jeudi 24 juillet 2008

Ces demandes farfelues

Le monde entier traverse une crise, et chaque pays essaie de faire le sacrifice necessaire pour traverser cette zone de turbulance. Ailleurs, certains peuples proposent de travailler un peu plus pour produire beaucoup afin que le pays ait les ressources pour faire face a cette crise globale. D'autres peuples serrent la ceinture et consentissent a des sacrifices supplementaires. En Cote D'Ivoire, ou nos fonctionnaires sont plus reconnus pour leur manque de volonte au travail, sont ces personnes qui se levent au beau milieu de l'orage pour revendiquer des choses farfelues comme s'ils vivaient sur une autre planete. C'est le travail qui genere les richesses et l'etat use de ces richesses pour payer ses fonctionnaires qui ne foutent generalement rien de bons au travail. Les chinois sont reconnus pour leur amour pour le travail, en Cote D'Ivoire, on est plus reconnu pour la corruption et se faire payer a ne rien faire. Nos services de l'etat sont a l'image du peuple. On ne veut pas travailler mais on aime faire des greves. Les enseignants ont passe tout leur temps l'annee passee a faire des greves, le resultat, c'est 26% de reussite au BAC. Est ce qu'ils se croient responsables de cet echec scolaires? NON jamais, c'est la faute des eleves, et non de ceux qui les enseignent. Ces enseignants feront encore la greve l'annee prochaine, quitte a faire descendre le taux de reussite aux examens a 20%. Le sort des eleves ne les regarde pas, puisqu'ils sont incapables de comprendre que leurs greves ont un effet sur le taux de reussite des eleves. Ils desirent etre payes pour un travail qu'ils ne veulent pas faire.

L'UGTCI, qui est l'association de tous les fonctionnaires de l'etat (y comprit les enseignants, ces amoureux des greves) exige en pleine crise ceci:

1. la baisse du prix des carburants,
2. un "déblocage" des salaires des fonctionnaires,
3. un "réajustement des salaires (du privé) de 44%"
4. une revalorisation du Smic, actuellement d'environ 36.000 FCFA (55 euros), "à 120.000 FCFA" (183 euros).
5. la suppression des impôts sur les pensions de retraite",
6. "la baisse du prix des denrées alimentaires" de première nécessité.

Si on demande a l'UGTCI d'ou viendra l'argent que l'etat prendra pour regler leurs problemes? je ne sais pas s'ils repondront que c'est par leur travail ou par la vente du Cafe et cacao. Si c'est le vente du cafe et cacao, l'etat devrait plutot recompenser ceux qui produisent la richesse et non ceux qui sont payes par le travail des autres. Je ne sais pas si les planteurs sont membres de l'UGTCI, mais je pense que s'il y a des personnes en
Cote D'Ivoire qui devraient se plaindre, ce sont bien sur les planteurs. Les fonctionnaires de l'etat devraient, a defaut d'aider l'etat a survivre cette crise mondiale, la fermer. Car si l'UGTCI ne veut pas faire partie de la solution, il faut eviter de faire partie du probleme.
Les prix des denrees alimentaires sont elevees, c'est vrai, mais ce n'est pas en faisant la greve, en ne travaillant pas que les prix descendront. Ce n'est pas en multipliant le smic par 4 qu'on survivra a la tempette. Le SMIC est de 36000 frs CFA, vous demandez que cela passe a 120 000, vous pensez que l'etat va prendre ce surplus dans un trou quelque part au plateau? C'est en travaillant que le pays gagne de l'argent pour payer vos salaires, et si vous qui deviez travailler refuser de le faire, on se retrouve a tourner en rond, a moins que l'UGTCI ait fourre son cerveau dans des entrecuisses politiciennes au point de ne pas comprendre cette logique elementaire, il y a de quoi douter de leur bon sens.

La vie est chere, c'est vrai, si chacun faisait le travail pour lequel il est paye, la vie ne serait pas si chere. Si les policiers ne rackettaient pas, la vie ne serait pas si chere. Si les secretaires recevaient les gens sans leur faire perdre du temps dans les salles d'attentes, la vie ne serait pas si chere. Si les enseignants enseignaient au lieu de favoriser la tricherie et la prostitution scolaire, la vie ne serait pas si chere. Si les forces de defenses et de securite, protegeaient les biens et les personnes, la vie ne seraient pas si chere. Si au lieu de voler l'argent mis a leur dispositions, les DG, PCA utlisaient honnetement leur budget, la vie ne serait pas si chere. Si au lieu de faire des demandes farfelues, les travailleurs travaillaient, la vie ne serait pas si chere. La vie est chere parce que chacun veut manger a la sueur du front de l'autre. Et lorsque c'est ainsi, personne ne travaille, et le pays devient pauvre, et les pauvres n'ont que des besoins, et les besoins creent des necessiteux. Et l'Afrique en generale et la
Cote D'Ivoire en particulier est remplie de necessiteux.

vendredi 18 juillet 2008

Chacun doit avoir son tour...ou bien?

L'histoire se passe au centre de la Cote D'Ivoire en pays gouro. Avant l'arrivee des blancs, dans le royaume gouro, les querelles entre les hommes etaient reglees par des seances d'echanges de coups sur le flanc. Ceux qui tenaient a se battre tracaient une ligne par terre et les deux hommes se tenaient de part et d'autre de la ligne. On tirait au sort celui qui devait donner le premier coup. L'autre exposait ses cotes, et recevait le coup, et a son tour il donnait son coup sur le flanc de l'autre jusqu'a ce que celui qui ne pouvait plus supporter la douleur abandonne et est ainsi declare battu. Les avantages d'une telle pratique visaient a ne pas causer la mort de celui avec qui on avait des differents. Dans le village de Bouafla, un peu au nord de Bouafle, chef lieu de la marahoue, ville qui se trouve a 30 minutes de la capitale politique, Yamoussokro, Nahan bi Kouagni en voulait terriblement a Boua Bi. Depuis des mois, il voulait en decoudre avec Boua Bi. Il jurait du jour ou il aurait l'occasion de se battre avec son arch-ennemi. Pour Nahan bi tout ce qui lui arrivait comme malheur devrait etre du a une action physique ou metaphysique de Boua Bi.

