lundi 27 février 2012




gendarmes-prisonniers-bouaké.2


Le 22 fevrier dernier, dans le cadre du procés contre le président Gbagbo, la CPI a rendu publique un document, selon lequel les juges de la cour autorisaient le procureur Ocampo a enqueté sur les tristes événement qui ont endeuillé la cote d'ivoire depuis le 19 septembre 2002, jour du déclenchement de la rebellion armée dirigée par Alassane Ouattara et Guillaume Soro. Ce qui pouvait etre perçu au départ comme une victoire pour les partisans du Président Gbagbo s'est vite mué en deception profonde. Et pour cause.

En parcourant le document en question au paragraphe 35, nous pouvons lire ceci: " In light of the limited information provided by the Prosecutor, the Chamber is unable to assess whether crimes against humanity may also have been committed by any of the rebel forces." En d'autres termes, les juges disent que sur la base des informations fournies par le procureur Ocampo, les juges de la cour n'ont aucune base légale qui permettrait de poursuivre les rebelles ivoiriens de Ouattara et Soro.

Selon Ocampo rien ne prouve que ceux ci ont commis des crimes contre l'humanité depuis 2002. Nous croyons en la bonne foi d'Ocampo, c'est pourquoi nous lui fournissons ce document d'Amnesty International, une organisation pas du tout reconnue comme étant pro-Gbagbo, la vidéo et les images ci-dessous. Dans ce document Dètaillé, amnesty international raconte les massacres de 60 gendarmes et de leurs enfants fait prisonniers par les rebelles de ouattara et guillaume Soro en octobre 2002.

Esperons que ces preuves aideront la CPI à rendre justice, et condamner les véritables responsables de ces massacres, à savoir Guillaume Soro,Alassane Ouattara, et leurs chefs militaires  





le jeudi 27 février 2003 - 00 H 01] Public
amnesty international

60-gendarmes-tues-bouake.PNG



INTRODUCTION


À Bouaké, le 6 octobre 2002, une soixantaine de gendarmes accompagnés d’une cinquantaine de leurs enfants  et de quelques autres civils (voir image ci-dessus) ont été arrêtés dans leur caserne par des éléments armés du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) qui avaient pris le contrôle de la deuxième ville du pays depuis le 19 septembre 2002. Ces personnes ont été conduites à la prison du camp militaire du 3e bataillon d’infanterie. Ce même soir, des éléments armés du MPCI sont entrés à plusieurs reprises dans la prison et ont tiré en rafales, tuant et blessant des dizaines de détenus.

Les survivants sont restés deux jours avec les blessés et les cadavres en décomposition sans recevoir de nourriture. Certains ont été contraints de transporter les cadavres et de les enterrer dans des fosses collectives et une dizaine d’entre eux ont très vraisemblablement été tués sur les lieux mêmes du charnier après qu’ils eurent enterré leurs camarades. Ces informations ont été recueillies par des délégués d'Amnesty International auprès de quelques-uns des survivants de ce massacre au cours d’une mission d’enquête menée dans la zone tenue par le MPCI en décembre 2002.

Elles ont ensuite été recoupées avec les témoignages d’autres survivants qui avaient été libérés et avaient pu rejoindre les zones sous contrôle gouvernemental Amnesty International n’a pas immédiatement rendu publiques ces informations car elles risquaient de mettre en danger la vie des gendarmes témoins de ce massacre et qui étaient encore détenus à Bouaké. Tous ces gendarmes ont été depuis lors libérés après avoir payé de très lourdes rançons et Amnesty International peut donc maintenant relater dans le détail le déroulement de ce massacre tel que l’organisation a pu le reconstituer.


LE MASSACRE DES GENDARMES À BOUAKÉ EN OCTOBRE 2002
  
La nouvelle du massacre de dizaines de gendarmes à Bouaké par le MPCI au début du mois d’octobre 2002 s’est très vite répandue sous forme de rumeurs ou d’affirmations catégoriques publiées notamment dans la presse proche du gouvernement d’Abidjan.

Cependant, faute de témoignages directs des faits, peu de détails étaient connus sur les circonstances exactes et sur le déroulement chronologique de cette tuerie. Pour leur part, les autorités du MPCI ont reconnu que des gendarmes avaient été tués au début du mois d’octobre 2002 tout en affirmant que ces gendarmes étaient morts lors de combats qui ont opposé, à partir de la nuit de 5 au 6 octobre 2002, les forces du MPCI et des éléments des forces gouvernementales qui ont tenté de reprendre la ville de Bouaké avant d’être repoussés. C’est cette même version des faits que le MPCI a ommuniqué à la délégation d'Amnesty International à Bouaké en décembre 2002.

