrivés sur le théâtre des opérations, le commandement ivoirien nous a fait savoir qu’il y avait un déficit de soldats de la paix sur le terrain. Ainsi, la mission de six mois a été une première fois revue à la hausse. Trois autres mois ont été ajoutés sur les six mois que nous devions passer en Centrafrique. Finalement, nous nous sommes retrouvés à neuf mois de séjour en dehors du pays. Une fois ces neuf mois écoulés, ils nous ont dit qu’il y avait toujours un déficit de soldat. Nous avons alors été priés de compléter notre séjour à un an sur le sol Centrafricain. Après quoi, il y a eu enfin la relève. J’étais membre du premier contingent de la Firpac (Force d’intervention rapide para-commando). Etant en Centrafrique, nous avions des dossiers relatifs à notre prime. Selon ces documents, chaque soldat ivoirien avait droit à 7.000 F par jour comme prime alimentaire. Nos chefs nous ont officiellement déclaré 5.000 F par jour au lieu de des 7.000 F prévus par l’Organisation mondiale. Ainsi, par cette manœuvre, ils bénéficiaient sans aucun effort d’un reliquat de 2.000Frs sur nos primes journalières à notre insu. En plus de cela, ils prélevaient encore 2.000Frs sur les primes journalières de 5.000 Frs pour assurer notre pitance quotidienne. Finalement, nous nous retrouvions avec la somme de 3.000Frs comme prime. Or, dans le cadre de cette mission, l’Onu avait déjà envoyé l’argent au pays. De retour au pays, il était donc prévu que chaque soldat touche 9 millions. Au lieu de cela, à notre arrivée, ils nous ont tenu un langage ambigu. Le commandement ivoirien a estimé que les primes alimentaires calculées par l’Onu ne pouvaient pas être octroyées à ses soldats. Des sous-officiers ont alors pris des papiers pour aller se renseigner à l’Onu sur le montant réel des primes. A la suite de cette démarche, nous nous sommes rendus compte du fossé qui séparait la somme réelle de ce qui nous avait été octroyée par nos chefs. Il était donc évident que nous avions été grugés. N’acceptant pas d’avoir sués sang et eau en Centrafrique durant toute une année pour des prunes, nous avons eu des réunions et des rencontres avec nos chefs hiérarchiques afin de trouver des voies et moyens pour que justice nous soit rendue. C’est d’ailleurs dans ce cadre que les généraux M’Bahia et Soumaïla Diabagaté se sont rendus en Centrafrique pour trouver une solution à l’épineuse question des primes des soldats ivoiriens. Malheureusement, ils n’ont pas eu gain de cause. Et sont revenus les mains vides au pays. Ces derniers nous avaient dit qu’arrivés au pays, il n’y aurait pas de problème et que le pays nous serait reconnaissant. Il nous avait été dit par ailleurs qu’à notre retour, nous aurions droit à des stages de formation à l’étranger. Contre toute attente, le général Tautui Marius, commandant des Forces Terrestres est allé rencontrer le Président Bédié. Au cours de cet échange, il a dit au chef de l’Etat qu’il renoncera à son statut de général des forces armées terrestre si ce dernier se pliait à notre requête. Comme argument, il a soutenu que les paquetages qu’on nous a donnés à Libreville au Gabon avaient été payés par l’Etat de Côte d’Ivoire. Les véhicules militaires qui nous avaient servi également avaient été loués par l’Etat. Selon lui, ce sont ces différents éléments qui avaient été retranchés de nos primes. Après ces calculs, je me suis retrouvé avec la somme d’un million cinq cent mille Francs (1.500.000Frs). Cette somme variait en fonction des grades des soldats. En ce temps, j’étais caporal donc ayant rang de sous-officier. Les militaires de rang avaient la somme d’un million quatre cent mille Francs (1.400.000Frs). Les sous-officiers quant à eux ont reçu la somme d’un million cinq cent mille Francs (1.500.000Frs). Nous n’avons jamais connu la somme octroyée aux officiers. D’ailleurs, elle n’a jamais été donnée en notre présence. Cela s’est passé à huis-clos dans la salle de cinéma du 1er Bataillon. C’est également dans cette salle que nous avons reçu notre argent dans des enveloppes scellées. Après cette mésaventure, nous avons décidé de ne pas baisser les bras. Et d’entreprendre un bras de fer avec les autorités militaires afin de rentrer en possession de notre pécule. Débute alors, pour nous, une longue série de réunions afin de déterminer le meilleur moyen d’aller poser nos réclamations au Président de la république. Nous sommes allés une première fois vers le Président avec à notre tête, le sergent Boka Yapi. Malheureusement, Bédié a refusé de nous recevoir. C’est dans ces conditions que le coup d’Etat est survenu.
Le modus operandi du coup d’état du 24 décembre 1999
Pour revenir au mode opératoire du coup d’état, il faut dire qu’après notre arrivée sur les bords de la lagune Ebrié, nous tenions des réunions afin de trouver des voies et moyens pour qu’on nous restitue notre argent. Nous étions également en contact avec nos collègues qui n’avaient pas pris part à la mission de maintien de paix en Centrafrique. Il faut dire que l’armée avait, en 1999, d’énormes problèmes. Et c’est en raison de la confraternité d’armes que ces derniers nous prêtaient main forte. Après notre arrivée, le sergent Boka Yapi est allé suivre une formation au Bénin. C’est à son retour que nous avons fait le coup d’Etat. La majorité des putschistes étaient de la Firpac au 1er BCP. Et c’est essentiellement les éléments de cette unité d’élite qui ont constitué l’ossature de la force de maintien de paix en Centrafrique. Et qui ont été la cheville ouvrière du coup du 24 décembre 1999. Ainsi, le coup d’Etat de Noël 1999 est venu du 1er BCP. L’opération a été conduite par le sergent Boka yapi et Diomandé Souleymane dit la Grenade. Contrairement à ce qui se raconte, le sergent-chef IB (Ibrahim Coulibaly, ndlr), n’a pas pris une part active au coup de décembre 1999. Il l’a suivi de loin. Néanmoins, il nous avait assurés de son soutien si le coup d’Etat marchait. Il n’a jamais participé au coup d’état décembre 1999. Il nous a toujours mis au devant de la scène tandis qu’il se cachait en arrière plan, tout en nous assurant de son soutien. Le 24 décembre 1999, c’est à 18h que nous avons aperçu le sergent-chef IB lorsque nous étions allés chercher le ministre Guy Alain Gauze pour l’amener à la poudrière. Il était vêtu d’un jeans de couleur bleu et une veste grise. Je l’ai même repoussé parce que je l’avais pris pour un civil. J’ai demandé qui il était. On m’a dit qu’il s’agissait d’IB. J’ai alors rétorqué que je ne connaissais pas d’IB. Et d’ailleurs pourquoi se trouvait-il en civil parmi nous ?

