mardi 10 janvier 2012

Désert électoral aux législatives de décembre 2011 : Le Patriote confirme la fraude



Publié le mardi 10 janvier 2012   |  Le Temps



Désert électoral aux législatives de décembre 2011 : Le Patriote confirme la fraude
Il faut tirer le chapeau et rendre un hommage mérité au confrère Le Patriote, premier porte-voix du pouvoir Ouattara qui, dans son édition d’hier lundi 9 janvier, a confirmé qu’il y a bel et bien eu fraude aux élections législatives du 11 décembre 2011. En effet, en révélant une cuisine interne au Rhdp concernant les «recours du Rdr» devant le même Conseil constitutionnel que Ouattara avait demandé aux Ivoiriens de ne par reconnaître lors du contentieux électoral de la présidentielle de 2010 remporté parLaurent Gbagbo, Le Patriote confirme que le scrutin législatif n’a pas été crédible. 

Le vote des absents et des exilés 

Venant du journal du Rdr, la preuve de la mascarade ne pouvait pas être plus consistante. Ce confrère, à sa page 3, révèle que «Les absents et les exilés ont voté». Avant de nous expliquer que : «Certains électeurs ne se sont pas déplacés pour voter, alors que curieusement leur prétendu vote a été constaté par leur signature ou l’apposition d’empreinte sur le listing». Puis le Patriote de continuer à exposer la fraude qui a émaillé ces législatives en rapportant, dans sa même édition, que : «Au bureau de vote 6 (Ndlr: à Mbadon), l’incroyable s’est produit. M Sangaré VaKaba au Togo ne s’est pas non plus déplacé pour voter. Pourtant, il figure sur la liste des voyants ayant émargé sur le listing». 

Le confrère affirme : «Le tripatouillage des urnes dans les locaux de la Cei…» 

Plus grave, le confrère pro Ouattara confie que : «Le clou de cette fraude, selon la requête de la liste Rdr, a été le tripatouillage des urnes dans les locaux de la Cei de la Riviera Cocody 1, de 19heures à 4 heures du matin…». Certes, c’est en toute bonne foi que «Le Patriote» a mis à nu la comédie électorale à ces législatives dont le taux de participation n’a pas dépassé en réalité les 15%. Ce qui signifie que les Ivoiriens s’en sont totalement désintéressés à près de 85%. Car le confrère se faisait simplement l’écho des frustrations qui, au sein du Rdr, ont accompagné les coups que les candidats du pouvoir Rdr-rébellion-Rhdp se sont donnés mutuellement. Ainsi, les frustrés du Rdr, victimes des turpitudes de leur propre parti au sein de l’alliance Rhdp, n’ont pas pu contenir leurs émotions. Ils ont déballé, sur la place publique, la mascarade par le biais de la voix médiatique par excellence du pouvoir en place. Qui mieux que le Patriote pouvait confirmer qu’il y a effectivement eu fraude aux législatives de décembre 2011 ? Ainsi donc, votre quotidien «Le Temps», en phase avec «Le Patriote» sur cette supercherie électorale, a bien eu raison de dire les législatives n’ont pas été crédibles, comme le demandaient les investisseurs, les bailleurs de fonds et les partenaires de la Côte d’Ivoire. En plus de n’avoir pas été ouvertes à l’opposition qui a été écartée par des manœuvres dans des conditions créées et entretenues à dessein par le pouvoir en place pour empêcher sa participation, elle n’aura été qu’une énorme foire à la fraude préparée par la Cei qui, malheureusement, a fait des victimes dans les rangs même du régime. Mais la situation des frustrés du Rdr qui, bien que s’attaquant au Pdci de Bédié que le parti de Ouattara accuse de fraude, ont toutefois eu le mérite de dénoncer l’inacceptable, est dû aux “effets collatéraux’’ d’une mascarade à laquelle ils étaient tous partie prenante. On ne pleurera donc pas outre mesure sur leur sort dans cette vaste mise en scène du Rhdp. Car ils ont été victimes de «la stratégie électorale du Golf hôtel». 