À la suite d’une enquête approfondie, Amnesty International a pu retracer, sur la base de témoignages directs, les circonstances de ce massacre. Les gendarmes arrêtés le 6 octobre 2002 à l’état-major de la 3e légion de gendarmerie de Bouaké n’ont pas été tués lors de combats. La plupart d’entre eux ont été abattus de sang-froid par des éléments armés du MPCI alors qu’ils étaient détenus avec une cinquantaine de leurs enfants et quelques civils dans la prison du camp militaire du 3e bataillon d’infanterie de Bouaké. De plus, certains d’entre eux, y compris des blessés, ont très vraisemblablement été abattus sur les lieux de la fosse collective où ils avaient été contraints d’ensevelir certains de leurs camarades. Les survivants de ce massacre n’ont eu la vie sauve que grâce à un ordre donné au tout dernier moment par un responsable du MPCI. Finalement, la dizaine de gendarmes encore détenus en décembre 2002 ont été libérés après avoir payé des rançons très élevées.

À Bouaké, au cours de leur mission d’enquête, les représentants de l’organisation ont officiellement demandé à des responsables de l’aile militaire du MPCI de visiter les fosses collectives où auraient été enterrés ces gendarmes. Les autorités du MPCI ont répondu qu’elles ne connaissaient pas le lieu exact de ces fosses et que celles-ci ne contenaient que des corps de gendarmes tués au combat.

Voici donc dans le détail le déroulement chronologique de ce massacre tel qu’il a pu être reconstitué par Amnesty International. Pour des raisons de sécurité, les noms des gendarmes qui ont réchappé de ce massacre ne seront pas divulgués dans leprésent document car certains d’entre eux ont reçu, au moment de leur libération, des menaces du MPCI.

a) Les circonstances de l’arrestation des gendarmes le 6 octobre 2002

La prise de Bouaké par des éléments armés qui allaient ensuite prendre le nom deMouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) a pris au dépourvu toutes les forces de sécurité se trouvant dans la deuxième ville de Côte d’Ivoire.
L’un des survivants du massacre de Bouaké a raconté à la délégation d'Amnesty International comment lui et ses camarades ont été surpris par cette attaque :
« Nous avons entendu des coups de feu vers 3-4 heures du matin dans la nuit du 18 au 19 septembre. Nous avons sifflé le rassemblement pour protéger la caserne d’une attaque. Nous avons appris par la radio que les « Zinzins » et les « Bahéfoués » [les militaires engagés sous la période de transition dirigée par le général Gueï qui avaient appris leur prochaine démobilisation] s’étaient révoltés. Toute la journée du 19 septembre, nous sommes restés sur nos gardes mais nous n’avons pas été attaqués,alors nous sommes restés à l’intérieur de nos barrières. Le 20 septembre, des 4x4 se sont approchés de la clôture et des éléments armés se trouvant à bord de ces véhicules ont tiré en l’air. Nous n’avons pas répliqué parce que nous n’avions pas assez d’armement. Nous avons décidé de mettre un drapeau blanc sur la clôture et de ranger nos armes. Nous sommes ainsi restés dans notre caserne sans problèmes jusqu’au 6 octobre vers midi. »

Tous les gendarmes rencontrés par Amnesty International ont affirmé que le drapeau blanc n’avait cessé de flotter au-dessus de leur caserne et que, durant les trois premières semaines de l’occupation de la ville par le MPCI, ils n’ont eu aucun contact ni problème avec les éléments du MPCI. Certains gendarmes ont même pu quitter la caserne librement pour regagner leur domicile à Bouaké et des civils, parents ou amis, ont pu leur rendre visite à la caserne de la 3e légion.

Cette information qui montre bien que ces gendarmes ont cohabité sans problèmes avec les éléments du MPCI durant trois semaines a été confirmée à la délégation d'Amnesty International en décembre 2002 par un des hauts responsables du MPCI à Bouaké. Celui-ci a confirmé que « au lendemain de la prise de la ville par nos forces, les gendarmes ont laissé leurs armes et nous pensions que nous pouvions cohabiter. Tout s’est bien passé jusqu’à l’attaque de Bouaké par les forces gouvernementales le 6 octobre. »

Ce 6 octobre 2002 en effet, les troupes gouvernementales ont lancé une offensive pour reprendre la ville de Bouaké et les éléments du MPCI ont estimé que cette attaque n’avait été rendue possible que grâce à des «gendarmes infiltrés » dans la ville. Ils ont donc encerclé la caserne de la 3e légion et ont arrêté tous les hommes qui s’y trouvaient, à savoir une soixantaine de gendarmes accompagnés d’unecinquantaine de leurs enfants âgés de plus de douze ans et quelques civils qui se trouvaient à ce moment- là dans la caserne où ils rendaient visite à des parents ou des amis.

Plusieurs gendarmes ont raconté à Amnesty International les conditions dans lesquelles ils ont été arrêtés ce jour-là :

« Le dimanche 6 octobre, entre midi et treize heures, nous étions en train de nous préparer pour le repas, lorsque la caserne a été encerclée et les ‘ rebelles’ nous ont demandé de sortir. Ils tiraient tout autour de la caserne. Ils ont demandé à tous les hommes de sortir et nous sommes sortis avec nos garçons et les civils qui se trouvaient avec nousLes femmes sont restées dans la caserne et je crois qu’elles n’ont pas été molestées. Les ‘ rebelles’ nous ont dit qu’ils avaient appris que des agents de renseignement d’Abidjan seraient parmi nous et qu’ils voulaient vérifier cela. Certains nous ont accusés d’être des combattants envoyés par Abidjan. On nous a donc conduits au camp militaire. »

