dimanche 10 février 2013

Connivences et construction d’un Etat criminel et irresponsable en Côte d’Ivoire MIS EN LIGNE PAR CONNECTIONIVOIRIENNE.NET LA RÉDACTION · 11 FÉVRIER, 2013 A 00:32


«J’entends dire que l’argent ne circule pas ! Sachez cependant que l’argent travaille.»
Alassane Dramane Ouattara (président de la république de Côte d’Ivoire)
«On accusait autrefois les hommes politiques de ne songer qu’à « se remplir les poches ». Aujourd’hui, on ne leur reproche plus guère que de vider les nôtres.»
André Frossard (journaliste, essayiste et académicien français)
Par Mamadou Koulibaly | LIDER | 10 février 2013
Le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire, qui a du mal à s’enclencher efficacement, tend à situer les responsabilités des différents acteurs de la crise ivoirienne. La responsabilité politique repose, entre autres, sur une certaine liberté dans l’exercice du pouvoir. Sans liberté, pas de responsabilité, même dans le crime. Le crime au sens large du concept est la transgression des lois justes, quelle qu’en soit la gravité : de l’évasion fiscale au génocide, en passant par les meurtres prémédités, le stationnement interdit et le vol à main armée. Sans aucun jugement moral, cette définition analytique permet clairement de distinguer d’un côté les actes criminels et de l’autre les activités légitimes. L’activité criminelle n’est payante que tant que le risque d’être appréhendé et condamné est faible. Le crime prospère donc lorsque la police et la justice sont faibles et que l’impunité devient la norme.
La planification de la défaillance de l’Etat
Pour ne pas faire trop d’histoire, retenons que le régime de Ouattara date officiellement d’avril 2011 lorsque, après avoir gagné les élections présidentielles de 2010, il lui a fallu faire une guerre pour accéder à un trône qui avait été confisqué par son adversaire.
Pour cette guerre, le président Ouattara s’est appuyé sur les Forces armées des forces nouvelles (Fafn) et a recruté des combattants de différentes tribus et ethnies du nord de la Côte d’Ivoire, qu’il a transformés, par le pouvoir d’une ordonnance illégale, en armée régulière ivoirienne dénommée Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), comme pour bien rappeler que ce sont les militants du Rassemblement des Républicains qui devenaient la nouvelle armée de notre pays. Le R des deux sigles ne semble pas se référer à la République, mais aux républicains du Rdr. Les Fafn venaient de prendre l’ascendant sur les Forces armées nationales (Fanci) et se substituaient automatiquement à elles. Les Frci, dont Ouattara est le chef suprême, ont une histoire que l’on peut faire remonter au putsch manqué de septembre 2002. Elles sont alors une mosaïque d’associations de fait : Mpci, Mpigo, Mjp. Ces forces sont celles qui ont participé, entre septembre et décembre 2002, à l’étranglement du marché du cacao dans les zones de production de Vavoua, Danané et Daloa, permettant ainsi à certains négociants, qui leur avaient payé des sommes colossales, de s’enrichir tout en leur livrant armes sophistiquées et munitions en grandes quantités. Ces bandes armées vont ainsi devenir les forces d’occupation rebelles de la moitié nord du pays. Plus tard, les responsables de ces groupes nous expliqueront que les armes se sont imposées à eux, pensant ainsi attirer de la compassion à leur endroit. Nous ne reviendrons pas sur les détails de ces origines, mais une description détaillée de cette naissance peut être lue dans l’enquête menée par le journaliste Guy-André Kieffer, disparu curieusement quelques temps après.
Cette occupation du Septentrion sera le début d’activités criminelles intenses, qui durent jusqu’à aujourd’hui : L’exploitation des zones occupées et le pillage systématique des ressources de leur sol et sous-sol, agrémentés par des meurtres et des casses de banques, et en particulier ceux des agences locales de la Bceao, qui ont fait perdre à cette institution financière internationale plus de cinquante huit (58) milliards de francs cfa, que l’Etat de Côte d’Ivoire a eu l’obligation de rembourser par la suite, sans qu’aucun coupable n’ait été arrêté ni inquiété. L’expropriation des propriétaires fonciers traditionnels, l’exploitation et l’occupation illégales de terres agricoles pour la culture de drogues sont devenues coutumières. L’un des prototypes de ce type d’activités criminelles organisées reste M. Ouédraogo Rémi, ancien combattant des Forces nouvelles, qui bénéficie aujourd’hui encore de la protection et de la bénédiction du régime Ouattara qui, à la recherche de camps d’entrainement, n’ose pas déloger ce bandit de grand chemin, pilleur des forêts classées de l’ouest du pays, alors que tous les journaux ont décrit dans le détail les activités de « Ouremi » dans le Mont Peko. Des guerres de leadership sont aussi le propre des rebellions et sont responsables de la disparition de certains chefs de guerre tels que Sam Boukary alias Mosquitto, Zaga Zaga, Adams, Kass, IB et autres, tous victimes de la loi du crime organisé dans les zones Cno, comme à la belle époque décrite dans le roman «Le Parrain» de Mario Puzo et superbement mise en scène à Hollywood par Francis Ford Coppola avec Marlon Brando dans le rôle de Don Corleone.
Dans ces zones, pendant les dix années du règne des Fafn, les modalités de gouvernement ont été celles de tout système de crime organisé.
- Ils ont fait disparaitre l’Etat et l’ont remplacé par une administration militaire dirigée par les commandants de zones dits com-zones ;
- Ils ont supprimé les caisses de l’Etat et les ont remplacées par une agence unique dite «la centrale», qui collecte les impôts, douanes et autres rapines et butins de guerre pour le compte des com-zones et autres chefs des Fafn ;