Nahan bi n'eut pas a attendre eternellement car arriva ce jour tant reve. Il eut querelle entre les deux hommes. Rendez vous fut donne sur la place du village. Tous les villageois formerent un cercle a l'interieur duquel se tenaient nos deux bagarreurs. Il arriva donc que Nahan bi devait donner le premier coup.
Ah, sanguin...

Nahan bi, rempli de haine, de colere, de fureur, d'aigreur, de tous les mauvais sentiments qu'un humain peut generer contre son prochain, forma son poing, retint son souffle, visa les cotes exposees de Boua bi. De toute la force que sa petite stature pouvait produire, Nahan bi assena le coup du siecle, le coup de toutes les destructions jamais produites dans le village de Bouafla. Le poing atterit sur les cotes de Boua Bi. Celui ci poussa un cri. De l'air chaud s'echappa de son posterieur. Des larmes remplirent ses yeux. Il tituba. Ne tenant plus sous la montee de la douleur, il s'assit. Quelques minutes passerent, il se releva, observa Nahan bi. C'etait a son tour de faire gouter a Nahan Bi, la puissance de son poing. Boua bi essuya du revers de la main les quelques gouttes de larmes qui coulaient de ses yeux. il crispa les dents. Ses mandibules pulsaient de rage, mais son visage restait calme, et serein. A le regarder on ne pouvait deviner ce qu'il comptait faire. Aucune haine n'etait perceptible.
Nahan devait offrir son flanc pour recevoir le coup. Les minutes passaient et semblaient etre des eternites. Nahan Bi se demandait s'il survivrait au coup de poing de Boua Bi. Il commenca a regretter. Ses pieds etaient devenus tres lourds. Il pensa a la raison pour laquelle il devrait bientot mourir des mains de son voisin. Cette querelle en valait elle la peine? Il ne savait meme plus pourquoi il haissait son voisin Boua Bi. Il avait meme oublie le jour ou tout cette haine avait commence.. De grosses gouttes de sueurs degoulinaient de son front. Nahan Bi essaya d'attraper le regard de Boua bi pour, si possible, y deceler la haine... Mais Boua Bi evitait son regard.
Boua bi recula d'un pas, de deux pas, de trois pas, de quatres pas... Nahan ne tenait plus. Il s'ecroula, perdit connaissance... Boua Bi ne l'avait pourtant pas touche...

Cette petite histoire illustre bien la crise ivoirienne. Le RDR pour longtemps fut rempli de haine comme Nahan bi, contre tout ce qui n'est pas dioula. Tout ce qui arrivait au RDR devrait etre la faute de ceux qui ne sont pas du nord ou dioula. Le parti d'ADO s'arma de tout ce qu'il pouvait et declencha une rebellion des plus meurtrieres. Mais cette rebellion ne tua pas l'adversaire, tous ces potentiels ennemi du dioula, tous ceux qui a tort ou a raison ne lui rendaient pas la vie facile. Et l'adversaire reussi a se relever. Maintenant le RDR se demande ce que les autres feront de lui. Mais les autres sont patients, et attendent, attendent... et le RDR veut precher la paix, et le pardon.... et les autres attendent, attendent... Et ADO propose qu'il serait satisfait d'une vice presidence si cela peut faire oublier le passe. Et les autres attendent, attendent leur tour... Et le RDR se demande ce qui se mijote de l'autre cote. Et les autres attendent.....Ils attendent, et se demandent de temps en temps s'ils doivent descendre dans la bassesse meurtriere du RDR...

Mais ces ennemis qu'on s'est cree pour atteindre son but, ces ennemis la dont le peche est de ne pas etre du nord, ces ennemis la, chaque jour que Dieu fait, certains naissent dans les hopitaux du sud. Finalement, ceux que le RDR a traite d'ennemis se demandent bien si le train de la haine doit s'arreter maintenant ou bien doit il faire un autre passage, quitte a Dieu de sauver les siens...