Un autre gendarme a raconté :

« J'étais à la caserne avec ma famille. Je ne portais pas de tenue de combat. J'étais dans la tenue que je porte encore maintenant [un short et un T-shirt]. Les ‘mutins’ sont arrivés en 4X4 le dimanche et ont encerclé le camp, ils ont tiré en l'air et un de nos collègues gendarme est sorti pour demander ce qui se passait. Les ‘mutins’ lui ont répondu qu'il y avait des rumeurs de loyalistes infiltrés et qu'ils procédaient à des vérifications. Nous sommes tous sortis des maisons avec un drapeau blanc, ils nous ont fait asseoir sur le goudron pour vérification. »
La centaine d’hommes arrêtés et désarmés ont été conduits au camp militaire du 3e bataillon d’infanterie distant d’à peu près 7 kilomètres. Certains détenus ont été emmenés à bord de véhicules, d’autres ont dû faire le trajet à pied. Parmi ceux-ci, l’un d’eux a raconté à la délégation d'Amnesty International :

« Nous avons dû marcher durant plus d’une heure sous les huées de la population. Vers la préfecture de police, il y avait un attroupement qui criait : Egorgez-les, tuez-les’. Des gens nous ont aussi jeté des cailloux et nous ont frappés. » (voir image ci-dessous)

  gendarmes-prisonniers-bouake.PNG
gendarmes-prisonniers-bouake.2.PNG


b) Le massacre dans la prison militaire du 3e bataillon d’infanterie

gendarmes-massacres-bouake.PNG
gendarmes-massacres-bouake.2.PNG


Une fois arrivée au camp militaire du 3e bataillon d’infanterie, la centaine de détenus a été conduite à la prison du camp. Comme ce centre de détention était relativement petit (à peu près 8 mètres de long sur 5 mètres de large avec trois petites cellules sans électricité), la plupart des détenus se sont assis dans la cour de la prison (voir dessin page suivante). Il était alors environ 14 heures.


Dessin de la prison militaire où ont été détenus les gendarmes à Bouaké

plan-prison-bouake.PNG

Si le massacre lui-même n’a commencé ce jour- là que vers 20 heures, il a été précédé de plusieurs avertissements qui se voulaient être à la fois une justification des actes qui allaient être commis et une manière de torturer moralement les détenus en annonçant par avance le crime qui se préparait.


Tous les gendarmes rencontrés par Amnesty International se souviennent encore de ces menaces proférées à leur encontre quelques heures avant le début de la tuerie :


« A plusieurs reprises, des hommes armés sont entrés dans la prison pour nous regarder et l’un d’eux nous a dit : ‘Souvenez-vous du Cheval Blanc , de la Mercedes noire, de Yopougon, moi j’ai été contraint de partir en exil, vous allez tous mourir.’ Un autre est venu plus tard et nous a dit : Rappelez-vous de Yopougon, maintenant ce sera votre tour. Ce qui doit arriver, arrivera. »


En dépit de ces menaces, de nombreux détenus ne semblent pas avoir mesuré le danger qui les guettait. L’un des survivants a raconté à Amnesty International :


« Nous étions incrédules, on pensait qu’ils disaient cela juste pour nous démoraliser, on ne pensait pas qu’ils allaient faire cela. »


Soudain vers 20 heures, deux hommes armés sont entrés dans la prison dont un Dozo et là tous les témoignages recueillis par Amnesty International concordent :


« Deux hommes sont entrés, un Dozo et un autre en tenue militaire. Ils sont restés sur le seuil de la porte d’entrée et nous ont lancé des menaces agressives. Puis soudain, contre toute attente, le Dozo a envoyé une rafale de kalashnikov touchant tous ceux qui étaient devant lui. Certains détenus étaient assis, d’autres couchés par terre, beaucoup ont été touchés. J’ai pu en réchapper parce que j’étais adossé au robinet qui se trouve près des WC, dans le coin gauche de la prison [voir dessin plus haut], j’étais donc hors de portée des tirs. Puis ils ont fermé la porte et sont repartis. »


Les détenus ont alors compris que ces hommes en armes allaient revenir et chacun a tenté de trouver désespérément une cachette, dans ce petit espace clos. Une demi-heure plus tard, un deuxième groupe d’hommes armés a ouvert la porte de la prison. L’un des survivants a raconté à Amnesty International :


« Je me suis caché dans une des cellules du fond, d’autres plus agiles sont montés sous la toiture. Une demi-heure plus tard, des hommes armés sont entrés et ont continué à tirer de manière aveugle sur nous. J’ai entendu des enfants qui criaient : ‘Nous ne sommes pas gendarmes, ne nous tuez pas !’ »


Vers 22 heures, un troisième groupe est entré et l’un des hommes a crié :

« Tuez-les tous ». Alors l’un des membres du groupe est entré dans l’enceinte de la prison en enjambant les corps des personnes tuées et blessées qui gisaient dans la cour.
Un témoin a raconté à Amnesty International l’arrivée de cet homme en armes près de lui :