- Ils ont instauré l’autorité des Fafn et proscrit définitivement celle des préfets, sous-préfets et autres administrations civiles, représentants de la République ;
- Ils ont organisé une branche politique et une branche armée avec une répartition des tâches : la première partageait le pouvoir dans les zones hors Cno tandis que la seconde participait aux activités du centre de commandement intégré. Ceci a permis aux Fafn d’être à la fois les seuls maîtres dans les zones Cno et de partager la maîtrise du terrain et le pouvoir dans le reste du pays.
- Ils géraient ainsi de façon collégiale le pouvoir d’Etat, avec l’appui de différents accords de paix (Marcoussis, Pretoria, Ouagadougou) et la complicité des refondateurs au pouvoir, qui avaient appelé à la soupe les autres partis signataires de l’accord de Marcoussis, accepté et célébré par tous. Les milices de toutes sortes se sont mises en place et ont profité d’activités criminelles sur l’ensemble du pays, qui s’est retrouvé gouverné non pas par un parti ou par un homme, mais par un collège de managers que l’on appelait à l’époque « la bande des quatre grands » : Ouattara, Bédié, Soro, Gbagbo. Ces quatre personnalités avaient tous rang de présidents d’institution de la République et jouissaient des privilèges liés. Ces quatre ont mis en place un système de gestion piloté par le Cadre Permanent de Concertation (Cpc) et ont accepté tous ensemble de mettre en berne la constitution et l’Etat de droit pour rechercher, disaient-ils, la paix. Selon leur plan de travail, le droit ne pouvait permettre d’arriver à la paix, il fallait en sortir, trouver la paix, pour ensuite revenir avec cette paix dans l’Etat de droit. Les bases criminelles de l’Etat étaient ainsi posées. Le refondateur s’est prostitué avec la rébellion pour garder ce qui lui semblait être l’essentiel: le pouvoir.
- La justice, dans les zones Cno, était militaire. L’administration militaire et l’Etat sont devenus malfaiteurs. C’est sur cette administration et ces forces qu’Alassane Ouattara s’est appuyé. Cette force dont il avait le contrôle n’était pas officiellement au pouvoir à Abidjan, mais avait le pouvoir. Notons d’ailleurs que le président de la République de l’époque a toujours fait scrupuleusement ce que les Forces nouvelles voulaient, alors que lui-même n’est jamais arrivé à leur faire accepter quoique ce soit de significatif. Laurent Gbagbo était au pouvoir à Abidjan, mais ce sont les Fafn qui avaient le pouvoir dans les zones Cno, malgré les multiples accords de paix. En dix ans, il n’a obtenu ni unicité de caisse, ni contrôle de l’intégralité du pays, ni restauration de l’intégrité du territoire, ni redéploiement de l’administration dans les zones Cno, ni désarmement des forces combattantes, rien qui relève de la souveraineté de l’Etat. Dans les zones hors Cno, Laurent Gbagbo était certes au pouvoir, mais c’est Ouattara qui avait le pouvoir.
2002-2010 : Gbagbo sur le trône, Ouattara aux commandes
Pour comprendre ce qui s’est alors passé il faut d’abord saisir l’essence du pouvoir. Une personne A a du pouvoir par rapport à une personne B, si A est en mesure d’inciter ou d’empêcher B d’accomplir ou pas une action donnée. Dans cette acception du pouvoir, l’on reconnait que A et B ne sont pas des robots, mais ont des volontés actives et que l’obéissance ne se fait pas sous une emprise magique. L’on admet aussi qu’à travers cette volonté, B est libre de désobéir mais qu’en pareil cas, A peut lui infliger des sanctions dont la crainte oblige B à obtempérer.
Si l’on transpose cette analyse de base à la politique ivoirienne durant la dernière décennie, on constate que Laurent Gbagbo était certes au pouvoir de 2002 à 2010 mais que, d’évidence, c’est Alassane Dramane Ouattara qui détenait le pouvoir. Pourtant, la gouvernance de la Côte d’Ivoire durant cette période est communément attribuée à Gbagbo, qui croyait d’ailleurs lui-même en être le détenteur. Il ne détenait en fait que le fauteuil présidentiel, alors que Ouattara gouvernait effectivement avec l’appui des Fafn dans les zones Cno. Laurent Gbagbo avait l’illusion du pouvoir, Ouattara en avait la réalité. Gbagbo était satisfait d’être au pouvoir et Ouattara lui faisait faire tout ce qu’il voulait et l’empêchait de faire tout ce qu’il ne voulait pas. Gbagbo se contentait d’être au pouvoir, de signer des accords avec les mandants de Ouattara et de les exécuter selon la volonté de Ouattara, à la seule condition que lui reste au pouvoir. Or être au pouvoir et avoir le pouvoir sont deux choses différentes. Etre au pouvoir ne veut pas dire automatiquement avoir le pouvoir. Gbagbo l’aura appris à ses dépens. Ouattara, lui, s’est contenté, depuis la signature de l’accord de Marcoussis, d’avoir le pouvoir sans être dans le fauteuil présidentiel. Un bref survol des évènements de la période suffit à convaincre que cette réalité et de cette thèse.
- La rébellion non matée était une victoire de Ouattara sur la république de Gbagbo.
- Les accords de Marcoussis, scandaleux arrangements présentés comme un «médicament amer» à essayer, étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.
- Les accords de Pretoria, qui ont conduit Gbagbo à modifier ou rejeter toutes les lois votées par l’Assemblée nationale conformément à la constitution ivoirienne, instaurant entre autre l’actuelle Cei (Commission Electorale Indépendante), étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.
- L’accord politique de Ouagadougou, dans ses quatre versions (I, II, III et IV) était aussi une expression de l’ascendance du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.