mardi 15 juillet 2008

On va tous ensemble essayer de comprendre ce qui nous arrive en reflechissant a ce qu'il sait passe devant nos yeux. Nous etions les acteurs inconscients de cette manipulation... Maintenant essayons ensemble de refaire la route...Voici ma version, celui qui en a une bien meilleure peut la proposer, car je peux bien me tromper...Depuis la proclamation des independances en Afrique dans les annees 1960, l'afrique occidentale francaise a cru s'etre liberee de la France. En realite c'etait un gros mensonge, car depuis 1960 il y a eu en afrique plus de cooperant qu'avant l'independance au point ou on denombrait plus de 55000 cooperants francais en Afrique d'expression francaise. Et l'exploitation de L'afrique a continue de plus belle. Houphouet jouait son role de sous prefet de la France. Tout allait bien, et le temps passait, et Houphouet vieillissait... Et avec l'age Houphouet a commence a avoir des idees. Il commencait a etre fatigue d'etre sous prefet de la france, et l'envie lui ait venu de lancer l'Ivoirisation des cadres. Beaucoup de cooperant francais sont rentres chez eux. La france n'etait pas heureuse. Il fallait s'adapter... Pendant quelle reflechissait, un jeune militaire et ses copains declenche un coup d'etat en Haute Volta et change le nom du pays en Burkina faso. La france n'aime pas ca. Sankara commence a lui aussi avoir des idees. Que faire si vous etiez la France?On ne peut pas laisser les choses aller comme ca. C'est mauvais pour l'economie d'un pays qui n'a ni le petrole, ni les matieres premieres, ni l'espace necessair epour developper quoi que ce soit de serieux. Ce n'est pas bon. Il faut faire quelque chose.La france contacte Houphouet et lui dit qu'il nepeut pas laisser le desordre s'installer dans son jardin. Il doit faire quelque chose contre Sankara. Houphouet regarde autour de Sankara et voit le Bo Blaise. Le bo Blaise tue alors son ami Sankara pour prendre le pouvoir avec la benediction de la France. Le bo Blaise recoit comme cado l'ivoirienne (surement fille d'un cooperant-ivoirien) son actuelle epouse. Si vous voulez controler quelqu'un mettez aupres de lui une femme. Le jour ou vous ne voulez plus de lui, la femme s'occupera de l'eliminer simplement si vous ne pouvez pas l'abattre violemment...Les temps passent et Houphouet vieilli et commence a ne plus rien controler... Il y a une opposition qui nait en CI et qui denonce la France. Il faut agir.. Dans la meme periode, c'est a dire au debut des annees 80, il y a eu jeune economiste burkinabe qui est nomme vice gouverneur de la BCEAO, il se nomme Allassane Dramane Ouatara. Ironie du sort il est aussi ne en Cote D'Ivoire autour de 1942. La france regarde autour d'Houhpuet et ne trouve personne qui puisse etre son sous prefet. Bedie est un incompetent qui aime la belle vie, on ne peut rien lui confier, et puis les ivoiriens ne semblent pas trop l'aimer... Et le sentiment nationaliste nait en Cote D'ivoire. Que faire? POurquoi pas choisir ADO? La france propose a Houphouet de nommer ADO au poste de gouverneur de la BCEAO, car pour etre dans le secret des dieux il faut avoir une vue sur l'economie du pays. ADO n'est pas un homme de caractere, il est un homme qui execute. Et la france decide alors de l'utiliser. ADO est content. ADO est nomme directeur de la BCEAO, et execute tout ce que la France lui commande.ADO, ne sait pas quelle mission lui sera confie. Alors qu'il se demande ou sa carriere professionnelle ira apres son service, on lui demande de venir servir aupres d'Houhpouet.Si vous voulez controler l'Afrique subsharaenne, a partir d'ou la ferez vous? A partir d'Abidjan. La Cote D"ivoire est le poumon de l'Afrique sub-saharenne, et c'est la qu'il fallait controler, et la France decide alors de controler ce qui s'y passe. ADO qui ne s'attendait pas a etre appele a servir abidjan, accourt...Il n'a pas le temps de faire des pieces d'identites ivoiriennes. Il arrive, achete des mainsons avec ses pieces d'identites Burkinabe. POur lui il est en mission, il ira ailleurs apres ca. Et donc ca ne le gene pas d'avoir des pieces d'identies burkinabes. Pendant qu'il est en fonction a ABidjan au pres du vieux Houphouet, il execute a la lettre ce que la France lui demande...Surement qu'un matin ou autour d'un dinner, un francais lui a dit, "Dis Alassane, connais tu Dominique? Elle a perdu son mari, la pauvre, elle est tres belle, tu ne trouves pas? Et puis hein, elle aime les africains.... Que penses tu d'elle?"Et une vieille francaise a du dire a Dominique, "eh ma cherie, as tu remarque ce beau africain qui vien d'arriver a abidjan, il a le charme, et puis il a fait des etudes aux Etats Unis, il ne serait pas mal pour toi, tu es encore jeune et toute belle.." ... la suite on la connait.La france gerait toute l'Afrique, ses anciennes colonies a aprtir d'ABidjan avec comme sous prefet Allassane Dramane Ouatara avec a ses cotes la plus belle espionne au compte de la France. Et L'epouse s'enrichissait et ADO aussi....Et puisque l'appeletit vient en mangeant, ADO a commence a avoir des idees... Je ne sais pas si ce sont les Djeini Kobenan qui lui ont donne ces idees ou bien, c'est lui qui les nourrissait, tout est il que lorsque le parti de Djeni Kobenan cherchait un leader, ils sont alle voir ADO. Mais ADO ayant fini son services a ABidjan se voyait en fonctionnaire internationale. Il a donne la reponse suivante "je ne remplis pas les conditions requises pour etre president". Car il savait lui meme qu'il etait Burkinabe.Mais ceux qui n'aimaient pas Bedie, et Houhpuet ont essaye de le convaincre, lui disant que puisqu'il est ne en Cote D"Ivoire y'avait pas de problemes. Et ADO a commence a nourrir ses idee...

dimanche 13 juillet 2008

CÔTE D'IVOIRE: FROM ECONOMIC PROSPERITY TO SCARCITY

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CÔTE D'IVOIRE: FROM ECONOMIC PROSPERITY TO SCARCITY
Martial Frindethie

The 1970s were an age of prosperity in Côte d'Ivoire. The skyrocketing prices on international markets of cocoa and coffee, the country's main export commodities, had created an astonishing economic boom and established Côte d'Ivoire as the preeminent economic power in the West Africa. Signs of development were visible in all sectors; and economic observers were not shy to compare the Ivorian economic sensation to the Japanese miracle. They were partly right: The Ivorian growth rate was only second to Japan's. However, this economic boom was heavily dependent on foreign capitals, as it was tied to international speculators' willingness to pay high prices for coffee and cocoa. Attempts to diversify the economy and launch development programs led the country to borrow external capitals, which were not always well managed. Furthermore, the falling prices of coffee and cocoa in the late 1970s and early 1980s amplified
the country's external debt and led Houphouët to turn to the World Bank and the IMF for loans to stabilize his country's economy. The period spanning from the mid-1980s to early 1990s was a time of mixed blessings for Côte d'Ivoire's economy. The exploitation of newly discovered offshore oil reserves had helped alleviate some of the country's hardships; however, the economic storm was not totally weathered. Amidst rumors of government layouts, people took massively to the streets to protest what they interpreted as the results of the grab for power of the PDCI (party in power). To save his presidency, Houphouët bent to the conditions of the Bretton Woods institutions and invited the IMF economist Alassane Ouattara in April 1990 to chair the Comité Interministériel de Coordination du Programme de Stabilisation et de
Relance Economique (Interministerial Committee for Coordination of the Stabilization and Economic Recovery Program), a committee in charge of reflecting on ways to tackle the economic crisis and find adequate solutions. Five months later, an ailing Houphouët appointed Alassane Ouattara prime minister. What happens from April 1990 onward is a series of events that read like a novel.