De la paternité du coup d’état

Beaucoup d’encre et de salive ont coulé à l’époque sur la paternité du coup d’Etat de décembre 1999. Et des doigts accusateurs avaient même indexé le leader du Rassemblement des républicains (RDR) comme principal auteur de ce putsch. C’est le lieu de rétablir une vérité inhérente à l’histoire douloureuse de la Côte d’Ivoire. ADO n’a jamais été le père du coup d’Etat du 24 décembre 1999. Avant 1999, l’armée ivoirienne avait un problème. Elle était divisée. Et des suspicions y régnaient. Les sous-officiers vivaient dans une précarité sans précédent dans l’histoire de ce pays tandis que les officiers roulaient carrosse. C’est cette situation délétère qui a précédé et précipité le coup d’Etat de Noël 1999. Après le coup, nous étions confrontés à un problème : le fauteuil présidentiel était resté vacant. Et cette situation constituait une aubaine pour tout aventurier politique. Nous avons, dans un premier temps, pris attache avec le général Doué Mathias. Il faut dire que ce dernier était vraiment aimé des soldats. Nous l’avons sollicité afin qu’il occupe le fauteuil resté vacant. Mais, il a refusé au prétexte que la Côte d’Ivoire était un pays vraiment complexe. Et qu’il estimait ne pas être à la hauteur face à l’immensité de la tâche à accomplir. Après réflexions, nous avons compris que Doué Mathias ne pouvait vraiment pas guider les rennes du pouvoir. Il fallait donc quelqu’un d’autre. Un homme autour duquel toutes les forces vives se reconnaitraient et se rallieraient sans anicroche. Et l’homme en question ne pouvait être que le général Robert Guéi. Nous nous sommes alors rendus chez le général Robert Guéi à l’Indénié sis au Plateau. Malheureusement, nous ne l’avons pas trouvé car il était à Gouéssésso dans son village. C’est sa femme que nous avons trouvé en place. Nous avons demandé après le général. Et sa femme nous a questionnés sur les raisons qui nous amenaient à chercher son mari. Les esprits se sont alors échauffés et Zaga-Zaga lui a administré une gifle. Pour calmer les esprits, nous avons expliqué à Mme Guéi qu’après le coup d’Etat, le fauteuil présidentiel est resté vide. Et que cela constituait un risque. Seul le général à la retraite avait suffisamment de consensus autour de sa personne pour l’occuper après le renversement du régime Bédié. Nous lui avons fait appel. Et il est venu. Nous sommes allés l’accueillir au corridor de Yopougon- Gesco afin d’assurer sa sécurité. De la Gesco, nous avons transité par le 1er BCP où le général Guéi s’est habillé dare-dare au PC (poste de commandement, ndlr) et de là, nous nous sommes rendus à la RTI pour faire la déclaration. Il y avait autour de lui des hommes tels que Jah Gaho, Aka Bédé, Bamba Nemassah. Dans les premiers jours de son pouvoir, nous avions formé le noyau dur de la sécurité du général Robert Guéi. Puisque c’est nous qui étions les auteurs de ce coup d’Etat, nous avons donc décidé d’assurer sa sécurité.
La crise de confiance : le commencement de la fin
Après avoir installé le général Guéi dans le fauteuil présidentiel, il y a eu une crise de confiance entre les membres de sa garde rapprochée et le chef de la junte militaire. Des voix s’élevaient un peu partout pour dire qu’il y avait une rupture de confiance entre Guéi et sa garde rapprochée. Dans les débuts de son pouvoir, le général Robert Guéi écoutait tout le monde. Et prenait vraiment en compte tout ce qu’on lui disait. Il faut aussi dire que dans le temps, il y avait eu une série de tentatives de coup d’Etat. Le général Robert Guéi a commencé à changer lorsque les chefs religieux et ses parents sont venus le voir. Ce jour-là, j’étais assis derrière lui. Il y a eu des échanges entre ses parents et lui. Robert Guéi leur a dit qu’il était venu pour nettoyer le pays, organiser des élections crédibles et transparentes et quitter le pouvoir. Ses parents Yacouba et Wê ont rétorqué qu’il pouvait être lui aussi Président parce qu’il est fils de la Côte d’Ivoire. C’est après cette entrevue que Guéi a commencé à changer. Et s’est installé de fil en aiguille un climat de suspicion. Devant ce revirement de situation, nous lui avons parlé pour le ramener à la raison. Même Attah Sery qui se trouvait dans la rébellion et qui est mort par la suite, a pleuré à ses pieds au palais. J’ai été l’un des témoins oculaires de cette scène. Malheureusement, le général n’est pas revenu de son égarement. Nous lui avions demandé de ne pas poser sa candidature lors des élections en 2000. Il y a eu une crise de confiance entre nous. Guéi a cru que nous voulions lui faire un coup d’Etat. Il disait que nous voulions faire un coup d’Etat pour mettre Alassane Dramane Ouattara au pouvoir. Or ADO est un civil. Et nous ne pouvions pas faire un coup d’Etat pour mettre un civil à la tête du pays. Nous avons alors entrepris des démarches auprès de La grenade, en raison de l’alliance qu’il y a entre Guéi et lui, pour qu’il soit notre interlocuteur auprès du général afin que nous puissions rentrer en caserne. Les Yacouba et les Guéré n’avaient plus confiance en nous. La Grenade nous a demandés de faire une liste. Nous surveillions le général durant la nuit. Sa garde diurne était assurée par le groupe de la Grenade. Nous, dans notre cas, nous prenions deux nuits de faction devant la résidence de Robert Guéi. La surveillance donc du général se faisait de manière rotative. J’ai demandé à mes camardes de faction de ne pas inscrire leur nom sur une quelconque liste. Nous sommes restés dans cette situation jusqu’au jour de la mutinerie. Ce jour-là, j’étais de garde. Et le général Guéi était chez lui à la maison. Entre 24 h et 1 h du matin, il est sorti de la maison. Lorsqu’il m’a vu, il m’a demandé qui j’étais et mon nom. Je lui ai dit que j’étais la sentinelle et que je me nommais Coulibaly. Il a alors hésité. Le chauffeur est arrivé avec une Mercedès de couleur noire. Guéi est monté avec lui avec un autre homme du nom de Koffi Brou. Nous sommes allés vers l’hôpital de l’Indénié et ensuite nous sommes descendus en direction du GSPM (groupement des sapeurs pompiers militaires). Vers le jardin du GSP, avant d’arriver vers la Corniche, nous lui avons demandé où il allait. Il a répondu qu’il allait chez les gendarmes. C’est ainsi, qu’il est allé se mettre sous la protection des gendarmes au camp d’Agban. Et il leur a donné la consigne de tirer sur tout militaire. Etant militaire, nous avons été désarmés manu militari sur le champ. Guéi est resté dans le camp jusqu’au matin. Le lendemain, il est sorti pour redonner des consignes. Devant nous, il a demandé aux gendarmes de tirer sur tout militaire qui se présenterait au camp. Entretemps, nous avions appris par la radio que des militaires avaient arraché un char de la gendarmerie. Nous étions évidemment en joie devant cette action d’éclat. Sur le coup, le capitaine Kouamé du corps des Fanci (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire, ndlr) est arrivé au camp à bord de son véhicule tout terrain. Etant militaire, les gendarmes l’ont sommé de descendre de son véhicule. Et devant son refus, ils ont ouvert le feu sur les pneus de son véhicule. Après cet incident, est arrivé le sergent Boka Yapi qui a été bloqué à son tour à l’entrée du camp d’Agban. Ce dernier ne s’est pas laissé faire. Il a fait un raffut de tous les diables. Robert Guéi a été obligé d’appeler pour calmer les esprits. Boka Yapi a pu rentrer. Après, il a fait venir la Grenade, Kambiré et tous les autres. Ils ont été tous désarmés. Ensuite, le chef des mutins a été conduit au camp. Il y a eu des rumeurs sur l’auteur véritable de ce coup de force. Certains prétendaient que c’était IB qui était le responsable. Le général Robert Guéi est monté au créneau pour dire que c’est l’opposition qui pousse les militaires à faire un coup d’Etat. Il a demandé séance tenante à tous les militaires de rentrer dans les casernes. Idem pour ceux qui assuraient la sécurité des politiciens à l’exception de ceux qui assuraient la sécurité de Laurent Gbagbo. Les militaires qui protégeaient Gbagbo ne sont pas entrés en caserne. Car Guéi et Gbagbo avait un deal. Ils savaient ce qu’ils voulaient faire. Les autres militaires ont été affectés dans d’autres domaines ou secteurs. Il n’y avait plus de militaire derrière les hommes politiques à l’exception de Laurent Gbagbo. La majorité des militaires ont été réaffectés dans des camps à l’intérieur du pays. Durant le temps où j’ai effectué ma garde de nuit à la résidence de Robert Guéi, Laurent Gbagbo venait lui rendre nuitamment visite. Les heures de ces huis clos variaient entre 21 h jusqu’à 1 h du matin. Toujours est-il, que l’actuel chef de l’Etat était régulier chez le général. Entre tous les acteurs politiques d’alors, Gbagbo était le seul qui fréquentait assidument la résidence du général Robert Guéi. On nous donnait très souvent des consignes pour le laisser entrer. Il y avait un pacte entre Guéi et Gbagbo. Ce dernier avait demandé de l’argent au général. Après le lui avoir donné, le général et le leader du Fpi (Front populaire Ivoirien, ndlr) sont tombés d’accord sur un plan de partage du pouvoir. D’ailleurs, Guéi lui venait en aide financièrement souvent. Guéi lui a dit qu’il voulait le pouvoir. Mais qu’après son temps de règne, il cédera le fauteuil présidentiel à Laurent Gbagbo. Au-delà de ce partage, il faut dire que Gbagbo était le beau de Guéi. Même nous qui étions en faction chez Guéi, nous avions peur des lendemains de la Côte d’Ivoire. Nous nous demandions sur notre avenir si Laurent Gbagbo devait accéder à la magistrature suprême dans ce pays. Gbagbo venait le plus souvent avec Lida Kouassi Moïse. En toute sincérité, je n’ai jamais vu sa femme là-bas. Mais, Lida et lui y étaient beaucoup réguliers.

Coulibaly Brahima

lundi 22 décembre 2008

Reaction d'une Francaise au discours de Sarkosy sur l'Afrique.

jeudi 18 décembre 2008

Lettre Ouverte.

Je suis choquée de lire de votre main que vous nous accusez de dire que: « L’Afrique n’a pas d’histoire» ! Depuis combien de temps n’êtes vous pas venu en France (Vous ne risquez plus rien étant donné que vous avez écopé d’un an de prison avec sursis ?) ? Et connaissez-vous vraiment les français pour nous juger ainsi ? Ne vous a-t-on jamais appris qu’il ne faut pas faire de généralité ? Comment pouvez-vous écrire que nous disons cela ? Ne vous rabaissez pas à ceux qui vous ont soutenu que « l’Afrique n’a pas d’histoire ». D’une part, parce que c’est faut, deuxièmement parce que ce ne sont, soit que des ignorants, soit, que des imbéciles. Et d’autres part, parce que j’espère que vous valez tout de même mieux qu’eux !... Vous écrivez également : « L’Afrique n’a rien contribue à la civilisation ?». Ce n’est pas très claire, je ne suis pas sur de comprendre votre question. Je me demande de quelle civilisation vous parlez ?

En ce qui me concerne, je parlerais en mon humble nom pour vous dire sincèrement mon sentiment. J’en pense exactement tout le contraire, et pas de façon arbitraire : En France, on dit que l’Afrique est le berceau de l’humanité. Ne compte-elle pas un pays comme l’Egypte, ou l’Ethiopie considérée comme les plus anciennes civilisations de notre chère planète? La récente découverte de « Toumaï » au Tchad par la Mission Paléoanthropologique franco-tchadienne, n’atteste-elle pas un vif intérêt commun pour l’Histoire de l’Afrique?

La Somalie actuelle était connue des grecs, des romains et des nubiens sous le nom de pays de Pount et réputée pour être le plus important centre commercial de Myrrhe, d’Encens, d’ébène et d’Or de l’Antiquité. Les Badariens, les Amratiens et les Gerzéens sont les peuples le plus anciens que nous connaissons de la Nubie, aujourd’hui devenue en partie le Soudan. Nous connaissons, un peu, leurs rites funéraires et leurs poteries. Avant l’empire Monomotapa existait la grande civilisation du Zimbabwe. Au pays des Milles collines (Rwanda), des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour une métallurgie de fer et des poteries datant de 1000 ans avant notre ère. Le Mozambique est connu depuis le Moyen-âge pour ses échanges commerciaux avec les arabes et les indonésiens. Les berbères étaient connus depuis l’Antiquité sous les noms de Libyens, Maures, Gétules, Garamantes et Numides. Quand à l’Afrique Noire, elle rayonnait au Moyen-âge grâce à ses différents Empires comme celui du Ghana, du Mali, du Peul du Macina, du Benin, etc.

J’aimerais bien aussi parler des chasseurs Sans d’Afrique du Sud, premier groupe humain à s’y installer il y a 20 000 ans. Mais, la majorité des manuels d’histoire, des sites internet et des guides touristiques occultent totalement l’Histoire antérieur de nombreux pays Africains avant leur indépendance. C’est ça qu’il faut changer. L’histoire d’un pays est avant tout celle d’un peuple et commence aux origines. Tous les pays du monde ont été à un moment ou un autre les victimes et les bourreaux d’une invasion, d’une colonisation, d’une guerre. Chacun doit porter avec fierté son histoire même si elle est pleine de souffrance. Je suis d’accord avec vous sur le fait que l’Histoire doit nous aider à affronter le présent, mais j’ajoute surtout qu’elle doit nous aider à ne pas reproduire les erreurs passées. Croyez-vous qu’il soit plus facile pour un français de vivre avec le poids de la Révolution Française et de ses Droits de l’homme connu dans le monde entier ou de vivre avec le poids de l’esclavage ? Aujourd’hui, ne nous rendons-nous pas compte d’être finalement tous devenu les esclaves de cette société de consommation ? N’oubliez pas également que bon nombre de ces civilisations ont irrémédiablement déclinées avec l’arrivée de l’islam.