« J’étais caché dans la cellule de gauche et le mur nous protégeait des tirs mais l’un des ‘mutins’ s’est approché de nous et a jeté un coup d’oeil dans notre cellule en disant : ‘Putain, ils sont encore beaucoup ici’. Il a arrosé la chambre de balles, puis il a pris un autre chargeur et a tiré sans distinction. Quand il est parti, je me suis grimé de sang et je me suis caché sous un cadavre pour me protéger. »


Un autre témoin a eu la vie sauve en se cachant dans la cellule de droite qui a été épargnée par les éléments armés du MPCI car des membres des Forces nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) y étaient détenus apparemment depuis la prise de la ville par le MPCI, le 19 septembre 2002. Ce témoignage démontre bien que cette tuerie planifiée n’a pas été commise de manière incontrôlée. En dépit de la haine exprimée par les mots et la violence aveugle de ces tirs en rafales, les éléments armés du MPCI ont gardé à l’esprit dans leur fureur la distinction entre les différents corps des forces
de sécurité.


Selon les survivants, ces trois vagues successives de tirs ont tué une quarantaine de gendarmes, une trentaine de leurs enfants et 5 civils arrêtés avec eux dont un instituteur et un vendeur travaillant dans la pharmacie « des 18 logements » à Bouaké.


Toute la journée du lendemain, le lundi 7 octobre 2002 et une bonne partie du mardi 8 octobre, personne n’est entré dans la prison et les survivants sont restés seuls sans nourriture avec les morts et les blessés dont certains ont succombé ce jour-là.


L’un des gendarmes rencontrés par Amnesty International a ainsi perdu trois fils dans ce massacre. L’un d’eux est mort sur le coup le 6 octobre au soir, deux de ses fils sont morts dans ses bras le lendemain :

« J’ai été arrêté avec trois de mes enfants, l’un âgé de vingt et un an, a été tué sur le coup le dimanche soir. Mes deux autres fils, âgés de dix-neuf ans et de vingttrois ans, ont été blessés. Je suis resté à côté d’eux tout le lundi mais ils sont morts ce jour-là des suites de leurs blessures. »

L’un des gendarmes survivants a raconté à la délégation d'Amnesty International que des gens venaient régulièrement regarder par le trou de la serrure. Ce n’est que le mardi 8 octobre vers 17.00 heures que les portes de la prison se sont ouvertes à nouveau et que les éléments du MPCI ont demandé à certains détenus de sortir les cadavres pour aller les enterrer. L’un des gendarmes chargés de cette tâche a raconté à Amnesty International :

« Certains cadavres étaient déjà en état de putréfaction, l’odeur était telle que les ‘mutins’ sont entrés dans la prison en se couvrant le nez et la bouche…Nous avons fait trois chargements et nous sommes allés les enterrer dans des fosses collectives près du quartier appelé ‘Dar es Salaam’ »

Les personnes qui ont enseveli les cadavres ce jour-là ont été ramenées en prison et les gardiens ont demandé aux survivants de laver les traces de sang qui maculaient les murs. Cependant, toute trace de ce massacre n’a pas été effacée puisque la délégation d'Amnesty International a pu voir de nombreux impacts de balles qui ont littéralement troué des pans de murs de la prison.


Dans la nuit du 8 au 9 octobre, sept autres blessés ont succombé à leurs blessures. Le mercredi 9 octobre, les gardes ont choisi quelques survivants pour aller.enterrer ces nouveaux morts. Mais contrairement au jour précédent, aucune de ces personnes n’est revenue en prison. Tous les survivants du massacre de Bouaké sont convaincus qu’elles ont été abattues sur les lieux du charnier après avoir été obligées d’enterrer leurs camarades.

« Ils ont choisi les plus costauds, notamment Séry Sogor, Doua Gbongue, Brou Koffi Raymond et Obo Boni pour emmener ces cadavres. Ils ont aussi emmené trois blessés sous prétexte qu’ils n’avaient pas de médicaments. Aucun d’eux n’est revenu. »

Parmi ces trois blessés emmenés figurait Alain Messolo, un des fils de l’Adjudant chef Dosso Messolo.  (le voici dans l’image ci-dessous)

gendarme-Dosso.PNG


Ce dernier, qui avait déjà vu mourir sous ses yeux un fils, prénommé Ladji, le dimanche 6 octobre, n’a pas voulu laisser partir son fils, Alain, tout seul et a insisté pour l’accompagner. Personne ne les a plus jamais revus. Ce même mercredi 9 octobre, vers 17 heures, plusieurs véhicules sont venus chercher les derniers survivants qui étaient une quarantaine. L’un d’eux a raconté:« Dans le camion, ils se sont moqués de nous et nous ont forcés à chanter ‘Jésus est bon’, ‘Jésus est mauvais’, pour bien nous faire comprendre que nous allions être tués et nous faire comprendre que Jésus allait nous lâcher. Nous sommes arrivés sur les lieux où certains de nos camarades avaient enterré les morts les deux jours précédents. Nous avons vu des puisatiers qui venaient de creuser un nouveau trou. Avant qu’on ne descende des camions, l’un d’eux nous a dit qu’ils allaient tous nous tuer. Puis ils nous ont dit que si nous voulions courir, nous pouvions le faire et qu’ils allaient ‘s’exercer’. Soudain, quelqu’un est venu dire que ‘le colonel’ avait demandé de ramener les prisonniers et on est rentré dans la prison. »