Bourrage des urnes 

Ce qu’il convient plutôt de relever ici, en plus des aveux faits plus haut, c’est que le confrère insiste sur le fait qu’il y a eu bourrage des urnes en révélant : «une différence constatée entre le nombre de votants et les suffrages exprimés». Et indique, entre autres exemples de fraude, que, dans un bureau de vote, on a «constaté que 85 personnes ont effectivement voté. Et il y a eu zéro bulletin nul. Mais au dépouillement, ce sont 109 bulletins qui ont été comptabilisés». On le voit, c’est le même mécanisme qui avait été mis en œuvre dans le cadre de la «technologie électorale» élaborée de façon perfide par les comploteurs et leurs alliés lors de la présidentielle de novembre 2010. On se souvent qu’au premier tour, c’est Bédié qui a fait les frais de cette magouille en tombant, derrière Ouattara (2e) et Laurent Gbagbo (1er). Mais face aux pressions de l’Elysée et à la menace des armes, le candidat du Pdci a été contraint de se taire. Au second tour, le 28 novembre 2010, le même «dispositif» de fraude a été déployé avec la complicité de la France qui manipulait à distance le Président de la Cei, Youssouf Bakayoko chargé d’appliquer «la stratégie électorale du Golf hôtel». Pendant que la rébellion massacrait les militants et les représentants Lmp dans les bureaux de vote au Nord notamment. Les documents des saisines et requêtes officielles adressés par l’équipe de campagne du candidat de Lmp à la Cie puis au conseil constitutionnel dont Ouattara refusait au départ de reconnaître les décisions, sont encore dans les archives et les mémoires de la République. Et les Ivoiriens s’en souviennent comme si c’était hier. Mais cela n’avait pas empêché le président de la République sortant à ce moment, Laurent Gbagbo, de gagner le second tour de la présidentielle, ce 28 novembre 2010 qui a marqué le point de départ de l’imposture par laquelle la France a organisé le vol de la victoire du président Gbagbo avant de bombarder sa résidence pour l’arrêter au profit de son homme. En effet, Laurent Gbagbo, malgré la fraude, a bel et bien battu le candidat du Rhdp dans les urnes, en vertu de la Constitution et des lois ivoiriennes, tel que proclamé par le Conseil constitutionnel, avant que la démocratie en Côte d’Ivoire ne soit étouffée dans le sang par les armes, par le complot de la France qui a provoqué la chute de Laurent Gbagbo, à la suite de «la stratégie électorale du Golf hôtel». Qui plus est, par cette confession courageuse, «Le Patriote» montre comment, par le tripatouillage des documents électoraux dans les locaux de la Cei, le régime en place a honteusement gonflé le taux de participation à ces élections législatives pour les porter sans scrupule à 36%, alors que des sources crédibles indiquent qu’il n’est guère allé au-delà des 13% 

K. Kouassi Maurice in Le Temps

La greve au Nigeria en Images


Janvier 10, 2012.
Les nigerians ne sont pas contents de la gestion du pays par Goodluck Jonathan.







lundi 9 janvier 2012

Meurtre d'un policier d'Hendaye en Côte d'Ivoire : « la durée de l'instruction est une torture »


Lundi 9 janvier 2012 à 06h00 | Mis à jour le 9 janvier 2012 

 Par Véronique Fourcade

La famille de Michel Niaucel, policier en mission pour l'Union européenne, tué il y a cinq ans à Abidjan, demande la clôture de l'instruction

C'est dans cette maison d'Abidjan que Carine Niaucel a administré à son époux Michel Niaucel des mélanges de médicaments envoyés en Côte d'Ivoire par une complice.