- Proclamer que nous irons aux élections sans désarmement et tout mettre en œuvre pour qu’il en soit ainsi, en violation complète des lois et règlements de notre pays, était une victoire du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.
- Le déroulement des élections et le cafouillage de la proclamation des résultats étaient l’expression du pouvoir qu’avait Ouattara, l’opposant d’alors, sur le président Gbagbo qui était au pouvoir et à la tête du groupe informel qu’on appelait à l’époque la majorité présidentielle (Lmp).
- Le déroulement de la crise postélectorale montrera aussi cette différence entre Gbagbo, qui était au palais présidentiel, avait prêté serment devant le Conseil constitutionnel et croyait donc qu’il avait le pouvoir et Ouattara, qui était au Golf hôtel, avait prêté serment par lettre et n’était pas reconnu par le Conseil constitutionnel, tout en ayant le pouvoir de fermer les banques, les ports, l’aéroport, les administrations, d’ériger une armée, d’affecter des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires acceptés par le monde entier.
De 2002 à 2010, Gbagbo était de fait au pouvoir, mais il faut retenir que sur la même période, c’est Ouattara qui avait le pouvoir. Tout bilan de cette décennie devrait tenir compte de cette situation et savoir que le pouvoir était partagé par les signataires des accords de Marcoussis. Ils ont exercé le pouvoir ensemble. Les refondateurs ont accepté la perversion de leur pouvoir par les rebelles. Ils en ont profité. Il serait trop facile, à l’heure du bilan, de dire que Gbagbo était seul au pouvoir, donc il doit en assumer seul le bilan. Il y a celui qui était au pouvoir et celui qui l’exerçait.
La rebfondation a ainsi préparé la criminalisation de l’Etat, qui est aujourd’hui pleinement exercée par le président Ouattara. Cette criminalisation a été le socle de la déconstruction de l’Etat de droit, minutieusement planifiée, à dessein ou pas, par la rebfondation. Il était donc facile pour Ouattara d’y installer les Frci et d’étendre, cette fois à l’ensemble du pays, les pratiques de gouvernance qui avaient cours pendants dix ans dans les zones Cno. L’Etat malfaiteur est dorénavant devenu la norme et le repère. Cette fois, Ouattara est au pouvoir et a le pouvoir. Il installe le système des com-zones partout sur le territoire. Il nomme des anciens chefs de guerre préfets de région, il instaure des com-secteurs, nouvelle catégorie jusqu’à présent inconnue dans l’armée et dans l’administration du territoire en Côte d’Ivoire. Il redéploye, jusqu’aux petites contrées, la milice de son parti, qui tient lieu d’autorité civile et militaire en même temps.
Ce sont les représentants locaux des Frci qui ont le pouvoir local, qu’ils exercent en s’appuyant sur les structures locales du Rdr. Ils sont à la fois juges, sous-préfets, maires, chefs de canton et de village. L’armée a le pouvoir local par délégation du chef supérieur des armées, Alassane Dramane Ouattara. L’Etat-criminel est dominé par une milice ethnique et sa branche politique, le Rdr. Ses équipes se spécialisent dans l’exploitation des ressources minières nationales pour leur propre compte. Ils animent des réseaux intouchables de crime organisé dans les forêts classées et les terres rurales, desquelles ils chassent les propriétaires coutumiers traditionnels. Ils passent des marchés de plusieurs milliards au nom de l’Etat, sans aucun respect des procédures d’appel d’offre telles qu’instituées par le code des marchés publics. Ils gèrent un Etat formel avec des procédures informelles. Ils privatisent pour leur clan et les chefs des milices des pans entiers de l’activité économique de l’Etat. Ils profitent de la protection que leur apportent les Nations Unies pour s’adonner à des activités criminelles, sans que les bailleurs de fonds, piégés, ne puissent protester ouvertement, eux qui croyaient que Ouattara aurait été un président moderne. La communauté internationale découvre plutôt un Etat-trafiquant en tous genres, qui met les institutions au service du crime organisé, en dehors des lois de la République. Elle découvre un Etat qui multiplie les milices ethniques en remplacement des anciennes. Elle découvre un Etat qui criminalise les pratiques de pouvoir.
On voit donc que la déconstruction des institutions de l’Etat ivoirien, minutieusement planifiée par un groupe d’hommes assoiffés de pouvoir, est le socle de toute la souffrance des populations qui croupissent dans une pauvreté toujours plus profonde et dans une oppression dont le niveau est devenu intolérable. Dans ce contexte, il est important de dénoncer massivement ce système, en commençant par en prendre l’entière conscience, et en luttant, chacun à notre niveau. Aussi infime que soit l’action de chacun, il est important que, individuellement et collectivement, la classe politique, la société civile, les ménages et les entreprises, nous fassions notre part d’effort sur nous-mêmes, dans la vérité et la responsabilité, pour espérer sortir de ce chaos, insoutenable malgré tous les slogans qui nous rabâchent le contraire. Il est important de refuser catégoriquement toute velléité d’amnistie, qui permettrait à la classe politique bourreau des populations depuis trop longtemps, de s’exonérer encore une fois de ses responsabilités criminelles. Nous devons refuser que s’installe plus longtemps dans notre pays une classe de citoyens à irresponsabilité illimitée. Il y va de notre survie, de l’avenir de la paix, de la liberté, de la démocratie et de la prospérité.
Mamadou KOULIBALY
Président de LIDER