DOMINIQUE NOUVIAN FOLLEROUX: FEMME FATALE

Ouattara's proximity to Houphouët allowed him greater closeness to Ms. Nouvian Folleroux, the
woman that would become his wife and most trusted associate in the most rocambolesque financial intrigues to define the political future of Côte d'Ivoire. The circumstances in which Dominique Nouvian was introduced to the epicenter of power in Abidjan are still not very clear today. What is clear is that she became Houphouët's official mistress and the exclusive administrator of Houphouët's huge estate and part of the country's estate. Her new title gave her tremendous name recognition and financial power, even as her benefactor's popularity at home was declining. Indeed, in the early 1990s a fierce political opposition assailed the ailing Ivorian president, Houphouët. For the first time, the "Old Man," as he was affectionately called in Africa, released his grip on power. Under the pressure of the Bretton Woods institutions and
France, he named Ouattara prime minister, legalized opposition parties and promised multiparty
presidential and legislative elections in Côte d'Ivoire. The October 28 multi-candidate presidential election confirmed the strength of the opposition, and especially of Houphouët's old political rival, Laurent Gbgagbo, leader of the socialist Ivorian Popular Front (FPI). According to international observers Gbagbo garnered more than 30% of the votes—though the official ballot count conceded him only 18.3% against 81.7% for the seating president. On November 26, 1990, eighteen opposition parties competed against Houphouët's PDCI during the parliamentary elections. Houphouët's PDCI retained 163 of the 175 parliamentary seats. If anything, the contestation of the Old Man's hitherto absolute power was the confirmation of a new era. Houphouët was a diminished man. Nevertheless, Mrs. Dominique Nouvian Folleroux's business seemed to suffer no setback at all from Houphouët's trouble at home; au contraire. Among other things, she sold some of Houphouët's real estates in France for the amount of 19 million Euros, a transaction that, though suspicious by Ivorian authorities, put her at the center of French big business. She acquired Jacques Desange's hair saloons in the United States. AICI (Agence Iternationale de la Commercialisation Immobilière), the real estate office that she
opened in Abidjan was attracting big clients, as she was making important friends. Her regulars were Martin Bouygues, the French king of concrete, owner at 42.9% of TF1 (the first French TV station drawing more than 31.6% of French TV audiences), owner of LCI, another French TV channel, special guest to Nicolas and Cécilia Sarkozy's wedding, and godfather of their son Louis Sarkozy; Vincent Bolloré (business partner of Bouygues) king of cigarette paper and media—it was Bolloré who paid the new French president a vacation trip to Malta on his luxurious boat as a congratulation present after the 2006 French presidential election; it was he again who lent his private Falcon 900 to Sarkozy and his then new girlfriend Carla Bruni for their December 25, 2007 vacation trip to Egypt; Dominique Strauss-Khan, former minister of finance of President Mittérand and IMF president since 2007, Bongo, president of Gabon who, like Houphouët before him, has been so close to Dominique Nouvian Folleroux as to also entrust the administration of his real estate and part of his country's property to the Gabon branch of Mrs. Folleroux's
company AICI, run by her brother Philippe Nouvian. Other patrons of Mrs. Dominique Nouvian Folleroux are Blaise Compaoré of Burkina Faso, and Kadhafi of Libya. Hers was a network of powerful financial friends; the same network that Ségolène Royal, the Socialist candidate to the French presidential election accused on May 4, 2007, of trying to influence French elections by manipulating the news.14 The very network that Ms. Royal was denouncing during the French presidential elections is the association of powerful financial interests that Mrs. Dominique Nouvian Folleroux has been able to weave since she first entered Houphouët's bedroom in Abidjan. Dominique Nouvian Folleroux was the powerful woman that Alassane Ouattara said to have fallen in love with, as he responded to President Houphouët's IMF-coerced call for help.

"OUATTARA! OUATTARA! HE'S OUR MAN. HE CAN'T DO IT, NOBODY CAN!"