C'est dans cette maison d'Abidjan que Carine Niaucel a administré à son époux Michel Niaucel des mélanges de médicaments envoyés en Côte d'Ivoire par une complice. (AFP)

Le triste anniversaire des cinq ans de la mort de Michel Niaucel arrive à grands pas : le 7 février 2007, cet ancien commandant de police d'Hendaye, recruté par l'Union européenne pour assurer la sécurité de ses ressortissants en Côte d'Ivoire, était tué par balle dans sa maison d'Abidjan.
Cela fera bientôt cinq ans que sa famille - ses trois enfants, ses frères et sœurs - attendent des réponses, des explications, un procès et un verdict. Car la justice a assez rapidement mis la main sur celle soupçonnée d'être l'auteur du crime : la veuve de la victime, Carine Blanc épouse Niaucel, placée en détention pour assassinat avant d'être libérée sous contrôle judiciaire dix-huit mois plus tard.
Lorsqu'elle a été entendue à Abidjan puis en France, dans le bureau du juge parisien Alain Cadet (1), Carine Blanc a reconnu l'utilisation du 357 magnum de son époux, mais selon elle le tir aurait été accidentel. Tout comme elle a admis avoir administré un cocktail médicamenteux à deux reprises.
Son avocat parisien, Philippe Sarda, a bataillé sur les expertises balistiques, mais les deux collèges d'experts ont conclu dans le même sens, pointant la culpabilité de Carine Blanc. La conviction du magistrat instructeur semble acquise mais, depuis deux ans et demi, plus aucun acte n'a été réalisé.
Instruction au point mort
Pour quelle raison ? « Mystère » répond Me Sarda, qui, dans son rôle de défenseur, n'a aucune raison de se plaindre de cette situation.
Le parquet de Paris pas plus que le juge d'instruction n'ont donné suite aux demandes réitérées de « Sud Ouest » dans ce dossier. Les demandes de l'avocat bayonnais de la famille du défunt, Antoine Tugas, sont également sans réponse.
Parents et enfants de Michel Niaucel ont décidé de s'interroger publiquement sur les lenteurs de la justice.
« Les droits des victimes sont bafoués dans cette affaire. Nous n'avons pas bougé jusqu'à maintenant. Nous avons respecté le travail d'investigation et celui des magistrats, mais désormais c'en est trop. Nous demandons la clôture de l'instruction » expliquent les deux aînés de Michel Niaucel.
Statut diplomatique
Michel Niaucel avait 54 ans. Ancien commandant de police originaire d'Hendaye, il était entré au service de l'Union européenne. Sous statut diplomatique, il était chargé, depuis 2002, d'organiser des déplacements ou même, lors d'épisodes de guerre civile, de l'évacuation des ressortissants européens dans ce pays d'Afrique. Très rapidement, les policiers français venus épauler leurs collègues ivoiriens dans l'enquête sur ce crime peu ordinaire se tournent vers Carine Niaucel : la victime a été touchée au thorax avec son arme de service et les explications données par la veuve ne tiennent pas.
« Carine Niaucel a fini par reconnaître avoir administré des mélanges de médicaments envoyés en Côte d'Ivoire par une complice. Cette dernière avait dérobé des neuroleptiques, sédatifs et antipsychotiques sur son lieu de travail, un centre médico-psychologique de Bordeaux », rapporte le beau-frère de Michel Niaucel.
Les deux femmes ont été incarcérées mi-février 2007. L'épouse a été mise en examen pour assassinat et tentative d'assassinat et la fournisseuse de médicaments pour complicité.
« La durée excessive de l'instruction est une torture pour nous », déplorent les enfants de Michel Niaucel. Surtout depuis que leur ex-belle-mère a été libérée de prison, placée sous contrôle judiciaire. « Elle a pu sortir le 8 août 2008. Elle vit dans la maison de notre père et il nous est arrivé de la croiser. C'est très dur. »
(1) L'instruction est ouverte à Paris puisque le crime a été perpétré à l'étranger.