vendredi 1 février 2013

ACMAT: grosse commande ivoirienne pour la société nazairienne


ACMAT: grosse commande ivoirienne pour la société nazairienne

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Bientôt, au sein des FRCI et des forces de sécurité ivoiriennes, moins de pick-up (comme sur la photo) et à la place des VLRA!
Mon confrère Cyrile Pitois, de la rédaction de Saint-Nazaire, a publié ce matin un article consacré à la commande passée par la Côte d'Ivoire à Acmat. Une commande qui porte sur des véhicules de type VLRA. Ce véhicule militaire tout terrain fabriqué à Saint-Nazaire est utilisé par une cinquantaine d'armées au monde. L'entreprise reste discrète sur le nombre d'exemplaires commandés mais cette grosse commande ivoirienne permettra de créer des emplois.
La société Acmat de Saint-Nazaire, qui fabrique des véhicules tout terrain depuis 1948, vient de signer une importante commande avec l'état de Côte d'Ivoire. Le gouvernement français a donné son feu vert et la compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface) vient de confirmer qu'elle apportait sa garantie au contrat. De quoi assurer le carnet de commandes de l'entre linkprise nazairienne pour les cinq prochaines années et créer entre vingt et cinquante emplois supplémentaires. L'effectif actuel est de 120 salariés. 
Une bonne nouvelle qui pourrait en cacher d'autres : dans le sillage de la Côte d'Ivoire, plusieurs autres pays d'Afrique de l'ouest sont intéressés. Acmat fait partie depuis 2006 du groupe Renault trucks défense. Elle est connue sur le marché pour son VLRA ou véhicule de liaison, de reconnaissance et d'appui, qui est un des véhicules tactiques de référence dans l'armée française et auprès d'une cinquantaine de forces armées à travers le monde.
Aujourd'hui Acmat a renouvelé sa gamme avec l'ALTV, un 4x4 léger, premier pick-up militaire produit en France conçu pour la haute mobilité tactique. Il est équipé d'un moteur de 190 ch qui lui permet d'atteindre les 160 km/h et peut recevoir une protection balistique et anti-mine. C'est cette conception récente qui plaît aux nouveaux clients et vient concurrencer Toyota comme fournisseur des armées du monde. Acmat a aussi enrichi sa gamme avec le Bastion, qui répond aux missions de transport de troupes ou de reconnaissance et d'assaut.
Acmat refuse d'indiquer combien de véhicules ont été précisément commandés et ne révèle rien des conséquences de ce marché sur le développement et l'effectif de l'entreprise. Mais les parlementaires qui ont appuyé le dossier pour obtenir l'aval du gouvernement se félicitent déjà « de l'ampleur de la commande et des emplois durables que cela permettra de créer », commente le sénateur André Trillard. Par le passé, Acmat avait déjà connu des contrats d'importance comme les 600 véhicules fournis en trois ans au Maroc. « Nous sommes plutôt fiers du succès de cette nouvelle gamme. C'est encourageant pour l'avenir, » commente un salarié.