Quelques jours plus tard, les vingt-six enfants de gendarmes qui avaient survécu au massacre et un gendarme ont été libérés. Mais ces libérations n’ont pas mis un terme aux exécutions sommaires. En effet, le 14 novembre 2002, deux gendarmes, l’adjudant Vléi Déhé Paul et le maréchal des logis chef, Koué Bi Zanli, ont été extraits de leur cellule en compagnie d’un membre du MPCI, nommé Sékou, qui avait apparemment été sanctionné pour une raison inconnue. L’un des gendarmes survivants a confié à Amnesty International : « Ces trois personnes ne sont jamais revenues. On a demandé plus tard à des détenus d’aller les ensevelir. Alors la peur est revenue parmi nous, nous avons compris que rien n’était fini. »


Voici la liste  non exhaustive des victimes du massacre de Bouaké

Gendarmes
liste-gendarmes-tues-bouake.PNG
liste-gendarmes-tues-bouake.2.PNG
liste-gendarmes-tues-bouake.3.PNG
liste-gendarmes-tues-bouake.4.PNG

Enfants de gendarmes
liste-gendarmes-tues-bouake.5.PNG






MAINTENANT QUI PAYE POUR TOUS LES CRIMES DE LA REBELLION? SORO OU BIEN ALASSANE OUATARA?

vendredi 24 février 2012

Documents concernant Alassane Ouatara


1


2



2


6


4

3_Fraternit__Matin_Ado__Haute_Volta_2_copie

Ocampo Discredite la CPI avec sa Selective Myopie.




Cette image, vous l’avez surement vu. Et bien, ce génocidaire ce nomme koné Dramane.
Ces tueries ont eu lieu le mardi 6 avril 2011 dans la commune de koumassi à Abidjan. Cet escadron de la mort d’Alassane Ouattara était dirigé par Dramane koné que voyez dans ces images (attention à la flèche).


Il était menuisier à Daloa avant les élections avant de se muer en commandant rebelle. Il a abattu froidement des dizaines de jeunes qui avaient été dénoncés comme partisans du président Gbagbo. Il avait une liste de personne à abattre et bénéficiaient de l'aide de certains indics du camp Ouattara et du RHDP (Rassemblement politique pro-ouattara).

Pendant une semaine il a tué sans relâche dans les quartiers sud d'Abidjan. Comme récompense il a été nommé chef de sécurité des FRCI (forces pro-ouattara) dans la ville portuaire de San Pédro. Actuellement il roule dans une « Dodge Dakota » volée qui est son véhicule de commandement.

jeudi 23 février 2012

La france qui forme et entraine les burkinabes qui forment l'armee de Ouremi a l'Ouest.

Derriere le chef de guerre burkinabe, Armade Ouremi, l'intructeur francais. Quelle aberration, mais ce n'est pas nouveau. La France a arme, forme, les  rebelles qui sement la mort dans l'ouest ivoirien.


mardi 21 février 2012

Guy Labertit démasque Alassane Ouattara


 
 
 
Par la rédaction le 20/02/12
 
 
Dans cette tribune, Guy Labertit, ex-délégué Afrique du Parti socialiste français et compagnon de route du mouvement de démocratisation du continent, commente l’élection à la tête de la CEDEAO d’Alassane Ouattara, un homme qui dirige pourtant un pays sous perfusion économique et sous tutelle politique. Et dont le régime se fourvoie dans l’arbitraire et la mauvaise gouvernance.
 
A l’issue du dernier sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui vient de se tenir à Abuja les 16 et 17 février 2012, Alassane Ouattara en a été élu le président en exercice. Même si l’on peut penser que le tour de la Côte d’Ivoire était venu, ce n’est pas un mince paradoxe que de voir charger un chef d’Etat des différents problèmes de l’ensemble ouest africain alors que la situation dans son propre pays, la Côte d’Ivoire, est pour le moins précaire.
 