dimanche 8 janvier 2012

Côte-d’Ivoire: Révélations sur le crash de Nady Rayess


Côte-d’Ivoire: Révélations sur le crash de Nady Rayess
Connectionivoirienne.net | Par Gbansé, Douadé Alexis
Le texte que vous allez lire ici-bas, fortement accusateur pour le ministre d’État, ministre de la sécurité du gouvernement Ouattara, est la retranscription d’une conversation téléphonique, suite au crash du Rockwell Commander 112A immatriculé TU-GRN, dans lequel s’est tué le patron du groupe de presse Olympe Nady Rayess. Toutes nos tentatives pour joindre les différents concernés sont restées sans suite. Des agents d’aéroclubs que nous avons pu joindre, nous disent tous ne pas être habilités à échanger avec la presse. L’Autorité nationale de l’aviation civile (Anac), nous ramène vers le ministère des transports. Au ministère des transports, on a pris la mauvaise habitude de tourner les journalistes en rond. Les services du ministre Bakayoko ont depuis 48h promis que le ministre nous rappellera. Attente vaine ici aussi. Nous allons espérer que les concernés réagissent après publication.
…………………….
Retranscription intégrale
« Sophia était la seule compagnie sur la plateforme qui révisait les avions de l’Aéro club d’Abidjan et ça, tous les professionnels sur la plateforme aéroportuaire le répètent. Mais Hamed Bakayoko a fait du chantage à Lafont [Frédéric] et certains opérateurs Français. L’ambassade de France est au courant. Tu sais, lui Hamed et Wattao n’ont jamais remis les 41 000 dollars confisqués aux Français, il y a quelques mois de cela. Le fond du problème Sophia est simple, c’est qu’après la chute de Gbagbo, Hamed aurait depêché des émissaires voir Lafont au Togo pour lui demander 1,5 millions d’euros pour protéger ses business en Côte-d’Ivoire. Lafont a décliné l’offre et depuis, il est entré dans le collimateur d’Hamed Bakayoko. Hamed Bakayoko a fait sortir une circulaire de l’UEMOA qui exige la probité morale aux propriétaires de compagnies aériennes dans la région. Sans même attendre la fin de l’enquête de moralité commanditée par le ministère de l’Intérieur, l’ANAC a suspendu le Permis d’Exploitation Aérienne (PEA) de Sophia Airlines. Des ivoiriens sont au chômage par la faute d’un ministre d’État alors que Ouattara promet des emplois. Ils sont environ 50 employés de Sophia actuellement au chômage.
Sophia a un centre technique certifié en Côte-d’Ivoire. Ce centre servait à l’entretien des avions de Sophia et à l’entretien des aéronefs de l’aéroclub, comme celui que pilotait, Nady Rayess. Depuis deux mois, Sophia est clouée au sol par la faute d’un ministre. La deuxième raison est que Hamed Bakayoko dit vouloir venger ses frères de lumières [Franc maçons] qui auraient été doublés en affaires par Lafont. Des membres de la Grande Loge de Côte-d’Ivoire [GLCI] n’aiment pas Lafont qu’on dit plus proche du Grand Orient [GO], les « Frères ennemis» à la Grande Loge Nationale de France [GNLF] à laquelle la GLCI est rattachée. Mais Lafont continue de faire ses business ailleurs pendant que des ivoiriens sont au chômage. Hamed Bakayoko, ministre de la sécurité est ami à ceux qui créent l’insécurité et c’est vraiment révoltant. Lafont avait des amis dans les camps de Gbagbo et de Ouattara. C’est