vendredi 18 janvier 2013

« Nous luttons contre des groupes islamistes au Mali ou en Algérie que l'on soutient en Syrie »


Vendredi 18 Janvier 2013 à 15:32 | Lu 1305 fois I   
PROPOS RECUEILLIS PAR RÉGIS SOUBROUILLARD

Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, Alain Chouet revient pour «Marianne» sur la prise d'otages survenue sur le site gazier d'In Azemas en Algérie, le parcours du chef présumé des preneurs d'otages, l'opération française au Mali mais aussi l'ambigüité des puissances occidentales vis-à-vis de pays, soutiens financiers de ces groupes islamistes.

AP/SIPA
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Marianne : Qui est Mokhtar Belmokhtar, le chef des preneurs d'otages ? 


Alain Chouet : Mokhtar Belmokhtar c’est quelqu’un que l’on connaissait bien dans les années 90 parce qu'il avait plus ou moins fricoté avec le GIA avant de se reconvertir dans les trafics en tous genres en particulier de cigarettes, ce qui lui avait valu le surnom de « Mr Marlboro », mais aussi de matériels japonais et d’armes puis après de drogues quand les canaux du trafic ont évolué de l’Amérique du Sud vers l’Amérique du Nord puis les côtes africaines. Le tout dans la zone des trois frontières, Mauritanie, Algérie, Mali. Il était dans le grand banditisme. Quand le GIA a du quitter la zone du nord de l’Algérie sous les coups de butoir de la répression, il s’est drapé dans le Drapeau vert parce que c’est plus valorisant de dire « je suis un grand militant islamiste »plutôt que« je suis un grand trafiquant ». Il était le roi du pétrole dans cette zone, jusqu’à ce que d’autres comme Abou Zeïd viennent dans son coin. Ce qui a donné lieu à pas mal de frictions. Par exemple, autour de nos deux jeunes otages tués au Niger, il y a un affrontement entre Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd. C’est à qui va payer les otages de l’autre car c’est leur principale source de revenus. Ils cherchent d’abord le pognon avant la révolution islamique.  

Certains observateurs évoquent le rôle ambigu des services de renseignements algériens qui auraient participé à sa montée en puissance au sein de la mouvance islamiste ?  

La DGSE a beaucoup travaillé avec les services algériens pour le suivre par différents moyens techniques de la fin des années 90 au début des années 2000. Je ne crois pas à la thèse d’un complot. Mais effectivement, on ne peut pas dire que les services algériens mettaient beaucoup d’enthousiasme à lui courir après. Il y a plusieurs raisons à cela. Les services algériens étaient plutôt satisfaits que l’activisme djihadiste désertent le nord de l’Algérie et soit confiné dans le sud. Sachant qu’ils auraient beaucoup de mal à venir au bout de la « bête », ils avaient plutôt intérêt à le contenir. Je pense aussi qu’un certain nombre d’acteurs algériens étaient impliqués dans ces trafics. Un certain modus vivendi s’était établi. Le problème de la classe politique algérienne, c’est qu’elle est aussi extrêmement divisée sur ces questions. La succession de Bouteflika est ouverte. Il n’y a pas de successeur évident et tout le monde est d’une prudence de serpent parmi la classe politique ou les militaires, qui se confondent souvent. Cela conduit à une forme d’immobilisme.  

Y-a-t-il un moment où il est passé à une phase plus active de terrorisme ?  
  
Non. Il était simplement en concurrence avec d’autres acteurs qui se réclamaient du djihadisme et il a suivi cette voie. Mais je ne crois pas à l’idée qu’il soit un djihadiste slafiste convaincu. Cela reste un bandit de grand chemin. Récemment, il a été éjecté d’AQMI parce qu’il voulait être Calife à la place du Calife, notamment Abdelmalek Droukdel qui n’a plus aucune autorité dans le nord de l’Algérie. Ces derniers temps, Mokhtar Belmokhtar était complètement marginalisé et avec cette opération, il se remet en selle. Il fait de l’ombre à Abou Zeïd qui reste englué dans ses problèmes au Mali. 

Le site gazier d’In Amenas était-il particulièrement menacé ? 

Cela ne faisait pas partie des sites menacés. Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd étaient beaucoup plus au sud que ça. Il était relativement protégé par l’armée algérienne mais ne s’était rien passé depuis 15 ans, l'armée algérienne ne devait pas être très vigilante. C’est plutôt un endroit où on ne l’attendait pas. La frontière libyenne est assez loin de son territoire de chasse. 