Vous parlez de la visite du président Sarkozy en juillet 2008 et lui reprocher sa volonté d’échange avec l’Afrique. Outre le fait que je plains cet homme d’être arrivé au gouvernement dans la crise économique et morale que nous connaissons actuellement, je vous l’accorde, monsieur Sarkozy est sans doute le pire président de la République Française qu’on ait ! Au même titre que les Américains avec Georges Bush !!! Ce que je sais, c’est que notre président est complètement largué en ce qui concerne sont propre pays. Il ne comprend ni les français, ni leur situation, ni ce qu’il devrait faire pour que les choses changent. Alors comment peut-il comprendre l’Afrique et s’y intéresser ? Quoi que c’est peut-être en comprenant l’Afrique d’abord, que nous réussirons à améliorer le malaise de nos enfants d’immigrés ? Mais, ce président « bling-bling » n’est là que pour servir ses propres intérêts et ses copains. N’attendez que de lui des contrats financiers.

Il est un dernier point qui me semble important d’aborder car il va vous montrer que nos différences ont fait nos discordes, mais qu’elles seront dans le futur, source de richesse. Vous écrivez que vous avez toujours attendu que ce soit les autres qui vous parlent de votre histoire. C’est sans doute vrai, je ne sais pas. Mais, au fur et à mesure de mes voyages je me rends compte que les gens de différentes cultures n’accordent pas aux mêmes mots les mêmes valeurs. J’ai discuté cet été avec des jeunes filles égyptiennes qui trouvaient dans le mariage la liberté. Alors qu’en France, on trouve plutôt la liberté dans le fait de n’avoir aucune attache ni aucune dépendance. N’en serait-il pas de même pour la vision de l’importance de l’Histoire ? Comment se fait-il que les occidentaux soient si passionnés par l’histoire, les découvertes, le savoir, les sciences, la philosophie, etc., alors que des tribus Amazoniennes ne ressentent ni le besoin ni l’envie de s’industrialiser ou de mettre par écrit leur histoire ? Il est une façon de fonctionner différente pour chaque peuple et c’est avant tout cela qu’on doit apprendre des autres afin d’acquérir suffisamment de respect et de patience avant d’accéder à toute autre espérance d’échange. Ce n’est pas en s’attaquant mutuellement que nous arriverons à communiquer.

Je suis blanche, française et en plus une femme ! Malgré toute la colère que je peux ressentir en voyant mon pays glisser dans la misère aussi bien physique que morale, j’essaie de ne pas m’aveugler et de toujours rester juste. A l’heure de la discrimination positive, il ne faut plus aller dans des extrêmes. Simplement remettre les choses à leur place.

Je crois en votre projet et vous soutiendrais du mieux que je peux.

L.P.

Reaction d'une Francaise au discours de Sarkosy sur l'Afrique.

jeudi 18 décembre 2008

Lettre Ouverte.

Je suis choquée de lire de votre main que vous nous accusez de dire que: « L’Afrique n’a pas d’histoire» ! Depuis combien de temps n’êtes vous pas venu en France (Vous ne risquez plus rien étant donné que vous avez écopé d’un an de prison avec sursis ?) ? Et connaissez-vous vraiment les français pour nous juger ainsi ? Ne vous a-t-on jamais appris qu’il ne faut pas faire de généralité ? Comment pouvez-vous écrire que nous disons cela ? Ne vous rabaissez pas à ceux qui vous ont soutenu que « l’Afrique n’a pas d’histoire ». D’une part, parce que c’est faut, deuxièmement parce que ce ne sont, soit que des ignorants, soit, que des imbéciles. Et d’autres part, parce que j’espère que vous valez tout de même mieux qu’eux !... Vous écrivez également : « L’Afrique n’a rien contribue à la civilisation ?». Ce n’est pas très claire, je ne suis pas sur de comprendre votre question. Je me demande de quelle civilisation vous parlez ?

En ce qui me concerne, je parlerais en mon humble nom pour vous dire sincèrement mon sentiment. J’en pense exactement tout le contraire, et pas de façon arbitraire : En France, on dit que l’Afrique est le berceau de l’humanité. Ne compte-elle pas un pays comme l’Egypte, ou l’Ethiopie considérée comme les plus anciennes civilisations de notre chère planète? La récente découverte de « Toumaï » au Tchad par la Mission Paléoanthropologique franco-tchadienne, n’atteste-elle pas un vif intérêt commun pour l’Histoire de l’Afrique?

La Somalie actuelle était connue des grecs, des romains et des nubiens sous le nom de pays de Pount et réputée pour être le plus important centre commercial de Myrrhe, d’Encens, d’ébène et d’Or de l’Antiquité. Les Badariens, les Amratiens et les Gerzéens sont les peuples le plus anciens que nous connaissons de la Nubie, aujourd’hui devenue en partie le Soudan. Nous connaissons, un peu, leurs rites funéraires et leurs poteries. Avant l’empire Monomotapa existait la grande civilisation du Zimbabwe. Au pays des Milles collines (Rwanda), des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour une métallurgie de fer et des poteries datant de 1000 ans avant notre ère. Le Mozambique est connu depuis le Moyen-âge pour ses échanges commerciaux avec les arabes et les indonésiens. Les berbères étaient connus depuis l’Antiquité sous les noms de Libyens, Maures, Gétules, Garamantes et Numides. Quand à l’Afrique Noire, elle rayonnait au Moyen-âge grâce à ses différents Empires comme celui du Ghana, du Mali, du Peul du Macina, du Benin, etc.

J’aimerais bien aussi parler des chasseurs Sans d’Afrique du Sud, premier groupe humain à s’y installer il y a 20 000 ans. Mais, la majorité des manuels d’histoire, des sites internet et des guides touristiques occultent totalement l’Histoire antérieur de nombreux pays Africains avant leur indépendance. C’est ça qu’il faut changer. L’histoire d’un pays est avant tout celle d’un peuple et commence aux origines. Tous les pays du monde ont été à un moment ou un autre les victimes et les bourreaux d’une invasion, d’une colonisation, d’une guerre. Chacun doit porter avec fierté son histoire même si elle est pleine de souffrance. Je suis d’accord avec vous sur le fait que l’Histoire doit nous aider à affronter le présent, mais j’ajoute surtout qu’elle doit nous aider à ne pas reproduire les erreurs passées. Croyez-vous qu’il soit plus facile pour un français de vivre avec le poids de la Révolution Française et de ses Droits de l’homme connu dans le monde entier ou de vivre avec le poids de l’esclavage ? Aujourd’hui, ne nous rendons-nous pas compte d’être finalement tous devenu les esclaves de cette société de consommation ? N’oubliez pas également que bon nombre de ces civilisations ont irrémédiablement déclinées avec l’arrivée de l’islam.

Vous parlez de la visite du président Sarkozy en juillet 2008 et lui reprocher sa volonté d’échange avec l’Afrique. Outre le fait que je plains cet homme d’être arrivé au gouvernement dans la crise économique et morale que nous connaissons actuellement, je vous l’accorde, monsieur Sarkozy est sans doute le pire président de la République Française qu’on ait ! Au même titre que les Américains avec Georges Bush !!! Ce que je sais, c’est que notre président est complètement largué en ce qui concerne sont propre pays. Il ne comprend ni les français, ni leur situation, ni ce qu’il devrait faire pour que les choses changent. Alors comment peut-il comprendre l’Afrique et s’y intéresser ? Quoi que c’est peut-être en comprenant l’Afrique d’abord, que nous réussirons à améliorer le malaise de nos enfants d’immigrés ? Mais, ce président « bling-bling » n’est là que pour servir ses propres intérêts et ses copains. N’attendez que de lui des contrats financiers.

Il est un dernier point qui me semble important d’aborder car il va vous montrer que nos différences ont fait nos discordes, mais qu’elles seront dans le futur, source de richesse. Vous écrivez que vous avez toujours attendu que ce soit les autres qui vous parlent de votre histoire. C’est sans doute vrai, je ne sais pas. Mais, au fur et à mesure de mes voyages je me rends compte que les gens de différentes cultures n’accordent pas aux mêmes mots les mêmes valeurs. J’ai discuté cet été avec des jeunes filles égyptiennes qui trouvaient dans le mariage la liberté. Alors qu’en France, on trouve plutôt la liberté dans le fait de n’avoir aucune attache ni aucune dépendance. N’en serait-il pas de même pour la vision de l’importance de l’Histoire ? Comment se fait-il que les occidentaux soient si passionnés par l’histoire, les découvertes, le savoir, les sciences, la philosophie, etc., alors que des tribus Amazoniennes ne ressentent ni le besoin ni l’envie de s’industrialiser ou de mettre par écrit leur histoire ? Il est une façon de fonctionner différente pour chaque peuple et c’est avant tout cela qu’on doit apprendre des autres afin d’acquérir suffisamment de respect et de patience avant d’accéder à toute autre espérance d’échange. Ce n’est pas en s’attaquant mutuellement que nous arriverons à communiquer.

Je suis blanche, française et en plus une femme ! Malgré toute la colère que je peux ressentir en voyant mon pays glisser dans la misère aussi bien physique que morale, j’essaie de ne pas m’aveugler et de toujours rester juste. A l’heure de la discrimination positive, il ne faut plus aller dans des extrêmes. Simplement remettre les choses à leur place.

Je crois en votre projet et vous soutiendrais du mieux que je peux.