Such seemed to be the mindset of the Bretton Woods institutions and big international corporations with financial stakes in Côte d'Ivoire since about the death of Félix Houphouët Boigny, in December 1993. An excellent student of the IMF, where he first worked from 1968 to 1973 before assuming various positions at the BCEAO (Central Ban of West African States), Ouattara was very receptive to the International Monetary Fund's prescription of Structural Adjustment Programs in Africa despite the burden that these programs put on local populations. As prime minister of Côte d'Ivoire, his solutions for redressing the country's economy did more harm than good. Ouattara cut subsidies to farmers, as recommended by the WTO, at the same time as the European Union and the United States were heavily backing their own farmers with huge subsidies; he dismissed more than 10,000 employees from the state payroll. Those who were lucky to keep their jobs saw their salaries reduced by 40% or were forced to accept an early retirement package. He reduced access to early education by freezing the recruitment of
new teachers. He closed students' subsidized restaurants. He eliminated transportation and basic healthcare services for students. He imposed fees on the masses for basic healthcare services. He initiated the devaluation of the CFA at the rate of 100 CFA francs for 1 French franc. He instituted the highly controversial resident cards for foreigners, which was the source of much harassment toward foreign nationals coming from neighboring African countries, and he aggressively pursued Mauritanian and Lebanese merchants for so-called back taxes in the upward of millions of CFA francs. In a word, Ouattara executed the World Bank/IMF's recommendations to the letter. These measures, as it was to be expected, frustrated the masses even further. Workers and students' demonstrations intensified; which, under his
orders, were repressed in blood. Scores of students were killed and student, union, and opposition leaders, among whom the current president, Laurent Gbagbo and the leader of higher education teachers' union, Marcel Etté, were jailed and tortured amidst international outcries and unsuccessful calls for an independent investigation. Undeniably, Ouattara was a good student of the IMF. In Côte d'Ivoire, Ouattara was the praiseworthy son of a powerful institution that had reared him to serve the father unreservedly. The question was whether he was really a son of Côte d'Ivoire, concerned with the interests of his fellow citizens.
As far as the World Bank and the IMF were concerned, this question had no bearing so long as the Washington Consensus had a powerful spokesperson in the country that would guarantee the interests of its shareholders. So, under further pressure, the ailing president Houphouët had Ouattara cumulate the portfolios of prime minister, minister of finance, and interim president. During Houphouët's long sickness and his medical treatment in Europe in 1993, Ouattara ordered that all public receipts (collection of taxes, debts, and returns from the customs, the ports, and even the treasury) be directly deposited in a special account at the office of the prime minister rather than at the treasury, as it was customarily the case. This atypical management style, to say the least, quickly mixed individual assets with state property, and
millions of dollars from the public treasury remained unaccounted for, while Ouattara, taking as much as two flights a week to Europe, officially to visit his sick boss—but unofficially on capital flight missions— was tucking enormous sums of money away in personal foreign bank accounts, making him one of the richest men on earth. Ouattara's mysterious fortune raised some eyebrows, even among his supporters. However, Ouattara's questionable wealth did not cause the slightest shudder among the high priests of morality who, in their immense chairs, in the temples of virtue of 1818 H Street as well as 700 19th Street, in Washington, D.C., were sermonizing the world about good governance and saintliness. Why should they care? Was it not fair that Ouattara be rewarded for being such a great agent to his masters? For Côte d'Ivoire, however, Ouattara's activities were economically disastrous. During his term as prime minister,
Ouattara became one of the biggest actors of capital flight from Côte d'Ivoire toward European banks. As he raided the country's coffers, he also depleted Africa of much needed resources.
Indeed, capital flight, the bulk of the private assets—and as we have just seen with Ouattara, private and public assets can be easily mixed—that are legally or illegally held in foreign countries outside Africa, is one of the continent's biggest impoverishers. Capital flight, reported to amount to about US$ 22 billions, is as much as half of the aid that Africa needs for its development programs. Were this money brought back
to Africa, it would constitute 64% of Africa's private capital stock.16 As one of Africa's biggest capital jetsetters, Alassane Ouattara is, without doubt, and in proportion to the short time he spent as prime minister of Côte d'Ivoire (three years and 1 month), among the leaders who have economically siphoned the continent the most. As the prime minister was busy outsourcing his public function to the businessman in him, thus mixing state capitals with private capitals, Dominique Folleroux—whom Ouattara had by then married during a 1991 ceremony officiated by the former mayor of Neuilly, currently president of the French Republic, Nicolas Sarkozy—was now, against all ethical propriety, lobbying for Bouygues and Bolloré to acquire
state-owned EECI (Energie Electrique de Côte d'Ivoire) and SODECI (Société de Distribution d'Eau de Côte d'Ivoire), respectively power and water companies. It did not take long for her clients to obtain satisfaction. These strategic Ivorian companies and others were sold off to Mrs. Dominique Nouvian Folleroux Ouattara's clients and friends, usually under their market values, sometimes for just one symbolic franc, all against the objection of opposition leaders and even leaders of Ouattara's previous party (the PDCI). Henri Konan Bédié, at the time president of the National Assembly, fiercely opposed Ouattara's unethical liberalization in the parliamentary chamber. As a result of Ouattara's collusion with French businessmen, 27% of the assets of Ivorian enterprises were French-owned; 240 subsidiaries and more than 600 companies belonged to French businessmen; which represented 68% of direct foreign investments in
Côte d'Ivoire. The shady investments enabled by Alassane and Dominique Ouattara's, and which have mortgaged the economic and political future of Côte d'Ivoire, have been widely reported, rightly so, as quid pro quo investments.
Mr. Michel Camdessus, a Frenchman who was the president of the IMF during the last term, when Alassane Ouattara was vice-president of the IMF, is currently serving as adviser to the French president Jacques Chirac. Of the members of the political parties and groups in Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, an unabashed advocate of IMF policies and an ideologue of the theology of neoliberalism, and his current wife, a French businesswoman solidly connected with business lobbies, offer the best guarantee to satisfy the conditions for security and profit for the French government, corporations, settlers, and small-enterprise owners who can have a lifestyle of comfort they cannot afford or even imagine to have in France. For consenting to the corrupt terms of French business in Côte d'Ivoire at the detriment of the masses, Ouattara is allowed by France to realize his First Worldist jouissance by plundering his country's coffers undisturbed. This lack of probity on the part of Africa's most influential economists and leaders ought to be
examined in relation to the dire future that their selfish proclivities set up for the continent. Between 1985 and 1998, the net outflows from Africa to developed countries have risen from of US$ 3.6 billion to the alarming amount of US$ 12.5 billion. Capital flight by native pillagers has contributed enormously to these outflows. This, of course, has profound depressing incidences on progress. As a result, Africa continues to service huge debts and remains unable to invest in public and private sectors; which in turn erodes, not just poverty reduction projects, but also, the confidence that honorable foreign investors have in the continent; and the cycle of poverty linked to debt servicing and fiscal deficit goes on until the corrupt agents' facility to ransack is short-circuited. In Côte d'Ivoire, it was Henri Konan Bédié, the institutional heir to the presidency, who put an end to Ouattara's capital flight activities, but not for long. Ouattara's
Parisian cronies were too determined to maintain their monopoly in the country to see the latter out of the political arena.

Pour lire l'original de l'article From Colonization to Globalization:
Difference or Repetition?cliquez ce lien.

jeudi 19 juin 2008

Voici ceux qui ont ete arretes dans l'affaire du cafe et cacao en Cote D'Ivoire

Voici les Voleurs de nos Paysans en presence du president Gbagbo

Ils croyaient surement etre en securite.
Firmin Kouakou (FRC)

Angeline Kili PCA du FRC

Henri Kassi Amouzou, Théophile Kouassi et son ex-directeur financier Rosine Obodji Houssou (Fonds de développement des producteurs de café et cacao (FDPCC))


Lucien Tapé Do, président de la Bourse du café-cacao (BCC) et Tanoh Kassi Kadio ,Directeur General de la BCC.

mercredi 18 juin 2008

Lorsque D'Alassane Dramane Ouatarra reduisait l'oppostion au silence en 1992

CÔTE-D'IVOIRE

L'opposition réduite au silence
Condamnation de 77 prisonniers d'opinion



AMNESTY INTERNATIONAL
DOCUMENT EXTERNE
Index AI : AFR 31/08/92
ÉFAI

Londres, 2 juillet 1992


Au moins 77 prisonniers d'opinion, arrêtés en février et mars 1992, purgent actuellement en Côte d'Ivoire des peines de un à trois ans d'emprisonnement. Parmi eux figurent notamment Laurent Gbagbo, membre de l'Assemblée nationale et dirigeant du Front populaire ivoirien (FPI), principal parti d'opposition, René Dégni Ségui, président de la Ligue ivoirienne des droits de l'homme (LIDHO), et Martial Ahipeaud, président de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte-d'Ivoire (FESCI). La liste complète des noms de ces prisonniers d'opinion est jointe au présent document.