Les douze travaux d’Alassane Ouattara
 
Ses meilleurs alliés dans la sous-région sont, ou ont été récemment, contestés, que ce soit Abdoulaye Wade, candidat discuté à la présidence du Sénégal, à 86 ans officiels, ou Blaise Compaoré, à la tête du Burkina Faso depuis vingt-cinq ans et qui rêve d’un nouveau bail en 2015 ! Les crises aigues se multiplient dans la sous-région avec la déstabilisation des pays du Sahel, liée à une politique aventureuse de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Otan en Libye qui a éliminé Kadhafi, au nom de la démocratie, mais réduit à néant l’Etat dans ce pays livré à des milices antagoniques sans projet politique. Le Nigeria se déchire à travers les velléités indépendantistes dans le delta du Niger riche en pétrole au Sud et l’irrédentisme meurtrier de la secte islamiste Boko Haram qui veut chasser les chrétiens du Nord du pays. Au regard de la gestion de ces questions brûlantes, comment le nouveau président de la CEDEAO aura-t-il le temps de se consacrer aux immenses tâches qui l’assaillent en Côte d’Ivoire ? A moins qu’il ait choisi de déléguer ses affaires domestiques à ses puissants alliés extérieurs et aux institutions internationales. Cette politique de fuite en avant a quelque chose de surréaliste. Les commentaires des spécialistes africanistes qui évoquent le double axe Côte d’Ivoire/Nigéria Côte d’Ivoire/Burkina Faso au sein de la CEDEAO prêteraient à sourire si le peuple ivoirien ne continuait de vivre un cauchemar.
La Côte d’Ivoire est un pays dont l’ensemble des cadres de l’ancienne majorité présidentielle, qui représente la moitié de l’électorat, sont en prison ou en exil. Après sept mois d’enfermement inhumain à Korhogo, malgré les tristes déclarations de l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan qui le disait bien traité suite à la mascarade organisée pour sa visite en compagnie de Desmond Tutu et Mary Robinson, le Président Gbagbo est détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) depuis le 30 novembre 2011. Le procureur Ocampo n’a toujours pas communiqué à la défense les charges qui motivent cette détention et n’a inquiété aucun des cadres du régime actuel pourtant directement impliqués dans des crimes de guerre et crimes contre l’humanité depuis la fin de l’année 2002. A signaler qu’en attendant l’audience de confirmation des charges du 18 juin, Laurent Gbagbo bénéficie d’une aide judiciaire pour organiser sa défense. Où sont donc les fonds cachés du Président que le quotidien français Le Monde du 11 mai 2011, sous la plume fertile de sa correspondante à Genève, Agathe Duparc, situait en Suisse ? Les enquêteurs de la CPI, que l’on ne peut soupçonner de complaisance pour leur détenu, n’ont, pour leur part, toujours rien trouvé. Encore un exemple de manipulations médiatiques. Dès lors, que signifie l’inculpation du Président Gbagbo par la justice ivoirienne pour « crimes économiques », lui qui bénéficie d’un aide judiciaire ? Pas besoin d’enquête approfondie pour situer les biens immobiliers des têtes actuelles de l’Etat ivoirien, A. Ouattara et Guillaume Soro.
 
De plus, des centaines de cadres de l’ancienne majorité présidentielle ont leurs comptes bancaires bloqués et la totalité de leurs fonds gelés depuis un an. Eux et leurs familles sont condamnés à la survie et plusieurs décès parmi les sanctionnés, dont le plus récent est celui du maire de Cocody, Jean-Baptiste Gomont Diagou, attestent qu’ils ne peuvent même plus se soigner. Pourtant, on se plaît à répéter que la Côte d’Ivoire a renoué avec la démocratie et le respect des droits humains. Faut-il croire que le nouveau président de la CEDEAO restera insensible au sort de la moitié du peuple ivoirien puisqu’il a maladroitement déclaré qu’il allait faire du rattrapage auprès des populations qu’il estimait lésées par le précédent régime ? Il a un point commun avec l’actuel président français, son ami de vingt ans Nicolas Sarkozy, c’est celui de diviser les Ivoiriens comme son tuteur divise les Français.
Bien qu’en campagne électorale par gros temps, le capitaine Nicolas devra garder un œil sur la lagune Ebrié, dont la surface lisse dissimule des fonds fangeux, car son quartier-maître Alassane va être très pris par sa nouvelle fonction à la tête de la CEDEAO.
 
C’est que depuis l’arrestation du Président Gbagbo, le 11 avril 2011, « sous les bombes françaises », pour reprendre ses termes lors de l’audience de la CPI du 5 décembre, le Président Sarkozy s’est montré prodigue à l’égard du régime d’Alassane Ouattara. A commencer par les quatre cent millions d’euros annoncés par la France dès la fin du mois d’avril 2011 pour payer de prétendus arriérés de salaires alors que son prédécesseur avait honoré ces paiements jusqu’en février inclus malgré les fermetures des filiales des banques françaises. Il faut y ajouter un mirobolant contrat désendettement/développement, quatre fois supérieur au plus avantageux accordé jusque-là au Cameroun, annulant sur quinze ans la dette de 2,25 milliards d’euros (1472 milliards de francs CFA) essentiellement contractée par les régimes PDCI auprès de l’Agence française de développement (AFD) qui avait cessé tout engagement financier en Côte d’Ivoire depuis 2002. Encore faudrait-il que les recettes de l’Etat suivent pour que cette mesure ne se limite pas à un simple jeu d’écritures. Enfin, l’effacement d’un milliard d’euros de dette bilatérale a été évoquée lors de la récente visite d’Etat d’Alassane Ouattara à la fin janvier 2012.
 