L.P.

vendredi 5 décembre 2008

Abdoulaye Traoré, ex-chef de guerre de Man se prononce

AB, ex-chef de guerre de Man se prononce -

Vendredi 5 décembre 2008 - Par Le Temps

Exilé depuis quatre ans au Mali, l`ex-chef de guerre de Man, Abdoulaye Traoré Alias AB était rentré. Lorsque, à travers cette interview dans le Temps Spécial, il a révelé l’hypocrisie de Soro et ses hommes dans l’application de l’APO, Sidiki Konaté avait vite fait de dire qu’il était “déréglé”. Il vient de lui donner raison par l’aveu de son mépris pour la paix.
Pouvez-vous vous présenter ? Je me nomme Abdoulaye Traoré dit AB. J`étais chef de guerre à l`Ouest. En plus, j`étais commandant de zone adjoint de Man.
Comment se fait-il que vous vous êtes retrouvé au Mali ?
C`est une politique. Cette politique a été organisée par Guillaume Soro et Sidiki Konaté. D`ailleurs, c`est Sidiki Konaté qui m`a appelé pour me dire qu`ils ont besoin de moi de toute urgence au Mali pour régler un certain nombre de problèmes. En mon absence, ils ont réussi à corrompre mon adjont. En plus, ils ont désarmé mes éléments. Ce sont ces derniers qui m`ont donné l`information.
Selon les informations, vous avez fui la zone, de peur de vous faire tuer. Puisque vous êtes un proche d`Ibrahim Coulibaly…
C`est une fausse information. Guillaume Soro et ses services savent qui est AB. Personne ne pouvait prendre Man. C`est au cours d`une réunion qu`on a décidé que je parte de cette ville. C`est après que je me suis rendu compte que c`était une cabale.
Comment vivez-vous au Mali ?
Je vivais très bien dans ce pays. Je me suis présenté officiellement aux autorités maliennes. Je vivais sans problème. Soro et Konaté mettaient les bâtons dans les roues. Chaque fois, j`étais interpellé par les forces de l`ordre du Mali.
Il paraît que vous broyiez du noir à Bamako…
Ce sont des ragots. Soro et Konaté veulent me salir. Ces deux personnes faisaient circuler des fausses informations sur mon compte.
Quelles sont ces informations ?
Ils faisaient croire aux autorités maliennes que je fais du blanchiment d`argent. Après enquête, on se rend compte que cela est archi faux. Ce sont des histoires montées de toutes pièces pour me ruiner. Il n`y avait pas de preuve. Personne ne pouvait le démontrer.
Pourquoi Soro et Sidiki Konaté vous en veulent tant ?
On fait une réunion ensemble. Au cours de la marche, il était prévu que je vienne faire une opération à Abidjan ; on m`a confectionné une pièce burkinabé. Je leur ai donné mon accord. Donc je devais passer par le Ghana pour mener l`opération. Après, j`ai eu à circuler avec quelqu`un qui m`a dit que c`était risqué. Donc j`ai renoncé. Alors, ils ont mis une équipe à mes trousses pour m`éliminer. J`étais obligé de changer de couchettes pour fuir les tueurs à gages de Soro. Toutes leurs tentatives pour m`éliminer sont restées vaines. Alors, ils m`ont laissé tranquille.
On vous accuse d`être pro IB…
Je ne suis pas pro IB. Nous avons pris les armes pour une justice bien déterminée.
Quelle est cette justice ?
Pendant la préparation de l`attaque, tous les combattants ont été informés qu`on prenait les armes pour que Alassane soit candidat à l’élection candidat à l`élection présidentielle. Si maintenant cette situation a été réglée après les accords de Pretoria, on doit déposer les armes. Je ne suis pas pro IB. Ce n`est pas lui qui a formé la rébellion. IB n`est pas responsable de la rébellion.
Qui est le responsable ?
Soro et IB sont mieux placés pour le dire. Ils savent qui est le père de la rébellion. La personne qui a créé la rébellion se reconnaît. Soro et IB ne peuvent pas payer les armes. Ils n`ont aucun moyen pour financer la rébellion. Le tribunal pénal international va interroger les gens. Nous allons livrer les secrets de la rébellion.
C`est qui alors ?
C`est Alassane Dramane Ouattara. Le coup a été planifié à Ouagadougou... au quartier des villas des hôtes. Alassane Ouattara a demandé à Blaise Compaoré de l`aider à renverser le pouvoir de Gbagbo. Ce dernier a donné son accord. A son tour, il a confié l`affaire à Djibril Bassolé et au capitaine Zida. IB était chargé de conduire les opérations sur le terrain avec des soldats burkinabé. Ainsi que des mercenaires libériens. Soro a été choisi pour jouer le rôle de porte-parole. Nous allons tout déballer devant le tribunal pénal international. Quand on dit que c`est pour Alassane Ouattara qu`on a pris les armes, on n`a plus besoin de chercher le père de la rébellion.
Alassane Ouattara a toujours nié la paternité de la rébellion ?
Nous étions au cœur de la rébellion. Nous n`étions pas n`importe qui. IB et Soro le savent. Ils peuvent, vous le dire. De toutes les façons, la vérité va éclater bientôt.
Quels étaient vos rapports avec les autorités maliennes ?
Nous avons de bons rapports.Les Force nouvelles vous demandent de revenir.
Mais vous refusez…
Je ne veux plus les rejoindre. Tout le monde parle de paix. Ce n`est pas la peine de monter une équipe pour venir freiner le processus de paix. Il faut que cela s`arrête. Gbagbo n`a pas pris les armes contre Houphouët-Boigny. Il a discuté. Le voilà aujourd`hui, au pouvoir. Quand on est premier ministre, il faut déposer les armes. Soro est incapable de désarmer ses soldats.
Pourquoi est-il incapable ?
Il est téléguidé. C`est un cobaye. Ses décisions lui sont dictées.
Par qui ?
Il le sait. Avant de prendre une décision, il appelle le vrai responsable de la rébellion. Je n`ai plus besoin de le citer. Puisque vous le savez maintenant. Soro n`a pas assez de courage pour prendre des décisions.
Comment faire pour que les combattants des Forces nouvelles déposent les armes ?
C`est là que la danse devient intéressante. Les gens ont décidé d`aller à la paix. Laurent Gbagbo a gagné en empruntant la voie du dialogue. Il n`y a plus d`autres raisons à ne pas déposer les armes. Nous demandons à Gbagbo de laisser la question entre nous ; c`est la meilleure solution. S`ils ne veulent pas désarmer, nous allons le faire.
Quels moyens avez-vous ?
Ils savent qui est AB. Nous avons au moins une centaine d`éléments en leur sein. Nous demandons à Soro et ses hommes de déposer les armes. Que Shérif Ousmane cesse de se faire empereur, qu`il laisse les armes. On ne va pas rester dans cette situation. Les pays de la sous- région sont en train de se développer. Avec l`argent des Ivoiriens. Aujourd`hui, j`ai mal au cœur quand je vois qu`on nous a poussés à attaquer notre pays. Chaque Ivoirien doit prendre conscience.
Avez-vous les nouvelles de Zackaria Koné ?I
l faut dire que le problème avec Zackaria Koné ne date pas d`aujourd`hui. Il était au départ garde du corps de Soro. Il l`a laissé pour prendre Vetcho. Chose que Zackaria n`a pas digére. Aujourd`hui, il a compris. Il cherche à rentrer dans la République.
Quelle est aujourd`hui, sa situation à Ouagadougou ?
Il ne peut rien faire que les autres burkinabè ne sachent. Tous ses faits et gestes sont contrôlés. Il est suivi à la loupe. Il n`est pas libre de ses mouvements.
Il paraît que vous êtes l`un des casseurs de la BECAO de Man…Il faut mettre les choses à leur place. Colonel Bamba, Loss, Diabaté en savent quelque chose. Je gérais Man. Mais je dormais à Biankouma. Qu`on arrête de m`accuser. Ils savent comment ça s`est passé. Chacun va s`expliquer un jour devant le TPI. Ceux qui sont à la base de ce casse se connaissent. Ils sont encore en vie.
Pouvez-vous citer des noms ?
Losséni Fofana dit Loss, Yéo, Diabaté et Bamba ont reçu l`ordre de la hiérarchie. C`est Guillaume Soro et ses hommes qui leur ont demandé de le faire. J`ai refusé de participer à ce casse.
Pourquoi ?
On avait une mission bien précise. Nous ne sommes pas venus pour voler de l`argent de la banque. En plus, cela allait jouer sur notre image. Les gens allaient nous traiter de voleurs. Les faits ont fini par me donner raison. Guillaume Soro a reçu beaucoup d`argent de ce casse. Puisque c`est Kass qui est venu chercher la part de Soro. A Bouaké, c`est Wattao qui a conduit les opérations du casse de la BCEAO. A Korhogo, c`est Kouakou Fofié. Ils ne peuvent pas le nier. Ils se sont enrichis sur le dos des combattants. D`ailleurs, c`est pourquoi Soro a éliminé Kass et Yéo. Parce que ces derniers réclamaient leur part. En plus, ils voulaient le dénoncer.
Tous ceux qui se sont opposés à Soro ne sont plus de ce monde ?
C`est dommage que Soro les ait assassinés. Je peux bien me venger parce que Adams était une partie de moi-même. Mais cela ne sert à rien. Allons à la réconciliation. Le TPI va régler le compte de tous ces voleurs. Soro doit être traduit devant le TPI.
Vous faites trop allusion au TPI ?
Quand tu prends les armes, tu paies. Nous avons le cas de Hissène Habré, Jean-Pierre Bemba aujourd`hui, notre vie a été gâchée. Nous avons été trahis. Ils m`ont transformé en une autre personne dans ce monde.
Avez-vous des regrets ?
Beaucoup. Ce qui me fait mal, non seulement, ils nous ont trahis mais aussi ils refusent de déposer les armes. On ne peut aller aux élections avec des hommes en armes. Soro est premier ministre, de quoi ont-ils peur ? Que les soldats de Soro quittent les rues. Qu`ils aillent voir ceux qui les ont embauchés pour les punir. Je suis prêt à dire toute la vérité. Même si je dois mourir. Je suis prêt à passer à la télévision ivoirienne. Afin que les Ivoiriens sachent la vérité.
A-t-on réellement promis 5 millions aux jeunes gens ?
C`est un montage de Soro et de Shérif Ousmane afin de retarder le processus de désarmement. Lorsque le premier cessez-le-feu a été signé à Tiébissou, on nous a convoqués à Ouagadougou. Au cours de la rencontre, on nous a demandé de violer le cessez-le- feu en procédant à des attaques. Aujourd`hui, c`est le même jeu entre Soro et Shérif. C`est fait sciemment. On fait croire que Soro et Shérif ne sont pas dans le même coup. Ils sont bel et bien ensemble. Ils ne veulent pas aller aux élections. Et Soro est le chef d`orchestre de ce jeu. Ce dernier reçoit des ordres du responsable de la rébellion.
Etes-vous prêts à prendre les armes ?
Pas pour la rébellion. Je préfère prendre les armes pour défendre la République. Il faut que les gens déposent les armes. Ce n`est pas, par les armes, qu`on prend le pouvoir. Ce sont des élections qui montrent qui est fort.
Pourquoi avez-vous décidé de quitter la rébellion ?
Je suis fatigué. Je ne suis plus prêt à suivre une rébellion pour détruire mon pays. J`ai décidé de me mettre aux côtés de mon pays. Personne ne m`a obligé. Après des années de réflexions, j`ai pris cette décision. Je demande pardon à la République pour le tort que j`ai pu lui causer.
Quel message pouvez-vous adressé aux Ivoiriens ?
Je leur demande pardon. Que la nation tout entière me pardonne pour les bêtises que j`ai commises. On recevait des ordres qu`il fallait exécuter. Je reconnais mes fautes. Je suis prêt à mourir.
Etes-vous sincère ?
Je jure la main sur le cœur. Je suis sincère. Si je ne l`étais pas, je ne serai pas rentré au pays. Je demande aux Ivoiriens de me faire confiance. La preuve, dès mon retour; les services d`Alassane Ouattara sont entrés en contact avec moi.
Que vous ont-ils demandé ?
Ils se sont plaints du fait que j`ai décidé de tourner le dos à la rébellion. Ils m`ont supplié de revenir sur ma décision. Je leur ai dis non. Pour moi, la page de la rébellion est tournée. Et dire que j`ai gâché ma vie pour que Alassane Ouattara soit candidat. Désormais, je me mets au service de mon pays. J`ai trop fait de bêtises qui n`ont rien apporté au pays. Si ce n`est pas la désolation, la mort, et la tristesse. Il est temps qu`on mette fin à la souffrance des populations.
Que pensez-vous du processus de paix ?
Si Guillaume Soro joue franc jeu, la Côte d`Ivoire va retrouver la paix.
Pourquoi Soro ne joue-t-il pas franc jeu ?
Les responsables de la rébellion n`ont pas encore dit leur dernier mot. Ils ne veulent pas de la tenue des élections. La décision de la tenue des élections ne dépend pas de Soro. Il faut les dégager par la force. Sinon, le pays va rester dans cette situation. Cela risque d`énerver le peuple. C`est leur tactique.
C`est -à- dire ?
Ils veulent maintenir les populations dans la souffrance. Ce qui risque d`être préjudiciable à Gbagbo. Ils veulent pousser le peuple à se soulever contre lui. Puisqu`ils n`ont pas reussi à l`enlever par les armes. Soro et ses hommes ne vont pas déposer les armes tant que nous ne prenons pas nos responsabilités. Ils se plaisent dans cette situation.
Que pensez-vous du rôle de facilitateur du Président Blaise Compaoré ?
Ce monsieur ne peut pas ramener la paix en Côte d`Ivoire. Lui-même est au coeur de la rébellion. C`est lui qui nous a formés à Ouagadougou.
C`est grave ce que vous dites...
C`est la vérité. Depuis un an l`Accord politique de Ouagadougou est signé. Soro et ses hommes refusent de déposer les armes sans qu`il ne les interpelle. Blaise Compaoré a fait retourner dans son pays les armes lourdes qu`il a mises à notre disposition au début de la guerre. Je ne lui fais pas confiance. C`est vous qui croyez en ce monsieur. Comment peut-on confier la médiation de la crise ivoirienne à l`un des commanditaires de la rébellion ?