Plus de 250 personnes ont été interpellées depuis février 1992. Mis à part les 77 détenus déjà mentionnés, et qui ont été condamnés, un certain nombre d'individus sont toujours en détention sans avoir été inculpés ; d'autres ont été libérés après avoir purgé des peines de trois mois d'emprisonnement. La plupart des personnes arrêtées ont toutefois été soit acquittées, soit remises en liberté sans inculpation, après avoir passé environ deux mois en prison. Toutes ces arrestations ont eu lieu à la suite de deux manifestations, qui avaient été organisées pour protester contre le refus du président de la République, Félix Houphouët-Boigny, de tenir compte des conclusions d'une enquête concernant les brutalités dont se serait rendue coupable l'armée, en mai 1991, lors d'une intervention dans la cité universitaire de Yopougon, à Abidjan. Selon le rapport de la commission d'enquête, bien qu'aucun décès n'ait été déploré, les soldats avaient frappé et violé des étudiants. Les membres de la commission recommandaient aux autorités de sanctionner Robert Gueï, chef d'état-major des armées — promu général peu après cette action controversée —, pour avoir donné l'ordre à ses troupes d'intervenir. Le 29 janvier dernier, le président Houphouët-Boigny a rendu publiques les conclusions de la commission d'enquête, mais il s'est refusé à prendre des sanctions contre Robert Gueï, arguant que celui-ci était le meilleur chef militaire du pays et que toute mesure prise à son encontre risquait de diviser l'armée. Il a publiquement réaffirmé sa confiance à son chef d'état-major, garantissant ainsi à ce dernier et à un certain nombre d'autres militaires une totale impunité pour les violations des droits de l'homme commises en mai 1991 (pourtant passibles de sanctions aux termes mêmes de la loi ivoirienne).

Martial Ahipeaud, président de la FESCI, et plusieurs autres membres de cette organisation ont été arrêtés après la première manifestation, qui s'est déroulée le 13 février 1992. Un second mouvement de protestation a eu lieu le 18 du même mois, au cours duquel les manifestants demandaient en outre la libération des étudiants emprisonnés. Les deux manifestations ont débuté dans le calme, mais elles ont toutes deux dégénéré en émeutes et se sont soldées par des dégâts matériels. Certaines personnes ont affirmé que les violences avaient été le fait d'agents provocateurs. Il est apparu clairement que les organisateurs des manifestations n'avaient été à aucun moment impliqués dans les violences et qu'ils n'en avaient pas non plus été les instigateurs. Les autorités les ont néanmoins tenus pour responsables des événements. Les personnes condamnées par la justice ont été reconnues coupables d'être les « coauteurs » des violences et des déprédations commises, aux termes de l'article 26 du Code pénal, qui sanctionne les délits de complicité ou de « communauté d'intention ». Toutefois, aucune preuve n'a été apportée de la participation directe des personnes condamnées à des actes de violence ou de vandalisme. Certains des prévenus n'étaient même pas présents lors des manifestations. Sur la base de cette constatation, Amnesty International estime que toutes les personnes condamnées sont en fait des prisonniers d'opinion. Les 77 détenus reconnus coupables ont été arrêtés parce qu'ils étaient membres ou sympathisants d'organisations ayant participé aux manifestations. Par contre, il semble que rien n'ait été fait pour faire comparaître en justice les vrais responsables des violences.

Parmi les prisonniers d'opinion figurent trois parlementaires de l'opposition, jugés en vertu de la procédure de flagrant délit, qui permet d'engager des poursuites sans avoir à lever l'immunité liée à leurs fonctions. René Mollé Mollé, membre de l'Assemblée nationale, a été arrêté le 18 février au domicile de Laurent Gbagbo. Il aurait eu le nez fracturé alors qu'il tentait de résister aux forces de sécurité. Or, il est évident qu'un parlementaire dont l'immunité n'a pas été levée et qui n'est pas en train de commettre une infraction peut légitimement estimer être victime d'une arrestation illégale lorsque des représentants des autorités tentent de l'appréhender. Le recours introduit par les avocats du parlementaire, qui considéraient que la procédure de flagrant délit ne pouvait pas s'appliquer dans le cas de leur client, a été rejeté au motif, semble-t-il, que l'infraction était suffisamment récente pour être considérée "flagrante". Une telle interprétation des lois ivoiriennes semble abusive. René Mollé Mollé a été condamné à deux ans d'emprisonnement et a interjeté appel. Le procès en appel de Laurent Gbagbo et de 13 autres personnes a débuté le 16 juin. Le procureur de la République a requis une aggravation des peines prononcées en première instance. Le verdict devait être connu le 19 juin. Or, le 23 juin, Yanon Yapo, juge de la cour d'appel, s'est publiquement excusé au nom de la juridiction qu'il représentait et a expliqué que le verdict ne serait pas annoncé avant le 30 juin. Entre-temps, le procureur de la République a déposé une requête, dans laquelle il demandait que Yanon Yapo et ses assesseurs soient dessaisis de l'affaire car, selon lui, on pouvait «légitimement soupçonner» que le tribunal n'était pas impartial. Pourtant, des observateurs présents au procès en appel ont souligné que le juge avait agi avec l'indépendance appropriée. Selon ces mêmes observateurs, la démarche du procureur pourrait être une manœuvre d'intimidation contre Yanon Yapo. En tout état de cause, Amnesty International déplore ces retards de procédure, qui ont pour conséquence le maintien en détention, en violation des normes internationales en matière de droits de l'homme, non seulement de ces 14 personnes, mais aussi des 63 autres prisonniers d'opinion, pour qui la date de l'audience en appel n'a même pas été fixée.

Les partis d'opposition sont représentés à l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire depuis 1990, date à laquelle le président Houphouët-Boigny avait autorisé les organisations d'opposition à agir au grand jour, après trente années de régime à parti unique. Cependant, depuis l'arrestation et la condamnation de deux des principaux représentants du FPI au Parlement, les sept autres élus de ce parti ont décidé de boycotter les séances en signe de protestation. Un autre membre de l'opposition parlementaire, Francis Wodié, président du Parti ivoirien des travailleurs (PIT), lui-même détenu pendant deux jours à la suite des manifestations de février, puis relâché par manque de preuves, a dans un premier temps mené campagne pour la libération de ses collègues et des autres détenus. En mai 1992, il a finalement décidé de suspendre lui aussi ses activités parlementaires, pour protester contre le maintien en détention des militants politiques. Aujourd'hui, les 11 membres constituant la totalité de l'opposition parlementaire sont en prison ou ont quitté l'Assemblée. Au niveau national, la Côte-d'Ivoire se retrouve donc soumise, de fait, au régime du parti unique.

Martial Ahipeaud et huit autres membres de la FESCI ont été condamnés à des peines de trois ans d'emprisonnement. La justice ivoirienne a été particulèrement sévère avec eux, parce qu'ils étaient également inculpés de reconstitution d'une organisation dissoute. Huit autres adhérents de la FESCI, reconnus coupables d'infractions similaires, ont été libérés après avoir purgé des peines de trois mois d'emprisonnement. Le gouvernement avait interdit la FESCI au mois de juillet 1991, car il la tenait pour responsable du meurtre d'un étudiant soupçonné d'être un indicateur de police. Ces accusations n'ont toutefois jamais été prouvées devant un tribunal et Amnesty International estime que Martial Ahipeaud et ses camarades, en continuant leur action au sein de la FESCI, n'ont fait qu'exercer de façon légitime leur droit à la liberté d'association.