La Côte d’Ivoire sous perfusion et sous tutelle
 
Le soutien politique de la France a été sans faille. La présence du président Sarkozy, fait inédit dans l’histoire des relations françafricaines, à l’investiture d’Alassane Ouattara le 21 mai 2011, la visite officielle du Premier ministre François Fillon les 14 et 15 juillet, le déplacement du secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, les 21 et 22 octobre, suivi par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, les 6 et 7 novembre, pour faire le point sur les questions de sécurité, laissent à penser que les liens privilégiés ressortent de liens tutélaires qui ne sont pas sans rappeler les années soixante. Le parfum néocolonial se fait entêtant à travers la présence stratégique, sur place à Abidjan, de personnalités françaises. Depuis mai 2011, Philippe Serey Eiffel, éphémère directeur des Grands travaux alors que Ouattara était le Premier ministre d’Houphouët-Boigny, a l’oeil sur les questions économiques. Le conseiller d’Etat en France Thierry Le Roy l’a rejoint en 2012 pour l’organisation de la réforme de l’Etat. Le général Claude Réglat, ancien commandant des Forces françaises au Gabon, gère les questions de sécurité et la réorganisation des services ivoiriens. Sans oublier les petites mains de la barbouzerie, comme Jean-Yves Garnault, l’ancien agent de la DST française, passant du service de Laurent Gbagbo à celui d’Alassane Ouattara.
 
Un tel empressement valait bien la remise de décorations de l’Ordre national de la Côte d’Ivoire à près d’une centaine récipiendaires lors de la visite d’Etat en France d’Alassane Ouattara. Certains universitaires français ont choisi d’être absents, mais politiques, hommes d’affaires, militaires, diplomates, intellectuels, petits et grands, unis par un même soutien historique ou récent à Alassane Ouattara, ont été récompensés, y compris l’épouse du directeur de publication de Jeune Afrique Béchir Ben Yahmed. La France n’a pas été chiche en décorant les membres du gouvernement ivoirien et du cabinet présidentiel présents à Paris.
 
La signature d’un nouvel accord de défense franco-ivoirien à Paris, le 26 janvier 2012, lors de cette visite d’Etat, à l’heure où la France a décidé de limiter sa présence militaire permanente sur le continent africain, révèle que Paris veut donner des gages sécuritaires à son nouveau protégé qu’elle a tout fait pour imposer à la tête de la Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo, pour sa part, voulait mettre un terme à cette présence permanente après le retrait de la Force Licorne. Mais le nouveau chef de l’Etat ivoirien avait déjà voulu masquer une certaine impuissance à maîtriser la sécurité sur l’ensemble du territoire en proposant aux grandes puissances le 22 septembre dernier, lors de son discours à la dernière Assemblée générale des Nations Unies, de faire de la Côte d’Ivoire une plateforme de la lutte contre le terrorisme international. Les Etats-Unis, à l’image de leur imposante ambassade bunker d’Abidjan, ne sont sans doute pas insensibles à ce discours qui pourrait préfigurer une implantation d’Africom (Commandement des forces américaines en Afrique) en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, ils n’ont jamais caché leur intérêt pour le pétrole du Golfe de Guinée.
 
Du reste, oubliés en septembre 2011 par le Président Gbagbo qui avait partagé un premier bloc entre Total et la Côte d’Ivoire (public et privés), ils viennent d’être associés, par le biais d’Anadarko Petroleum Corporation, avec CNR, major canadienne, et Total à l’octroi de trois blocs pétroliers prometteurs… L’arrivée à Abidjan, le 16 janvier 2012, d’Hillary Clinton accompagnée de William Fitzgerald, sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines, a traduit une forte ambition en matière militaire, énergétique et commerciale. La réalisation de ce projet a été facilitée par la politique de Nicolas Sarkozy, marquée du double sceau d’une vieille amitié personnelle avec Alassane Ouattara et d’un atlantisme fondamental, malgré quelques rodomontades qui font plutôt sourire qu’inquiéter Washington.
 
Toutes ces visites officielles des représentants du monde occidental, auxquelles la venue à Abidjan du vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhai jun, reçu par A. Ouattara le 24 juin 2011, ne peut servir de contre point, sont l’occasion de discours lénifiants sur le retour de la paix en Côte d’Ivoire ou sur la réconciliation. Pourtant, la peur des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) règne toujours à l’intérieur du pays, la justice des vainqueurs continue de passer et la Commission «dialogue, vérité, réconciliation» dirigée par Charles Konan Banny, peine même à exister….
 
L’arbitraire politique et économique en guise de « gouvernance »
 
En matière de gouvernance, terme cher aux institutions internationales, la non installation, en février 2012, d’une Assemblée nationale dont les membres ont été élus le 11 décembre 2011, fait tache. Certes, les législatives seront reprises dans 11 circonscriptions le 26 février suite à l’invalidation des scrutins par le Conseil constitutionnel, le 31 janvier dernier, pour cause de fraudes alors même que l’ancienne majorité avait boycotté la consultation électorale ! On comprend mieux le refus de la communauté internationale de recompter les bulletins lors de l’élection présidentielle contestée de novembre 2010…. A la tête de l’Etat, Alassane Ouattara recourt donc à des ordonnances sans loi d’habilitation, y compris sur des questions aussi importantes que l’âge de la retraite. Ce dernier a eu beau répété à l’envi pendant sa visite d’Etat en France qu’il n’y a pas de justice des vainqueurs, que la paix est revenue et que l’armée est réunifiée, il n’empêche qu’aucun de ses partisans n’a été inquiété par la justice depuis dix mois, que l’opposition voit ses meetings perturbés ou attaqués violemment (un mort et soixante huit blessés le 21 janvier lors d’un meeting du Front populaire ivoirien) et que les FRCI incarnent l’arbitraire et la répression. Faisant suite à bien d’autres, les exactions commises par ces FRCI à Vavoua, le 18 décembre 2011, ont contraint le chef des Armées à des menaces fortes, qui sont restées sans effet comme le montrent les dernières victimes d’Arrah le 12 février 2012.
 