Interview réalisée par :Yacouba Gbanéyacou06336510@yahoo.frin Le Temps Spécial - N°5 du 24/09/2008

vendredi 28 novembre 2008

Accords provisoires de partenariat économique — Afrique de l'Ouest: Côte d’Ivoire et Ghana

Accords provisoires de partenariat économique — Afrique de l'Ouest: Côte d’Ivoire et Ghana

1. État des lieux

La Commission européenne a paraphé des APE provisoires avec la Côte d’Ivoire et le Ghana en décembre 2007. Ces accords ont été mis en place afin d’éviter la perturbation des exportations de ces deux pays vers l’UE après l’expiration des dispositions commerciales de l’Accord de Cotonou à la fin de ce mois et de se donner davantage de temps pour négocier un APE régional complet. En conséquence, les principales exportations de la Côte d’Ivoire et du Ghana bénéficient toujours d’un accès préférentiel aux marchés de l’UE. Cela concerne le commerce du cacao, de la banane et d’autres produits agricoles, qui représente environ 940 Mio EUR par an et environ un tiers des exportations annuelles de ces pays vers l’UE.

Ces deux APE provisoires spécifiques à des pays (bien qu’ils soient pratiquement identiques) sont une solution temporaire pendant que durent les négociations visant à les remplacer par un APE complet couvrant l’ensemble de l’Afrique de l'Ouest. L’APE complet remplacera entièrement ces deux accords provisoires. Entre-temps, la signature des deux APE provisoires a été programmée pour la fin de 2008, de sorte qu’ils puissent être notifiés et examinés à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Comme le reste de l’Afrique de l'Ouest comprend essentiellement des pays figurant parmi les moins développés, ceux-ci bénéficient d’un accès en franchise de droits aux marchés de l’UE en vertu du régime «tout sauf les armes» pendant la durée des négociations d’un APE complet. Le Cap-Vert et le Nigeria font exception: le Cap-Vert ne fait plus partie des pays les moins développés depuis le 1er janvier 2008 mais continuera de bénéficier du régime TSA pendant trois années encore et le Nigeria a décidé de ne pas signer d’APE provisoire et bénéficie du système normal de préférences généralisées de l’UE.

2. Principales caractéristiques des APE provisoires

Échanges de marchandises

Les dispositions relatives aux échanges de marchandises couvrent:

  • l’accès en franchise de droits et sans contingents aux marchés de l’UE pour toutes les importations provenant de la Côte d’Ivoire et du Ghana à compter du 1er janvier 2008, avec des périodes de transition pour le riz et le sucre;
  • une ouverture asymétrique et progressive des marchés de ces pays aux marchandises de l’UE, tenant pleinement compte des différences de niveaux de développement entre eux et l’UE (voir ci-dessous);
  • un chapitre sur la défense commerciale, avec des garanties bilatérales permettant à chaque partie de réinstaurer des droits ou contingents si les importations de l’autre partie perturbent ou menacent de perturber son économie;
  • un chapitre sur les obstacles techniques au commerce, ainsi que des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS), afin d’aider les exportateurs d’Afrique de l'Ouest à satisfaire aux normes d'importation de l’UE, et
  • un chapitre visant à faciliter le commerce par des mesures telles que des procédures douanières plus efficaces et une meilleure coopération entre les administrations.

Biens libéralisés dans les APE provisoires

Toutes les importations de la Côte d’Ivoire et du Ghana accèdent aux marchés de l’UE en franchise de droits et sans contingents depuis le 1er janvier 2008 (à l’exception du riz et du sucre, pour lesquels des régimes de transition ont été mis en place jusque respectivement 2010 et 2015). Cette situation constitue une amélioration par rapport au régime d’échanges antérieur «de Cotonou».

En retour, au cours des 15 prochaines années, la Côte d’Ivoire libéralisera 81 % des importations provenant de l’UE (représentant 89 % des lignes tarifaires) et le Ghana libéralisera 80 % des importations provenant de l’UE (représentant 81 % des lignes tarifaires).

Les importations européennes libéralisées sont principalement les machines industrielles (pompes, groupes électrogènes, turbines, etc.), certains véhicules (bateaux, avions, voitures) et certains produits chimiques. Il s’agit de l’ensemble des moyens utilisés par les industries ivoirienne et ghanéenne qui ne sont pas produits localement. L’élimination des droits d’importation sur ces produits réduira les coûts de ces biens d’équipement pour les entreprises locales.

Échanges UE-Afrique de l'Ouest

Les échanges UE-Afrique de l'Ouest sont bien équilibrés avec des exportations équivalentes dans les deux sens. Les principales exportations de l’UE sont les biens d’équipement et les véhicules, qui représentent 80 % des exportations. Les principales exportations de l’Afrique de l'Ouest sont le pétrole du Nigeria (50 % des exportations de l’Afrique de l'Ouest) et les produits agricoles tropicaux (cacao, bananes, ananas, bois), principalement de la Côte d’Ivoire et du Ghana.

Biens non libéralisés dans les APE provisoires

La Côte d’Ivoire et le Ghana ont exclu de la libéralisation un certain nombre de produits agricoles et de produits transformés non agricoles, principalement afin d’assurer la protection de certains marchés agricoles et industries sensibles, mais également pour maintenir des recettes fiscales.

Les listes d’exclusions de la Côte d’Ivoire et du Ghana ne sont pas identiques car elles reflètent la situation respective de chaque pays. Les deux pays collaborent avec la région d’Afrique de l'Ouest pour mettre en place une offre commune d’accès au marché dans le contexte des négociations de l’APE complet.

Tant le Ghana que la Côte d’Ivoire ont exclu le poulet et d’autres viandes, les tomates, les oignons, le sucre, le tabac, la bière et les vêtements usés. La Côte d’Ivoire a également exclu le ciment, le malt, l’essence et les voitures, tandis que le Ghana a exclu le blé, le poisson surgelé et les plastiques industriels.

Autres éléments

Il existe un mécanisme détaillé de règlement des litiges pour appuyer la mise en œuvre effective des accords et de nouvelles règles d’origine améliorées seront annexées aux APE provisoires dès qu’elles auront été convenues avec l’ensemble de la région dans le cadre des négociations de l’APE complet. Entre-temps, la Côte d’Ivoire et le Ghana bénéficient des règles d’origine améliorées de l’APE général (règlement n° 1528/2007 du Conseil).

Coopération au développement

Les dispositions en matière de coopération au développement font le lien avec les instruments de la coopération au développement de la Communauté européenne et des États membres de l’UE. Elles identifient des domaines prioritaires de coopération au développement afin d’accompagner la mise en œuvre des APE provisoires. Les principaux domaines identifiés sont les suivants:

  • Renforcement et mise à niveau de la capacité des secteurs productifs;
  • Coopération en matière d’ajustement budgétaire;
  • Amélioration de l’environnement des entreprises;
  • Mise en œuvre des règles commerciales prévues dans les accords.

3. État d’avancement des négociations pour un APE complet avec l’Afrique de l'Ouest (novembre 2008)

Les négociations en vue de la conclusion d’un APE complet avec l’ensemble de la région de l’Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo) se poursuivent. L’objectif de la CE et de l’Afrique de l'Ouest dans ces négociations est de conclure, au niveau de la région, un accord qui soutienne le développement et favorise l’intégration régionale.

Outre la mise en place d’un accès commun aux marchés de l’Afrique de l'Ouest pour les marchandises, ces négociations couvrent également le commerce des services, l’investissement et d’autres règles en matière commerciale pertinentes pour le développement et l’intégration régionale telles que la concurrence et la transparence dans les marchés publics.

Depuis le début de 2008, cinq sessions de négociations ont été organisées au niveau technique ou au niveau de hauts responsables. Les APE provisoires et l’APE complet avec les Caraïbes ont constitué des points de référence utiles lors de ces négociations. L’UE réexamine les difficultés rencontrées au cours de ces négociations et les aspects que les partenaires d’Afrique de l'Ouest pourraient souhaiter revoir dans le contexte de l’APE complet. La Commission accepte que chaque région veuille progresser à son propre rythme, examiner les enjeux avec l’UE et se faire une idée des engagements qu’elle s’apprête à prendre.

Le texte des dispositions relatives aux échanges de biens a été largement approuvé mais contient encore des points de divergence pour lesquels nous recherchons des compromis, notamment en ce qui concerne les taxes à l’exportation, les prélèvements régionaux ou la clause NPF. Comme dans le cas des APE provisoires, des dispositions couvrent la défense commerciale, les obstacles techniques au commerce, les mesures SPS et la facilitation des échanges.