La plupart des prisonniers d'opinion se trouvent à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA), la principale prison de la ville. Certains ont été blessés lors de leur arrestation. Ainsi, Simone Gbagbo, épouse du dirigeant du FPI, et Georges Coffy, journaliste, ont passé plus d'une semaine à l'hôpital avant d'être transférés à la gendarmerie d'Agban, à Abidjan. À sa sortie d'hôpital, Simone Gbagbo était dans un fauteuil roulant et elle portait une minerve. René Mollé Mollé aurait eu le nez cassé lors de son arrestation. Martial Ahipeaud se trouve dans la prison de Dimbokro, à quelque 250 kilomètres au nord d'Abidjan. Seuls ses très proches parents peuvent lui rendre visite. Il serait très perturbé affectivement et psychologiquement par son isolement.

La santé de René Dégni Ségui, qui souffre de troubles cardiaques, s'est détériorée en prison. Il a dû être conduit à deux reprises dans un service de cardiologie. René Dégni Ségui, quarante-sept ans, est doyen de la Faculté de droit de l'Université d'Abidjan. Fondateur en 1987 de la LIDHO, il en est le président depuis 1990.

Michel Gbagbo, fils du dirigeant du FPI, a été arrêté le 19 février alors qu'il était venu prendre des nouvelles de son père à la gendarmerie d'Agban. Cet étudiant en psychologie a été condamné le 30 avril à un an d'emprisonnement. Le tribunal l'a reconnu coupable d'être «coauteur» de déprédations commises lors d'une manifestation, alors qu'il semblerait qu'il n'ait pas participé à celle-ci. Le jeune homme aurait donc apparemment été condamné en raison des activités de son père. De même, Olivier Koffi Koffi, douze ans, fils de Lazare Koffi Koffi, secrétaire général d'une section du FPI, a été arrêté alors qu'il tentait de retrouver son père. Le jeune garçon a été retenu pendant trois jours par les autorités, qui l'accusaient d'avoir jeté des pierres. Il a finalement été libéré sur intervention du préfet. Son père a été condamné à deux ans d'emprisonnement.

Kalifa Touré, membre du FPI, a été arrêté le 18 février 1992 au siège de son parti. Cet ingénieur de trente-trois ans est également journaliste à l'hebdomadaire Le Nouvel Horizon et au quotidien La Voie, deux publications de Côte-d'Ivoire. Il est aussi membre de la section ivoirienne d'Amnesty International.

L'article 26 du Code pénal, qui sanctionne la complicité et définit la notion de «coauteur» d'une infraction, a été invoqué contre toutes ces personnes afin de bien signifier à ceux qui participent à une manifestation ou qui entretiennent des liens, à un titre ou à un autre, avec des manifestants, qu'ils peuvent être tenus conjointement responsables des violences éventuellement commises. Amnesty International estime qu'une telle interprétation constitue une atteinte à la liberté d'association et d'expression. Elle a par conséquent adopté tous les condamnés en tant que prisonniers d'opinion.

Que pouvez-vous faire pour obtenir la libération de ces 77 prisonniers d'opinion ?

1. Faites parvenir aux autorités ivoiriennes des appels rédigés en termes courtois, de préference en français, en insistant sur les points suivants :

demandez la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers dont il est question dans le présent document, qui sont apparemment détenus uniquement parce qu'ils appartiennent à certaines organisations politiques ou parce qu'ils militent en leur sein, sans avoir jamais eu recours à la violence ni en avoir prôné l'usage ;

exprimez votre inquiétude face à l'attitude du gouvernement, qui rend les dirigeants des organisations pénalement responsables d'actes de leurs adhérents qu'ils n'ont ni commandités ni approuvés. Expliquez qu'en agissant ainsi, les autorités répriment en fait le droit à la liberté d'association, droit garanti par l'article 20 de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

2. Encouragez vos concitoyens, notamment les parlementaires, les syndicalistes et les étudiants, à envoyer des appels en faveur de ces détenus. Demandez-leur de faire connaître le plus largement possible le sort réservé à ces 77 prisonniers d'opinion.

3. Adressez une copie de votre lettre à l'ambassade de Côte-d'Ivoire dans votre pays.

Vous pouvez envoyer vos appels aux adresses suivantes :
Son Excellence
Monsieur Félix Houphouët-Boigny
Président de la République
La Présidence
Avenue Clozel
Abidjan
Côte-d'Ivoire

Monsieur Alassane Dramane Ouattara
Premier Ministre
La Primature
Abidjan
Côte-d'Ivoire

Monsieur Amara Essy
Ministre des Affaires étrangères
Ministère des Affaires étrangères
BP V109
Abidjan
Côte-d'Ivoire

Madame Jacqueline Lohoues-Oblé
Ministre de la Justice, Garde des Sceaux
Ministère de la Justice
BP V107
Abidjan
Côte-d'Ivoire

PRÉCISIONS CONCERNANT 77 PRISONNIERS D'OPINION CONDAMNÉS

Les 44 prisonniers dont les noms suivent ont été jugés le 30 avril 1992 par le tribunal correctionnel d'Abidjan et condamnés à un an d'emprisonnement.
    ABIÉ Boli
    KONÉ Grobla
    AHIPEAUD Charles
    KOUABLAN François
    BALLIÉ Delphin
    KOUASSI Nogbou Albert
    BEDI Oli
    KRIZOA Sokouri Napoléon
    BETTA Gnéba
    LIDA Moïse Kouassi
    BLYO Gnagra Augustin
    NIAPOH Dagra
    BOUADI Kobi
    OUATTARA Lacina
    CLAY Kabli Francis
    OULA-Nabo Patrice
    DABIRÉ Nabre Sébastien
    SÉHI Bi Tibé Pascal
    DHACHI Gnahoua
    SERY Sokou Arnaud
    DIEBLÉ Boniface
    SERY Blé Gaston
    DOUKROU Mathias
    SOUMAHORO Abdoulaye
    EKRA Yao
    TABOUEU Kohonli Abraham
    GBAGBO Michel
    TAGRO Diogbeu
    GBALLOU Gnahoua Alphonse
    TAGROU Brigui Marcel
    GNÉGBO Marcel Douni
    TAHÉ Martin Roger
    GOULY Mathias
    TAPA Anoha Mathurin
    IRIÉ Bi Guéi Gaston
    TÉHÉ Dahoblé
    KALIFA Touré
    TOHOU Bléhiri ObouCésar
    KASSI Gomez Claude
    YBÉ Légah Emmanuel
    KONÉ Zégba Alexandre
    YOUZAN Bio Zoro Léon
    KONÉ Doulaye
    ZOGBO Désiré