Véritable maître du jeu en matière sécuritaire, le Premier ministre et ministre de la Défense, Guillaume Soro, et les anciens commandants de zones rebelles dont l’impunité agace visiblement les protecteurs occidentaux du régime en place, pourraient voir l’étau de la justice se refermer sur eux. Toutefois, si cette perspective se confirmait, ils ne manqueraient pas de tout mettre en œuvre pour révéler des éléments confirmant la complicité d’Alassane Ouattara avec la rébellion depuis le coup d’Etat manqué de septembre 2002. Au sommet de l’Etat, c’est donc une sorte de fragile équilibre de la terreur qui persiste. Après la chute d’Abidjan, l’assassinat par les FRCI, en avril 2011, du sergent chef Ibrahim Coulibaly, dit IB, très proche d’Alassane Ouattara depuis les années 1990 et dans le secret de tous les coups d’Etat depuis 1999, a éliminé un témoin gênant, frère ennemi depuis 2003 du Premier ministre Guillaume Soro. L’action de son « commando invisible», ravageur dans la commune populaire d’Abobo où les partisans de Ouattara sont majoritaires, a joué un rôle décisif en liaison avec l’ONUCI et la Force Licorne pour écarter Laurent Gbagbo.
 
A l’évidence, Hillary Clinton, qui veut pousser l’avantage pour les Etats-Unis, a conscience de ces manquements démocratiques qui n’autorisent pas la Côte d’Ivoire à bénéficier du Millenium challenge account, convoité par Ouattara, accordé par les Etats-Unis aux pays en développement s’inscrivant dans les objectifs du millénaire définis par les Nations Unies. Les protecteurs occidentaux du nouveau régime hésitent au regard de cette mal gouvernance à accorder le fameux point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE). L’opposant Ouattara dénonçait le Président Gbagbo quand il avait obtenu du FMI et de la Banque mondiale le point de décision de l’initiative PPTE le 30 mars 2010 en disant que c’était une honte que ce pays soit classé parmi les pays très endettés. Il est piquant de voir que, devenu Président, il multiplie en 2012 les suppliques pour l’allègement de la dette.Rappelons que cette dette est à mettre au compte quasi exclusif des régimes d’Houphouët-Boigny, achevé par les trois ans de primature de Ouattara, et de Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo n’ayant pu guère compter pendant l’essentiel de sa présidence sur des engagements financiers extérieurs…
Cette décision de point d’achèvement dépend de l’exécution de réformes structurelles, notamment celle de la filière café cacao. Dans le négoce du cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, A. Ouattara, par l’intermédiaire de son épouse Dominique, dispose de relais familiaux. On sait qu’un fils de son précédent mariage, Loïc Folloroux, est le directeur Afrique du groupe britannique Armajaro, trader agressif qui a spéculé par des achats colossaux de cacao en 2002 (avant la tentative de coup d’Etat) et 2010 (avant les élections) dans le but de déstabiliser le régime Gbagbo. Ce groupe bénéficie des largesses de la Banque mondiale par le biais de la Société financière internationale (SFI) et se partage, bon gré mal gré, le secteur avec les Américains Cargill et ADM qui ont toujours eu les yeux de Chimène pour le Premier ministre libéral que fut Ouattara au début des années 1990.Le frère et une nièce de Dominique Ouattara, Marc et Noelle Nouvian, sont actionnaires d’une nouvelle société de négoce international (Soneici) de fèves de cacao, dirigée par Hervé Dominique Alliali. Il est vrai que le Premier ministre Guillaume Soro s’est taillé la part belle avec l’installation de cols blancs rebelles (André Ouattara et autre Ismaël Koné) au sein du Conseil café cacao mis en place le 24 janvier 2012. Ces pratiques illustrent une approche qui n’est pas sans rappeler celle d’un chef d’Etat français qui, lui aussi, avait promis l’avènement d’une République irréprochable…
 
Dans quelques semaines, les Français vont élire leur Président et on ose espérer que leur choix ne sera pas sans conséquence sur cette anachronique relation franco-ivoirienne. Le principal concurrent du Président sortant, le socialiste François Hollande, annonce dans ses 60 engagements pour la France : «Je romprai avec la «Françafrique» en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité». Alors, on a envie de crier «chiche !», malgré le triste silence ou l’approbation des dirigeants socialistes français, à de rares exceptions près, lorsque Nicolas Sarkozy bombardait Abidjan avec l’aval de l’ONU pour écarter le Président Gbagbo, celui qui, élu en 2000, avait voulu porter un projet social démocrate sur le continent africain et en a été empêché dès 2002.
 
Par Guy LABERTIT