La région de l’Afrique de l'Ouest met la dernière main à son offre d’accès commun aux marchés pour les marchandises et compte la soumettre au début de 2009. Des projets de textes sur les services et la coopération au développement sont également en préparation. Jusqu’à présent, les discussions se sont focalisées sur l’interprétation de la compatibilité OMC (voir fiche factuelle séparée) et sur le lien avec le financement du développement dans le cadre de l’Accord de Cotonou.

Les négociations sur les règles d’origine se poursuivent également. Ces discussions sont parties des règles d’origine utilisées dans l’Accord de Cotonou et de celles contenues dans le règlement n° 1528/2007 du Conseil. Nous sommes à la recherche de simplifications qui pourraient aider l’Afrique de l'Ouest à se développer, par exemple la «transformation simple» pour les produits textiles (déjà contenue dans le règlement 1528/2007). La partie ouest-africaine a élaboré ses propres idées, qui sont actuellement sur la table des négociations.

Les négociations couvrent désormais certaines règles en matière commerciale telles que la concurrence ou la protection des consommateurs, mais les progrès sont lents. Alors qu’en principe, l’Afrique de l'Ouest convient de l’importance, pour l’intégration régionale et l’APE, d’autres aspects en rapport avec le commerce, elle reste jusqu’à présent opposée à l’introduction de chapitres sur les aspects sociaux, sur l’environnement ou sur les marchés publics.

Afin de maintenir l'élan des négociations, le délai pour l’achèvement des négociations de l’APE complet est désormais fixé à la mi-2009.

Pour les dernières informations, veuillez consulter:

http://ec.europa.eu/trade/issues/bilateral/regions/acp/regneg_en.htm

Pour les dates des sessions de négociation de l’APE, veuillez consulter:

http://ec.europa.eu/trade/issues/bilateral/regions/acp/epa_calendar_en.htm

samedi 22 novembre 2008

La Rebellion Ivoirienne Revelee.

EXCLUSIF - Confessions inédites - Un jeune (ex)rebelle repenti se confie à la Rédaction de Connectionivoirienne


22/11/08 • le Journal de Connectionivoirienne
Dans l'entretient qui suit «Petit IB» c'est son nom de code, fait de graves révélations sur Soro, IB, Wattao, Fofié, Compaoré..., les casses de la BCEAO de Bouaké et Korhogo, les APO, le deal Gbagbo-Soro, les liens entre ADO, le RDR et la rébellion, etc.

Par
La Rédaction du Journal de Connectionivoirienne.net

Dans le milieu de la rébellion ivoirienne, il est plutôt connu sous le nom de «Petit IB». Titulaire d'un BTS en Finance-Comptabilité, il se fera enrôler dans «l'armée de libération» de Soro Guillaume - aujourd'hui Premier ministre de Côte d'Ivoire - dès les premières heures de la rébellion, en Septembre 2002. Six ans après, c'est un jeune homme amer et désabusé qui a rompu les amarres avec la soldatesque de Soro qui a voulu se confier à Connectionivoirienne. Suivez son itinéraire dans la rébellion et ses révélations.

Identité et itinéraire dans la rébellion

Je suis Doulaye Ibrahim alias « Petit IB». J'ai un BTS en Finance-Comptabilité, obtenu bien avant la guerre de 2002. J'ai été enrôlé dès les premières heures par la rébellion, où j'ai servi dans la compagnie de Wattao comme le chef de section de la police spéciale. Par la suite, lorsqu'il y a eu des divergences entre les différentes factions rebelles, j'ai eu à servir sous les ordres du commandant Palé. Après son affectation à la frontière, je suis allé à Katiola où j'ai servi avec le commandant Vetcho (Touré Hervé, ndlr). Après, il y a eu des divergences durant lesquelles un de mes camarades, Pinto le Rougeot, un ancien de la gare UTB à Abidjan, a été brûlé vif attaché avec un pagne. D'autres ont été amené précisément à Korhogo puis tués et enterrés au sanctuaire Balla Keita. Comme Vetcho était accusé de faire revenir ceux qui sortaient tels que Angaman des sapeurs-pompiers, il était mal vu. Alors, pour ne pas lui créer des problèmes, j'ai décidé de me retirer parce que Wattao voulait nous faire tuer. C'est le commandant Palé Adama qui m'a appelé à Korhogo pour me dire : «mon petit, si tu es malin il faut quitter dans ça (la rébellion)». Wattao me soupçonnait de travailler pour Major (IB). Ça fait deux ans que j'ai quitté la rébellion. Je suis à Abidjan, je suis pratiquement isolé. Même les ONG, je ne leur fais pas confiance.

J'ai rejoins les FN (Forces nouvelles) dès les premières heures, lors de l'attaque de CTK de Korhogo avec Messamba (Koné, ex-ministre de la rébellion aujourd'hui très discret. Il a été nommé par Soro Guillaume comme «directeur des eaux et forêts et des forces paramilitaires» des zones CNO, ndlr). On nous a envoyé après à Bouaké lors du «lundi noir» (30 septembre 2002, ndlr) comme renforts. Par la suite, lorsque Wattao a échoué dans sa mission à Abidjan (NDLR dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002) et qu'il a replié sur Bouaké, au 3e bataillon, j'ai été affecté auprès de lui pour faire la gendarmerie. On était au nombre de 15. Ensuite il y a eu des divergences entre Wattao et le lieutenant Tounkara, raison pour laquelle il a pris des éléments pour pouvoir créer sa base. Parmi les 15, nous sommes deux qui sommes en vie, tous les autres ont été tués. Wattao avait envoyé pour chef de mission Oumar avec son commissaire Meto à Korhogo pour me tuer...»

Amer et déçu, comme des milliers d'autres combattants

Assurément, la rébellion n'aura pas fait que des heureux. A l'image des chefs de guerre et des animateurs de l'aile politique qui trônent sur des fortunes faramineuses, investissent et se pavanent dans des hôtels de luxe à Abidjan et dans diverses capitales africaines. La grande masse des soldats recrutés pour enrayer «la xénophobie et l'ivoirité» a été laissé au bord de la route, abandonné à un hypothétique programme de réinsertion post-crise qui peine à se mettre en œuvre. «Petit IB» fait partie de ces milliers de soldats anonymes dont l'espoir a été déçu. Il se dit aujourd'hui frustré et amer de la direction prise par ceux qui dirigent la rébellion, qu'il accuse au passage d'avoir dévoyé la lutte. Tous ces frustrés constituent une véritable bombe à retardement qu'il faut songer à désamorcer avant qu'il ne soit trop tard. Morceaux choisis :

«Je vous ai contacté vu l'injustice qui règne au sein de la rébellion. Parce que je dis qu'un combat reste toujours un combat... Les Soro et autres cachent la vérité au peuple. Vu les arrangements actuels, les APO (Accords politiques de Ouagadougou, ndlr) et autres, tout ça ils trompent le peuple pour bouffer. Est-ce que vous pensez que ce que les pays nantis ont décidé et qui n'a pas pu aboutir (faisant référence à l'accord de Marcoussis) va aboutir avec le Burkina Faso ? Non, c'est faux !»

Le deal Gbagbo-Soro-Compaoré pour piller l'économie ivoirienne

Selon «Petit IB», les Accords politiques de Ouagadougou (APO) sont un leurre. Car, martèle-t-il, il s'agit d'un deal entre les deux ex-belligérants et le facilitateur pour spolier la Côte d'Ivoire de ses richesses agricoles, minières et forestières. Voici sa lecture :

«Blaise Compaoré veut avoir le temps de mieux piller les richesses de la Côte d'Ivoire. Le cacao, l'or, le bois, le teck, le diamant, etc., toute la contrebande passe par le Burkina. Il n'y a pas de vérité dans tout ce que nos dirigeants font. Honnêtement, aujourd'hui quand je regarde tout cela ça me fait mal.

Aujourd'hui, on nous dit qu'on va aller aux élections, mais j'aurais personnellement voulu que la vérité soit dite aux populations au lieu d'un arrangement politique entre Gbagbo et Soro. La solution de la crise c'est par la guerre, mais c'est difficile de le dire parce le peuple souffre. Sinon, Soro et Gbagbo ont pris le pays en otage avec leurs armées. Il faut que les Ivoiriens eux-mêmes prennent leurs responsabilités pour mener un coup d'Etat pour enlever ce pouvoir, sans quoi ces gens ne veulent pas d'élections. On n'a pas confiance en eux ; même les histoires d'enrôlement, on ne leur fait pas confiance. Après un an, ils vont encore reporter les élections, et puis on va faire comment ? Chacun des deux camps est armé, alors qui va accepter de perdre les élections ? Ça semble compliqué, mais ça va se régler...»

Et «Petit IB» d'ajouter : «Je connais le petit frère de Soro à Paris, Simon, qui gère les biens de son grand-frère. Donc tout ça on est au courant. Une lutte basée sur le matériel ne peut pas aboutir. Ils trompent tous le peuple. La vérité prend du temps mais elle arrive toujours, Dieu ne laisse jamais ses enfants tombés. Soro n'a pas le contrôle de la zone (occupée par la rébellion, ndlr)».

Qui dirigeait la rébellion au départ ?

«Petit IB» relance le débat sur la «paternité» du mouvement rebelle. Sa préférence va à Ibrahim Coulibaly dit IB, qu'il appelle affectueusement «Major» (c'est le nom de code du sergent-chef Ibrahim Coulibaly, ndlr).

«C'est le «Major» (le sergent-chef Coulibaly Ibrahim dit «IB», ndlr) qui était le chef de toutes les opérations. Au départ, toutes les instructions venaient du «Major» qui était au Burkina. Un jour même, au début de la rébellion, on nous a envoyé à la frontière, à Laleraba pour aller accueillir le Major, mais il s'est avéré que sa sécurité n'était pas assurée ; donc il est retourné. Sinon tout le monde dont Chérif Ousmane était à Korhogo pour accueillir le Major. C'est seulement Cobra qui est parti à la frontière l'accueillir et ensuite l'escorter.