A quoi attribuez-vous cette opération : liée aux effets pervers des frappes contre Kadhafi ou à l'opération au Mali  ?  

Je ne crois pas que ce soit lié à l’opération française au Mali. On ne lance pas une opération comme celle-là sans préparation. Il faut trouver du monde, les former pour ça. Je ne vois pas ça du tout lié aux opérations françaises même si cela leur donne du relief.  

Qu’avez vous pensé de l’opération des militaires algériens qui a fait l’objet de nombreuses critiques notamment de la part des dirigeants de pays dont certains ressortissants étaient pris en otage  ?  

Elle est effectivement beaucoup critiquée mais je ne vois pas ce qu’ils pouvaient faire d’autre. Il n’y a pas grand chose à négocier avec ce genre de kamikazes. Et les algériens comme toujours, ne font pas dans la dentelle, comme les russes. Ce sont des pays où l’intérêt national prévaut sur les intérêts particuliers. Quant à savoir si des forces d’élites françaises auraient été plus qualifiées pour ce genre d’opérations, c’est difficile à dire. L’opération de « sauvetage » de Denis Allex en Somalie ne plaide pas en ce sens. Libérer des otages par la force, c’est toujours une opération qui a 90% de chances de ne pas réussir. Les ravisseurs sont toujours plus près de l’otage que les sauveteurs. Alors quand vous avez 600 otages ! 

L’Algérie a annoncé la fermeture de ses frontières. Qu’est ce que cela signifie ?  

C’est une plaisanterie ! Comment voulez-vous fermer plus de 1.500 kilomètres de frontières. Ils peuvent développer des matériels de détection de mouvements, imagerie etc. ou concentrer plus de moyens matériels dans cette zone mais rendre cette frontière étanche est impossible.  

Justement que pensez vous de l’opération au Mali ? 

Il fallait la mener vite. Le Mali ce n’est ni l’Afghanistan, ni l’Irak, encore moins le Vietnam. Les agresseurs ne sont pas comme des poissons dans l’eau comme l’étaient les talibans en Afghanistan. Le terrain n’est pas le même, ce n’est pas une guerre de montagne, une guerre de jungle ou une guerre de ville. Les villes maliennes ne sont pas des refuges. Je pense que cette opération est pour le moment plutôt bien menée. Je suis assez optimiste en ce qui concerne la capacité d’encaissement des groupes djihadistes. Je crains plus qu’ils s’évaporent dans la nature pour revenir un peu plus tard.  

On parle déjà de Sahelistan avec le risque de déstabilisation de tout l'ouest du Sahel... 

Nous ne sommes plus dans un conflit avec Al Qaïda historique et l’affrontement de régimes occidentaux qui soutenaient des régimes arabes. J’estime que ce sont des problématiques locales qui relèvent du grand banditisme, l’accaparement de la rente au niveau local. Si Ansar dine ou d’autres se sont proclamés islamistes c’est parce que le MNLA ou les irrédentistes touaregs étaient laïcs. Quand ils sont rentrés de Libye, le créneau de l’indépendantisme touareg était déjà occupé. Il leur fallait une légitimité supérieure au MNLA et l’affirmation religieuse a servi à ça.  

Les conflits successifs ne donnent-ils pas l’impression qu’il va falloir crever régulièrement des abcès terroristes ? 

C’est tout à fait possible. Mais les occidentaux ne sont pas clairs dans ces affaires. Nous luttons contre des groupes islamistes au Mali que l’on soutient en Syrie. Ce n’est pas une politique lisible. C’est pour cela que je suis en revanche opposé à une intervention en Syrie, cela fait longtemps que les démocrates sont passés à la trappe au profit d’islamistes soutenus par le Qatar et l’Arabie Saoudite.  

Quels sont les liens entretenus par le Qatar et l’Arabie Saoudite avec ces groupes islamistes locaux ?  

Nous n’avons pas de preuves d’un soutien financier du Qatar à ces différents groupes et vous n’en trouverez pas mais tout le monde en est à peu près convaincu. C’est d’ailleurs tout ce qu’il peut apporter et le Qatar est en concurrence directe avec l’Arabie Saoudite dans ce soutien aux groupes islamistes. C’est à qui donnera le plus d'argent. L’émir du Qatar est arrivé à Gaza  avec 400 millions de dollars dans les poches, l’Arabie Saoudite avait apporté 40. Tout le monde est très suiviste dans ces affaires. Nous nous indignons de l’absence de démocratie en Tunisie ou ailleurs, mais rien sur l’Arabie Saoudite ou sur le Qatar. Le problème est d’abord chez nous, nous nous engageons dans des conflits contre des groupes islamistes en partie financés par des pays que nous traitons comme des alliés … 

jeudi 17 janvier 2013

Mali : pourquoi il ne fallait pas y aller


Jeudi 17 Janvier 2013 à 15:12 

GUY SITBON - MARIANNE

Nos objectifs de guerre et les conditions du retour de nos soldats dans leurs foyers, Hollande les a fixés : détruire les terroristes, permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale, rétablir des autorités légitimes, amorcer un processus électoral.