Les neuf prisonniers dont les noms suivent ont été condamnés à deux ans d'emprisonnement, le 6 mars 1992, par le tribunal correctionnel d'Abidjan, statuant en matière de flagrant délit.
Nom
Autres précisions
    AKRÉ Lucien
    DACOURY TABLEY Louis
    Membre du bureau exécutif du FPI.
    DEGNI SEGUI René
    47 ans. Il est doyen de la Faculté de droit à l'Université d'Abidjan. Il a fondé la LIDHO dont il est devenu président en 1990. Il a été arrêté le 18 février 1992 au domicile de Marcel ETTE, secrétaire général du Syndicat national de la recherche et de l'enseignement supérieur (SYNARES). Selon certaines informations il serait en mauvaise santé. Il a été hospitalisé plusieurs fois pour problèmes cardiaques.
    GBAGBO Laurent
    47 ans. Il est secrétaire général du FPI et membre du Parlement. Il est très connu aussi en tant qu'écrivain et universitaire. Il est depuis longtemps harcelé pour motifs politiques. Arrêté trois fois, il n'est rentré en Côte d'Ivoire qu'en 1988 après six ans d'exil.
    KOFFI Ahibo Antoine
    Militant du SYNARES.
    LIKIKOUET Odette Sauyet
    Membre du secrétariat du FPI.
    MICHEL Legré
    Membre du FPI.
    MOLLÉ MOLLÉ René
    Représentant du FPI à l'Assemblée nationale, il a été arrêté le18 février 1992 au domicile de Laurent GBAGBO. Il a été passé à tabac et a eu le nez fracturé.
    OURAGA Obou Boniface
Militant du SYNARES et membre du FPI. Il est professeur de droit à l'Université d'Abidjan

Les trois prisonniers dont les noms suivent ont été condamnés à un an d'emprisonnement le 6 mars 1992 par le tribunal correctionnel d'Abidjan, statuant en matière de flagrant délit.
Nom
Autres précisions
AKOUN Laurent
    Membre influent du Parti ivoirien des travailleurs (PIT).
GNAOULÉ Oupoh Bruno
    Membre du PIT.
KOUDOU Kessié Raymond
    Universitaire qui a fait un doctorat à l'Université deToulouse-le-Mirail (France). Il est secrétaire adjoint du SYNARES et membre du PIT.

Les deux prisonniers dont les noms suivent ont été condamnés le 10 mars 1992 par le tribunal correctionnel d'Abidjan, statuant en matière de flagrant délit.
Nom
Autres précisions
COFFI Georges
    Journaliste et membre du FPI. Condamné à deux ans d'emprisonnement
GBAGBO Simone
    Femme de Laurent GBAGBO et membre influent du FPI. Elle a été arrêtée le 18 fé-vrier 1992, battue, et a dû être hospitalisée avant d'être emprisonnée. Elle a été condamnée à un an d'emprisonnement.

Les neuf prisonniers dont les noms suivent sont membres de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), et ont été condamnés à trois ans d'emprisonnement par le tribunal correctionnel d'Abidjan, statuant en matière de flagrant délit.
Nom
Autres précisions
ACHI Adiko JulienEtudiant en philosophie arrêté le 14 février 1992.
AHIPEAUD MartialSecrétaire général de la FESCI. Etudiant en histoire, âgé de 26 ans, arrêté le 13 février 1992.
ASSOKO FranckLycéen âgé de 16 ans, arrêté le 2 mars 1992.
AYE Oria VenanceLycéen âgé de 20 ans, arrêté le 13 février 1992.
GBALOU AngenorEtudiant en histoire, arrêté le 29 février 1992.
GNATO ZereguiEtudiant en physique, arrêté le 13 février 1992.
GROGUHE Zogbo Charles Etudiant en droit, arrêté le 14 février 1992.
LEBA Chantal GnahonEtudiante en anglais, âgée de 24 ans, arrêtée le1er mars 1992.
TOURÉ MamaEtudiant en sciences, arrêté le 13 février 1992.

Autres prisonniers d'opinion condamnés
Nom
Autres précisions
BEHON Mathias
    Militant du FPI, il a été condamné à Adzopé, à 100 km au nord d'Abidjan, à deux ans d'emprisonnement.
BOGBE Michel
    Membre du bureau national de Jeunesse Front populaire ivoirien (JFPI), condamné à trois ans d'emprisonnement.
FOFANA Mamadou dit "Ahmed"
    Secrétaire général adjoint d'une section de JFPI, condamné à trois ans d'emprisonnement.
GBELA Alain Parfait
    Secrétaire général d'une section de JFPI, condamné à trois ans d'emprisonnement.
GNABÉ Dere
    Militant du FPI, il a été condamné à Adzopé à deux ans d'emprisonnement.
KOFFI Koffi Lazare
    Secrétaire de la section d'Adzopé de FPI, il a été condamné à deux ans d'emprisonnement.
KOUTOUAN Marius
    Président de JFPI, il a été condamné à deux ans d'emprisonnement.
LIADIÉ Joachim
    Condamnation non connue.
TRAORÉ Lacina
    Condamnation non connue.
YAPI Apolinaire Assa
    Membre de JFPI, il a été condamné à trois ans d'emprisonnement. Il est journaliste à l'heb-domadaire "Le Nouvel Horizon".

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(1) KALIFA Touré, membre du FPI , a été arrêté le 18 février 1992, au siège de son parti à Abidjan. Cet ingénieur est également journaliste à l'hebdomadaire Le Nouvel Horizon et au quotidien La Voie. Il est aussi membre de la section ivoirienne d'Amnesty International.

Amnesty International, International Secretariat, 1 Easton Street, WC1X 0DW, London, United Kingdom