Soro était chargé de s'occuper des journalistes, et IB les commandes sur le plan militaire. C'est ainsi que Soro, Wattao (Issiaka Ouattara), Morou (Ouattara) et (Fofié Kouakou Martin) ont manigancé des choses sur le terrain pour trahir le Major. Comme quoi il n'était pas sur le terrain et qu'il traitait avec le pouvoir à Abidjan pour attaquer la zone. Quand ils ont dit ça, cela a poussé certains éléments à ne pas comprendre. C'est ainsi que les histoires de nettoyage ont commencé, où ils ont d'abord éliminé Dosso Adama (dit Adam's) à Korhogo. Ce sont des collègues très proches de moi, des éléments de Wattao, qui l'ont éliminé. Ensuite ils ont tué Koffi à Ferké, et fait par la suite arrêter Moussa Barbu, qu'ils ont envoyé à Bouaké pour l'emprisonner à la compagnie de Wattao. Ils ont profité des troubles de Bouaké où Kass a été tué (brûlé vif, ndlr) pour achever Moussa Barbu.»

Marcoussis : qui a attribué les postes ministériels ?

Et «Petit IB» de poursuivre, s'agissant des tractations qui ont suivi les accords de Linas-Marcoussis en vue de la formation du gouvernement de réconciliation nationale :

«C'est IB qui a dressé la liste des ministres. Soro lui a même dit de prendre un poste, mais il lui a répondu que son combat pour la Côte d'Ivoire ne passe pas par un poste de ministre. IB était toujours au Burkina, il devait rentrer après la loi d'amnistie. Les supérieurs avaient commencé à nous sensibiliser sur son retour pour prendre les choses en main. C'est ainsi que nous avons appris au niveau du Burkina qu'il ne devait pas rentrer directement, mais qu'il devait passer par Paris. On a appris que les tuteurs Burkinabés, dont Blaise Compaoré, avaient décidé de cela, alors que c'était un coup du Burkina pour le faire arrêter et laisser Soro en roue libre. Parce que IB venait pour mettre fin aux pillages vers le Burkina.

Une fois même, lorsque les sirènes avaient retenti dans le secteur de Wattao à la BIAO, IB a téléphoné à Kolo pour aller sécuriser le secteur. Le Major ne voulait pas qu'on pille parce qu'il savait que le tribunal pénal international nous suivait.»

«Motus bouche cousue» sur les casses de la BCEAO...

Même s'il dit savoir qui a donné les ordres pour dévaliser les agences de la BCEAO de Bouaké et Korhogo, et ceux qui ont mené l'opération, Ibrahim Coulibaly ne veut pas citer de noms pour l'instant... pour des raisons de sécurité personnelle et familiale ! Mais il se dit prêt à témoigner devant les tribunaux :

«Je sais trop de choses sur les casses de la BCEAO. Je sais d'où viennent les ordres et ceux qui ont dirigé les opérations... Je peux parler devant les juridictions. Tôt ou tard, je vais parler. Des supérieurs ont été éliminés dans la banque même parce qu'ils s'opposaient aux attaques de la BCEAO...»

La rébellion et le RDR

«Petit IB» n'est pas non plus très prolixe sur les connexions Alassane Dramane Ouattara-rébellion. Pourtant, vous découvrirez dans ces lignes que le mentor du RDR était très introduit dans le mouvement dirigé par Soro Guillaume...

«J'ai mon oncle même au RDR. Quand il y a eu ces histoires (les épurations au sein de la rébellion), le Dr. Ouattara (Alassane Dramane dit ADO, ndlr) a essayé de régler les choses. Mais c'était difficile parce que des combattants étaient tombés. Donc sa médiation n'a pas été acceptée. Par la suite, Ouattara s'est retiré...», révèle Ibrahim Coulibaly.

Mort de Doh Félix : mystère et embrouillamini...

«Qui a tué le sergent Doh Félix ?» Dans ses explications, Ibrahim Coulibaly attribue la mort du chef du MPIGO (Ndlr : Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest, un des trois mouvement de la rébellion aujourd'hui aux oubliettes) à la fois au secrétaire général du MPCI et aux mercenaires libériens qui combattaient au près de l'armée de Soro dans l'ouest ivoirien...

«Doh Felix était un fanatique de IB. Il a été tué par les mercenaires libériens, pas dans les combats. Doh Felix a été arrêté un jeudi sur ordre de Soro à Bouaké, puis conduit au 3e bataillon, et achevé à la sortie de Bouaké. Ensuite son corps a été transporté puis jeté à la frontière libérienne... Comme ils avaient peur que le Major rentre, il fallait éliminer tous ceux qui pouvaient l'aider à revenir s'installer. Quant à Mobio, il n'est pas mort au combat mais empoisonné ; une mort brusque après être rentré de la mosquée. Kolo lui, a été tué après Kass...»

Portrait de Wattao : intrigues et enrichissement illicite...

Pour avoir côtoyé l'homme, «Petit IB» dresse un portrait très peu reluisant du «commandant» Wattao. Selon «Petit IB», celui qui fait office de «chef d'état-major adjoint des Forces nouvelles» est mû par des desseins qui sont loin de servir la cause de la lutte. Ce préjugé est récurrent dans la rébellion : on accuse Wattao (à tort ou à raison) d'être à la base de toutes les dissensions au sein de la rébellion, et de torpiller les autres chefs de guerre au près de Soro Guillaume...

«Wattao, je connais bien l'homme, c'est un peu mon père adoptif dans la rébellion. Je crois qu'il est venu pour des pillages après avoir échoué dans ses missions à Abidjan. Après les histoires avec Tounkara, il nous a appelé pour former sa compagnie : Anaconda.

La prise manquée d'Abidjan et le kyste de Bouaké

Wattao, Djakis (NDLR Koné Zackaria), Abdouramane, DAZ, le commandant Palé Mamadou étaient à Abidjan. Palé y a même pris une balle dans le pied, et il a été arrêté. Ce n'est qu'après la loi d'amnistie qu'il nous a rejoint à Bouaké... Au début des opérations, Bouaké était géré par Chérif Ousmane et Tuo Fozié, restés le 18 septembre à Bouaké.

Les choses ont échoué parce le soutien dans les FANCI ne s'est pas manifesté. Comme les infiltrés avaient peut-être la trouille, ils ne répondaient pas sur leurs portables. C'est ainsi qu'il a été décidé de replier car on ne savait pas si ceux qui ne répondaient pas avaient donné des informations aux FANCI. Ceux sur qui on comptait sur le terrain ayant trahi la cause, on a quand même décidé d'attaquer pour semer la zizanie pour pouvoir sortir d'Abidjan. La prise de Bouaké était prévue dans les stratégies, ce n'était pas un hasard.»

Fofié ou «l'ange exterminateur» et les conteneurs de Korhogo

Celui qu'on surnomme le «démon» de Korhogo ou «l'ange exterminateur» fait l'unanimité sur sa cruauté... Voici ce que «Petit IB» dit de Fofié Kouakou Martin, le seul chef de guerre de la rébellion sous le coup d'une sanction onusienne (c'est tout de même curieux et bizarre !) :

«C'est un tueur ! Il a tué beaucoup de personnes. Il y a des éléments arrêtés à Bouaké puis emmenés à Korhogo, et après on apprend qu'ils sont morts... enfermés dans des conteneurs. Tout ça c'est le travail de Fofié. Des éléments tels que le commandant de secteur de Ferké, Koffi Kouadio et un adjudant-chef du nom de Zola, qui était un commando formateur dans l'armée avant la guerre, tous ceux-là c'est Fofié qui les a tués.»

Chérif Ousmane, militaire jusqu'au bout des ongles

Il représente, avec Koné Zackaria (aujourd'hui sous sanction disciplinaire au Burkina Faso), l'aile dure de la rébellion. Pour le chef de la «Compagnie Guépard», l'objectif initial de la rébellion demeure intacte : chasser Gbagbo du pouvoir. Il n'a pas encore renoncé, comme le souligne «Petit IB»:

«Chérif (Ousmane) est l'homme qui veut que les choses avancent. Mais comme quand tous ceux qui sont restés courageux vis-à-vis de notre envie de chasser Gbagbo parlent, on dit tu es pro-Major (IB) ; c'est pourquoi Chérif se calme. Chérif veut la guerre mais tous les chefs corrompus et devenus milliardaires ne veulent plus la guerre. Ils continuent tranquillement à voler. Moi en 5 ans de rébellion, j'ai vu Chérif une seule fois en civil, lors d'une fête de la St. Sylvestre (31 décembre, ndlr), où Soum-Bill était à Bouaké. Sinon, Chérif est toujours en treillis. Chérif est un vrai soldat. Il continue toujours à dire aux éléments que la guerre n'est pas encore finie et que la mission n'est pas terminée. Il n'est pas comme tous ceux qui vivent dans le luxe et qui ont peur de mourir, les Wattao, Morou et tous ces plaisantins. Entre Chérif et Soro, c'est la sorcellerie ; parce que ce milieu-là c'est la sorcellerie.

Comme les Ouattara étaient à son mariage, ils disent que Chérif roule pour Ouattara, mais ce n'est pas vrai. Chérif est sur ses gardes, c'est un vrai militaire, j'ai reçu des formations chez lui, des formations de 45 jours très solides. Le «lundi noir», Chérif a pardonné à tout le monde et demandé de prendre les armes parce que les loyalistes avaient progressé jusqu'au centre-ville, en face de la cathédrale. Tuo Fozié voulait replier sur Katiola, mais Chérif a dit «NON, si on perd Bouaké ce n'est pas bon car même les Français vont aider les loyalistes à nous anéantir». C'est ainsi que Kolo (Ndlr : qui a été tué plus tard par les Soro) a détruit le premier char loyaliste, par la suite c'est à Air France que Konaté a détruit le deuxième char. Les deux chars étaient rentrés par l'ENSOA, après ça les loyalistes ont pris peur. Ils se sont alors repliés et puis ils ont quitté Bouaké par la suite.»

Konaté Sidiki, l'opportuniste et le traître

Selon «Petit IB», l'actuel ministre du Tourisme et de l'Artisanat est un parvenu dans la rébellion. En effet, au début du conflit armé, Konaté Sidiki a organisé une marche de protestation en Allemagne... pour soutenir les institutions de la République ! Quelques semaines plus tard, les patriotes sont tombés des nues lorsqu'ils l'ont aperçu à Lomé dans la délégation de Soro Guillaume lors des premières négociations conduites par (feu) le président Gnassingbé Eyadema. Cet opportunisme lui vaut aujourd'hui tous les honneurs de la République... et de la rébellion !

«Il (Konaté Sidiki) nous a rejoint en Novembre 2002 ; il était en Allemagne. Au début, il protestait contre nous, contre la rébellion. Siriki a été présenté par Doumbia Major à IB. Doumbia Major a fait comprendre au Major IB que Siriki effectivement, il avait protesté mais qu'aujourd'hui, il revient à la raison. C'est ainsi qu'on l'a fait venir et par la suite il s'est associé avec Soro pour trahir tout le monde.»