SIPA
SIPA
Nos objectifs de guerre et les conditions du retour de nos soldats dans leurs foyers, Hollande les a fixés : détruire les terroristes, permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale, rétablir des autorités légitimes, amorcer un processus électoral. La France entière, fleur au fusil, acclame ses résolutions. Or, on peut avancer sans l’ombre d’un doute qu’aucune de ces missions n’est réalisable. Aucune, pas même en rêve. Dans l’Afrique des années 40, 50, c’était encore jouable. De nos jours, aucune force au monde ne pourrait y prétendre. Ni l’Amérique, ni la Chine et surtout pas nous. Nous sommes, par beau temps, une grande Suède, pas une petite Chine. Quêter plus haut que son écu, n’est pas convenable.  
  
L’islamisme djihadiste, par les temps qui courent, prospère sur sa lancée. Il s’entend merveilleusement à tirer parti de la misère. Il embauche des guerriers pour trois sous, leur offre une vie exaltante d’aventure, de spiritualité et met leur famille à l’abri du besoin. Plus nous lui tapons dessus, mieux il se porte. L’AQMI, Ansar el Din et leurs pareils vont sortir de là plus dodus et plus populaires que jamais.  
  
Réfléchissons un instant. S’il suffisait d’une campagne pour éliminer le djihadisme au Sahara, voilà belle lurette que l’Algérie aurait fait le travail. Elle est postée en toute première ligne. C’est sur son propre domaine, parmi les siens que la guérilla métastase. Son armée s’est forgée une expérience incomparable dans ce type de combat ces vingt dernières années. 200.000 Algériens y ont laissé la vie. Pas folle, l’Algérie a privilégié « la négociation ». Elle connaît trop bien la loi des sables mouvants sahariens. Pour y avoir vécu enfant et y avoir trainé mes bottes de reporter, j’en ai aussi une idée. Après le Mali vient le Niger, puis le Tchad, le Burkina Faso, et j’en passe.   
  
Il y avait urgence, je sais. Urgence pour qui ? Pour le gouvernement de Bamako, sûr. Pour beaucoup de Maliens, mêmement. D’autres Maliens pensent ou se battent dans le camp adverse. Ils se chamaillent. C’est leur affaire. Mettre le doigt dans leur querelle, c’est y laisser la main, le bras et le reste. C’est piétiner le château de sable sahélien. C’est offrir une autoroute en or au djihadisme.  
  
Notre gouvernement est investi d’une obligation : assurer la sécurité dans son aire de souveraineté. Voilà un demi-siècle bien sonné que la France s’est exonérée de toute suzeraineté sur l’Afrique, Dieu et les anticolonialistes en soient loués. Rendre service à des amis en péril de cauchemar ? Honte à qui s’y déroberait ! Sous réserve de faisabilité. À l’impossible, François Hollande n’était pas tenu.   
  
Une fois engagés, que faire ? Que faire ? Une seule chose. Saluer tout le monde et prendre le premier avion. Pas le deuxième. Nous dirons que nous avons gagné. Et nous ne mentirons pas.         

Mali Mayhem: 'French post-colonial ambition to spark African anger'




Les dozos du Mali s'y melent.... Soumangourou Kante doit etre fier dans sa tombe


Haut les coeurs.... allez y? Surtout ne reculez pas. 

Mali : les risques de la solitude

source: http://www.marianne.net/Mali-les-risques-de-la-solitude_a225815.html

Jerome Delay/AP/SIPA
Jerome Delay/AP/SIPA
A la demande expresse de son collègue malien, le président de la République François Hollande a décidé d’engager nos armées dans une opération de force qui est en fait, une véritable guerre contre des colonnes djihadistes parties du nord du Mali en direction du sud de ce pays. 

L’opposition, et ma famille politique l’UMP en particulier, ont soutenu cette décision. Nul ne conteste en effet l’urgence de la situation, et encore moins la nécessité de présenter une unité nationale sans faille au moment où nos soldats sont engagés sur le terrain dans une lutte difficile contre les terroristes islamistes. 

Personne ne conteste également la gravité de la menace que fait peser une coalition de différents groupes radicaux ou mafieux qui se sont emparés depuis plusieurs années des trois provinces nord du Mali, territoires immenses inondés d’armes en provenance de Libye et lieux de passage de l’essentiel du trafic de drogues en direction de l’Europe. 