Lafont qui faisait affréter ses avions pour la campagne présidentielle de Ouattara. Il jouait donc habilement avec les deux camps. Lui, il faisait ses affaires, pas de la politique. Aujourd’hui la résidence des Lafont à Abidjan est occupée par les hommes de Wattao. Les maîtresses de Wattao roulent dans les bolides de Lafont, car Lafont est un amateur de grosses cylindrées, genre Bentley, Porsche, Lamborghini. En clair Hamed Bakayoko et Wattao, c’est la même bande de voyous. L’Autorité nationale de l’aviation civile l’Anac officiellement, ne veut pas se mêler aux règlements de compte. Sophia est dirigée par Louise Lafont qui est mariée à Lafont sous le régime de séparation de biens. Demandes-toi pourquoi l’enquête de moralité contre Lafont n’a jamais démarré. Et bien, parce-que le dossier est vide.
Vous les journalistes sur qui nous comptons, devez bien creuser ce crash qui a couté la vie à un des vôtres, et pas seulement écrire sur les hommages rendus par tel ou tel après la mort tragique de Nady Rayess. La presse, ça doit enquêter. Tu m’entends bien mon jeune frère Gbansé ? Comme la justice, la presse doit mener ses enquêtes pour aider le public à comprendre ce qui se passe. Pourquoi l’avion de Rayess n’a pas pris feu après le crash ? Y avait-il suffisamment de kérosène à bord ? Pourquoi Rayess a-t-il tenté d’atterrir sur l’eau ? Avait-il remarqué quelques choses ? Le problème du brouillard évoqué ne peut seul expliquer ce crash. Quelles sont les dernières communications de Rayess avec la tour de contrôle. l’Anac ou les autorités de l’aéroport d’Abidjan peuvent-elles rendre ces données public ? Les instruments de mesure de kérosène peuvent être sabotés, et communiquer des valeurs erronées à Rayess durant le check-list obligatoire avant chaque décollage. Dans les endroits de grands froids, je parle de moins vingt degrés [-20], ces données peuvent être erronées, ça c’est vrai. Je ne dis pas qu’il y avait manque de kérosène, mais c’est étrange que l’avion n’est pas pris feu après la chute. Tous les spécialistes en aéronautique vous diront que s’il n’ y a pas de feu, c’est que l’aéronef était à court de kérosène. En principe Rayess avait suffisamment de kérosène pour l’aller et le retour sur Assinie. J’ai ces infos d’un ami à l’aéroclub d’Abidjan. Rayess fait toujours le plein du Rockwell Commander avant de décoller. Le rayon d’action de ce type d’aéronef avec le plein est de 1300 km. Et puis, est-ce que le plan de vol était le bon avec ce temps de brouillard ? Pourquoi certains habitants de Vitré disent n’avoir pas entendu les bruits du moteur ? L’engin était-il coupé en vol ?
Pourquoi en seulement deux mois la Côte-d’Ivoire connait deux accidents d’avions pendant que la compagnie qui faisait une partie des maintenances est suspendue pour des raisons absurdes et arbitraires ? Le lundi 14 novembre en fin 2011, un Cessna d’Aéroclub a crashé à Daloa, faisant 4 morts. Ces deux accidents peuvent avoir un problème de maintenance comme causes. Je pense qu’il ya lieu de faire auditer les données techniques et les cahiers d’entretiens d’aéroclubs. Le nouveau gouvernement ivoirien, s’il veut être crédible doit donner des réponses à toutes ces questions. » Que disent les boites noires retrouvées ?