«Petit IB» s'est également prononcé sur plusieurs autres sujets, passés comme d'actualité. Voici son récit de certains événements majeurs qui se sont produits en Côte d'Ivoire, et sa position en ce qui concerne la sortie de crise.

Les Français

«Ils nous ont empêché d'avancer, ce qui a donné le temps aux FANCI de se réarmer. Sinon les FANCI savaient qu'ils ne pouvaient pas tenir, mais c'est avec l'aide de la France qu'ils ont eu le temps de se surarmer, de se rééquiper ... Sinon nous étions prêts pour avancer n'eut été les Français...»

Novembre 2004

«Quand l'opération est arrivée, nos supérieurs comme d'habitude ont eu à nous sensibiliser dans les casernes. On nous a dit que c'est le Major (IB) qui était en collaboration avec le parti qui est au pouvoir à Abidjan pour pouvoir attaquer nos positions. C'est ainsi qu'ils ont déployé un certain nombre d'éléments sur les différentes frontières pour barrer la route aux pro-IB qui étaient au Mali et qui devaient passer par Pogo. C'est en ce moment que Blaise (Compaoré) aussi a fait stationner des unités Burkinabés sur le pont de Laleraba (une rivière séparant la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso...) pour empecher les FANCI de le bombarder. Ce pont devait être détruit par les FANCI pour empêcher tout repli aux rebelles. A Bouaké, Chérif (Ousmane) voulait progresser, contre-attaquer. Mais il y a eu des divergences, et ceux qui disaient de rester sur nos positions ont eu la majorité. On a donc renforcé les postions. Chérif, lui, disait que Gbagbo ne respectait pas le cessez-le-feu, donc il fallait progresser.»

Sa version sur le «bombardement» du cantonnement français de Bouaké

«Au début, les Français n'avaient pas réagi, mais c'est parce que c'est tombé sur eux-mêmes qu'ils sont intervenus. Le camp des Français, au quartier Kennedy non loin de l'ENSOA a été vraiment bombardé. C'est à Kennedy que Chérif habite, on est allé sur le terrain ; j'ai vu de mes propres yeux que les Français avaient été bombardés. Je pense que c'est en voulant bombarder l'ENSOA que l'erreur a été faite. Mais les FANCI ne savaient pas que l'ENSOA n'était plus utilisé ; il n'y avait personne là-bas.»

Les élections

«Mon objectif, c'est qu'il y ait un changement de pouvoir en Cote d'Ivoire, parce tout le monde souffre. Le changement de pouvoir concerne Gbagbo et le gouvernement Soro qui forment les deux un bloc contre le peuple. Ils sont entrain de bouffer, de détourner l'argent du peuple... ; ils sont corrompus. Normalement, Soro est un opposant qu'on a mis à coté de Gbagbo pour le contrôler, mais chaque fois qu'il y a des abus ou des questions de détournements on ne le voit pas. Il est devenu un collabo. Lui et Gbagbo sont les mêmes. Ma conviction est que Major était venu pour le bon nettoyage de la scène (politique) et il nous faut le soutenir ; c'est ma ferme conviction. Tôt ou tard, la vérité éclatera. Soro et son staff ont menti sur Major, mais on comprend ça maintenant. Ils ont les urnes dans leurs mains, ils ne vont jamais accepter de perdre les élections. Je parle de Gbagbo.»

L'armée ivoirienne et la sortie de crise

«L'armée est politisée. Normalement, l'armée doit soutenir le peuple pour le changement, mais ce n'est pas le cas. Mais comme Dieu ne laisse jamais tomber ses enfants, je crois en la réussite de la Côte d'Ivoire. Je ne suis pas un fanatique de IB, mais je me dis personnellement que tout se trouve dans la main de IB... Tout ce que Major disait au départ, c'est ce qu'on commence à voir aujourd'hui.»

Les officiers dernièrement arrêtés à Abidjan

«Je connais très bien Sekongo Doulaye, Fofona lui je ne le connais pas. Sekongo n'a jamais aimé les problèmes. Dernièrement, il me disait qu'il se sent bien dans son coin. Il ne veut pas d'ennuis. Sekongo n'a jamais participé à la rébellion. Tout ça c'est un montage. Sekongo chassait les bœufs, je connais qui l'a pris pour diminuer son âge pour ensuite le mettre á l'école. Quand il est revenu de France il est allé à la marine. Je sais tout ça. C'est décevant de le voir arrêté parce que il n'a jamais voulu faire la politique. Ça veut dire qu'il y a des problèmes dans l'armée, des problèmes très profonds de division et de politisation.»

L'attaque de l'avion de Soro

«Soro sait qui a fait ça, mais il continue d'accuser IB. Il a la trouille parce qu'il a trompé IB. C'est le pouvoir à Abidjan qui a voulu tuer Soro en faisant tirer sur son avion. Soro même le sait. Tous les chefs le savent. Moi ça m'a trouvé à Bouaké et je sais que tout le monde le sait là-bas. Leur soit disant médiateur Blaise (Compaoré) était très fâché contre Gbagbo, et il lui a dit de ne plus refaire ça, sinon il allait demandé aux enfants de se retirer.»

Sa proposition de sortie de crise : «Il faut associer tout le monde au processus de paix»

En guise de conclusion, Ibrahim Coulibaly appelle à une réconciliation totale et sans exclusive entre tous les fils et filles de la Côte d'Ivoire. Même s'il ne croit pas trop à la solution pacifique pour sortir de la crise, «Petit IB» invite les acteurs nationaux et internationaux du processus de paix à entamer le dialogue avec tous ceux, militaires ou civils, qui sont en exil. Selon lui, c'est la condition sine qua non d'une sortie de crise sans effusion de sang :

«Sans tous ceux qui sont dehors (en exil, ndlr) dont «IB», DAZ, Konaté de l'ENSOA, Doué (Mathias, ex-Chef d'Etat-major de l'Armée ivoirienne, ndlr), on ne peut pas avoir la paix si tous ceux-là ne sont pas associés au processus (de sortie de crise). On peut aussi ajouter Koné Zakaria. Si on fait les choses dans l'intérêt du peuple et non pour l'argent, alors il faut associer tous ceux-là à la recherche de la paix.»

A bon entendeur...

Par
La Rédaction du Journal de Connectionivoirienne.net avec Louty Guégouhin (L.G.)

Titre: De la refondation a l'idolatrie, leurs levres crient Jesus le jour mais la nuit, ils adorent Satan

Face aux consequences de leurs propres actions ou inactions, la solution que les refondus ont trouve face a la crise que traverse le pays n'a ete que la construction de hauts lieux d'adoration de Satan ironiquement appeles "monuments" pour les ignorants. Alex a attire mon attention sur ce que representait vraiment ces monuments. Si vous regardez bien les signes qui sont inscrits sur ces edifices contruits par la refondation a tous les carrefours d'Abidjan, vous decouvrirez le culte du dieu soleil. Ces chretiens de dimanche adorent d'autres dieux la nuit, et cela est bien evident en regardant les effigies inscrits sur leurs monuments. Certains sont rosicruciens, d'autres kabalistes, d'autres franc-macons, et ce sont ces differentes sectes qui profitant de la crise ont pris autorite sur la Cote d'Ivoire. Et depuis le sang ne cesse de couler en Eburnie. Lisez l'histoire du roi Achab dans la Bible, vous verrez un replicat en Cote D'Ivoire. Ils se font passer pour les grands chretiens, mais tout en eux porte la marque de lucifer. La Bible dit, la ou est l'esprit du seigneur, la est la paix. Selon vous, est ce que l'esprit du seigneur est en Cote D'ivoire? Est ce que les monuments ou temple construits a divers endroits en Cote D'ivoire professent Jesus ou Dieu? Regardez bien autour de vous. Regardez les monuments, si vous y voyez le signes des yeux, alors vous aurez compris. Pour ceux qui veulent comprendre comment cela est possible, lisez le livre de Naomi Kelin, "the Choc Doctrine", qui explique comment les gouvernants usent des moments de chocs ou de crise pour faire avaler aux peuples toutes sortes d'enormites. Abidjan est sous la coupe des differents dieux, avec au top, lucifer lui meme, Belzebull en chef. Si vous croyez que la Cote D'ivoire est un pays beni de Dieu, alors pourquoi ces hauts lieux d'adoration des autres dieux? Regardez bien, vous verrez que les refondus ont place la Cote D'ivoire sous la coupe reglee de l'idolatrie, et des dieux avides de sang. Lorsque Moise etait monte sur le mont Sinai pour prendre le livre de la loi, les dix commandements, a son retour, qu'a t-il trouve? Un peuple s'adonnant a la fornication a outrance, aux sacrifices d'enfants, a la joie, a l'homosexualite, et tous les plaisirs charnels. Ils s'etaient meme crees des veaux d'or qu'ils aodraient. Regardez la Cote D'Ivoire, qu'il y a t-il de different? Regardez la Cote D'Ivoire et vous verrez que l'esprit de Dieu n'est point la. Ils vous disent qu'ils sont chretiens, mais leurs actions professent le diable. L'immoralite sexuelle est devenue le but de leur existence. Ils vous disent qu'ils aiment Jesus, mais en eux resident les oeuvres de Satan, car l'esprit de Dieu est manifeste, et les oeuvres de l'esprit sont tous aussi manifestes, et sont la patience, l'amour, la bienseance, l'humilite, la fidelite, comme le cite l'apotre Paul dans ses epitres. Mais les oeuvres de la chair sont aussi manifestes. Vous les voyez en Cote D'ivoire.
Le diable regne supreme en Cote D'ivoire avec sa cohorte de demons, et ses actions sont evidentes par les braquages quotidiens, les morts chaque jour, les viols, les plaisirs mondains, les sacrifices d'enfants, le mensogne d'etat, et le malheur qui nous accompagne... Lorsque nous esperons la reussite ou la victoire, ce que nous obtenons c'est l'echec, (Mondiale, Coupe D'Afrique, Olympique). Vous vous demandez pourquoi? Regardez a vos monuments, ce sont les signes patents de l'adoration de lucifer, ce sont les temples a Satan, et le sang qui coule toujours en Eburnie etanche la soif combiens inalterable de ces demons qui resident dans nos monuments.

Dieu aie pitie de nous tous!




Observez bien le signe de l'oeil tout voyant, c'est un signe maconique comme la remarque le frere Alex. C'est le signe du dieu soleil. Son origine remonte d'Egypte. Et les refondus ont donc confie la Cote D'ivoire au dieux de leurs sectes. Ces refondus n'ont pas mis ce signe la sur les monuments pour faire joli, ce signe a une signification precise. La refondation prise ainsi en flagrant delit de promotion de l'idotrie en Cote D'ivoire et le peuple en paye le prix.