Inspirés directement des méthodes de talibans en Afghanistan, les militants d’Al-Qaida Maghreb Islamique (continuateurs du GSPC algérien Groupe Salafiste pour la Prédication du Combat), imposent à la population un mode de vie moyenâgeux inspiré de la charia : voile intégral, mariages forcés, mains coupées, interdictions de fumer ou d’écouter de la musique, sans oublier les destructions des sites et mausolées de Tombouctou, au même titre que les talibans avaient détruit les Bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan. 

Les prises d’otages systématiques de tout occidental dans la région ont non seulement alimenté les finances de ces groupes terroristes, mais ont littéralement coupé du monde ce territoire grand comme deux fois la France. Pour toutes ces raisons, laisser s’enkyster ces différents groupes et Al-Qaida dans le Sahel constituait une menace évidente non seulement pour la France mais pour toute l’Europe, et pour les intérêts occidentaux en général – sans parler de la stabilité des états de la région. 

Telle était pourtant la situation que la communauté internationale avait laissé perdurer depuis des mois. Jusqu’à la décision de François Hollande, il était simplement prévu d’attendre que la CEDEAO réunisse un contingent de forces qui interviendrait au plus tôt en septembre 2013, pour aider l’armée malienne à reconquérir le Nord Mali – l’Union Européenne s’engageant à former, dans l’intervalle, les unités maliennes. Tel était le sens de la résolution 2085 votée par le conseil de sécurité de l’ONU le 20 décembre dernier. 

L’opération française décidée le 11 janvier change radicalement la donne. Prise dans l’urgence, sans préparation diplomatique auprès de nos partenaires et alliés, elle nous engage probablement pour longtemps dans une guerre dure contre des combattants aguerris, surarmés, maitrisant un territoire immense. Une chose est de décider de l’emploi de la force, une autre est de savoir comment on en sort... Et dans l’intervalle, comment on peut préserver le consensus national indispensable pour la conduite d’une guerre asymétrique, nécessairement couteuse, qui pourra se révéler vite impopulaire. 

Dans cette opération, où la France va être rapidement contrainte de déployer autant d’hommes qu’elle en avait en Afghanistan, il importe d’être conscient des risques réels liés à la définition des objectifs de cette opération. Pour reprendre les trois objectifs fixés par les plus hautes autorités de l’Etat, comment s’assurer que nous avons effectivement stoppé l’avancée des islamistes vers le sud ? 

Malgré les succès enregistrés le premier jour avec les bombardements par surprise de colonnes terroristes pour une fois concentrées, la capture ou la destruction de petites unités terroristes extrêmement mobiles s’avérera vite difficile et requerra des moyens d’observations (drones en particulier) qui font aujourd’hui cruellement défaut.  Comme l’a démontré dès le lendemain  de l’opération française, la capture du bourg de Diabali, plus au sud, à peine 400 km de Bamako, par les groupes terroristes (probablement AQMI), la détermination des terroristes comme leur capacité de frapper restent pour l’instant intactes. 

S’agit-il, deuxième objectif annoncé, de reconquérir la totalité de l’intégrité territoriale du Mali comme cela l’a été avancé par le président de la République, le premier ministre et le ministre de la défense ? Mais dans ce cas on peut douter que le volume des forces françaises déployées auxquelles s’ajouteraient éventuellement les 3 000 hommes peu préparés et non coordonnés que sont sensés apporter les états de la CEDEAO (à une date encore inconnue) ne suffiront probablement pas à cette tâche. Car à supposer même que nous parvenions à reconquérir les villes de Tombouctou, Gao et Kidal, aujourd’hui aux mains des islamistes il faudra ensuite les tenir, ce qui supposera de pouvoir confier cette tâche à un Etat malien reconstitué, une armée malienne, une police malienne aujourd’hui totalement faillis. Cela supposera également un accord politique entre les maliens du Sud et les Touaregs qui ont mené ces derniers mois leur troisième insurrection. 

S’agit-il enfin et c’est tout le problème, de reconstruire l’Etat malien aujourd’hui dirigé par des autorités transitoires, elles-mêmes soumises à un capitaine putschiste ? Dans ce cas, les ressources nécessaires, aussi bien économiques, que politiques, sont-elles vraiment à la hauteur de nos moyens ? Surtout si l’on constate que la France jusqu’à présent, reste bien seule dans la conduite de cette opération… 

Sans doute inévitable, l’intervention française soulève donc des problèmes extrêmement lourds, qui méritent d’être regardés en face par le gouvernement, comme par nos partenaires européens et atlantiques. Et ce le plus rapidement possible. Au moment où nous nous apprêtons à célébrer à Berlin la semaine prochaine le 50ème anniversaire du traité de l’Elysée, au moment où notre parlement ratifie le traité d’adhésion de la Croatie comme 28ème membre de l’Union Européenne, il est proprement choquant de constater que l’Europe se contente de regarder la France agir seule au service de la sécurité de tous, à ses frais et en payant seule le prix du sang. 

Où est passée la grande ambition de l’Europe politique et qu’attend le président de la République pour le rappeler en ces termes à ses collègues ?