En Côte d’Ivoire l’avenir de Soro Guillaume en pointillé…


Soro ici avec son ami Moustapha Chafi, l'intermédiaire entre lui et le président du Faso Compaoré


Côte d’Ivoire: l’avenir de Guillaume Soro en question
Par RFI
En Côte d’Ivoire, le gouvernement ne reprendra ses activités que le 9 janvier. La nouvelle Assemblée nationale n’est pas encore formée mais pour autant, la vie politique n’est pas au point mort. L’une des grandes questions du moment est celle du remaniement gouvernemental avec notamment une inconnue : Guillaume Soro sera-t-il reconduit dans ses fonctions de Premier ministre ?
La question est encore en discussion mais depuis une dizaine de jours, le maintien de Guillaume Soro à la primature, qui paraissait acquis, semble désormais plus incertain.
Selon plusieurs sources, si le président a été irrité par les derniers agissements des FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) à Vavoua puis à Sikensi, le bilan sécuritaire de son Premier ministre n’est pas en cause. En fait, d’autres raisons motiveraient la réflexion d’Alassane Ouattara. Tout d’abord, le chef de l’Etat sait qu’il doit calmer la grogne grandissante dans les rangs de ses alliés du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire).
Après sa déconvenue des législatives, le parti d’Henri Konan Bédié montre de plus en plus des signes d’impatience et entend bien occuper au plus vite la primature qui lui avait été promise. Si Alassane Ouattara ne veut pas miner son alliance au sein du RHDP (Rassemblement des Houphoutistes pour la démocratie et la paix), le respect de la parole donnée apparait donc comme un impératif.
Le président ivoirien est par ailleurs conscient qu’il doit assoire son pouvoir sur un socle communautaire plus large que celui des populations du Nord. Nommer un Premier ministre orginaire du centre lui permettrait alors de renforcer une cohésion nationale toujours fragile.

Quand Guy André Kieffer accusait « le trader de Ouattara »


Cacao de la guerre: Quand Guy André Kieffer accusait « le trader de Ouattara »

Il est bon de se souvenir que, de tous ses fameux articles publiés sous pseudonyme dans la presse ivoirienne, celui qui a créé un vrai gros «buzz» international mettait en cause… Anthony Ward, le patron de la société Armajaro, notamment spécialisée dans le négoce de cacao, et dont le directeur Afrique est depuis quelques années Loïc Folloroux, le fils de Dominique Ouattara.
Source Le Nouveau Courrier
En général, Guy-André Kieffer est présenté comme le journaliste d’investigation poil à gratter qui enquêtait sur les «affaires» réelles ou supposées dans lesquelles étaient mouillés les barons du régime Gbagbo.
Mais il est bon de se souvenir que, de tous ses fameux articles publiés sous pseudonyme dans la presse ivoirienne, celui qui a créé un vrai gros «buzz» international mettait en cause… Anthony Ward, le patron de la société Armajaro, notamment spécialisée dans le négoce de cacao, et dont le directeur Afrique est depuis quelques années Loïc Folloroux, le fils de Dominique Ouattara.
C’était juste après le déclenchement de la rébellion ivoirienne, le 19 septembre 2002. Dans un article paru en dernière page de «Fraternité-Matin», signé «Laurent», Guy-André Kieffer dénonçait «Armajaro et AIG Fund : les financiers de la déstabilisation». Il met en relation l’achat de plus de 5% de l’offre mondiale de cacao par Armajaro et le lancement de la rébellion, qui permet une déstabilisation des approvisionnements, une hausse des cours et une grosse plus-value pour les spéculateurs encagoulés. A l’époque, l’évocation d’Armajaro par Kieffer divise les différents clans autour de Gbagbo, dans la mesure où lui-même a à coeur de faire payer ses déconvenues en affaires à certains d’entre eux. Notre Voie riposte à l’article.
La confusion s’empare de l’opinion ivoirienne qui oublie. La mort de Guy-André Kieffer enterre définitivement ce fameux dossier Armajaro. Jusqu’au mois d’août 2010, où il récidive dans une opération d’achat massif de cacao comme celle qui a précédé la «première guerre». Ministre du Budget sous le gouvernement Aké N’Gbo, Koné Katinan a confirmé, dans «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat», la forte implication d’Armajaro dans le financement des assauts sur Abidjan par les forces pro-Ouattara.
En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière
café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international.
Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.
C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro. »
Au moment où l’affaire Kieffer se retourne spectaculairement contre le régime Ouattara, les informations qui précèdent permettent de comprendre que le journaliste et consultant franco canadien n’inquiétait pas que certains barons de la Refondation. Et qu’il avait été le premier à mettre en lumière une des plus grosses affaires de spéculation et de guerre économique de ces dernières années.
Phillipe Brou

les deux pieces d'Identite d'ADO, 1982 et 1990